mm \?t.*yù Kî?>s ' ^^i'f h*i;'j £»'■ . /t- cT^/ ^.7ri, ANNALES SCIENCES NATURELLES HUITIÈME SÉRIE ZOOLOGIE I M P R m E lU E CRETE, ^0SA4' ANNALES SCIENCES NATURELLES ZOOLOGIE PALEONÏOLOGIE C M !• H E N A N T L'ANATOMIE, LA PHYSIOLOGIE, LA CLASSIFICATION ET L'HISTOIRE NATURELLE DES ANIMAUX PUBLIÉES SOUS LA DIRECTION DE M. A. iMILNE-EDWARDS TOME V PARIS MASSON ET (;% ÉDITEURS LIBRAIRES DE l'aCADÉMIE DE MÉDECINE 1*20, Roiilevni'd Sniiit-Germaiii. 1898 X/BRA?t L'APPAREIL DIGESTIF DES ORTHOPTERES (Etudes Morphologiques, Histo'.ogiques et Physiologiques de cet Organe ET SON IMPORTANCE POUR LA CLASSIFICATION DES ORTHOPTÈRES) Par L. BORDAS, Licencié es sciences physiques et es sciences naturelles, Docteur es sciences, Docteur en médecine. INTRODUCTION. Nous avons étudié V Appareil digestif des Orthoptères chez quatre-vingts espèces environ, appartenant aux sept principales familles de cet ordre. Cet organe, assez uni- forme dans son ensemble, présente cependant d'une famille à l'autre et parfois même dans la même famille, de nom- breuses différences secondaires qui ont nécessité une des- cription spéciale. Grâce aux nombreux échantillons (1) que M. le Professeur Bouvier a bien voulu mettre à notre disposi- tion, il nous a été possible de suivre les différentes modifica- tions qu'éprouve cet appareil, depuis les formes droites qu'il affecte chez les Phasmidœ^ jusqu'aux formes sinueuses et (1) La plupart des espèces que nous avons décrites proviennent du labo- ratoire d'Entomologie du Muséum et ont été déterminées par M. Gh. Bron- gniart, assistant de Zoologie. Nous sommes heureux d'adresser à M. Bron- gniart tous nos remerciements, non seulement pour les déterminations, parfois difficiles, qu'il a bien voulu nous faire, mais encore pour les ren- seignements qu'il nous a donnés sur certains Orthoptères. ANN. se. NAT. ZOOL. Y, 1 t li. BORDAS». compliquées qu'il présente chez les Locustes et les Gryllides. Nous avons décrit d'une façon détaillée et représenté, au moyen de nombreuses figures, un organe très important chez les Orthoptères, \q gésier; nous avons en outre montré, avec force détails, les divers degrés de complication qu'offre son armature chitineuse interne dans les diverses familles d'Orthoptères. De plus, nous avons indiqué tout le parti qu'on peut tirer de la forme et de la structure des dents de cha- cune des rangées longitudinales internes pour la détermina- tion des espèces. Nous avons montré que les appendices latéraux de l'extré- mité antérieure de l'intestin moyen ne sont que des diver- ticules de ce dernier organe. Des études histologiques nous ont conduit à ces conclusions et fait considérer ces diverti- cules comme des expansions latérales à fonctions surtout sécrétrices. Le nombre considérable et la variété des espè- ces que nous avons eues à notre disposition nous ont per- mis de faire une description très détaillée des cœcums inles- tinaux^ et de suivre pas à pas les modifications graduelles et nombreuses qu'ils éprouvent pour passer des formes multiples (8 chez les Mantidœ et les Blattidœ^ 6 chez les Acrï- diidse) aux formes paires et latérales des Locustidse et des Gryllïdx, Les diverses variétés de structure qu'affecte le gésier^ ses différents degrés de complexité ajoutés surtout à la présence ou à l'absence des caecums intestinaux, nous ont permis de diviser les Orthoptères en deux groupes très distincts : les Acolotasia ou Orthoptères sans appendices intestinaux et les Golotasia ou Orthoptères à appendices intestinaux plus ou moins nombreux et développés. Les organes urinaires ont également élë étudiés avec détail, et nous avons constaté que, chez tous les Orthoptè- res, sauf chez les Forficulides, les tubes de Malpighi sont très nombreux et groupés généralement en six faisceaux débouchant au sommet de six lubercules [Lorustidœ, Blatiidœ, etc.). Chez tous les Gnjllidœ, au contraire, les lubes ui'inairos, disposés en un faisceau unique, vont s'ou- APPAREIL DIGESTIF DES ORTHOPTÈRES. 3 vrir à l'extrémité dilatée d'un canal excréteur impair (uretère). Chacune des diverses parties du tube digestif [pharynx^ jabot ^ gésier^ intestin^ cœcians ïntestinaiix et surtout glandes rectales), a été l'objet d'une étude histologique détaillée. Nous avons signalé, en outre, au cours de nos descriptions, la présence cVun revêtement cilié recouvrant les cellules de l'intestin moyen et celles des appendices latéraux. Pour faciliter notre étude, et surtout pour nous confor- mer aux données embryologiques, nous avons divisé le tube digestif des Orthoptères en trois parties, à savoir : l'* L'intestin antérieur, d'origine ectodermique, corres- pondant au stomodaeum et comprenant la bouche, le j)ha- rynx, V œsophage, le jabot et le gésier. 2° L'intestin moyen, qui correspond au mésenteron, ne forme qu'une partie unique, à laquelle nous laissons le nom di intestin moyen. Ce dernier prend son origine en ar- rière du gésier et se termine à l'insertion des tubes de Malpighi. A l'intestin moyen, nous avons rattaché les csecums latéraux, si variables en nombre et en forme et carac- téristiques des Orthoptères. L'intestin moyen est une pro- duction de l'endoderme (V. Heymons,chap Phasmiclde,^. 16)- 3° L'intestin postérieur ou terminal, d'origine ectoder- mique comme l'intestin antérieur, correspond au procto- daeum. Il commence à l'embouchure des tubes de Mal- pighi, et comprend Y intestin postérieur proprement dit, le rectum et les glandes rectales. En prenant comme critérium de notre classification les divers degrés de différentiation du tube digestif, ses com- plications, la structure du gésier, la présence ou l'absence de caecums intestinaux, etc., nous avons suivi une marche à peu près parallèle à l'ordre d'apparilion des Orthoptères dans les temps géologiques. En effet, la Paléontologie nous apprend que les Phasmid.e ont leurs ancêtres dans les Protophasmïdx des terrains carbonifères et qu'elles abon- dent dans le houiller de Commentry. Nos Phasmiens ac- 4 li. BORDAIi. tuels se distinguent cependant des espèces paléozoïques par la réduction des ailes antérieures qui, chez certains types, comme les Bacillus^ peuvent même disparaître. Les Blattid^e étaient fort abondantes à l'époque carboni- fère, et les principales différences que présentaient les Paléo- blattides avec les formes actuelles consistaient dans la grande similitude qu'affectaient les ailes antérieures et les posté- rieures (Scudder, Ch. Brongniart). Les Mantid^ datent aussi de la période primaire (Carbo- nifère) . On ne trouve aucune trace des Forfigulid^ dans les assi- ses houillères, et les premiers vestiges de ces Insectes ont été signalés dans le lias de Schambeler par 0. Heer. Mais c'est surtout dans les terrains tertiaires qu'on les rencontre en abondance. Les Acridiens ou Acridiidje, assez nombreux en indivi- dus, étaient représentés, à l'époque carbonifère, par les Paléacridides [Caloneura^ etc.). On a signalé ensuite quel- ques représentants dans le lias; mais c'est principalement dans les couches tertiaires qu'on trouve de nombreuses espè- ces correspondant à nos Acridiens actuels. Les LocusTiD^ et les Oryllid^e ont fait leur apparition à des époques géologiques relativement récentes. Les pre- mières se rencontrent en abondance et dans un excellent état de conservation dans les schistes de Solenhofen [Locusta speciosa^ Miinst.). Nous avons étudié, parmi les Orthoptères, quatre-vingts espèces environ classées, dans les diverses familles, de la façon suivante : i" Famille des Forficulid^ : Forfîcula aurïcular'm (L.), Anevhura bipunctala (F.), Labidura riparia (Pall.). 2° Famille des Phasmid^iî: : Phiôa/osomapi/i/wnms (Wesi,) , Acanthoderus spinosus (Gray), et Necroscia erechtheus (West- wood). 3° Famille des Mantid^e : Mantis religiosa (Linné), Teno- APPAREIL DIGESTIF DES ORTHOPTÈRES. 5 dera aiistralasiœ (Leach), Hierodula bioculata (Burmeister), Stagmatoptera predicatoria (Sloll), Stag. annulata (Stoll) , Eremiaphila dentlcoUis (Lefebr.), el Empusa paiiperata (Latr.). 4° Famille des Blattid^ : Blatta germanica (L.), Blatta maderse (L.), Periplaneta orientalis (L.), Perïpl. ameri- cana (L.), Perïpl. australasïse (Fabr.), Epïlampra gracï- lïs (Brunn.), Polyzosteria limbata (Burin.), Panesthia java- nica (Serv.), Heterogamia œgyptiaca (L.), Blabera gigantea (Stoll), Blabera atropos (Stoll), etc. 5° Famille des AcridiidvE : 1° Tribu des Pyrgomorphi- nae : Pœcilocerus (Serv.), Pyrgomorpha grylloïdes (Serv.). 2° Tribu des Acridiinae : Acridium peregrinum ou Schis- tocerca peregrina (Oliv.)^ Acridium speciosum (Thumb.), Caloptenus italiens (Lin.), etc. 3° Tribu des Pamphaginae : Paraphagus elephas (Stàl). 4° Tribu des OEdipodinae : Œdipoda cœrulescens (Lin.), Œdipoda mtniata (Pallas), Psophus striduliis (Lin.). Pachy- tylus cinerascens (Fabr.), etc. 5° Tribu des Truxalinae : Stenobothnis lineatus (Panz.), Stenob. stigmaticus (Ranib.), Stenob. bicolor (Charp.), Ste- nobot. pulvinatus (Fisch.), Stenob. longicornis (Latr.), Mecos- thetus grossifs (Linné), Truxalis unguicitlata{^'àmb.), Truxalis nasuta (Lin.), Parapleurm alliaceus (Germ.), Epacromia ihalassina (Fabr.), Gomphocerus macidatus (Thumb.), etc. 6° Famille des Locustid^ : 1° Tribu des Pseudophylli- nge : Cleandrus rex (Brun.). 2° Tribu des Mecopodinae : Platyphyllum giganteum ou Pseudophyllanax insularis (Walker). 3° Tribu des Ephippigerinae : Ephippiger bitteriensis cf (Marq.), Orphania denticauda cf (Charp). 4° Tribu des Phaneropterinae : Phaneroptera falcata (Sco- poli), Acridopeza reticiilala (Guérin). 5° Tribu des Conocephalinae : Salomona megacephala (de Haan), Pseudorhynchus minor (Redtenbacher), Conocepha- lus mandibularis (Charp.) 6 li. BOllDAIi. 6° Tribu des Locuslinae ou Declicinae : Decticus verruci- vorus (L.), Decticus albifrons (Fabr.), Platycleis grisea (Fabr.), PL laticanda (Briinn.), PL tessellata (Charp.), PL sepium [Y ers. )^Locustavi?idissi?7îa[Lin.),Lociistaccmtans{Chari^.), etc. 7° Tribu des GryllacriucB : Gryllacris aiiraniiaca (Brunn.), Eremus spinulosus (Brunn.), etc. T Famille des Gryllid^ : Gryllus campestrïs (Latr.), Gryllus domestlcus (Latr.), Nemobius sylvestris (Fabr.), ^r^?- chytrypes ou Brachytrypus membranaceus (Drury), Gryllô- talpa vulgans (Lalr.j, etc. L'historique de la question ayant été fait à propos de chaque chapitre, nous nous contenterons, pour ne pas nous répéter, de signaler au passage les remarquables tra- vaux anatomiques de L. Dufour et de Blanchard, ceux de Basch, de Leydig, de Leuckart, de Schindler, de Ber- lese, de Heymons, etc., les recherches physiologiques de Plateau, de Cuénot, etc., et les études histologiques de C. Chun, de Frenzel, de Faussek, etc.. CHAPITHE FREMI l]R APPAREIL DIGESTIF DES FORFIGULID.E. (V. PI. I, fig. 1,2, 3, 4, 5 et 6.) Les Forficulidœ constituent, parmi les Orthoplères, une famille dont l'appareil digestif présente une grande simpli- cité. Cet organe est, en effel, formé par un tube presque recliligne, traversant le corps de l'insecle suivant son axe, et ne présentant, sur tout son trajet, que trois renflements antérieurs et une légère circonvolution vers son extrémité terminale (V. PI. ï, fig. 1). Nous sommes loin ici de l'appa- reil si compliqué et si diiïérencié que nous allons décrire chez les Locustidœ et chez les Gryliidœ. Aussi, est-ce en suivant cet accroissement progressif de complexité que nous APPAREIL DIGESTIF DES ORTHOPTERES. 7 allons poursuivre noire travail et montrer que l'appareil de la digestion des Orthoptères constitue un organe de pre- mier ordre dont les caractères peuvent servir pour rétablis- sement d'une classification naturelle de ce groupe, l'un des plus importants des Hexapodes. Le tube digestif des Forficulidje (Forficula aiiricularia) peut être divisé en trois parties en rapport avec le dévelop- pement embryogénique de cet organe. Ces diverses parties sont : Vintestin antérieur et Yintestin postérieur d'origine ectodermique et Vintestin moyen^ d'origine endodermique. Dans Vintestin antérieur^ on peut faire, chez les Forficulidde, quatre divisions correspondant au pharynx^ à V œsophage^ au ''(xhot et au gésier (V. PI. I, fig. 1, 2, 3). Chez la Forficula auriculmia, \^ pharynx est court, cylin- drique ou légèrement aplati horizontalement. Il commence à l'orifice buccal, de forme ovale, et se continue, en arrière, avec l'œsophage. Ses parois sont épaisses, musculaires et sa face interne présente de nombreuses stries longitudinales, peu profondes, parfois à peine indiquées et séparées par des bourrelets peu saillants, parallèles aux stries. 11 repose, par sa face inférieure, sur une plaquette chitineuse, quadrangu- laire, en rapport, par ses angles latéraux, avec les parois internes des mandibules. Latéralement partent des faisceaux musculaires aplatis, dirigés obliquement vers l'extérieur et allant se confondre avec les muscles moteurs des mandi- bules et des mâchoires. Le pharynx se prolonge jusqu'à 1 millimètre environ de la face postérieure céphalique et se continue par V œsophage. La hgne de démarcation entre ces deux parties est assez nette. On observe, en effet, en ce point, un léger sillon an- nulaire à la suile duquel se trouve un bourrelet de même forme, continué par un tube constituant Vœsophage. Outre la séparation que nous venons de signaler, les deux organes se distinguent encore par leur structure. Les parois de l'œsophage sont minces, peu musculeuses et transparentes. Cet organe, qui se continue jusqu'au mi- 8 li. BORDASi. lieu du prothorax, comprend de six à huit faisceaux de fibrilles disposées longitudinalement el une couche mus- culaire annulaire. Aucune ligne de démarcation ne le sépare du jabot qui semble n'être que son prolongement normal, tant sont insensibles les transitions par les- quelles on passe d'un organe à l'autre. Pourtant, vers le milieu du premier segment thoracique, le tube digestif pré- sente un léger coude vertical et à convexité dirigée vers le bas : c'est à partir de ce point que commence réellement le jabot, \jQ jabot est un organe volumineux, conique ou fusiforme, très extensible et occupant la presque totalité du thorax et les deux premiers segments abdominaux. Chez un grand nombre d'individus, il présente deux replis circulaires, peu accentués, l'un antérieur et l'autre postérieur, déterminant trois légères boursouflures. Ses parois sont minces, transpa- rentes et présentent extérieurement des faisceaux muscu- laires qui ne sont que la continuation de ceux de l'œso- phage. Dans le deuxième segment abdominal, le jabot diminue progressivement de diamètre et va se mettre en rapport avec le gésier, organe qui présente ici un développe- ment très faible, mais qui est fort volumineux chez la plu- part des autres Orthoptères, où il joue un rôle considéra- ble dans l'accomplissement des fonctions digestives (V. PL I, fig.i). Le gésier des Forficula auricularia (V. PI. I, fig. 2), de forme simple, est bien moins volumineux que celui des autres espèces d'Orthoptères, et en particulier des GrgUidœ et des Locustidœ. Ici, en effet, les pièces masticatrices qui consliluenl la partie essenlielle de l'organe, sont réduites à leur minimum de développement et ne sont constituées que par de faibles lamelles chitineuses, proéminant légèrement dans le jabot et dans l'intestin et portant, sur leur face antérieure, un certain nombre de petites dcMits coniques, recourbées en arrière et allant progressivemcnl en diminuant à mesure APPAREIL DIGESTIF DES ORTHOPTÈRES. 9 qu'on se rapproche de i'inteslin moyen. On est encore loin du degré de complication que nous allons rencontrer chez les Locusta^ les D ec tiens , les Gryllus^ les Brachytry- pes, etc., où Forgane est hérissé intérieurement d'une série de dents chitineuses très fortes, disposées suivant six colonnes longitudinales et constituant de la sorte un appa- reil masticateur d'une grande puissance, comparable à celui de l'Ecrevisse. Le gésier de la Forfîcule(V. PI. I, fig. 2) peut être subdi- visé en trois portions nettement distinctes : une portion médiane, sphérique, libre et deux autres parties, dont l'anté- rieure est incluse dans le jabot, et l'autre dans l'intestin moyen. La portion antérieure, très courte et étalée en éventai!, présente l'aspect d'une corolle de fleur entourant l'orifice postérieur du jabot. Elle est formée de six lamelles arron- dies, sortes de pétales à bord libre recourbé et à face interne légèrement bombée ; le tout porte une série de petites dents chitineuses, coniques, disposées sans ordre et recourbées en arrière. Ces lames, en se resserrant, consti- tuent de la sorte six petites valvules fermant hermétique- ment l'orifice situé à leur centre. — La partie moyenne est libre et sert de trait d'union entre le jabot et l'intestin. Elle présente la forme d'une petite masse sphéroïdale, à parois très épaisses. Sa surface externe est parcourue par un réseau de filaments trachéens dessinant de riches arborisations, tandis que sa face interne présente, au contraire, six co- lonnettes aplaties, peu saillantes, continuation des bourre- lets antérieurs, qui se prolongent jusque dans l'axe de l'in- testin moyen. Ces colonnettes sont séparées par de très légères dépressions longitudinales (V. PL I, fig. 2 et 3). — Enfin, la portion intra-intestinale du gésier est encore assez courte et forme un petit appendice presque cyhndrique, terminé par six languettes mobiles, rectangulaires, à extrémité arrondie et séparées les unes des autres par des sillons longitudinaux parallèles qui disparaissent quand 10 li. BORDAIi. ces appendices sont en contact (V. PI. 1, fig. 3). La face externe des languettes est légèrement bombée et lisse, et Finterne faiblement excavée et munie, sur ses bords, de piquants blanchâtres. La partie supérieure de chaque lan- guette, située dans le jabot, a ses bords arrondis. Sa face interne est recouverte de piquants chitineux, courts et ser- rés, donnant à l'organe une coloration jaune clair. Les appendices postérieurs du gésier sont très mobiles et limi- tent l'orifice terminal. Par l'effet des contractions muscu- laires, ou bien encore sous l'effort d'une pression extérieure, ils se rapprochent, accolent leurs bords et ferment her- métiquement l'orifice qu'ils limitent . C'est ce qui arrive quand les aliments sont parvenus dans l'intestin moyen. Sous l'action des mouvements péristaltiques des parois in- testinales, ils auraient une tendance à rétrograder vers le gésier; mais, les lamelles se rapprochant, produisent une fer- meture hermétique de l'orifice et rendent, de la sorte, impossible le retour des aliments en arrière (V. PI. I, fig. 2 et 3). Les deux autres parties de l'appareil digestif qu'il nous reste encore à décrire ne présentent aucune particularité bien importante. Vin/es fm moyen s'étend presque en ligne droite, sauf à sa partie terminale, depuis le deuxième seg- ment abdominal jusqu'au quart postérieur du corps de l'insecte. C'est un tube cylindrique dans sa première partie, mais diminuant progressivement de diamètre à mesure qu'il se rapproche de l'intestin terminal. Son extrémité antérieure est arrondie et se fixe à la portion rétrécie du jabol. Elle ne présente aucun diverticule, aucune expansion latérale rappelant les poches venir ïcul aires ou cœcinns intestinaux si développés chez les Locustidœ et les Gn/Uiclœ (Y. PI. I, fig. i). Ses parois externes sont lisses, minces et transpa- rentes; elles soni dépourvues de toute trace de striations et de villosités. La porlion postérieure de l'organe se recourbe en arc et présente, à son extrémité, un léger sillon circu- laire suivi d'un bourrelet ovoïde, origine de l'intestin lermi- APPAREIL DIGESTIF DES ORTHOPTÈRES. H nal,sur lequel viennent déboucheries tubes de Malpighi. Ces organes sont peu nombreux, contrairement à ce qui existe chez tous les autres Orthoptères. Au nombre d'une dizaine environ, ces appareils glandulaires sont constitués par des tubes fihformes, ilexueux et à sommet arrondi. Ils sont grou- pés en deux faisceaux débouchant en deux poinis situés à distance l'un de l'autre; pourtant, chez VAnechura, les em- bouchures sont assez rapprochées. Les portions libres des faisceaux sont appliquées à la surface externe de Tintestin moyen et s'étendent même jusqu'au ^e'^fer. h' intestin postérieur^ qui fait suite au précédent, a un diamètre sensiblement inférieur à celui de la portion termi- nale de l'intestin moyen (V. PI. I, fîg. 1). Il se recourbe légè- rement en S, puis se dirige en ligne droite vers l'extrémité du corps. Ses parois sont parcourues par six faisceaux lon- gitudinaux sinueux, dont la couleur blanchâtre ressort nette- ment sur la teinte sombre du reste de l'organe. Ces fais- ceaux ou bandelettes dont nous venons de parler sont dus uniquement à des replis et à des épaississements de la couche épithéliale interne. Après s'être légèrement rétréci, V intestin postérieur se dilate progressivement en une poche, tantôt ovoïde, tantôt fusiforme, constituant le rectum. — Ce dernier est recouvert, à sa partie supérieure et sur ses parois laté- rales, par de gros faisceaux musculaires servant à faire mou- voir les deux branches de la pince qui termine le corps de l'insecte. A la suite du rectum vient un tube très court aboutissant à l'orifice anal, situé au-dessous de la ligne d'in- sertion des branches de la pince. Sur les parois de l'organe on observe six masses blanchâtres, ovoïdes, alternes, dispo- sées suivant deux cercles et rappelant assez bien les glandes rectales que nous avons étudiées chez les Sphégiens et les Tchneumons. U appareil digestif des autres espèces appartenant à la famille des Forficulidœ, telles que VAnechura hipunctata et la Labidura riparia entre autres, présente à peu près les mêmes dispositions que celui des Forficules. 12 L.. BORDAfl. ÉTUDE MISTOLOGIQUE DE L APPAREIL DIGESTIF DES FORFICULID.^. (V. PL I, fig. 4, 5 et 6, et PL II, fig. 5.) Le pharyax et l'œsophage présentent, chez les ForficuUdœ^ la même structure; aussi, n'allons-nous décrire, chez la Forficula auricularia, que l'œsophage. h' œsophage affecte, en coupe transversale, une forme circulaire avec une enveloppe très mince (V. PL I, fig. 4). Ses parois internes présentent un nombre variable de replis, de 10 à 15 (Forficula), ou de 8 à 10 (Labidura). On trouve successivement, en allant de l'extérieur à Fintérieur : 1° une enveloppe ou tunique péritonéale très mince ; T un certain nombre (12 à 18) de faisceaux musculaires longitudinaux es- pacés les uns des autres ; 3° une couche musculaire consti- tuée par des faisceaux circulaires striés et disposés en une ou rarement deux assises ; 4° une membrane cellulaire ne comprenant qu'une seule assise de cellules. Ces dernières sont généralement cubiques, rarement rectangulaires et renferment, à leur centre, un volumineux noyau sphérique plurinucléolé. Ces cellules, génératrices de la couche interne chitineuse, peuvent être appelées cellules chîtinogènes. Elles renferment un protoplasme sombre et granuleux, qui devient plus clair et plus transparent à mesure qu'il se rapproche du noyau. Enfin, 5° tout à fait à l'intérieur et recouvrant l'assise cellulaire, on constate l'existence d'une mince membrane chitineuse transparente, parfois régulière, mais souvent aussi munie de prolongements cornés très nombreux (V. PL I, fig. 4). he jabot de la Forficule présente la même structure que le gésier et l'œsophage : la seule différence à signaler consiste dans la plus faible épaisseur de ses parois. Le gés'ter de la Forficula auricularia est un organe ovoïde, à parois très épaisses, compris entre le jabot et Lintestiu moyen (V. PL IL lig. o). Il |)orte, à sou intérieur, six replis APPAREIL DIGESTIF DES ORTHOPTÈRES. 13 OU bourrelets affectant la forme de prismes triangulaires allongés, mais qui, vus sur une section transversale, pa- raissent cunéiformes. Les parois internes des replis sont re- couvertes par une membrane chitineuse à faces parallèles portant, à son extrémité antérieure, de nombreuses pointes cornées dirigées en arrière, et, dans sa région médiane, des soies coniques de même nature et à large base. Au-dessous, vient l'assise chitinogène formée par des cellules cylindri- ques, allongées, étroites et à noyaux ovales nucléoles (V.Pl. ir, fig. 5). Extérieurement à cette dernière, se trouve la couche génératrice de Fassise chitinogène. L'espace compris entre deux bourrelets longitudinaux ou languettes est occupé par une profonde dépression. Enfin, le reste de la paroi comprend encore, en se dirigeant vers l'extérieur, une membrane musculaire circulaire, au-dessous de la- quelle existent les muscles longitudinaux disposés en fais- ceaux et la tunique péritonéale. Vuitestin moyen (V. PI. Il, fig. 5) est recouvert inté- rieurement d'un revêtement épithéhal, caractérisé par son épaisseur, la longueur et la régularité de ses cellules. Une coupe faite dans sa région antérieure, non loin du gésier, nous présente à considérer : une tunique externe ou mem- brane péritonéale, une série de faisceaux musculaires lon- gitudinaux plus ou moins espacés, et intérieurement une couche comprenant deux ou trois assises de faisceaux mus- culaires annulaires striés. Vient ensuite l'épithélium intes- tinal. Celui-ci est disposé avec une régularité et une symé- trie presque parfaites et ne comprend qu'une assise unique de cellules. Pourtant, on distingue parfois, de distance en distance, au-dessus des muscles circulaires, de petites cel- lules à noyau sphérique, destinées à remplacer les cellules épithéliales internes. Ces dernières, très régulières, affectent toutes une forme cylindrique. Parfois, leur région médiane est rétrécie et leur bord libre légèrement élargi. Elles sont pourvues d'un noyau central volumineux, de forme ovale et contenant deux ou trois nucléoles fortement colorés. Autour 14 li. BOKDASt. du noyau exis(e souvent une auréole blanchâtre ; parfois aussi, partent de ce noyau de nombreuses strialions, don- nant à l'ensemble de la cellule une apparence réticulée. Cet épilhélium est dépourvu d'un revêtement chitineux analogue à celui que nous avons décrit dans le jabot et l'œsophage. Du sommet de chaque cellule partent de nombreux bâton- nets ou cils chitineux très courts, lui donnant l'aspect d'une brosse (V. PL II, fîg. 5). Ces divers faisceaux ciliaires, en se soudant au-dessus de l'assise cellulaire, font paraître celle-ci comme enveloppée par un revêtement cuticulaire continu. Une preuve évidente qu'on a affaire à un épithëlium cilié et à revêtement cellulaire indépendant, c'est que, si on vient, par hasard, à détacher une cellule, son faisceau se détache avec elle sans entraîner le revêtement de ses voisines. Dans la région postérieure de l'intestin, l'assise épithéliale interne est moins régulière qu'en avant et présente de nombreux plissements longitudinaux. Vintestin terminal est pourvu de six replis internes hé- misphériques étendus sur toute la longueur de l'organe (V. PI. I, fîg. 5). Ces replis sont constitués par une assise de grosses cellules prismatiques ou tronconiques^ à gros noyau presque basilaire contenant de nombreux nucléoles. Le pro- toplasme n'est nullement granuleux, mais présente une série de striations irrégulières partant d'une région incolore en- tourant le noyau. Les bourrelets épithéliaux sont séparés par d'étroites dépressions et recouverts par une mince mem- brane chitineuse. A l'extérieur existent les mêmes couches musculaires que dans l'intestin moyen. Le rectum (V. PI. I, fîg. 6) présente six épaississements ovoïdes {glandes rectales)^ alternes et disposés suivant deux séries circulaires. Chaque bourrelet est constitué par de grosses cellules rectangulaires, à noyau sphériquo ou ovoïde plurinucléolé et placé dans la région centrale. Le proto- plasme est surtout localisé vers leur surface. Il présente des striations nombreuses lui donnant une apparence réticulée et vacuolaire. Les striations proloplasmiques sont surtout bien APPAREIL DIGESTIF DES ORTHOPTÈRES. 15 accusées vers la face interne de la cellule. Dans les dépres- sions comprises entre les gros bourrelets du rectum [glandes rectales) existent de petites cellules cubiques, à gros noyaux sphériques, remplissant la moitié de leur cavité. Elles con- trastent, par leur petitesse, avec les volumineuses cellules des bourrelets. Ces cellules constituent l'assise génératrice ou chitinogène. La couche épithéliale est recouverte par une membrane chitineuse plissée (V. PI. T, fîg. 6). RÉSUMÉ. — h' appareil digesiifde^ Forficulid.e affecte la forme d'un tube presque recliligne, placé suivant Taxe du corps de l'insecte et ne présenl:ant qu'une légère circonvolu- tion correspondant à l'intestin terminal. Le pharynx est court, cylindrique et parfois aplati trans- versalement. Ses parois sont épaisses et comprennent une couche interne chitineuse plissée, une assise de cellules chi- tinogènes et une enveloppe externe musculaire. L'œsophage est un organe tubuleux, légèrement plissé extérieurement: et à parois minces et transparentes. Il se continue, sans ligne de démarcation, avec le jabot;. Ce der- nier est volumineux, conique ou fusiforme, très extensible et occupe la presque totalité du thorax et les deux premiers segments abdominaux. Ses parois comprennent, en allant de l'extérieur à l'intérieur : une tunique péritonéale, des fais- ceaux musculaires longitudinaux, des muscles circulaires, une assise de cellules chitinogènes et une membrane chitineuse. Le gésier est un organe ovoïde, compris entre le jabot et l'intestin moyen et à parois très épaisses. Il est muni inté- rieurement de six lamelles chilineuses se prolongeant jusque dans le jabot et, en arrière, dans l'axe de l'intestin. Les la- melles portent, sur leur face antérieure, un certain nombre de petites dents coniques, recourbées en arrière et allant progressivement en diminuant à mesure qu'on se rapproche de la région terminale. L'organe se prolonge, dans l'axe de l'intestin moyen, par une valvule conique, formée par six languettes mobiles, rectangulaires et séparées les unes des autres par des sillons longitudinaux. 16 li. BOUDAi». L'intestin moyen est presque droit et caractérisé par ]a régularité et la symétrie de son épithélium cylindrique cilié. Les tubes de Malpighi, au nombre de 8 à 10 environ, vont s'ouvrir à l'origine de l'intestin terminal. Ce dernier, plus étroit que le précédent, décrit une courbe en forme de S. Le rectum est ovoïde et porte six glandes rectales^ al- ternes et disposées suivant deux rangées circulaires. CHAPITRE II APPAREIL DIGESTIF DES PHASMID^. (V. PL I,fig. 7,8, 9, 10, ll,etPl.II,fig. 1, 2, 3, 4, 6, 7 et 8.) Peu d'entomologistes se sont occupés de l'appareil digestif des Phasmid^e. Signalons pourtant les études de J. MùUer (1825), de N. Joly (1871), etc., et surtout le remarquable mémoire du D' R. Heymons sur l'organisation et le dévelop- pement du Bacilius rossii (Rerlin, 1897). Nous avons étudié cet organe chez trois espèces, dont deux proviennent, l'une de la Nouvelle-Guinée et l'autre de Ceylan. Pour simplifier notre travail et rendre notre description plus claire, nous allons étudier cet appareil : T chez le Phibalosoma pytho- niiLs (Westw.), 2° chez V Acanthoderus spinosus (Gr.) et le Necroscia erechtJieus (Westw.). 1° Phibalosoma pythonius (1). — L'appareil digestif du Phibalosoma pythonius , comme celui de toutes les Phasmid*, est particulièrement intéressant et présente de notables différences avec celui des autres Orthoptères (V. PI. l, fig. 7 à 11). Ce qui frappe tout d'abord, c'est sa forme rec- tiligne et l'absence complète de circonvolutions à Tintestin postérieur. Sa longueurest exactement égale àcelle du corps (1) L'espèce que nous avons disséquée, de taille gigantesque, mesurait J8r) millimètres de longueur, sur 17 millimètres de largeur au premier seg- ment abdominal. Pour M. le D"" Heymons, chez le Bacilius, comme proba- blement chez toutes les Phasmid.i:, l'intestin moyen, ainsi que l'inteslin antérieur et l'inteslin postérieur, est de nature eclodermique. APPAREIL DIGESTIF DES ORTHOPTÈRES. 17 de l'animal. Les autres caractères différentiels portent : r sur l'énorme développement du jabot; 2° sur l'atrophie et la disparition presque complète du gésier ; 3° sur l'absence de caecums ou appendices intestinaux; 4° sur la grande épaisseur des parois de la première partie de l'in- testin, et 5° sur le mode d'insertion des tubes de Malpighi. Ces cinq caractères, absolument constants chez les Phas- midde, les séparent, d'une façon très nette, de la plupart des autres familles de l'ordre des Orthoptères et les rapprochent des Mantïdse. Le tube digestif au. PInbalosoma pythonius (V. PI. I, fig. 7) débute par un pharynx court, cylindrique et à parois in- ternes striées. Sa face externe sert de point d'attache à de nombreux faisceaux musculaires qui vont se fixer aux parois latérales céphahques. \i œsophage qui vient ensuite affecte la forme d'un tube grêle et cylindrique occupant l'axe du pro- thorax. Ses parois, très épaisses, portent six bandelettes musculaires se continuant jusque vers le milieu &a jabot. Le jabot, qui fait directement suite à l'œsophage, a la forme d'un sac allongé^ occupant la presque totalité du mésothorax et du métathorax. 11 est pourvu de parois minces, transparentes, striées intérieurement, et se termine à son extrémité postérieure par un appendice conique qui se prolonge dans l'axe de l'intestin moyen. Cet appendice, qu'on peut considérer comme un vestige du puissant gésier des GryUidde et des Locustidde, est totalement dépourvu d'ar- mature masticatrice et ne porte intérieurement qu'un petit nombre de replis striés limitant l'orifice postérieur ; de plus, ces replis existent sur toute la longueur de l'appendice co- nique terminal, contrairement à ce que nous avons constaté dans toutes les autres familles des Orthoptères. Quant à l'appendice, il pénètre dans l'axe de l'intestin moyen sur une longueur d'environ \ centimètre. U appareil digestif àe?> Phasmidde^ comme du reste celui des Forficididœ^ est totale- ment dépourvu de c«cî/m^?;?^e-s^m«5W^.- c'est là un caractère très intéressant parmi les Orthoptères et tout à fait en rapport ANN. se. NAT. ZOOL. V, 2 18 Li. BORDASi. avec la structure de la première partie de Vinte^stin moyen, h'inteslm moyen (V. PL I, fig. 7, 8, 9, 10, H), en effet, au lieu de débuter par une partie élargie et à parois minces, comprend un tube légèrement aplati et recouvert d'une puissante couche musculaire. Les muscles affectent une dis- position assez caractéristique : ils sont rangés en faisceaux circulaires tirant leur origine d'un sillon longitudino-dorsal. Les divers groupes ou faisceaux musculaires sont séparés par de profondes dépressions parallèles correspondant à des sillons annulaires de la paroi interne. Intérieurement, l'or- gane présente des parois aussi irrégulières qu'à l'extérieur, car les faisceaux musculaires, formant de gros paquets, se prolongent vers l'axe de l'organe, sous forme de bourrelets circulaires irréguliers. Il résulte de cette disposition, que la cavité de la moitié antérieure de l'intestin moyen est des plus irrégulières et présente une série de boursouflures annulaires correspondant aux épaississements musculaires externes, lesquels sont séparés par un nombre égal de rigoles circulaires parallèles, limitées par les bourrelets. Cette disposition n'occupe que la première moitié de l'in- testin; la deuxième est tout à fait différente. Cette dernière, dont la séparation avec la précédente se fait d'une façon brusque, est munie de parois minces et lisses tout d'abord, puis pourvues irrégulièrement et de distance en distance de petits tubercules ovoïdes et acuminés, portant un prolonge- ment filiforme, analogue, par sa forme et sa structure, à un tube de Malpighi. Il est bien évident que nous sommes là en présence d'un organe glandulaire dont le rôle dans l'accom- plissement des fonctions digestives nous échappe. Enfin, la dernière portion de X'miesiïn moyen est sillonnée longitudi- nalement par une série de stries régulières, peu profondes et séparées par autant de bourrelets parallèles et arrondis à leur surface libre. Chaque bourrelet porle, à son extré- mité postérieure, un petit tubercule à sommet émoussé sur lequel viennent déboucher un certain nombre de tubes de Malpighi. Li^s |)ai'ois de celte seconde portion de Vin/es/i/i APPAREIL DIGESTIF DES ORTHOPTÈRES. 19 moyen sont épaisses et comprennent, outre une double couche musculaire, une membrane épithéliale interne généralement lisse. C'est à l'extrémité antérieure de Yiniestin terminal que viennent s'ouvrir les tuôes de Malpighi^ très nombreux dans l'espèce que nous étudions (V. PI. I, fig. 9). Or, tandis que chez la plupart des Orthoptères [Blattidde^ Locusti- dœ, etc.), ces organes sont groupés en un petit nombre de faisceaux ou bien vont déboucher dans un réservoir collec- teur commun suivi d'un conduit excréteur unique [GrijlJi- dœ)^ chez les Phasmidae, et en particulier chez le Phibalo- soma pythonius, ils sont divisés en plusieurs faisceaux ou houppes arborescentes, s'ouvrant directement au sommet d'un tubercule hémisphère ou conique très court. Ces tuber- cules, simples évaginations de la paroi intestinale interne, sont équidistants et disposés en cercle le long de l'extré- mité antérieure de l'intestin terminal. Leur nombre varie de 20 à 24; et, comme chacun d'eux reçoit environ une dizaine de tubes de Malpighi, il résulte que le nombre de ces derniers organes s'élève au moins à 200. On n'a, jusqu'à présent, relevé nulle part, chez les Insectes, une aussi grande quantité de ces tubes urinaires, attendu qu'on n'en compte, au maximum, qu'une centaine chez les Hymé- noptères et à peu près autant chez la plupart des Orthoptères. U intestin postérieur, qui présente à peu près la même longueur et le même diamètre que l'intestin moyen, a une surface externe presque lisse, tandis que l'interne présente un certain nombre de striations plus ou moins apparen- tes (V. PI. I, fig. 8). Ses parois sont composées de deux épaisses couches musculaires sillonnées longitudinalement par six faisceaux de muscles très puissants. Son extrémité postérieure porte un anneau très épais, correspondant à un appareil valvulaire interne fort curieux et tout à fait caractéristique, comprenant six valvules. Chaque valvule, de structure musculaire, atîecte la forme d'une pyramide triangulaire, apphquée par l'une de ses faces sur les parois 20 L.. BORDAIi. intestinales, et présentant une base légèrement excavée tournée vers le rectum. Ces six valvules, au moment de leur contraction, ferment hermétiquement l'extrémité ter- minale de l'intestin postérieur et ne laissent, à l'élat d'orifice, qu'une étroite fente étoilée (V. PI. I, fig. il). Le rectum (V. PL I, fig. 7, 8 et 11), ou portion terminale de l'appareil digestif, est une poche ovoïde, à parois min- ces, régulières, lisses et parcourues par six larges bande- lettes provenant d'un épaississement local de l'épithélium interne. Il débouche au dehors par l'orifice anal. Ce dernier est irrégulier et présente six bourrelets confluents, qui, au moment de leur relâchement, s'écartent, permettant ainsi le passage des matières excrémentitielles. 2° ACANTHODERUS SPINOSUS, NeCROSCIA ERECHTHEUS (V. PL II, fig. 1,3,4, 7, 8). — L'appareil digestif à^ \ Acanthoderus spi- nosus présente à peu près les mêmes caractères que celui de l'espèce précédente : c'est un organe droit, dépourvu de gésier et d'appendices intestinaux. Cependant, il diffère de celui du Phibalosoma par l'énorme développement des glandes salivaires et surtout par le mode d'insertion des tubes de Malpighi. L'organe est en rapport avec la forme extérieure du corps de l'insecte qui est à peu près cylindrique. — Le tube digestif du Nécrosera erechtheus dif- fère de celui de V Acanthoderus par la forme du jabot et par la disposition des colonnes chitineuses dentifères qui limi- tent la dernière portion de l'organe (V. PI. IL fig. 1 et 4). Les glandes salivaires des PuASMm^ sont bien dévelop- pées et occupent, avec le jabot, la plus grande partie des deux premiers segments thoraciques, ainsi que cela a lieu chez Y Acanthoderus spinosus que nous allons prendre comme type pour la description de ces organes (V. PL II, fig. 1). Dans ce genre, les glandes salivaires comprennent plusieurs grappes localisées dans le prothorax et le méso- thorax. Elles sont paires et disposées symétriquement par rapport à l'axe du corps de l'insecte. Chaque partie com- prend trois grappes principales : une grappe inférieure 1 APPAREIL DIGESTIF DES ORTHOPTÈRES. 21 placée sous le tube digestif, et deux grappes latérales, de dimensions inégales, directement appliquées sur le jabot. La grappe inférieure est aplatie, de forme rectangulaire et s'étend jusque vers la ligne médiane, où elle se met en contact avec sa congénère du côté opposé. Parmi les grap- pes latérales, l'une d'elles, la plus volumineuse, recouvre une partie du jabot. Quant à la plus petite, elle est située en avant de la précédente et s'applique sur la partie ter- minale de l'œsophage (V. PL II, fig. J). La structure de ces glandes est la même que celle que nous avons décrite cliez les autres Orthoptères. Elles sont constituées par un grand nombre à'adni sphériques, disposés sur un même plan et pourvus chacun d'un canalicule excréteur (V. PI. II, fig. 1). Ces canalicules, par leur convergence, finissent par for- mer un conduit excréteur commun qui monte le long des parois latéro-inférieures de l'œsophage et va s'ouvrir, non loin de son congénère du côté opposé, en avant et au- dessous de l'orifice buccal, près de l'origine de la lèvre inférieure (1) (V. PI. II, fig. 8). A ces glandes sont adjoints deux réservoirs salivaires^ généralement courts, de forme ovoïde, renflés postérieurement et pourvus d'un conduit etïérent. Tous les conduits, canalicules et canaux excré- teurs, sont munis intérieurement d'un épaississement chi- tineux spirale, analogue à celui que présentent les trachées. Le pharynx de V Acanthoderus est court, cylindrique et logé dans la région céphalique postérieure. Ses parois sont épaisses et reliées latéralement à la région basilaire de la tête par des faisceaux musculaires. A l'intérieur, existent de nombreux plissements longitudinaux et une valvule cir- culaire, tandis qu'à l'extérieur un repli de même forme le sépare de l'œsophage. Le pharynx du JSecroscia erechtheus est identique à celui de l'espèce précédente. \^ œsophage de V Acanthoderus est court, cylindrique et (1) C'est là un caractère important, atlenda que chez la plupart des autres Orthoptères les deux canaux efférents vont s'ouvrir dans un large conduit impair, de longueur variable. 22 Ij. BORDAi». se continue directement el sans ligne de démarcation avec le jabot. Ses parois externes sont lisses et les internes mu- nies de striations longitudinales. Les Necroscia ont un œso- phage allongé et cylindrique. ho^ jabot est un organe presque tubuleux, parfois oblong et fusiforme (V. PL II, fig. 3). Il comprend deux parties très différentes par leur apparence externe et surtout par leur structure intérieure [Acanthoderus). La portion anté- rieure, pourvue de parois transparentes et extensibles, com- prend deux couches de fibres musculaires : des faisceaux internes circulaires et des faisceaux externes longitudinaux. A l'intérieur, les parois présentent, comme dans l'œso- phage, des striations parallèles à l'axe de l'organe. La por- tion terminale porte, à sa surface externe^ de nombreux faisceaux musculaires longitudinaux très caractéristiques, séparés par de faibles dépressions parallèles; le tout est enveloppé par une mince membrane également muscu- laire. La face interne est recouverte par une mince lamelle cornée pourvue de nombreux plissements disposés dans le sens antéro-postérieur et portant, à leur sommet, de petites denticulations (V. PL II, fig. 3). Ces dernières font l'ofïice de râpe et servent à trilurer les aliments. Les bourrelets ou replis longitudinaux ont à peu près de 5 à 6 millimètres de longueur et sont au nombre de cinquante environ. Les dépressions parallèles qui les séparent portent, à leur par- tie inférieure, des tigelles rectangulaires cornées. Ces replis succèdent brusquement à la paroi lisse de la première par- tie du jabot, dont ils ne sont séparés que par un léger sil- lon circulaire. La surface libre des bourrelets esl convexe et porte des dents chitineuses, coniques, à base élargie, de dimensions variables et très irrégulièrement disposées. Certaines sont groupées au nombre de six, à dix, tandis que d'autres sont espacées et séparées par de petits tubercules hémisphériques. Ces denticules chitineuses ont, la plupart, une base épaisse et élargie et un sommet parfois mousse, mais généralement aminci el acéré. Llles ne recouvrent pas J APPAREIL DIGESTIF DES ORTHOPTÈRES. 23 toute la surface libre du bourrelet corné, mais sont géné- ralement localisées sur la partie la plus culminante et dirigent leur sommet vers l'orifice intestinal. Celte dispo- sition, très intéressante, ne se rencontre pas chez les Phi- balosoma. La portion terminale du jabot peut facilement être homologuée, au point de vue physiologique, au gésier des Blattidœ, des Gryllidœ, etc., bien qu'elle en diffère au double point de vue de sa forme et de sa structure. L'extrémité postérieure de l'organe se rétrécit peu à peu et forme un bourrelet circulaire . à la suite duquel vient un appendice conique de 5 à 6 millimètres de longueur, pourvu à son origine de replis musculaires. Cet appendice se prolonge, comme dans l'espèce précédente, dans l'axe de la partie antérieure de l'intestin moyen. — Chez le Ne- croscia erechtheus, le jabot, fusiforme et allongé, présente deux renflements, l'un dans le mésothorax et l'autre dans le métathorax. Ce dernier est recouvert intérieurement d'une mince lamelle cornée, pourvue de replis longitudi- naux séparés par de larges, mais peu profondes dépres- sions (V. PI. Il, fîg. 6). Toute la surface interne porte de nombreuses dents chitineuses disposées très régulièrement, contrairement à ce qui existe chez Y Acanthoderiis . Ces dents, de forme conique, ont leur pointe tournée en ar- rière. Elles sont placées par rangées transversales à peu près équidistantes. Chaque rangée renferme de 3 à 5 dents. Grâce à cette disposition régulière, chaque colonne affecte l'apparence d'une brosse très allongée. L'intestin moyen des Acanthoderns, comme celui du Phi- balosoma, est divisé en deux parties très nettes. La por- tion antérieure est pourvue de parois très épaisses et d'une puissante couche musculaire, comprenant une quinzaine de gros faisceaux circulaires, partant d'une rainure longi- tudino-dorsale et dirigés perpendiculairement à l'axe du corps. A 12 millimètres de leur origine, ces faisceaux transverses deviennent moins apparents et finissent par s'atténuer pro- gressivement, sans toutefois disparaître d'une façon com- 24 li. BORDAI. plète. C'est dans la région médiane de la seconde partie de l'intestin que l'on constate l'existence d'un grand nombre de petites glandes coniques et pourvues d'un long appen- dice filiforme, que nous avons signalées et décrites dans l'espèce précédente. Elles sont au nombre d'une cinquan- taine environ et occupent un espace annulaire de 3 à 4 mil- limètres de hauteur. Leur portion basilaire a la forme d'une ampoule conique qui se continue par un long appen- dice cylindrique, flexueux et d'un diamètre à peine égal à la moitié de celui d'un tube de Malpighi. La portion vésiculaire terminale adhérente à l'intestin est creuse et doit remplir l'office de réservoir; quant au filament qui la prolonge, il comprend une cavité centrale très étroite, entourée d'un manchon dont la membrane interne est con- stituée par des cellules épithéliales rectangulaires, sécré- tant un suc qui doit, sans nul doute, agir sur la digestion, mais dont le rôle physiologique est encore inconnu. L'in- testin moyen du JSecroscia erechtheus est recouvert d'une épaisse couche musculaire, ne présentant pas, comme dans les espèces précédentes, une disposition striée. Vers sa ré- gion médiane, on observe, çà et là, ainsi que nous l'avons constaté chez les autres Phasmidae, de nombreuses glandes, à base conique et élargie terminée par un long filament sinueux. Chez \ Acanthoderus ^ Yintestin postérieur est droit et porte six larges bandelettes, étendues sur toute sa longueur et produites par des replis internes. A son origine, vien- nent déboucher les tubes de Malpighi, groupés en plu- sieurs faisceaux et disposés en cercle autour de l'organe (V. PL n, Y\^. \). Chaque faisceau ne comprend que 3 ou 4 tubes s'ouvrant dans un canal collecteur très court. Les parois de l'intestin terminal sont à peu près lisses; son extrémité postérieure, légèrement rétrécie, se continue par une poche ovoïde, le rectum, sans présenter l'appareil valvulaire si développé du Phibalosoma. A la surface du rectum existent six bandelettes fusiformes, allongées et disposées symétriquement par rapport à Taxi^ de l'organe. APPAREIL DIGESTIF DES ORTHOPTERES. ZO Chez le Necroscia erechtheus, l'intestin postérieur et le rec- tum ne présentent aucune particularité intéressante. Les tubes de Malpïghi sont très nombreux et vont s'ouvrir en cercle à la partie antérieure de l'intestin terminal, après s'être fusionnés, au nombre de 2 ou 3, en un grand nombre de petits faisceaux. RÉSUiMÉ. — Le trait dominant de V appareil digestif des Phasmidœ^ c'est sa forme rectiligne, essentiellement en rap- port avec celle du corps. Mais ce qui caractérise suitout cet organe et le sépare de celui des autres Orthoptères, c'est l'absence de gésier et ^appendices intestinaux et la pré- sence de glandes filiformes sur le pourtour de la région mé- diane de l'intestin moyen. Le pharynx est court, cylindrique ou légèrement aplati et logé dans la région céphalique. Vœsophage est cylindrique et de longueur variable suivant les genres. Le jabot est allongé, volumineux et fusiforme. Il comprend deux parties très nettes et à peu près d'égale longueur. La dernière partie se prolonge en cône dans l'axe de Tinteslin moyen et est recouverte intérieurement d'une série de bourrelets longitu- dinaux, pourvus de petites dents cornées servant à la masti- cation (Acanthoderus, Necroscia). h' intestin moyen est droit et comprend, à sa partie antérieure, une épaisse couche musculaire formée par des faisceaux disposés en anneaux volumineux, très apparents. La seconde partie porte, dans sa région médiane, une série de glandules, à base conique, prolongées par un long appendice filiforme, glandules que nous n'avons constatées nulle part chez les autres Orthoptè- res. Les tubes de Malpighi sont disposés en cercle à l'origine de l'intestin terminal. Ces organes sont groupés en nombreux faisceaux s'ouvrant chacun au sommet d'un bourrelet co- nique très court. L'intestin postérieur est droit et présente six longues bandelettes longitudinales ; il est parfois séparé du rectum^diV six puissantes valvules pyramidales (Phibalo- soma) ; parfois aussi, il n'existe, entre les deux organes, qu'un faible bourrelet circulaire (Acanthoderus). 26 li BORDAI. CHAPITRE ÎH APPAREIL DIGESTIF DES MANTID^. (V. PL II, fig. 2 et 9 ; PL IIL fig. 1 , 2, 3, 4, 5, 6 et 7.) Conlinuant à suivre le degré de complication croissante de l'appareil digestif, nous allons maintenant étudier les Mantid^. Dans cette famille, nous avons disséqué les es- pèces suivantes : Mantis religiosa (Linné), Tenodera australa- siœ (Leach), Hierodula hioculata (Burm.), Eremiaphila den- iicollis (Lefebr.), Stagmotoptera predicatoria , St. annulata (StoU), Empusa pauperata (Lalr.),etc. — Parmi ces espèces, une seule, la Mantis religiosa, a été l'objet de très courtes descriptions de la part de Marcel de Serres et de L. Dufour (1834). Marcel de Serres a encore disséqué la Mantis ora- toria, dont l'appareil digestif est identique à celui de la M. religiosa. Aussi, en présence des études de ces deux cé- lèbres zoologistes, serons-nous bref au sujet de l'organe de la digestion de la Mante religieuse et nous bornerons-nous à relever certaines erreurs de Dufour et à compléter Lélude anatomique du gésier dont la structure est très intéressante, ainsi que celle des intestins moyen et postérieur. Enfin, nous allons montrer que cet organe, par la conformation de cer- taines de ses parties, peut servir de terme de comparaison pour la famille tout entière. Nous avons, à cet effet, divisé notre chapitre en deux parties. r Mantis religiosa (Lin.), Tenodera australasle (Leach) (V. PL II, fig. 2 et 9, et PL III, fig. 6). — Le tube digestif de la Mante leligieuse est rectiligne et ne présente aucune circonvolution, sauf l'intestin moyen qui a une légère cour- bure dans sa région médiane. Celui do la Tenodera aastra- lasiie se rapproche de celui des Hlallos, mais il en ditVère par l'énorme développement du jabol qui remplit tout le thorax et la moitié antérieuie de l'abdomen et surtoul par APPAREIL DIGESTIF DES ORTHOPTÈRES. 27 l'énorme réduction des intestins moyen et postérieur. Cliez la Mantis religiosa, les glandes salivaires sont bien développées et comprennent trois grappes, confluentes en plusieurs points, et s'élendant, du milieu du protborax, jusqu'au tiers postérieur du mésothorax. La grappe princi- pale a une forme rectangulaire et s'applique directement contre les parois de la première partie du jabot. Elle est séparée de la seconde grappe par un étroit espace comblé par plusieurs tubes trachéens. Cette dernière grappe est triangulaire et recouvre une partie des parois inférieures de la portion antérieure de l'intestin. Enfin, en avant de ces deux massifs glandulaires, en existe un troisième qui se pro- longe en arrière, s'applique sur le jabot, se dirige vers la face dorsale de ce dernier et se termine par une extrémité ob- tuse située à très peu de distance de sa congénère. La glande, remarquable par sa couleur d'un blanc mat, est constituée par des acini sphériques et pluricellulaires. Chaque acinus se continue par un canalicule excréteur qui s'ouvre dans un conduit efférent d'un plus large calibre. Les canaux efférents sont situés de chaque côté de l'œsophage, au-dessus de la chaîne nerveuse. Les canalicules et conduits excréteurs ont une structure très simple. Leur enveloppe présente, en allant de dehors en dedans, une membrane musculaire externe très mince, une couche épithéliale for- mée de cellules recl:angulaires à gros noyaux et une mem- brane chitineuse interne pourvue d'arceaux spirales. Les cellules épithéliales déterminent, sur la couche externe, un contour sinueux qui apparaît sur les coupes d'une façon très nette. Les deux conduits efférents, après avoir traversé la partie antérieure du prothorax et reçu le réservoir sali- vaire, pénètrent dans la région céphalique postérieure oii ils se fusionnent en un conduit excréteur impair très court qui va s'ouvrir, non pas dans la bouche comme l'a écrit Dufour, mais à la base de la mâchoire inférieure, au-dessous de l'orifice buccal. C'est là, du reste, un mode d'embouchure constant chez tous les Orthoptères. — Les glandes salivaires 28 Li. BORDAI. de la Tenodera sont divisées en deux groupes situés symé- triquement par rapport à l'axe du thorax (V. PL II, fig. 2). Chaque groupe comprend deux grappes principales : une antérieure recouvrant les parties latérales et supérieures du jabot et l'autre postérieure appliquée conlre les parois infé- rieures de la seconde moitié du prothorax et de l'espace intersegmen taire compris entre les deux premiers mérides thoraciques. Le canal excréteur de la glande postérieure pénètre dans la grappe antérieure qu'il traverse latéralement et va se fusionner avec le conduit efférent de cette dernière. De cette union résulte un conduit unique qui monte le long de l'œsophage, pénètre dans la tête et s'unit à son congénère du côlé opposé pour former, comme dans l'espèce précé- dente, un canal impair. De chaque côlé des glandes sali- vaires existe un ?'éservoh% sorte de sac allongé, cylindrique et plissé longitudinalement. Ces glandes, ainsi que leurs canaux excréteurs, présentent la même structure que chez la Mantis religiosa. Le pharynx àç^^ deux espèces est court, tubuleux, à parois musculaires épaisses et striées longitudinalement. Il fait di- rectement suite à la bouche et se trouve entièrement logé dans la région céphalique. h' œsophage de la Mante, séparé du pharynx par une faible dépression circulaire, est un organe cylindrique, à parois minces et transparentes. Il parcourt l'axe du prothorax et se continue avec le Jabot sans ligne de démarcation. Lq jabot (Manie), de structure identique à celle de l'œso- phage, a la forme d'une longue poche fusiforme, très élas- tique et étendue, du milieu du mésothorax, jusqu'aux pre- miers segments abdominaux. Ses parois internes présentent de légères striations longiludinales dues à de faibles épaississements musculaires. L'organe se continue directe- ment avec le gésier dont la structure est bien dilVérente. — Le jabot de la Tenodera présente un développement consi- dérable et affecte une forme qui ne se rencontre chez au- cune espèce d'Orthoplère. C'est un tu])e disposé en bissac, APPAREIL DIGESTIF DES ORTHOPTÈRES. 29 s'étendant du jabot jusqu'au quatrième anneau abdominal et occupant la presque totalité de la cavité thoracique. Il se rétrécit dans le mésothorax et forme un étroit pédicule plissé et strié transversalement, unissant de la sorte les deux parties de Forgane. Ses parois sont minces, transparentes, et comprennent une double couche musculaire externe re- couverte, à l'intérieur, d'une mince enveloppe chitineuse. Le jabot et l'œsophage occupent les deux tiers environ de la longueur totale du tube digestif, tandis que l'intestin moyen, l'intestin terminal et le rectum représentent à peine l'autre tiers. Le gésier de la Mante religieuse est tout à fait caractéris- tique et bien différent, comme puissance, de celui des GryUïdœ et des Locustidœ (V. PL III, fig. 6). Il présente quel- ques ressemblances avec celui des Forficules. C'est un or- gane conique, à base cylindrique, largement ouvert vers le jabot. Son extrémité postérieure, courte et conique, se pro- longe^ dans Taxe de la partie antérieure de l'intestin moyen, par un pédoncule conique, également fort court. Ses parois sont épaisses et recouvertes d'une double couche muscu- laire qui supporte intérieurement de nombreuses colonnes cornées disposées en six séries. Chaque série est comprise entre deux dépressions latérales peu profondes renfermant une dent. Les dents, au nombre de six, sont placées circu- lairement autour de la paroi interne du gésier, dont elles occupent la partie postérieure. Elles sont courtes, chiti- neuses, à base élargie et triangulaire et à extrémité anté- rieure crochue et légèrement recourbée (V. PL III, fig. 6). La face supérieure des dents est convexe et l'inférieure con- cave ; de plus, elles portent, sur les bords latéraux, de nombreuses et fines denticulations. Au-dessous d'elles, existe une zone sétigère demi-circulaire, bombée, hérissée de soies ou poils chilineux de formes et de dimensions très varia- bles : les uns sont coniques et à extrémité effilée, tandis que d'autres se terminent par une pointe bifide et parfois même trifide (V. PL II, fig. 9). La portion de la paroi comprise entre 30 li. BOROiS. deux dents est légèrement bombée et porte une vingtaine de bandelettes chilineuses irrégulières et souvent même anas- tomosées entre elles. Leur face supérieure présente de nom- breuses soies très courtes (V. PI . III, fig . 6) . Le reste de l'organe, situé en arrière de la partie masticatrice que nous venons de décrire , porte également un grand nombre de piquants cornés, généralement fort courts. Enfin, la dernière partie du gésier se termine par six bourrelets aplatis, jouant le rôle de val- vules. — Le gésier de la Tenodera australaside est tout à fait rudimentaire et présente à peu près la même disposition interne que celui de la Mante religieuse (V. PL 11, fig. 2). Il en diffère pourtant parla présence d'an court pédoncule qui le prolonge et le rattache à la partie antérieure de l'intestin moyen. C'est un organe conique, dont l'orifice antérieur présente six bourrelets valvulaires irréguliers. La cavité interne est en forme de demi-sphère et porte six épaississe- ments musculaires recouverts d'une lamelle cornée présen- tant de petits replis chitineux et irréguliers, la plupart anas- tomosés entre eux et recouverts de soies à leur surface libre. Ces bourrelets ou épaississements sont séparés par une dépression longitudinale, à Textrémilé de laquelle se dresse une dent à base élargie et à tige recourbée, cro- chue et denticulée sur ses bords. La suite de l'organe se continue par un tube à peu près cylindrique, hérissé inté- rieurement de nombreuses soies chitineuses (V. PI. Il, fig. 2). h'intestin moyen des Mantes est très réduit et ne présente qu'une légère courbure, fort peu accentuée. Son extrémité élargie reçoit les appendices mtesthiaux, sortes de doigts de gant cylindriques et à extrémité libre, terminée en caecum. Ces appendices, au nombre de huit insérés suivant une ligne circulaire, ont une structure analogue à celle de l'intestin moyen et présentent la même forme et la même disposition que ceux des Blaltidœ : caractèi'C très important qui permet de placer les Maalidx à côté de cette famille. Le reste de l'organe est cylindrique et lisse extérieurement. Chez la Tenodeni, Yinleslin moyen est très court. Il débute par une APPAREIL DIGESTIF DES ORTHOPTÈRES. 31 extrémité élargie portant/»/?/ appendices intestinai/s dllon^és, cylindriques et présentant les plus grandes analogies de formes avec ceux des Blattes, Ils s'ouvrent dans l'intestin par un orifice circulaire. Les parois intestinales sont fort épaisses et portant de nombreuses stries transverses. L^or- gane se rétrécit à son extrémité postérieure, puis se dilate en un bourrelet annulaire, origine de l'intestin terminal, sur le pourtour duquel viennent s'ouvrir de 50 à 60 tubes de Malpighi localisés, comme chez la Mantis religiosa, en des points déterminés et non d'une façon uniformément circu- laire (V. PI. II, fig. 2). Vintestin postérieur des Mantes religieuses est un tube droit et parcouru, sur toute sa longueur, par des bandelettes longitudipales dues à des replis épithéliaux internes. Il pré- sente, à son extrémité postérieure, un bourrelet valvulaire qui le sépare du rectum. Ce dernier organe, complètement enveloppé par les glandes génitales, se continue par un tube très court débouchant au dehors par l'orifice anal, de forme circulaire. — L'intestin terminal de la Tenodera a une lon- gueur un peu supérieure à celle de l'intestin moyen, mais son diamètre lui est bien inférieur. Il est pourvu de parois musculaires épaisses qui forment à l'intérieur six replis lon- gitudinaux, donnant à la lumière du canal une apparence étoilée. Enfin, une valvule terminale sépare cette dernière partie d'une poche ovoïde, le rectum, semblable à l'organe homologue décrit chez la i/an/e (V. PL II, fig. 2). 2° HiERODULA BIOCULATA, ErEMIAPHILA DENTICOLLIS ET Stagmatoptera predicatoria (V. PL III, fig. 2, 3, 5, 7). — L'appareil digestif de Y Hierodala bioculata est remarquable par l'énorme développement de l'œsophage et du jabot qui s'étendent de la région céphalique jusqu'au quatrième segment abdominal. Le jabot, quand il est complètement distendu, mesure près de 12 millimètres de diamètre. En outre, nous constatons, chez cette espèce, un plus grand développement du tube intestinal que dans les deux espèces précédemment étudiées. Les intestins moyen et postérieur 32 li. BOROAS». décrivent deux demi-cercles disposés en sens inverse et affec- tant la forme d'un S. Les Eremiaphila sont, de tous les genres appartenant à la famille des Mantidœ, ceux dont l'appareil digestif présente la plus grande complexité et l'in- iestin le plus grand développement (V. PI. III, fîg. 3). L'or- gane, complètement étalé, atteint presque deux fois la lon- gueur de l'animal, tandis que chez les espèces précédentes il le dépasse à peine. Cette disposition, grâce aux circonvo- lutions et aux replis intestinaux, rappelle par plus d'un point celle que nous offrent les Blattïdse. On le voit, notre étude sur les Mantidœ nous permet de suivre les degrés de complication successifs de l'organe digestif et de placer cette famille près d'un groupe avec lequel elle a de grandes affinités. ^ Les glandes salivaires des Hie?vdula sont très volumineuses et comprennent, de chaque côté de l'œsophage, deux grap- pes glandulaires, un canal excréteur et un réservoir sali- vaire (V. PI. III, fig. 2). La grappe principale est allongée et mesure près de 18 millimètres de longueur. Elle est lé- gèrement concave et recouvre, dans sa région postérieure, presque complètement la première partie du jabot. Le canal excréteur, très allongé, la traverse dans toute sa longueur et reçoit, de part et d'autre, les canaux excréteurs des grappes secondaires. La seconde grappe est ovoïde, aplatie, recou- verte par l'œsophage et directement appliquée au-dessus du système nerveux. Les conduits excréteurs reçoivent, un peu en avant de la grande grappe, les réservoirs salivaires qui sont formés par des tubes cylindriques diriges en arrière et appliqués sur les parois externes des glandes salivaires. Ces conduits, blancs, cylindriques, cheminent parallèlement l'un à l'autre, pénètrent dans la tête, se fusionnent en un canal impair au-dessous du ganglion sous-œsophagien et vont déboucher à la base de la languette. L'appareil sali- vaire est bien développé chez la Stagmatoplera predicatoria et les diverses grappes glandulaires entourent complètement la première partie du jabot. APPAREIL DIGESTIF DES ORTHOPTÈRES. 33 Le pharynx de Y Hierodida bioculata est aplati et pourvu d'une épaisse membrane musculaire. Celui de VEremiaphila est large, aminci transversalement et à parois internes plissées longitudinalement. La voûte pharyngienne, de cou- leur jaune foncé, porte plusieurs bourrelets séparés par au- tant de replis transverses. Extérieurement, l'organe est relié aux parois céphaliques par de nombreux faisceaux muscu- laires aplatis horizontalement (V. PL IH, fig. 3). V œsophage de V Hierodula bioculata est long, cylindrique et parcourt l'axe du prothorax jusqu'à sa région postérieure (Y. PL in, fig. 2, OE). En ce point, il se dilate insensiblement et se continue par le jabot. Ses parois externes sont lisses et les internes plissées longitudinalement. L'œsophage de la Stagmatoptera est également très long et se continue, sans ligne de démarcation, avec le jabot. Celui de VEremiaphila denticoUis^ également très allongé, occupe les deux premiers segments thoraciques et est enveloppé, dans sa région pos- térieure, par les glandes salivaires. Sa surface interne, ainsi que celle du jabot, présente de nombreux replis irrégu- liers, disposés longitudinalement et séparés par des bour- relets parallèles. Les Hierodula possèdent un /«^o^ très volumineux, affec- tant une forme ovoïde avec un renflement postérieur. 11 occupe le mésothorax, le métathorax et les trois ou quatre premiers segments abdominaux. Ses parois sont parcourues longitudinalement par de nombreux faisceaux musculaires dessinant àTextérieur des stries irrégulières et des bourre- lets parallèles. L'organe s'unit directement au gésier. Le jabot de la Stagmatoptera est également fort volumineux et occupe, quand il est complètement distendu par les ahments, non seulement les deux derniers segments thoraciques, mais encore les quatre premiers anneaux de l'abdomen. Son ori- fice postérieur est bordé par un épais bourrelet pourvu de six larges replis irréguliers fermant incomplètement l'entrée du gésier. \J Eremiaphila possède un jabot bien moins volu- mineux que celui des espèces précédentes : c'est un organe ANN. se. NAT. ZOOL. V. 3 34 li. BORDAi». fusiforme qui occupe le méiathorax, la première partie de l'abdomen et loge, dans sa région postérieure, un gésier ru~ dimentaire. Le gésier de V Hierodula bloculata (V. PI. III, fig. 2), comme celui de touLes les espèces appartenant à la famille des Man- lidœ, est très atrophié et présente, presque partout, une structure à peu près uniforme. Chez l'espèce en question, le bord antérieur de l'organe est irréguHer et porte six bourre- lets noirâlres dus à des replis chitineux parallèles et presque demi-circulaires, à la suite desquels viennent d'autres replis de même nature et analogues à ceux des Mantes. Chaque massif ou bourrelet est séparé de son voisin par une faible dépression longitudinale, au fond de laquelle existe une petite dent chitineuse recourbée en forme de hache. A la suite de la dent vient un petit tubercule hémisphérique recouvert par un épais massif de soies chitineuses. L'organe se continue par un pédoncule cylindrique très court qui le rattache à la partie antérieure de l'intestin moyen. — La S tag mat opter a possède un gésier (V. PL III, fig. 7), bien plus développé que celui des espèces précédentes : les colonnes chitineuses y sont plus nettes et les dents plus apparentes. Sa face interne est séparée du jabot par un rebord annulaire pourvu de six bourrelets, subdivisés eux-mêmes en plusieurs replis secon- daires dont le nombre varie de quatre à six. Les bourrelets principaux sont séparés par des dépressions peu profondes, à baseélroite, dépourvues de tigelles chitineuses et ne por- tant que de microscopiques soies cornées. Vers la partie moyenne de l'organe, dans la dépression dont nous venons de parler, se dresse une dent chitineuse, de même forme que celle des espèces précédentes, mais beaucoup plus forte. Elle est disposée en forme de hache et présente son bord tranchant vers l'axe du gésier. Son extrémité libi-e est re- courbée en crochet très acéré et sa face inférieure concave porte, sur ses bords latéraux libres, de (ines denticulations chitineuses. A la suite de cette dent vient une plage sétigère, allongée parallèlement à l'axe du gésier, de forme rectan- APPAREIL DIGESTIF DES ORTHOPTÈRES. 35 gulaire et légèrement bombée. Elle est recouverte de longues soies chitineuses, simples ou bifides à leur sommet, étroite- ment serrées entre elles, parfois concrescentes et formant, dans ce cas, un tubercule analogue à une dent (V. PI. III, fig. 7). Ces soies, très nombreuses au-dessous et à peu de distance de chaque dent chitineuse, finissent par diminuer peu à peu et par disparaître au-dessus de chaque valvule qui ferme l'orilice intestinal de l'appendice du gésier. Au-dessus de la zone pilifère et dans l'espace compris entre deux dénis et les étroits sillons qui les surmontent existent, avons- nous dit, de quatre à six bourrelets secondaires séparés par de faibles dépressions longitudinales. Ces bourrelets secon- daires sont parcourus par d'étroites baguettes chitineuses, analogues à celles des espèces précédentes, très irrégulières, ramifiées dichotoniiquement et recouvertes de soies très courtes. Ces baguettes vont converger dans la dépression comprise entre chaque dent et ne forment bientôt plus que deux lamelles entourant une zone fusiforme portant de nom- breuses soies parfois libres, mais parfois soudées entre elles et formant, dans ce cas, une petite denticule [a). Telle est, sommairement décrite, la structure interne du gésier des Stagmatoptera (V. PI. III, fig. 7). Extérieurement, l'organe se confond avec le jabot, et rien n'indique la séparation de ces deux parties du tube digestif. L'organe se continue par un pédoncule très court, pourvu d'un bourrelet ovoïde trans- verse et s'unit à l'extrémité antérieure de l'intestin moyen, dans l'axe duquel il se termine par un tubercule hémisphé- rique, muni à son sommet d'un orifice étoile limité par six valvules. Au point où le pédoncule se détache du jabot, existe un ganghon du système stomato-gastrique, duquel partent de nombreux filaments qui vont se ramifier à la partie médio-supérieure de l'appareil digestif. Le gésier de YEremiaphila denticGllis (V. PL \\{^ fig. 3) n'est représenté extérieurement que par un court pédoncule cylindrique allant se fixer à la partie antérieure de l'intestin moyen. Son origine, confondue avec l'extrémité postérieure 36 li. BORDAS». du jabot, est munie d'un orifice circulaire irrégulier, pourvu d'un bourrelet jouant le rôle de valvule. Les parois internes de ce gésier, de même que celles de son pédoncule posté- rieur, sont à peu près semblables à celles que nous avons observées chez YHierodiila, avec cette différence pourtant, que les dents sont un peu moins acérées, moins volumi- neuses, et que les colonnes sétigères sont moins étendues. U intestin moyen de VHierodula est court, légèrement courbé et porte, à son origine, huit longs appendices intes- tinaux cylindriques et flexueux, analogues à ceux des Blat- tidœ et en particulier de la Blabera (V. PL III, fig. 2). L'or- gane, après avoir décrit un coude, présente à son extrémité un léger repli annulaire suivi d'un bourrelet. C'est sur ce bourrelet, origine deVi7itestin terminal ow. postérieur^ que vien- nent déboucher de 70 à 80 tubes de Malpighi, \Jintestin ter- minal d, un diamètre beaucoup plus étroit que l'organe pré- cédent; ses parois sont plus épaisses et parcourues par des replis longitudinaux internes. A sa partie terminale, un sphincter circulaire, généralement irrégulier, le sépare du rectum, expansion ovoïde ne présentant aucune particularité remarquable. Il' intestin moyen de la Stagmatoptera predicatorïa présente à peu près la même forme extérieure que celui de l'espèce précédente, mais il en diffère par le mode d'embouchure des cœcums intestinaux. Ces appendices, au nombre de huit^ s'ouvrent dans de profonds diverticules séparés les uns des autres par des lamelles musculaires qui vont se perdre peu à peu au point où commence la portion cylindrique de l'in- testin. Le reste de l'appareil est de tout point semblable à celui de VHierodula (V. PI. III, fig. 5). h' Eremiaphila denticollis possède un tube digestif cylin- drique, flexueux, recevant à son origine les diverticules ou appendices intestinaux diW nombre de huit (V. PL iU, fig. 3). Ce sont des tubes longs, flexueux et irréguliers, disposés en couronne autour de la portion terminale du jabot. L'organe décrit une demi-circonvolution avant de s'unir à Viutesiin APPAREIL DIGESTIF DES ORTHOPTÈRES. 37 terminal^ à l'origine duquel existe un bourrelet circulaire sur lequel viennent s'ouvrir les tubes de Malpïghi. Ces glandes comprennent de 60 à 70 tubes filiformes qui s'insèrent tantôt régulièrement, tantôt, au contraire, se groupent en faisceaux de 3 ou 4 tubes. Chaque filament glandulaire présente un léger renflement ovoïde au moment de s'ouvrir sur le bour- relet compris entre les intestins moyen et postérieur. Ce renflement terminal des tubes de Malpighi de Y Eremiaphila constitue une particularité que nous n'avons rencontrée encore chez aucune autre espèce d'Orthoptère. \J intestin postérieur, séparé de l'intestin moyen par un bourrelet valvu- laire interne, décrit un tour complet et présente six bande- lettes longitudinales dues à des replis épithéliaux internes. Il se dilate à son extrémité postérieure pour former un rectum ovoïde, pourvu de six bandelettes fusiformes équi- distantes(V. Pi. III, fig. 3, R). En RÉSUMÉ, Vappa?'eil digestif des M antïd je est caractérisé par sa forme rectiligne, en rapport avec celle du corps de l'insecte, par l'énorme développement du jabot et par la ré- duction considérable des intestins moyen et postérieur. Il n'y a d'exception que pour le genre Eremiaphila, dont l'in- testin est allongé et décrit une circonvolution complète. Chez toutes les espèces de cette famille, les glandes sali- vaires sont très développées et constituées par plusieurs grappes enveloppant complètement ou en partie la portion terminale de l'œsophage ou l'extrémité antérieure du jabot. Le gésier est un organe tout à fait rudiment aire présentant une structure interne très compliquée. Il porte, comme principaux appendices internes, six petites dents chitineuses, aplaties et crochues. A l'origine de l'intestin moyen vien- nent déboucher huit cœcums ou appendices intestinaux. En un mot, l'appareil digestif des iVIantidae présente, dans son ensemble, de nombreux rapports avec celui des Rlattidœ. 38 I'. BORDAI, CHAPITRE IV APPAREIL DIGESTIF DES BLATTID^. (V. PI. III, f\^. 1, 4 et 8; PJ. IV, fig. 1 à 9; PL V, fîg. \ et 4.) Beaucoup de zoologistes se sont occupés de Vappai^eil digestif des Blattld^. Sans analyser leurs travaux d'une façon complète, nous allons signaler, en quelques mots, les principaux auteurs, avec les tilres de leurs mémoires. Parmi les Entomologistes qui, à des points de vue diffé- rents et parfois d'une façon secondaire et accessoire, ont parlé de l'organe de la digestion des Blattes, nous ne pou- vons passer sous silence Bash (1) (1858), Chun (2) (1876), Plateau (3) (1874), Jousset de Bellesme (4) (1875), ScHiNDLER (5) (1878), Cholodkowsky (6) (1881), etc. Plus récemment encore, Miall et A. Denny (7) (1886), repre- nant les travaux de leurs devanciers et résumant les résul- tats de leurs recherches, ont fait une monographie très intéressante de la Pcriplaneta oricntalis. Citons enfin les re- marquables et très importants travaux embryogéniques du D' R. Heymons concernant les Blatta^ les Penplaneta, les Badllus, les Gryllus, etc. Nous avons étudié un grand nombre d'espèces, tant (1) Untersuchungen iiber das Chylopoêtische und Vropoèlischc System der Blatta orientalis (Kais. Akad. der Wissensch. Bd. XXXIII, 1858). (2) f7e6er den Bau, die Eniwick., und physiol. Bedeu. der Rectaldn'isen hci den Insckten (Abh. der Senkeiib. Naturfois. Gesell. Bd. X, 1870). (3) Recherches sur les phénomènes de la digestion chez les Insectes {Mém. de l'Acad. roy. de Belgique, (. XLI, 1874). (4) Recherches expérimentales sur la digestion des Insectes et en particulier de la Blatte, 1875. (5) Beitrâge zur Kcnntniss der MalpighVschen Gcfdsse der Insekten (Zeits. T. VS^Jss. Zool. Bd. XXX, 1878). (6) 7Air Frage id)er den Bau und iiber die Innervntioyi drr Speicheldriisen der Blattiden (Horœ Soc. Eiilomol. Rossi, t. XVI, 1881). (7) The structure and live-history of thc Cockroach, 1886. APPAREIL DIGESTIF DES ORTHOPTÈRES. 39 exotiques qu'indigènes, appartenant à la famille des Blat- tidde et avons, en outre, parmi les innombrables variétés de formes que présente l'appareil digestif, ramené cet organe à une forme type à laquelle se rattachent toutes les autres. — Les principales espèces soumises à notre examen sont : Blatta germanica (L.), BL maderœ (L.), Periplaneta orien- talis (L.), Per. americana(L.), Per. australaside (Fabr.), Epi- lampm gracilis (Brunn.), Polyzosteria limbata (Burm.), Panesthïa javanica (Serv.), Heterogamia œgyptiaca (L.), Blahera gigantea (S(oll), Blabera atropos (StoU), etc. Le chapitre concernant l'appareil digestif des Blattidœ sera divisé en plusieurs sections et se terminera par des con- sidérations générales et comparatives de cet organe dans la famille tout entière. Dans nos divisions, nous suivrons les degrés successifs de complication de l'ensemble de l'appareil et du gésier en particulier. PREMIÈRE SECTION. — Epilampra gracilis et Panesthia javanica. (V. PI. IV, fig. 9;P1. V, fig. 4et5.) Un des traits les plus caractéristiques de V appareil diges- tif de VEpiiampra, consiste dans le mode d'embouchure des tubes de Malpighi, la longueur considérable de l'œso- phage, la réduction du jabot, l'atrophie presque complète du gésier, la dilatation sphéroïdale du rectum et la forme boursouflée et plissée que présente la première partie de l'intestin postérieur (V. PI. V, fig. 4). Tous ces caractères sont si particuliers et si différents de ceux que vont nous présenter les autres espèces, qu'il est nécessaire de don- ner, de chaque partie de l'organe, une description détail- lée. Parmi les modifications, celles qui dominent et impri- ment à l'appareil un cachet si particulier et si typique, c'est la forme atrophique du gésier et la disposition des tubes de Malpighi. Grâce aux caractères si nets que nous présentent ces deux sortes d'organes, nous avons le point 40 L.. BOKDAii. de départ et la série complète des modifications qu'éprou- vent ces deux parties de l'appareil digestif dans l'impor- tante famille des Blattidœ. — La Panesthia est pourvue d'un organe digestif présentant, dans son ensemble, à peu près les mêmes caractères que celui des Blabera que nous allons décrire dans la suite, mais il en diffère pourtant par la forme du jabot et par l'atrophie à peu près com- plète du gésier. Le pharynx de VEpilampra est court, aplati transver- salement et sert d'insertion à une série de faisceaux mus- culaires disposés symétriquement, par rapport à l'axe de l'organe, en deux séries allant se fixer aux parois latérales céphaliques. Uœsophage de la même espèce, contrairement à ce qui existe chez les Blattes et les Périplanètes, est excessive- ment allongé. Il affecte la forme d'un tube cylindrique occupant, au-dessus de la chaîne nerveuse thoracique, le prothorax et le mésothôrax. Vers sa partie antérieure, il est complètement enveloppé par de nombreux faisceaux glandulaires constituant les glandes salwaires, lesquelles, par la disposition de leurs acini et la distribution de leurs canaux excréteurs, affectent des dispositions semblables à celles des autres Blattidde (V. PI. Y, fig. 4). L'organe s'élar- git progressivement et se continue, sans ligne de démarca- tion apparente, avec le jabot. — L'œsophage de la Panes- thia, également fort long, s'étend jusqu'au tiers antérieur du mésothorax. Le jabot de XEpilampra est relativement restreint et n'occupe que les régions centrales du métathorax et du premier segment abdominal. C'est un organe irrégulier et symétrique, présentant une large boursouflure latérale. Ses parois externes sont lisses, mais les internes sont mu- nies d'une séries de fines striations longitudinales. Il se rétrécit ensuite progressivement et se conlinue par un pédoncule tronconique qu'on |)eut considérer comme le dernier vestige du gésier. — \jC jabot de la Panesthia j(t va- APPAREIL DIGESTIF DES ORTHOPTÈRES. 41 nica est large, aplati transversalement et présente, comme celui de l'espèce précédente, un volumineux renflement latéral. Le gésier de V Epilampra est tout à fait rudimentaire. Toute trace de denticulations chitineuses a disparu, et il ne reste plus, comme dernier vestige de l'armature masti- catrice, si développée chez les Blattes et les Périplanètes, que six colonnettes musculaires, très courtes, jouant le rôle de valvules à l'orifice postérieur du jabot (V. PI. IV, ^\^. 9). Ces colonnettes charnues parcourent le gésier dans toute sa longueur et vont même, en se resserrant à mesure qu'elles se rapprochent de l'orifice postérieur de Torgane, former une sorte de seconde valvule fermant l'extrémité terminale du très court appendice qui se prolonge dans l'axe de l'intestin moyen. Les Blattidœ constituent une famille très intéressante en ce sens qu'elles vont nous per- mettre de suivre les degrés successifs de complication du gésier et nous faire assister ainsi aux séries de transforma- tions par lesquelles passe cet organe pour arriver à la structure relativement compliquée qu'il présente chez les Périplanètes et les Blattes. — La forme du gésier des Panesthia est tout à fait caractéristique : c'est un organe présentant son maximum d'atrophie (V. PI. V, fig. 5). 11 n'existe pour ainsi dire plus, a presque totalement disparu, et le tube court et cylindro-conique qui unit Tintestin au jabot peut seul être considéré comme le dernier vestige de cette portion du tube digestif. Pourtant, un examen attentif nous permet de reconnaître les parties essentielles consti- tutives de l'organe. Ces parties consistent en un bourrelet annulaire antérieur et en plusieurs bandelettes musculo- chitineuses dirigées d'avant en arrière et séparées par de larges sillons parallèles. Leurs parois, beaucoup plus épaisses que celles du jabot, sont constituées par deux couches mus- culaires superposées. Sur leur face interne, six bourrelets longitudinaux, derniers vestiges des colonnettes chitineuses de l'armature masticatrice des autres Orthoptères, sont là 42 li. BOKI»Ai». pour attester la nature de l'organe. A l'origine de cha- cune d'elles, un peu en arrière de ForiQce postérieur du jabot, se dressent six petits tubercules coniques et pyra- midaux , restes des grosses dents chitineuses que nous allons décrire chez les Blattes et les Périplanètes (Y. PL V, fig-5). VintesMi moyen de YEpilaiiipra débute par une porlion élargie, ampullaire, à l'origine de laquelle viennent dé- boucher les appendices intestinaux. Jusqu'ici , nous n'en avons rencontré que huit, mais, chez l'espèce actuelle, on eu compte neuf ou dix (1), de longueur variable. Ce sont des tubes cylindriques, dont certains atteignent 12 à 15 millimètres de longueur, tandis que d'autres dépassent à peine 5 millimètres. Ils sont terminés, à leur extrémité libre, les uns par un bourrelet arrondi, les autres par une pointe amincie et d'autres enfin, par un mince filament recourbé. L'organe se continue ensuite en diminuant de diamètre et en décrivant deux circonvolutions. A l'origine de Vintestin terminal, viennent déboucher les tubes de Mal- pïghi qui, dans le genre que nous étudions, afTectent une disposition très caractéristique. Au lieu de s'ouvrir suivant une ligne circulaire, ils se disposent en trois touffes (2), espacées les unes des autres et débouchant au sommet de petits tubercules creux qui sont dus à des évaginalions latérales internes de la portion antérieure de l'intestin ter- minal. Chaque tubercule correspond donc à un diverlicule in- lestinal, de forme conique. Les faisceaux ou toulTes compren- nent chacun de 30 à 40 tubes : ce qui porte leur nombre à 100 ou 120 environ. On peut, en outre, considérer celte forme comme une transition entre le mode d'embouchure que pré- sentent les tubes de Malpighi chez les Gryllotalpa et celui {\) Ce nombre dix n'est pas constant, car, sur d'autres échanlillons sou- mis à notre examen, nous en avons trouvé tantcU huit et tantôt neuf. Ou peut donc dire que leur nombre, variable chez ri']pilampra, est compris entre huit et dix. (2) Le nombre des touffes est toujours fixe : j'en ai constamment rencon- tré trois daus toutes les espèces que j'ai disséquées. APPAREIL DIGESTIF DES ORTHOPTÈRES. 43 qu'ils affectent chez les Blattidœ. Supposons, en effet, que le tube excréteur commun ou uretère des Gryllidœ se ré- duise de plus en plus, on arrivera finalement à un court pédoncule, dilaté à son sommet, analogue à Tun quelconque des tubercules des Epilampra (V. PI. V, fig. 4). A la suite de l'intestin moyen vient V intestin postérieur, débutant par un tube cylindrique très court, lequel se di- late brusquement et forme une masse irrégulière, boursouflée, plissée extérieurement et recourbée presque à angle droit. Ces boursouflures externes donnent à l'organe l'apparence qu'affecte le gros intestin des Vertébrés. Les plissements externes déterminent, à l'intérieur, des bourrelets presque circulaires, séparés par des sillons parallèles, correspondant aux bosselures externes. Le canal se continue par un tube légèrement plissé, dirigé d'avant en arrière, presque en ligne droite. Au dernier segment abdominal, l'organe se di- late brusquement en une masse sphérique constituant le rec- tum. Ce dernier porte, comme chez les autres espèces, six replis ou épaississements longitudinaux très courts, ana- logues aux glandes rectales des Hyménoptères. Chez la Panesthia javanica, les intestins moyen et postérieur pré- sentent à peu près les mêmes caractères que chez l'espèce précédente, et sont remarquables par leur longueur et les circonvolutions qu'ils décrivent. DEUXIÈME SECTION. — Blabera gigantea et Blabera atropos. (Y. PI. III, fig. 1, 4 et 8 ; Pi. IV, fig. 2.) Les Blabera atropos possèdent des glandes salwaïres dont le développement est intermédiaire entre celui des Acridiidce et celui des Gryllidœ. Elles occupent la région médiane tho- racique, au-dessus des ganglions nerveux, s'étendent jusqu'à la partie antérieure du mélathorax et comprennent trois grappes glandulaires : une grappe médiane, recouverte par le tube digestif, et deux grappes latérales, directement apph*- quées contre les parois de la première partie du pharynx. 44 ^' BORDAS». La grappe médiane est étalée, peu compacte et formée d'un grand nombre de lobules espacés et munis de canaux excré- teurs qui longent la paroi latéro-inférieure de l'œsophage. La constitution et la forme des acini sont analogues à celles des Locustidœ. Quant aux grappes latérales, elles sont encore moins volumineuses et moins compactes que la grappe in- férieure et leurs lobules moins espacés. Chacune d'elles est pourvue d'un canal excréteur qui, après avoir contourné l'œsophage, va s'ouvrir dans un des canaux inférieurs. Ces derniers finissent même par se fusionner en un seul conduit débouchant dans le réservoir salivaire. Celui-ci affecte la forme d'un long tube cylindrique plissé et à diamètre ir- régulier. Le reste de l'organe présente les mêmes carac- tères que ceux que nous allons décrire chez les Péripla- nètes. h' appareil digestif de la Blabera gigantea est caractérisé par l'énorme développement du jabot, la réduction considé- rable et l'atrophie du gésier, ainsi que par la longueur et les nombreuses circonvolutions que présentent les intestins moyen et postérieur (V. PL IV, fig. 2). Chez la Blabera atropos^ le tube digestif présente à peu près la même con- formation que dans l'espèce précédente et les tubes de Malpighi sont groupés en un faisceau unique (V. PI. III, fig. 1). Le pharynx et Vœsophage des Blabera sont courts et cy- lindriques. Le dernier va progressivement en s'élargissant et passe ainsi au jabot sans transition et sans ligne de démar- cation apparente. La Blabera gigantea possède un jabot volumineux et sacci- forme, à parois minces et transparentes, occupant toute la région médiane du thorax et la partie antérieure de l'abdo- men, jusqu'au troisième segment. Il repose sur le système nerveux, dont les ganglions sont concentrés dans la région thoracique et sur la grappe médiane des glandes salivaires. La face interne de l'organe est généralement lisse ou par- courue par de fines striations longitudinales. — Chez la APPAREIL DIGESTIF DES ORTHOPTÈRES. 45 Blabera atropos^ le jabot est sensiblement aplati et asymé- trique par rapport à l'axe du tborax. Il est déjeté sur le côté et présente un boursouflement latéral. Sa paroi externe est lisse, mais l'interne présente une série de bandelettes longi- tudinales irrégulières, plissées transversalement, festonnées et séparées les unes des autres par des sillons parallèles. L'extrémité postérieure de l'organe présente un léger bourrelet portant une série de replis limitant un orifice très étroit. Ce bourrelet annulaire, qui se contracte ou se dilate au gré de l'animal, joue le rôle de valvule et règle le passage des aliments du jabot dans le gésier. Le gésier^ ainsi que nous l'avons déjà constaté chez plu- sieurs genres de la famille des Blatlidse, est, chez la Bla- bera gigantea^ extrêmement simple (V. PI. lY, ^\^, 2). Il affecte la forme d'un petit corps ovoïde mesurant à peine 3"°", 5 de diamètre et soudé directement à la partie posté- rieure du jabot. Les parois de l'organe sont peu épaisses comparativement à celles des autres espèces de l'ordre des Orthoptères. Elles sont pourvues de deux couches muscu- laires et présentent, à leur intérieur, six plissements longi- tudinaux, de forme triangulaire, dirigés d'avant en arrière et séparés par de larges sillons parallèles. Le fond de ces sillons porte un bourrelet peu accentué. C'est au sommet des replis dont nous venons de parler que se dressent les dents destinées à effectuer la trituration des aliments. Cha- cune d'elles occupe l'origine du repli ou bourrelet musculeux que nous avons décrit et affecte la forme d'un petit tubercule chitineux, légèrement concave, à pointe acérée, de couleur noir foncé et dirigée en arrière (V. PL III, fig. 8). Laté- ralement, ce tubercule denliforme présente quelques pointes très courtes. De chaque côté de la pointe médiane existent deux autres tubercules, généralement courts et de forme triangulaire. A la suite de chaque dent vient le repli rectan- gulaire dont nous avons parlé. Cette armature masticatrice est tout à fait rudimentaire comparativement à celle des Gryllidse et se rapproche, par plus d'un côlé, de celle que 46 li. ItOUDA^. nous avons décrite chez les Forficula et les Anechura. L'ori- fice postérieur est très étroit et se trouve fermé par une valvule à six branches, dont chacune d'elles n'est que le prolongement d'un bourrelet du gésier. Ce dernier est rattaché à la partie antérieure de l'intestin moyen par un pédoncule cylindrique très court. Le gésier de la Blabera atropos (V. PL III, fig. 4) est tout à fait rudimentaire. Il se confond avec la portion postérieure rétrécie du jabot et se présente sous forme de pédicule, légèrement renflé en son milieu, servant ainsi de pont entre l'intestin moyen et le jabot. Au point de vue de sa structure, on constate pourtant une certaine différence avec ce dernier organe : ses parois, en effet, sont beaucoup plus épaisses et parcourues inté- rieurement, suivant sa longueur, par six colonues ou replis musculaires épais, séparés les uns des autres par de larges dépressions. C'est à la partie antérieure de ces longs bourre- lets internes et tout près de la valvule circulaire qui limite l'orifice postérieur du jabot, que se dressent six petites dents, une à l'origine de chaque bourrelet (V. PI. III, fig. 4). Ces petits tubercules chilineux sont encore moins développés que chez la Blabera gigantea. Ils affectent la forme d'une petite curette, concave en arrière, convexe en avant, munie d'une pointe médiane recourbée en crochet et de deux pointes latérales très courtes. A la partie antérieure du jabot, dans la large mais peu profonde dépression qui sé- pare deux bourrelets consécutifs, se dresse un bourrelet in- termédiaire dont la longueur atteint à peine la moitié de celle que présentent les six replis principaux dont nous ve- nons de parler. Enfin, comme dans l'espèce précédente, le gésier se prolonge, dans l'axe de l'intestin, par un pédon- cule, long de 2 à 3 millimètres, dont la disposition est de tout point comparable à celle des Blattes et des Péri- planètes. Les Blabera gigantea possèdent un iules lin moyen unique- ment localisé dans une partie fort restreinle médio-abdomi- nale (V. V\. IV, fig. 2). C'est un organe cylindrique, lisse APPAREIL DIGESTIF DES ORTHOPTÈRES. 47 extérieurement el décrivant trois circonvolutions à direclion presque perpendiculaire à Taxe du corps de Finsecte. C'est à son extrémité antérieure que viennent débouclier, suivant une ligne circulaire, huit appendices intestinaux^ fort longs, mais beaucoup plus élroits que ceux des Polyzostena dont nous allons parler au paragraphe suivant. Leur longueur est des plus variables : les uns atteignent jusqu'à 2 centi- mètres de long, tandis que d'autres mesurent à peine 8 mil- limètres. Les circonvolutions intestinales sont très serrées, très compactes et n'occupent qu'un espace fort restreint de l'abdomen. De V intestin moyen de la Blahera atropos^ nous n'aurons que fort peu de chose à dire, attendu que sa structure et sa disposition sont à peu près identiques à celles de l'intestin de la Blahera gigantea. Son extrémité antérieure est élargie et reçoit huit appendices intestinaux longs, minces et flexueux. L'organe décrit ensuite trois cir- convolutions et se trouve séparé de l'intestin postérieur par un bourrelet annulaire, jouant le rôle de valvule. Les tubes de Malpighi de la Blahera (jigantea, au nombre de 50 à 60, viennent débouchera l'extrémité antérieure de l'intestin terminal et forment une touffe très serrée enve- loppant la dernière partie des circonvolutions de cet organe (V. PI. IV, fîg. 2). Leur mode d'embouchure dans l'intestin est tout à fait caractéristique et bien différent de ce qui existe chez la plupart des autres Blattidse. Ces organes, en effet, au lieu d'être disposés en plusieurs faisceaux, ontleurs points d'embouchure concentrés suivant une plage régulière, ne comprenant que les 2/5 environ de la circonférence in- testinale. — Chez les Blahera atropos^ c'est sur une partie du bourrelet situé à l'origine de l'intestin terminal (V. PI. III, fig. 1) et sur un espace ovoïde et très restreint que viennent déboucher les tubes de Malpighi. Or, dans ce genre, on peut constater deux dispositions qui sont également intéres- santes l'une et l'autre : tantôt, en effet, tous les tubes vont s'ouvrir directement sur un tubercule aplati et ovoïde, mais très court; tantôt, au contraire, on constate l'existence de 48 li. BORD Ai». deux diverticules, à sommet conique, sur les faces desquels débouchent les organes urinaires, disposés ainsi en un double faisceau. Quelquefois aussi, deux tubes de Malpighi, avant de s'ouvrir dans l'intestin, se soudent en un tube unique 1res court. Cette disposition, fort instructive, peut être considérée comme une forme intermédiaire entre le mode d'embouchure qu'affectent les tubes uriques chez les Gryllidde et chez les Blattidde dont nous allons maintenant nous occuper (Blattes et Périplanèles). ^'intestin postérieur de la Blabera gigantea, dont la lon- gueur est presque égale à celle de l'intestin moyen, com- prend trois parties nettement distinctes quant à leurs di- mensions, et qui sont : V une partie antérieure, cylindrique et sinueuse; 2° une région médiane, faisant suite à la pre- mière, élargie, boursouflée extérieurement et phssée à l'in- térieur; et 3° une porlion terminale ovoïde, constituant le rectum. Ce dernier organe est précédé d'un pédoncule an- térieur très étroit qui se continue avec la région médio- intestinale boursouflée. A la surface du rectum existent six bandelettes longitudinales, fusiformes, qui sont, ainsi que nous l'avons déjà dit, les homologues des glandes rectales des Hyménoptères. En RÉSUMÉ, ce qui caractérise l'appareil digestif âes Bla- bera^ c'est l'énorme développement du jabot, la forme simple et rudimentaire du gésier, avec l'atrophie presque complète de l'appareil masticateur et les divisions très nettes qu'affecte l'intestin terminal : portion antérieure, sinueuse, courte et rétrécie, et portion postérieure renflée, plissée et fusiforme. TROISIÈME SECTION. — Polyzosteria limbata. (V. PI. IV, fig. i, et 8.) Nous avons également étudié Vappareil digesii/' d'une BLATTm/i<:, la Polyzosteria limbata, de taille giganlesque comparativement à nos espèces indigènes. Cel échantillon avait les dimensions suivantes : longueur, 62 miflimètres : APPAREIL DIGESTIF DES ORTHOPTÈRES. 49 largeur, prise au deuxième segment abdominal, 22 milli- mèlres. Le tube digeslif, complètement développé, mesurait 127 millimètres de long. Chez cetle espèce, l'organe de la digestion reproduit, dans ses grands traits, celui des Blat- lidâe en général et surtout des Blabera. Il diffère pourtant de celui des Périplanètes par la longueur considérable de l'intestin moyen, la réduction de l'intestin terminal et par la forme loute particulière qu'affectent les Cdecums ou appert- dicefi intestinaux, qui sont, en général, très longs et dont la plupart atteignent un diamètre égal aux 2/3 de celui de l'intestin moyen (V. PL IV, fîg. 1). hepharynx est excessivement réduit comparativement aux autres parties du tube digestiL C'est un organe aplati, de forme trapézoïdale, à parois épaisses et musculaires, sur lesquelles viennent s'insérer de nombreux muscles destinés à le maintenir dans une position fixe. h'œsophage, comme dans toutes les autres espèces, est un tube court et peu apparent, compris entre le jabot et le pharynx. Sa structure est à peu près identique à celle de ce dernier. Le jaôot affecte la forme d'un vaste réservoir piriforme occupant les 2/3 antérieurs de la capacité thoracique. Il est situé au-dessus du système nerveux et de la grappe médiane des glandes salivaires. Les gros faisceaux musculaires mo- teurs des appendices thoraciques l'entourent latéralement. Il se dilate progressivement d'avant en arrière et n'atteint son diamètre maximum qu'à l'origine du métathorax. Ses dimensions diminuent ensuite et l'organe finit par ne plus constituer qu'un court pédicule terminal se rattachant au gésier. Ses parois externes sont lisses et les internes pré- sentent une série de fines striations longitudinales irrégu- lières, anastomosées entre elles et séparées par des sillons parallèles peu profonds. A la suite du jabot vient le gésier, organe puissant et ad- mirablement conformé pour la mastication des aliments. (V. PI. IV, fîg. 5). Il a, comme chez les espèces (Blattes et ANN. se. NAT. ZOOL. V, 4 50 I^. BORDAS. Périplanètes) que nous allons étudier maintenant, la forme d'un cône à sommet dirigé en arrière. La base est irrégu- lièrement circulaire et légèrement concave. Sa face externe est à peu près lisse, mais présente, vers sa partie moyenne, un sillon circulaire peu profond qui semble la diviser en deux parties : l'une antérieure tronconique et l'autre postérieure conique. C'est au milieu de la base que vient s'insérer un court, mais large tubercule faisant suite au jabot, La paroi interne de ce pédoncule est pourvue d'une série de replis qui vont converger vers un bourrelet mar- quant l'origine du gésier. Cet organe est, chez la Polyzos- teria^ bien plus développé et plus complexe que celui des Blabera; il présente cependant un certain nombre de carac- tères qui, dans leur ensemble, rappellent ceux des Blattes, mais qui en diffèrent pourtant par la puissance extraordi- naire et la conformation de leur armature masticatrice. Les parois du gésier comprennent une double couche très épaisse de fibres musculaires, et c'est sur la couche interne que sont appliquées six fortes dents disposées en cercle suivant six séries longitudinales. Chaque dent affecte une forme pris- matique et est pourvue d'un bord tranchant, tourné vers l'axe du gésier. La forme de ce bord varie à l'infini et pré- sente, tantôt l'apparence d'une lame régulière et tranchante, tantôt celle d'une lame courbe; tantôt, au contraire, ce bord est pourvu d'une série de tubercules droits, crochus ou re- courbés en forme de bec de perroquet. Ces dents reposent sur la paroi interne par une large base rectangulaire et sont recouvertes d'une épaisse couche chitineuse de couleur noir foncé. Au-dessous de chacune des dents que nous venons de décrire, et séparé d'elles par une profonde dépression trans- versale, existe de même un gros tubercule musculaire, à sommet élargi et plissé (Y. PI. IV, fig. 5). Entre deux dents consécutives, la paroi interne supporte une série de tigelles cornées, rectilignes, non adjacentes les unes aux autres et comparables aux denticules que nous allons décrire chez les P>Ialtes, mais beaucoup moins accentuées que chez ces der- APPAREIL DIGESTIF DES ORTHOPTÈRES. 51 uières. Eq résumé, ce qui domine dans la structure du (jé- s'ier des Polyzosteria et ce qui en fait un appareil masticateur et broyeur de premier ordre, c'esL la présence et la confor- mation des six dents que nous venons de décrire. Grâce à elles et aux nombreux faisceaux musculaires qui constituent la paroi de l'organe, les substances alimentaires envoyées par le jabot sont trilurées en menus morceaux et deviennent aptes à être imbibées par les sucs digestifs sécrétés par Tin- teslin moyen. Soumises aux actions cliimiques de ces sucs, elles sont finalement absorbées. L'extrémité postérieure du gésier est pourvue d'une val- vule étoilée à six branches et se continue par un appendice cylindrique qui se prolonge dans l'axe delà partie antérieure de l'intestin moyen, affectant ainsi la forme d'un tube co- nique très court. Nous allons retrouver^ chez les Péripla- nètes, cette disposition tout à fait remarquable. Le trait caractéristique de V'mtestin moyen des Polyzos- teria limbata (V. PI. IV, fig. 1), c'est sa longueur, ses nom- breux replis et sa forme régulièrement cylindrique. A sa partie antérieure viennent déboucher les huit appendices ïn- testinaux, si typiques et si remarquables chez les Blallidae. Ceux de la Polyzosteria sont remarquables par leur longueur excessive, certains mesurant jusqu'à 3 centimètres. Ils sont cylindriques, sinueux et d'inégale dimension. Leur embou- chure dans l'intestin moyen se fait à la même hauteur et suivant une ligne circulaire. La structure de ces appendices est identique à celle dé la première partie de l'intestin moyen. Ils comprennent deux couches musculaires et une membrane interne glandulaire. Leur face externe est par- courue par de nombreux faisceaux trachéens. Le reste de l'intestin moyen affecte la forme d'un tube à peu près uni- formément cylindrique et à parois lisses. Il décrit trois cir- convolutions, dont les deux dernières sont recouvertes par des touffes de lubes de Malplghi. Ces derniers, insérés à l'origine de l'intestin terminal, sont généralement courts, minces, flexueux et groupés en six faisceaux disposés en 52 li. BORDAS». cercle autour de l'inleslin. Cette disposition plurifasciculée, que nous allons retrouver chez les Blattes etlesPériplanètes, n'est pas constante dans la famille que nous étudions. Nous avons vu, en effet, que chez les Blabera, les Epilampra,etc., le nombre des faisceaux est beaucoup plus restreint. L'intestin postérieur, séparé de l'intestin moyen par un bourrelet annulaire jouant le rôle de valvule, n'égale à peu près que le tiers de la longueur de ce dernier (V. PI. IV, fîg. 1). Sa première partie est cylindrique et étroite, mais elle ne tarde pas à se dilater et à former une masse ovoïde et courte oii se rassemblent les détritus organiques destinés à être expulsés au dehors. C'est dans cette portion, au mi- lieu d'une masse de matières stercorales, que nous avons rencontré une grande quantité de Nématodes, longs de 12 à 16 centimètres. L'organe se rétrécit de nouveau pour s'é- largir ensuite et former le rectum. Ce dernier, peu volumi- neux, va s'ouvrir au dehors par l'orifice anal, situé au-dessus de l'orifice génital et recouvert par une lamelle aplatie ter- minant le dernier segment abdominal. — En RÉSUMÉ, ce qui caractérise l'appareil digestif des Polyzosterïa, c'est la lon- gueur considérable de l'intestin moyen, de ses appendices antérieurs et la forme toute spéciale que présentent les dents du gésier, faisant de ce dernier organe un appareil masticateur d'une très grande puissance (V. PI. IV, fig. I,5et8). QUATRIÈME SECTION. — Periplaneta americana. Per. orientalis. — Fer. australasiee. — Blatta germanica. — Bl. maderae, etc. (V. PI. IV, fig. 2, 3, 4, 6, 7; PI. V, fig. 1.) Glandes salivaires. — Plusieurs zoologistes, en faisant l'anatomie de quelques Orthoplères, ont décrit très succinc- tement les glandes salivaires des Blattidœ. Pourtanl, Ham- dohr et Marcel de Serres, qui les |)rcniiers ont publié des observations anatomiques sur la Blatta orientalis^ ne parlent pas de ses organes salivaires. L. Dul'our, en J834 (V. Mè- II APPAREIL DIGESTIF DES ORTHOPTÈRES. 53 moires de r Académie des sciences, t. VIÏ, 1841) dit, en parlant de la même espèce, que les glandes salivaires consistent, pour chaque côté, en une double ou parfois triple grappe d'innombrables sachets ovalaires d'un blanc opaloïde, plus ou moins contigus. De ces grappes, l'une, bien plus grande que l'autre^ forme le corps principal de la glande et s'en- fonce jusque vers le milieu du thorax, au-dessous du canal alimentaire, oij elle est maintenue par d'innombrables tra- chées. Les canaux efîérents se réunissent, avant de pénétrer dans la tête, en un seul canal ou tronc commun. Plus récemment encore, en 1887, Hofer Bruno a fait une étude très minutieuse de la structure des glandes salivaires de la Blatta germanica et de leur innervation. L'auteur a étudié, d'une façon toute spéciale, les muscles qui passent sous l'œsophage et servent à faire contracter les réservoirs salivaires. 11 a fait ensuite, dans la seconde partie de son mémoire, l'histologie des glandes et cherché à connaître le mécanisme intime de la sécrétion salivaire. Il a consacré, en outre, plusieurs pages à l'étude de la distribution des nerfs dans les glandes et confirmé ainsi les observations de Kupfîer, qui avait, le premier, constaté que les filets nerveux pénètrent réellement dans les cellules glandulaires. Dans l'étude que nous allons poursuivre, nous allons dé- crire sommairement les glandes salivaires de plusieurs es- pèces de Périplanètes [Periplaneta americana, Per. orienta- lis, etc.), en nous attachant surlout à relever plusieurs erreurs, ainsi qu'un certain nombre de points d'anatomie, qui avaient échappé aux zoologistes précédents. Lq^ glandes salivaires de la Periplaneta americana (V. PL IV, fig. 3) sont très volumineuses et acquièrent surtout leur maximum de développement chez les espèces femelles. Elles sont situées dans le thorax et forment trois faisceaux principaux entourant parfois complètement une portion de l'œsophage et l'extrémité antérieure du jabot. Parmi ces faisceaux ou groupes glandulaires, les plus importants sont ceux qui sont disposés latéralement et que nous allons tout 54 I^- BOllDitli. d'abord décrire. Les faisceaux latéraux oui leur surface ex- terne légèrement convexe et ne présentant que fort peu d'irrégularités. Ils sont recouverts par du iissu adipeux et par les muscles moteurs des ailes et des pattes. Dans l'es- pace compris entre les deux premiers segments thoraciques (pro et mésothorax), chacun d'eux émet un prolongement latéral passant au-dessus de l'œsophage et le recouvrant complètement sur une faible étendue. La fusion des deux massifs glandulaires n'est jamais complète, attendu qu'il suffit d'une légère traction pour les écarter. Les deux grappes glandulaires se séparent ensuite de nouveau, lais- sant encore à nu la face supérieure œsophagienne, et vont se terminer en languette à la partie antérieure du métathorax. Il résulte de cette disposition que chaque lobe glandulaire, vu par sa face supérieure, présente la forme d'un losange très allongé. La face interne des grappes glandulaires laté- rales est concave et s'applique directement contre les parois de l'œsophage et celles du jabot. Cette face est lisse et ne pré- sente d'autres irrégularités que celles imprimées par les canaux excréteurs qui sont, sur ce côté, très apparents. Tous les conduits excréteurs partent du côté interne et vont s'ou- vrir directement dans un canal collecteur large et irrégulier. Ce dernier chemine sous le tube digestif, un peu au-dessus et sur le côté de la chaîne ganglionnaire nerveuse. Le côté in- terne du canal collecteur ne reçoit aucun conduit excréteur, sauf celui qui provient du lobule glandulaire médian, lequel va s'ouvrir à l'extrémité postérieure du canal, peu après sa sortie du massif sécréteur latéral. Les canaux collecteurs, au nombre de deux seulement, l'un droit et l'autre gauche, reçoivent_, chemin faisant, quatre ou cinq conduits eiïérents provenant des divers lobules de chaque grappe latérale. Arrivés dans la région médiane du prothorax, ils deviennent libres, prennent une forme régulièrement cylindrique et pé- nètrent dans la tête en passant sous un arceau chitineux qui soutient l'œsophage, lisse rapprochent ensuite l'un de l'autre, se fusionnent et forment finalement un conduit unique très APPAREIL DIGESTIF DES ORTHOPTÈRES. o5 court qui va s'ouvrir à la face supérieure du réservoir ou conduit elVérent impair, provenant de la fusion des deux ré- servoirs salivaires latéraux (V. PI. IV, fig. 3). Les réservoirs salivaires sont constitués par des tubes allongés, torlueux, à parois minces el transparentes, s'élendant au loin, en arrière, jusqu'au deuxième segment thoracique. Ils sont pourvus intérieurement d'une série d'anneaux chitineux qui leur don- nent l'apparence d'une grosse trachée. Leurs dimensions sont plus ou moins considérables, suivant la quantité plus ou moins grande de salive qu'ils contiennent. Arrivés dans la région postérieure céphalique, ils se fusionnent et for- ment un réservoir unique qui va s'ouvrir en avant et à la partie inférieure de l'orifice buccal. Tube digestif (V. PI. V, fig. 1). — Le tube digestif àe la Blatta orientalis a déjà été très sommairement décrit par L. Dufour et par Griffiths. Ce dernier auteur s'est surtout occupé de la partie physiologique. La description qui va suivre, faite sur la Periplaneta americana et la Per. orien- talis, a pour but de rectifier certains points d'anatomie qui ont échappé aux premiers zoologistes, et surtout de per- mettre de faire une étude d'ensemble de l'organe de la di- gestion des Blattidse. Le pharynx de la Periplaneta americana commence en avant des mandibules et présente la forme d'un tube cylin- drique, assez court, allant s'ouvrir dans l'œsophage, vers la partie postérieure de la tête. Ses parois sont épaisses, mus- culaires et présentent une face interne lisse en général, ou parfois parcourue par de légères stries longitudinales. La face externe est irrégulière et sert de point d'attache à de nombreux muscles permettant d'effectuer facilement la con- traction ou la dilatation de l'organe. Les faisceaux muscu- laires postérieurs sont disposés circulairement sur une cer- taine étendue de la portion terminale du pharynx. L'appareil digestif de la Periplaneta orientalis présente à peu près la même disposition que celui de l'espèce précédente. Les glandes salivaires sont bien développées et constituées par 56 li. ILOltOAS». deux grappes aplaties, ne recouvrant que les parois latérales de l'œsophage. Elles se réunissent sur la face inférieure du thorax, où elles forment une lamelle courbe, sur laquelle passe la portion antérieure du tube digestif. Ce qui caracté- rise surtout l'appareil salivaire de la Blatte, c'est l'énorme développement des réservoirs salivaires qui, chez l'espèce actuelle, présentent, à l'état de vacuité, la forme de deux tubes aplatis, à parois minces et transparentes. Leur extré- mité distale, qui dépasse légèrement le bord postérieur des glandes, est terminée par un caecum hémisphérique. Le pharynx et Vœsophage des Periplaneta orientalis ne présentent aucune particularité digne d'être signalée. Ce dernier organe est pourtant, chez celte espèce, plus long que chez la Pe7\ amerïcana. U œsophage de la Periplaneta amerïcana est un tube court et cylindrique, servant de trait d'union entre le jabot et le pharynx. Sa paroi externe est lisse et recouverte par les faisceaux musculaires thoraciques et par de nombreux tubes trachéens. Arrivé vers le tiers postérieur du prothorax, il s'élargit brusquement et se continue par le jabot. Le jahot est, sans contredit, la partie la plus importante et la plus volumineuse de l'appareil digestif des Péripla- nètes. C'est un sac allongé, piriforme, étalé latéralement et étendu du prothorax aux deux premiers segments abdomi- naux. Ses dimensions, variables suivant les individus, sont comprises entre 8 à 10 millimètres de longueur, sur 3 à 5 millimètres de large. Son extrémité antérieure, dont le diamètre est tout d'abord le même que celui de l'œsophage, s'élargit brusquement et est recouverte, de chaque côlé, par les deux grappes latérales des glandes saHvaires. Arrivé à la partie postérieure du métathorax, il se rétrécit brusquement et forme une sorte de pédoncule dont les dimensions sont égales au tiers du plus grand diamètre du jabot. Ce pédon- cule, après un trajet de 2 à 3 millimètres, va s'unir à la por- tion suivante du tube digestif appelée gésier. Les parois externes du jabot de la Per. amerïcana (V. PI. IV, APPAREIL DIGESTIF DES OKTHOPTÈRES. 57 fig. 4) sont lisses et parcourues par de nombreux tubes tra- chéens formant, à sa surface, une série souvent trèsélendue de riches arborisations. Indépendamment de sa couche épi- théliale interne, la paroi comprend deux épaisseurs très nettes de fibres musculaires : une couche longiludinale et une couche circulaire, qu'on peut facilement séparer en laissant macérer l'organe dans l'eau pendant deux ou trois jours, ou bien en le faisant séjourner pendant quelque temps dans l'alcool. Mais, si la face externe est lisse et régulière, il n'en est pas de même de la face interne qui présente des irrégularités intéressantes à signaler (V. PL IV, fig. 4). Sa moitié supérieure est lisse et ne présente, en général, aucun repli, sauf dans sa moitié postérieure, où l'on voit apparaître quelques légers sillons longitudinaux, qui ne deviennent bien nets et apparents qu'à l'origine de la seconde moitié de l'or- gane. Ces plissements longitudinaux, au nombre de 60 à 80, s'accentuent de plus en plus à mesure qu'ils se rapprocbent du gésier et vont confluer vers un rebord circulaire qui marque l'extrémité postérieure du jabot (V. PI. IV, fig. 4). Les replis sont irréguliers, sinueux et présentent entre eux de nombreuses anastomoses. Entre deux replis ou bourrelets consécutifs existe un sillon longitudinal, également très irrégulier. Les bourrelets et les sillons se resserrent à mesure qu'ils se rapprochent du gésier. Ils vont se terminer sur un léger bourrelet annulaire, à la suite duquel vient une rigole circulaire. C'est à l'origine de cette dernière que sont im- plantées six fortes dents, allongées et chitineuses, consti- tuant l'armature masticatrice du gésier. Dans l'espace com- pris entre deux dents, existent deux denticules triangulaires, disposées parallèlement, et dont le rôle, dans l'acte de la mas- tication, me paraît assez effacé. Les fonctions physiologiques du jabot sont très restreintes, et l'organe se borne presque uni- quement à emmagasiner les aliments au fur et à mesure qu'ils sont pris par l'insecte et à régler leur passage dans le gésier. C'est dans ce dernier organe qu'ils sont broyés et triturés par le puissant appareil masticateur qui revêt ses parois internes. 58 JL. BOK»A§i. Lq jabot de la Periplaneta orientolis est moins développé que celui de l'espèce précédente. C'est un organe piriforme, à pointe tournée en avant, et dont la grosse lubérosité est dirigée en arrière. Il se continue par un très court, mais large pédoncule allant se fixer au gésier. Les parois externes du jabot sont lisses quand l'organe est distendu par les ali- ments ; mais, à l'état de vacuité, elles présentent une série de plis longitudinaux. La face interne est sinueuse et munie de nombreuses stries séparées par des bourrelets irrégu- liers et anastomosés entre eux. Le gésier de la Periplaneta americana (V. PI. IV, fig. 4 et 6), qui fait directement suite au jabot, est un organe bien moins volumineux que ce dernier dont la sépare un sillon annulaire. 11 est situé dans le troisième segment abdominal et présente les dimensions suivantes : longueur 5 millimètres, et diamètre transversal de 4 à 5 millimètres. Sa forme est conique, avec base dirigée en avant et som- met tourné en arrière. Ses parois sont épaisses, muscu- laires et leur face interne est garnie d'une puissante ar- mature masticatrice composée de six dents, dans les intervalles desquelles existent six paires de denticules apla- ties, accouplées deux à deux et soudées entre elles par leur bord interne. Chaque dent repose, sur les parois du gésier, par une base rectangulaire et porte, en général, sur son bord libre, trois tubercules. Chacune d'elles présente une coloration jaune pâle vers sa base; mais celle colora- tion s'accentue progressivement jusqu'à l'extrémité, oij elle prend alors une teinte noir foncé. Ces dents, au nom- bre de six, sont disposées en couronne autour de l'or- gane. La forme de chacune d'elles est celle d'un tronc de prisme triangulaire, à face supérieure presque normale à la paroi interne du gésier et à face postérieure oblique à celte môme paroi. Chaque dent a environ 1 millimètre de longueur sur trois quarts de millimètre de large. Elle présente, à sa partie supérieure, un long tubercule coni- que, large à sa base et pointu à son sommet. Au-dessous APPAREIL DIGESTIF DES ORTHOPTÈRES. 59 de ce dernier exislent deux autres tubercules semblables, mais beaucoup plus petits. Ils sont situés dans un même plan antéro-postérieur que le premier et suivant une ligne extérieure à Fhorizonlale passant par le sommet du gros tubercule. Les cinq autres dents sont de tout point sem- blables à celle que nous venons de décrire, et l'ensemble est disposé suivant un anneau circulaire, situé vers la base du gésier. La grosse dent cbilineuse, dure et résistante, dont nous venons de parler, est séparée, par une profonde dépression cunéiforme, d'un bourrelet conique, sorte de dent musculaire recouverte, sur sa face supérieure, d'une mince enveloppe cornée. Ce second tubercule a la forme d'une pyramide conique et présente à considérer trois faces : une face supérieure et deux faces latérales trian- gulaires. La première envoie vers le centre, ou axe du gésier, un petit appendice chitineux et recourbé en forme de bec de perroquet. Au-dessous de ce tubercule ou dent secondaire, existe une nouvelle dépression semblable à la précédente, mais bien moins profonde, suivie d'un nou- veau tubercule allongé, cunéiforme, présentant son bord tranchant vers l'axe du gésier et disparaissant peu à peu à mesure qu'il se rapproche de l'appendice cylindrique qui se prolonge dans l'axe de la partie antérieure de l'in- testin moyen. Il résulte, de cette disposition, que nous avons sur chaque rangée, en allant d'avant en arrière, trois sortes de dents, dont l'antérieure, extrêmement puis- sante, dépasse de beaucoup en dimension les deux sui- vantes, qui ne doivent jouer, dans l'exercice de la masti- cation, qu'un rôle tout à fait secondaire. Ces dents, séparées par de profondes dépressions, présentent, dans leur ensem- ble, la forme d'un coin allongé horizontalement et dont les dimensions vont en diminuant d'avant en arrière. De plus, le côté élargi du coin repose sur la face interne du gésier, tandis que l'angle dièdre opposé est tourné vers l'axe du même organe. Les denticules (V. PI. IV, fîg. 6) n'ont, au point de vue 60 li. BORUA§». de la mastication, qu'une importance tout à fait secondaire. Elles sont accouplées deux par deux et placées dans les dépressions comprises entre deux dents. Elles sont consti- tuées par de petites lamelles chitineuses triangulaires, aplaties et accolées sur leur ligne médiane. Chacune d'elles comprend de nombreuses lamelles soudées enlre elles et présentant une série de dépressions longitudinales. Elles s'étendent du bourrelet circulaire supérieur à la dépression annulaire située au-dessous de la première dent chitineuse. li résulte de cette disposition si caractéristique que pré- sente le gésier^ que cet organe porte, sur la totalité de sa paroi interne_, une forte armature chitineuse, rappelant assez bien, par sa puissance masticatrice, le moulin gastri- que de l'Écrevisse. — Quand l'insecte est au repos^ les di- verses pièces que nous venons de décrire et qui sont dis- posées suivant six rangées longitudinales, convergent vers l'axe de l'organe, de sorte que les dents ne laissent entre elles qu'un étroit espace limité extérieurement par les den- ticules. Pendant la digestion, les masses chitineuses, mues par la puissante musculature du gésier, accomplissent di- vers mouvements (verticaux et transversaux) et triturent les substances alimentaires que déverse sans cesse le jabot. On peut, sans peine, assimiler les deux organes, jabot et gésier, à un moulin, le jabot représentant la tré- mie et le gésier la meule ou l'appareil mécanique des- tiné à écraser le grain. En un mot, le gésier constitue, chez les Périplanètes, un puissant organe de mastication, dont le fond postérieur présente un orifice irrégulier, qui com- prend six tubercules, limitant une cavité étoilée, par où les aliments, sufTisamment triturés, passent dans l'intestin moyen (V. PI. IV, fig. 4 et 6, et PI. V, fig. 1). La portion terminale du gésier se conlinue par un tube court, pénétrant dans l'axe de l'intestin moyen sur une longueur de 2 à 3 millimètres. Il constitue, de la sorte, une espèce d'appendice vermiforme, comparable à celui que nous avons décrit chez les Hyménoptères, et qui a pour APPAREIL DIGESTIF DES ORTHOPTÈRES. 61 fonclion d'empêcher le retour en avant (du côté du jabot) des aliments qui ont pénôlré dans l'intestin. L'appendice terminal du gésier s'engage dans Tinlestin absolument comme le col d'un entonnoir dans le goulot d'une bou- teille. Cette comparaison, bien que paraissant vulgaire, rend cependant bien compte de la disposition anatomique dont nous parlons. L'appendice a des parois épaisses, composées de plusieurs couches, qui sont : une couche interne, qui n'est que le prolongement de celle du gésier, et une couche externe, continuation de la paroi interne de l'intestin moyen. Cette disposition apparaît très nettement quand on exerce une traction sur le gésier, l'intestin moyen étant fixé. Dans ce cas, on effectue une déchirure suivant la ligne d'insertion du gésier. En continuant la traction, on amène la séparation des deux couches de l'appendice, et on produit un pédoncule, double du premier, rattachant le gésier à l'intestin moyen. L'orifice situé à l'extrémité de l'appendice n'est nullement circulaire, mais rectangu- laire et terminé par quatre valves, étroitement apphquées contre l'ouverture centrale qu'elles ferment hermétique- ment. L'appendice n'adhère pas à la paroi interne de l'extrémité antérieure de l'intestin moyen et en est séparé par un espace annulaire. Le gésier de la Periplaneta orientalis est à peu près sem- blable à celui que nous venons de décrire. C'est un organe conique, se continuant, dans l'axe de l'intestin, par un court appendice rectiligne. L'appareil masticateur, sans être aussi puissant que celui de l'espèce précédente, présente néan- moins la même disposition anatomique. L'intestin moyen débute, chez la Periplaneta americana^ à l'extrémité postérieure du deuxième segment abdominal. Il se dirige d'abord de gauche à droite, revient ensuite vers son point de départ, en se dirigeant vers la région postérieure de l'abdomen et en décrivant une courbe assez régulière. Arrivé dans la région médiane du corps, il s'unit à l'intestin postérieur. C'est un organe cylindrique, à parois 62 I^- BORUAi». musculaires épaisses, lisses extérieurement et glandulaires à l'intérieur. Le tube est maintenu en place par de nom- breux faisceaux trachéens qui vont recouvrir également les appendices intestinaux, le gésier et le jabot. A l'origine de l'intestin moyen viennent s'ouvrir huit longs appendices appelés par L. Dufour bourses veiitrku- laires^ et oppendïces pyloriques par un certain nombre d'autres zoologistes (V. PI. Y, fig. 1). Ces dénominations me paraissent défectueuses, attendu que ni le jabot, ni le gésier ne doivent être considérés comme les homologues de l'esto- mac; aussi, pour ne préjuger en rien sur la nature de leurs fonctions, les désignerons-nous sous les noms de cœ- cums ou à' ajwendices intestinaux . Ces organes ne sont, en efîet, que d'énormes diverticules de la partie antérieure de l'intestin moyen. Ils affectent la forme de tubes cylindri- ques, de longueur variable (6 à 10 millim.), à sommet obtus, et parcourus, sur toute leur surface externe, par de nom- breuses arborisations trachéennes. Ils s'ouvrent, à 1 extré- mité antérieure de l'intestin moyen ,^ dans l'espace annulaire compris entre la paroi et l'appendice du gésier, par un ori- fice étroit et circulaire. Leurs parois sont épaisses et pré- sentent une structure identique à celle de l'intestin moyen. Leur contenu est le même que celui de ce dernier organe et leur fonction doit être, sans doute, outre leur rôle diges- tif, de recevoir te trop-plein du contenu intestinal. Quant à leur inserlion, elle se fait en des points équidistants, situés en arrière du gésier. L'i?îtesli/i mo(/e?î, appelé aussi ventricule dujlifique par L. Dufour, présente une longueur de 14 à 16 millimètres environ. Il est constilué par un tube uniformément cylin- drique, à parois externes lisses, mais recouvertes par du tissu adipeux et parcourues pai* de nombreuses ramifica- tions trachéennes. L'organe se dirige d'abord en arrière, puis se recourbe en prenant une direction verticale et ar- rive enfin jusqu'à la face dorsale des quatrième et cinquième segments abdominaux. Puis, après avoir décrit un demi- APPAREIL DIGESTIF DES ORTHOPTÈRES. 63 cercle, en restant presque constamment dans un même plan vertical, il revient vers la face ventrale de l'abdomen, tout en conservant à peu près son même diamètre. ^intestin moi/en de la Periplanela orientalis est un tube étroit, cylindrique, long de 12 à 15 millimètres, qui décrit d'abord une circonvolution de gauche à droite, enveloppant ainsi la portion médiane de l'intestin postérieur. A 1 milli- mètre environ de son origine, en arrière du gésier, viennent déboucher les tubes intestinaux qui présentent, comme dans l'espèce précédente, la forme de doigts de gant ter- minés en caecums à leur extrémité. Ces tubes, de longueur variable, vont s'ouvrir isolément dans l'espace annulaire compris entre les parois internes de l'intestin et l'appendice qui fait suite au gésier. Les tubes de Malpighi, courts, capillaires, cylindriques, viennent s'ouvrir à l'origine de l'intestin terminal. Ces or- ganes, au lieu de s'insérer isolément sur l'intestin, se dis- posent en six faisceaux, comprenant chacun de 15 à 20 tubes s'ouvrant au sommet d'un petit tubercule conique. Les six tubercules sont courts, coniques, à base élargie et provien- nent d'invaginations intestinales. Ils sont à peu près équi- dislants les uns des autres et disposés en cercle autour de l'inleslin. A chaque tubercule correspond une petite cavité intestinale conique, bien visible à un fort grossissement, mais que les coupes mettent nettement en évidence. Cette disposition, si caractéristique, se retrouve chez la plupart des Orthoptères. Les organes urinaires forment par consé- quent plusieurs faisceaux, recouvrant les portions médio- postérieures de l'intestin moyen et l'extrémité antérieure de l'intestin terminal. Au point de vue du nombre et de la forme, les tubes de Malpighi des Périplanètes présentent une certaine analogie avec ceux des Hyménoptères. Pour- tant, chez ces derniers insectes, les organes urinaires sont plus longs, plus grêles, plus flexueux et insérés, à l'origine de l'intestin terminal, suivant une ligne circulaire. Les tubes de Malpighi de la Per. orientalis sont constitués, comme Oi li. BORDASi. ceux de Tespèce précédente, par des filaments longs, ténus, flexueux et disposés en six touffes recouvrant une partie de l'intestin moyen, les appendices intestinaux, le gésier et la portion postérieure du jabot. L'intestin terminal on postérieur débute, chez les Per. ame- ricana, par une portion étroite, cylindrique et fort courte. Son diamètre est moindre que celui de l'intestin moyen, et sa structure est, de même, fort différente. Après un trajet de 2 à 3 millimètres, l'organe se dilate presque brusque- ment et atteint, quand il est distendu par les aliments, un diamètre variant de 4 à 6 millimètres. Il se dirige d'abord dorsalement, en décrivant une courbe très courte, puis re- vient ensuite vers la face ventrale, oia il se rétrécit progressi- vement pour se continuer alors avec l'intestin terminal. La première partie de l'organe présente des parois lisses et est pourvue de deux couches musculaires très nettes. A l'extré- mité antérieure de la portion élargie on constate l'existence d'un bourrelet interne, sorte de valvule circulaire, limitant un orifice régulier, et empêchant le retour des aliments dans l'intestin moyen. Vers sa partie terminale, on observe de légères striations longitudinales qui s'arrêtent brusquement à un bourrelet situé à l'origine du pédoncule postérieur unissant l'organe au rectum. Ces sillons vont se terminer brus- quement, en des points équidistants, sur le bourrelet annu- laire dont nous venons de parler. Ils se ramifient en avant et déterminent une série de plissements rectilignes d'abord, puis irréguliers et anastomosés, produisant ainsi de nom- breuses alvéoles qui disparaissent peu à peu au fur et à mesure qu'on se rapproche de la partie antérieure. L'organe est constamment remph de détritus alimentaires, dont les principes actifs ont été en partie absorbés par l'intestin moyen. Pourtant, la présence des replis semble indiquer que l'absorption doit s'effectuer encore dans cet organe. Vers sa partie terminale, Vintesfm postérieur se rétrécit progres- sivement d'abord, puis brusquement, et se conlinue avec le rectum par un tube étroit, généralement vide de tout détri- APPAREIL DIGESTIF DES ORTHOPTÈRES. 65 lus alimentaire. A son origine, le tube étroit dont nous ve- nons de parler présente un bourrelet annulaire, constituant une ligne de démarcation très nette entre l'intestin terminal et le rectum, hl ni est in terminal de la Periplaneto, orientalis débute par une portion élroite, courte et cylindrique. L'or- gane se dilate ensuite brusquement et constitue un tube large, légèrement boursouflé, dirigé en arrière et uni au rectum par un étroit pédoncule. Le rectum de la Periplaneta amerkana (V. PJ. V, fig. \) est un organe ovoïde ou légèrement tubuleux, à parois épaisses et musculaires. Il est parcouru, sur toute sa lon- gueur, par six bandelettes longitudinales, équidistantes, rec- tangulaires et à extrémités émoussées. L. Dufour les consi- dère comme des faisceaux musculaires, dont les contractions servent à expulser au dehors les matières fécales ; mais une étude bistologique nous a montré que nous n'avions uniquement affaire ici qu'à des épaississements épithéliaux internes, formant des massifs analogues aux ^/«?2^^^ rectales des Hyménoptères. Vers sa partie terminale, le rectum se rétrécit brusquement et porte un bourrelet circulaire, sorte de sphincter pouvant se relâcher et se contracter au gré de l'animal. Le rectum se continue par un tube très court qui se termine à l'anus. Ce dernier est situé au-dessus de l'ori- fice de l'appareil génital et au-dessous d'un court appendice chitineux qui fait suite au dernier segment abdominal. Le rectum de la Periplaneta orientalis présente à peu près la même conformation que celui de l'espèce précédente. Son appareil digestif reproduil, dans ses grands traits, celui de la P. americana. Les différences, fort légères du reste, ne portent que sur le gésier, les appendices intestinaux, l'in- testin postérieur et la distribution des tubes de Malpighi. Appareil digestif de la Periplaneta australasi^ (Fabr.). — Wappareil digestif de la Periplaneta australaside diffère de celui des deux espèces précédentes par plusieurs carac- tères portant principalement sur le gésier, les appendices intestinaux et les tubes de Malpighi. ANN. se. NAT. ZOOL Y, 5 66 li- itoiti>Aii. Le pharynx est court, tubuleux ou légèrement aplati transversalement et porte, vers la région postérieure de la tête, une série de muscles servant à le maintenir dans une position fixe. L'œsophage est constitué par un tube cylindrique, d'un diamètre un peu inférieur à celui du pharynx. Arrivé vers le tiers postérieur du prothorax, l'organe se continue, avec le jabot, presque sans ligne de démarcation. Le jabot, par sa forme générale, diffère sensiblement de ceux de la Periplaneta amerkana et de la P. orientalis. C'est un organe allongé, fusiforme, à parois externes lisses et parcourues par de nombreux faisceaux trachéens. La face interne est, comme celle des espèces précédentes^ creusée de nombreux sillons longitudinaux, presque régu- liers en arrière^ mais ramifiés et anastomosés en avant. Ici^ on n'observe pas les légers renflements latéraux que nous a présentés le jabot de l'espèce précédente. Un pédicule large, mais très couri, unit le jabot au gésier. Le gésie?' de la P. australasiœ, de forme conique, est situé dans le tiers antérieur de l'abdomen. 11 est presque entière- ment enveloppé, soit par les appendices intestinaux, soit par les tubes de Malpighi. Ses parois externes sont épaisses et musculaires, et sa face interne est pourvue d'une puissante armature masticatrice formée de six rangées de dents cu- néiformes, présentant transversalement deux sillons circu- laires. Entre chaque rangée de dents existent deux denlicule& triangulaires, aplaties et pourvues de plusieurs stries longi- tudinales. Ces denticules sont soudées par leur bord interne. Le gésier, comme celui des espèces précédentes, constitue un appareil broyeur de premier ordre et bien supérieur^ comme puissance, à celui que nous ont présenté la plupart des autres Orthoptères {For/icii/idœ, Phasmidx et Manlidœ). h'intestin moyen des P. auslralasïœ est formé par un tube allongé, cylindrique, décrivant un cercle complet de gauche à droite et enveloppant ainsi l'intestin terminal. A son ori- gine, viennent s'ouvrir les huit appendices intcstinaitXy APPAREIL DIGESTIF DES ORTHOPTÈRES. 67 courts, tubiileux et terminés en ciil-de-sac à leur extrémité libre. Les tubes de Malpighi^ qui débouchent à l'origine de Tin- testin terminal, sont beaucoup plus longs que ceux de la P. amerkana. Ils forment plusieurs faisceaux inextricables, recouvrant une partie du jabot, le gésier et les circonvolu- tions intestinales. L'intestin terminal n^ présente aucune particularité. Seul, le rectum diffère sensiblement, par sa forme, de celui de l'espèce précédente. C'est un organe fusiforme, à parois épaisses parcourues par six bandelettes longitudinales cons- tituant les glandes rectales. Appareil digestif de la Blatta germanica (L.) et de la Bl. mader.e (L.). — h' appareil digestif de^ Blattes présente de grandes analogies avec celui des Périplanètes : il en dif- fère cependant par un certain nombre de caractères qu'il est nécessaire de signaler et portant principalement sur le gésier, les appendices intestinaux et les tubes de Malpigbi. Le pharynx et Vcesophage ont à peu près la même confor- mation que ceux des Périplanètes. Quant au jabot, il est, chez la Blatta germanica, très volumineux et occupe la plus grande parlie du thorax. C'est un organe ovoïde et à parois minces. Il est presque cylindrique à son origine, mais il s'é- largit peu à peu^ devient voUimineux et remplit la presque totalité du métathorax. Ses dimensions diminuent ensuite progressivement au moment oii l'organe va se fixer au gésier. Un sillon circulaire est compris entre les deux parties du tube digestif et indique leur ligne de séparation. La paroi externe du jabot est lisse et l'interne parcourue par de légères striations longitudinales, moins nettes et moins ac- centuées que chez les Périplanètes. Le gésier des Blattes a la forme d'une cupule conique, à base élargie et à sommet dirigé vers la portion antérieure intestinale. Ses parois externes sont légèrement plissées et pourvues d'une puissante couche musculaire. A l'intérieur existent six grosses dents chitineuses, comparables de tout 68 li' BOIIUASI. point à celles des Périplanètes, mais beaucoup plus forleâ, eu égard aux dimensions plus exiguës du corps de l'insecte. Ces dents ont la forme de prismes triangulaires à bord libre tourné vers le centre de l'organe, et présentant, d'avant en arrière, deux ou trois tubercules. Les grosses dents chiti- neuses, très acérées, jouent un rôle considérable dans l'acte de la mastication et sont uniquement chargées de broyer les aliments. Elles sont disposées circulairement vers la base du gésier et séparées l'une de l'autre par des dépressions longitudinales au fond desquelles existent des denticules aplaties et striées. A la suite de la première dent chitineuse vient, dans chaque colonne, un repli musculeux, recouvert d'une lamelle cornée, constituant, de la sorte, une denl se- condaire. Enfin, le gésier se continue, dans l'axe de l'intestin moyen, par un appendice cylindrique très court. Uintestin moyen des Blattes est un organe tubuleux qui décrit une circonvolution complète et reçoit, à son origine, les orifices des huit appendices intestinaux. Ces derniers sont beaucoup moins réguliers, quant à leurs formes et à leurs dimensions, que ceux des espèces précédentes. Les parois externes de l'intestin sont lisses et les internes lé- gèrement plissées. Les tubes de Malpighi sont, chez les Blattes, moins longs et moins nombreux que chez la Periplaneta anierkana. Ce sont des tubes cylindriques, ténus, allongés, flexueux, dis- posés en six faisceaux séparés et enveloppant une parlie de l'intestin moyen et du gésier. L'intestin terminal des Blattes comprend deux portions : une partie aniérieure, étroite et cylindrique, faisant directe- ment suite à l'intestin moyen, et une partie postérieure, très élargie, boursouflée et phssée extérieurement. Elle est pres- que toujours remplie de détrilus alimentaires qui lui donnent une coloration noir foncé. A la suile existe un nou- veau rétrécissement suivi d'une dilatation ovoïde, consti- tuant le rectum. ^ Comme on vient de le voir, le tube digestif des Blattes est APPAREIL DIGESTIF DES ORTHOPTÈRES. 69 caractérisé par le volume considérable du jabot, par la dis- position des appendices intestinaux et surtout par les nom- breuses circonvolutions que présentent les intestins moyen et postérieur. L'organe, complètement élalé, dépasse deux fois la longueur du corps de Tinsecte. RÉSUMÉ. — L'appareil digestif des diverses Blatta et Periplaneta est surtout remarquable par ses circonvolutions et par sa longueur qui atteint ou dépasse même deux fois celle du corps de l'insecte. Les glandes salivaires sont formées par plusieurs grappes, entourant complètement ou en partie l'œsopbage et la por- tion antérieure du jabot. Elles sont constituées par des acini sphériques qui comprennent, outre l'enveloppe extérieure, une coucbe épithéliale limitant une petite cavité interne. Chaque acinus se continue par un canalicule excréteur très court. Les canaux efférents comprennent deux tubes cylin- driques, tlexueux, qui vont s'ouvrir dans un large conduit commun, débouchant en avant de l'orifice buccal. De ces glandes, dépendent deux volumineux réservoirs salivaires. Les divers canaux efférents, ainsi que les canalicules, sont pourvus à l'intérieur d'un épaississement chitineux spirale. he phanjnx est court et légèrement aplati. L'œsophage est cylindrique et plus ou moins allongé suivant les diverses es- pèces. L^ jabot a la forme d'un large sac, en général bour- souflé latéralement et étendu jusqu'à la partie antérieure de l'abdomen. Ses parois externes sont lisses et les internes plissées longitudinalement vers la partie postérieure. Cet organe s'unit au gésier par un pédoncule cylindrique très court. Le gésier est de forme conique, à base tournée en avant ; ses parois sont épaisses et revêtues intérieurement d'une puissante armature masticatrice chitineuse, compre- nant des dents très puissantes, disposées suivant six colonnes longitudinales. L'organe se continue, dans l'axe de l'intestin, par un court pédoncule. V intestin moyen, qui porte à son origine huit longs appendices ou cxcums intestinaux^ est un tube cylindrique décrivant plusieurs circonvolutions. Les 70 li. BORDAIi. tubes de Malpighi sont groupés en six faisceaux à l'origine de l'intestin terminal. Ce dernier, sinueux, comprend une partie antérieure étroite et cylindrique, une partie moyenne élargie et boursouflée et un rectum ovoïde. Sur les parois du rectum existent six épaississements épilhéliaux internes, disposés longitudinalement et constituant des organes ho- mologues aux glandes i^ectaies des Hyménoptères. CHAPITRE V APPAREIL DIGESTIF DES ORTHOPTÈRES DE LA FAMILLE DES ACR1D1ID.E. (V. PL V, fig. 2, 3, 6, 7, 8 et 9; PL VI, fig. 1 à 10, et PL Vn, tîg. 1 à 6). Nous avons étudié Vappareil digestif d'environ vingt- cinq espèces appartenant à la famille des AcRiDiiDiE; e(, bien que l'organe présente à peu près partout la même dis- position, il offre, d'une tribu à l'autre, des différences assez considérables. Aussi, allons-nous diviser notre chapi- tre en cinq sections correspondant aux cinq principales tribus. Nous allons commencer par les espèces dont l'appa- reil est le plus simple pour arriver graduellement à celles chez lesquelles il présente une plus grande complication. r Tribu des Pyrgomorphiin^. — Pœcilocerus (Serv.) et Pyrgomorpha gryllo'ides (Serv.) (V. PL VI, fig. I). — L'ap- pareil digestif des Orthoptères composant la tribu des Pyr- gomorphinœ est très simple et présente les caractères sui- vants : tube droit, dépourvu de circonvolulions dans sa partie terminale, jabot fusiforme, cœcums intestinaux volumineux, intestin moyen court et cylindrique, tubes de Malpighi très nombreux, longs et capillaires, intestin postérieur mince et droit et rectum à peu près ovoïde. ToUvS ces caractères se retrouvent dans les principales espèces composant cette tribu, les Pyrgomorj)/ia,\es Pœciiocerus, etc. ; APPAREIL DIGESTIF DES ORTHOPTÈRES. 71 aussi, pour ne pas nous répéter, allons-nous prendre, comme type de notre description, l'appareil digestif de Pœcilocerus (V. PI. VI, fîg. 1). Chez le Pœcilocerus, le tube digestif est rectiligne et par- court, sans circonvolutions, l'axe du corps de l'Insecte. Le pharynx est large et court. Uœsophage, également court et cylindrique, est localisé presque en totalité dans la région céphalique. Ses parois sont épaisses et striées longitudinalement à l'intérieur. L'organe présente, à sa ré- gion postérieure, un repli annulaire marquant sa limite de séparation avec le jabot. hQ jabot du Pœcïloceriis est allongé, fusiforme et ne pré- sente, dans le mésothorax, qu'un léger renflement, à la suite duquel le reste de l'organe est légèrement conique. Ses parois internes portent à la face ventrale, deux longs replis longitudinaux, limitant entre eux un espace rectangulaire surmonté de deux bandelettes, desquelles partent d'autres replis presque annulaires, situés dans des plans perpendiculaires à l'axe du corps. La membrane chitineuse interne est très mince et ne présente, le long des replis, que des pointes cornées tout à fait rudimentaires et irrégulièrement disposées, tandis que chez les OEdipo- dinsB les denticulations internes sont dures et très acérées. L'organe est maintenu en place par de nombreux filets trachéens qui se ramifient à sa surface. Son extrémité pos- térieure porte un léger renflement hexagonal, dernier ves- tige du gésier. h' intestin moyen est court, droit et presque uniformé- ment cylindrique. Ses parois sont d'un blanc mat et consti- tuées par deux couches de fibres longitudinales et de fibres circulaires. A l'extrémité antérieure de l'organe viennent s'ouvrir les caecums intestinaux, qui, dans l'espèce actuelle, sont assez volumineux. La portion antérieure est fusiforme, à extrémité libre, amincie et arrondie, la moyenne est élargie et l'inférieure presque cylindrique. Chaque caecum est parcouru, d'avant en arrière, par un nombre variable 72 li. UOKUA». de bourrelets ou replis internes; de plus, cliacun des cae- cums antérieurs se prolonge en arrière par un appendice cylindrique, mince, dont la longueur n'égale que les deux tiers environ de celle de l'appendice antérieur. Les deux appendices vont s'ouvrir dans une sorte de vestibule très court qui débouche à l'extrémité de l'intestin moyen par un orifice ovale, placé immédiatement au-dessous d'une val- vule séparant l'intestin du jabot. L'intestin postérieur est mince, droit et a une longueur égale à celle du précédent. Ses parois sont épaisses et pré- sentent, à l'intérieur, de nombreux replis longitudinaux, laissant entre eux des sillons parallèles très étroits. Les tubes de Malpighi^ au nombre de 100 à 120, forment plu- sieurs faisceaux dont les uns entourent presque complè- tement l'intestin moyen, tandis que les autres, moins nom- breux, courent le long des parois de l'intestin postérieur (V. Pl.VI, fig. 1). Le rectum^ séparé de l'organe précédent par une valvule annulaire, est ovale, à parois épaisses et présente six larges épaississements glandulaires, séparés les uns des autres par des sillons très étroits. T Tribu des Acridiin^e. — Acrïdiuni peregrinuni ou Sr/iis- tocerca peregrina [OWv .) ^ Acrid . specioswn (ï\\\xmh.), Calop- tenus italiens (Lin.). — (V. PI. VI, fig. 2, 3 et 4.) La structure et la forme de Y appareil digestif de VAai- dium peregrïnmn sont très simples. L'organe se rappro- che, par bon nombre de ses caractères, de celui des Œdi- poda, mais il en diffère cependant par la forme absolument droite de l'intestin terminal, par la disposition des tubes de Malpighi et celle des appendices intestinaux, et enfin par la siructure interne du jabot. Le pharynx et Y œsophage ne présentent aucune particu- larité et sont, de tout point, comparables à ceux des Œdi- podinœ (V. la suite du chapitre). Le jabot (V. PI. VI, fig. 4) est allongé, fusiforme, ren- flé en avant et entouré, dans sa moitié postérieure, par APPAREIL DIGESTIF DES ORTHOPTÈRES. 73 les caecums intestinaux. Ses parois sont épaisses et pour- vues de deux couches musculaires très apparentes. A l'in- térieur existe une membrane cliitincuse présentant de nom- breux replis, à direction variable suivant la région de Torgane. Dans la moitié antérieure, il existe, à la face ventrale, une plage rectangulaire limitée de chaque côté par un sillon surmonté à\m bourrelet (V'. PI. YI, fig. 4). Cette plage est sillonnée, d'avant en arrière, par des replis peu apparents et porte, en avant, un petit nombre de pointes chitineuses. Des bourrelets latéraux portent de nombreux rephs, à direction transversale, à sommets min- ces et lamelleux, séparés par des sillons parallèles. Dans la région médiane du jabot, la direction de ces replis change brusquement et devient longitudinale, c'est-à-dire parallèle à l'axe de l'organe. Ces replis, après avoir pris leur nouvelle direction, deviennent plus nombreux, plus serrés et portent une multitude de pointes ou denticules chitineuses très acérées. Cette seconde partie du jabot, grâce à sa structure, joue le rôle du gésier des autres Orthoptères et exerce sur les aliments l'action d'un appa- reil triturant, d'une râpe. Les divers bourrelets ou replis chitineux se groupent, à leur extrémité postérieure, en six faisceaux qui vont chacun converger entre les branches antérieures d'une denticulation chitineuse disposée en forme de Y. Les trois branches de cette denticulation sont dues à des replis de la membrane interne. Quant aux branches postérieures impaires de cette espèce de valvule, elles sont séparées par de larges dépressions parallèles. Telle est la structure interne que nous présente le Jabot de VAcridium peregriimm. Le reste de l'appareil digestif de cet Orthoptère (caecums intestinaux, intestins moyen et postérieur, tubes de Malpighi et rectum) n'offre rien de particulier à signaler et affecte la forme générale que nous allons décrire chez les Œdipodinse (Y. la suite du chapitre). Vappareil digestif de la nymphe (jeune individu) à'Acri- dium peregrinum présente, avec celui de l'adulte, les plus 74 li. BOUDAS^. grandes analogies (V. PJ. VI, fig. 2). Les seules différences à signaler consistent dans la disposition des tubes de Malpighi, la forme de l'intestin postérieur et celle des caecums intestinaux. h' intestin moyen est court, large et cylindrique. Il reçoit, à son extrémité antérieure, six caecums intestinaux allon- gés, de forme conique et pourvus de plissements longitu- dinaux internes. Leur extrémité antérieure, qui est émous- sée et légèrement arrondie, porte un mince filament qui va se ratlaclier aux parois latérales du jabot, servant ainsi aux caecums de tige fixatrice. Ce filament musculaire fixa- teur, toujours accompagné d'un ou de plusieurs tubes tra- chéens, existe chez beaucoup d'Acridiens, mais n'est nulle part aussi nettement visible que chez les nymphes d'Am- dium père gril lum (V. PI. VI, fig. 2). h' intestin postérieur comprend deux parlies différentes de forme. La première est cylindrique et la deuxième, ré- trécie et recourbée en demi-cercle, va rattacher l'organe au rectum. Cette différence morphologique correspond éga- lement à des différences de structure interne. La portion antérieure est pourvue d'une douzaine de bandelettes mus- culaires aplaties, tandis que la suivante porte des saillies bien accentuées, séparées par des sillons parallèles. Le rectum est ovoïde et assez semblable à celui de l'adulte. h'apjmreil digestif du Caloptenus itaUcus présente à peu près les mêmes caractères morphologiques que celui des OEdipoda, de l'OEdipoda miniata entre autres (V. la suite du chapitre). Les différences les plus importantes portent sur le jabot qui est plus court, sur les appendices intes- tinaux et sur l'intestin moyen, qui est droit et très mince (V. PI. V[, fig. 3). Le pharynx et Vœsophage sont courts, épais, musculeux et striés intérieurement. Leja/)ot^ ainsi que sa portion postérieure constituant un gésier rudimentaire, est localisé dans les deux premiers APPAREIL DIGESTIF DES ORTHOPTÈRES. 75 segments thoraciques. Ses parois portent intérieurement de nombreuses striations longitudinales et transversales, re- couvertes par une membrane chitineuse, munie de petites pointes constiluant des denticules cornées, tanlôt droites, tantôt crochues, à pointe dirigée en arrière. Les appendices intestinaux, au nombre de six, peuvent être considérés comme formés par des diverticules de l'in- testin, de direction et de volume différents. Les six prolon- gements antérieurs embrassent complètement l'extrémilé terminale du jabot, et les six postérieurs recouvrent l'ori- gine de l'intestin moyen. Leur structure et leur forme sont à peu près identiques dans toutes les espèces, et leurs dimensions sont seules variables d'un individu à l'autre. Chaque diverticule antérieur est large à sa base, pointu et émoussé à son sommet et semblable à un doigt de gant, tandis que le diverticule postérieur, un peu moins long que l'antérieur, est beaucoup plus mince et plus flexueux que ce dernier. Les parois de ces appendices, pourvues de replis longitudinaux internes, présentent la même structure histo- logique que l'intestin moyen. Vi?îtesti?î moyen des Caloptenus (V. PI. VI, fig. 3) est court, tronconique, à parois minces, lisses extérieurement et plissées à l'intérieur. Un repli circulaire, correspondant à un bourrelet valvulaire interne, le sépare de Finlestin postérieur. Ce dernier est long, mince et rectiligne. 11 porte à son origine de nombreux tubes de Malpighi^ disposés en faisceaux formés par des tubes filiformes, enveloppant de leurs replis les diverses parties de l'appareil digestif. Quant au rectum, il est court, ovoïde et porte, à sa sur- face, six bandelettes musculo-épithéliales, constituant des bourrelets analogues aux glandes rectales des Hymé- noptères. 3° Tribu des Pamphagin^ (V. PI. V, fig. 6 et PL VI, fig. 6 et 7). — Paniphcigus elephas (Stâl). V appareil digestif des Pamphagus diffère de ceux des Stenobothrus et des Mecosthetus par sa forme rectiligne 76 Li. UOUUAS. et l'absence de courbure de l'inlestin postérieur ; mais, par contre, il se rapproche de celui des OEdipodina^. Dos différences notables de structure, portant sur la portion lerminale du jabot et sur celle du rectum, permettent cepea- dant de le séparer de celui de ces derniers et nous obligent d'en donner une description à part. Le pharynx et Y œsophage ^ qui font directement suite l'un à l'autre, ont la forme d'un tube à peu près cylindrique ou légèrement aplati transversalement, à parois musculaires fort épaisses. De leur surface externe se détachent de nom- breux faisceaux de muscles qui les maintiennent dans une position à peu près Yinçt et Yont s'attacher aux parois laté- rales céphaliques. A l'intérieur existent de nombreux replis, disposés irrégulièrement et formant parfois des bourrelets qui, en pénétrant dans la partie antérieure du jabot, consti- tuent une valvule annulaire et lobée. Lq jabot qui commence vers la partie antérieure du pro- thorax, un peu en arrière de la tête, se dilate brusquement et affecte la forme d'un sac ovoïde présentant plusieurs plissements externes. Ses parois sont constituées par une couche externe de fibres longitudinales et une membrane interne composée de fibres circulaires. Le tout est tapissé intérieurement par une épaisse membrane cornée, plissée et hérissée d'innombrables pointes chitineuses. La direction des replis varie suivant les régions considérées. A la face ventrale, existe une zone étroite composée uniquement de replis qui s'étendent tout le long du jabot et font suite à ceux de l'œsophage et du pharynx. — Dans le tiers antérieur, on voit se détacher, de la zone médiane, des replis ou petits bourrelets chitineux disposés transversalement. Vers la moitié postérieure, les bourrelets sont uniformément dirigés longitudinalement d'avant en arrière. Enfin, entre les deux régions que nous venons de décrire, existe un espace inter- médiaire où les replis sont disposés suivant toutes les direc- tions. La seconde partie du jabot, de forme tronconique, est enveloppée par les caecums intestinaux. Elle peut être con- APPAREIL DIGESTIF DES ORTHOPTÈRES. 77 sidérée, au point de vue physiologique, comme l'homologue du gésier des Locustidae et des Gryllidae. Les bourrelets ou replis internes sont larges et portent sur leur crêle de nom- breuses petites dents, disposées en séries longitudinales, de forme triangulaire ou conique et à pointe recourbée en arrière. Dans la moitié antérieure du jabot, la forme des dénis est, au contraire, bien différente. Elles sont moins puissantes et affectent la forme de petites aiguilles cylindri- ques, à pointe conique et acérée. Enfin, le jabot se termine par une portion tubuleuse, occupant l'axe de l'origine de l'intestin moyen (V. PI. VI, fig. 6 et 7). Cette portion ter- minale est séparée delà précédente par un sillon circulaire marquant la ligne suivant laquelle se fait extérieurement l'insertion de l'intestin. C'est dans cette partie qu'on cons- tate la présence des six bourrelets coniques, en forme de V', à bords épais, chitineux et présentant, en avant, une légère dépression triangulaire (V. PL VI, fig. 7). Ces six pièces, beaucoup plus développées que celles des OEdipodinse, nous permettent àlwmologuer T extrémité postérieure du jabot au gésier des autres Orthoptères. Du reste, le nombre prodigieux des denticules qui le garnissent intérieurement lui font jouer un rôle identique. L'intestin moyen est court et, contrairement à ce qui a lieu chez les autres insectes, n'égale que la moitié environ de la longueur de l'intestin terminal. Il affecte la forme d'un tronc de cône, à base élargie tournée en avant. C'est à son origine qu'il émet six longs appendices intestinaux, à extré- mité antérieure cylindrique et amincie à son sommet. Chaque caecum présente, à l'intérieur, une série de replis longitudinaux et émet en arrière un appendice en forme de doigt de gant, dont la longueur n'égale que la moitié environ de celle du caecum lui-même. \J intestin terminal, à extrémité antérieure élargie, porte à son origine les tubes de Malpighi. Ces derniers, au nombre de 60 cl 80 environ, sont disposés en plusieurs touffes, rangées en cercle et laissant entre elles de courts in ter- 78 ï^ IIOHOAS. valles libies. L'organe porte six bandelettes longitudinales musculaires et se rétrécit à mesure qu'il s'éloigne de l'in- testin moyen. 11 présente un étranglement dans sa région postérieure, en avant du rectum et porte, à sa face interne, une série de replis longitudinaux, qui sont surtout très ac- cusés et nettement développés dans sa portion étroite. Ces replis sont sinueux et irréguliers vers leur extrémité termi- nale postérieure. A la suite de l'étranglement, l'organe se dilate brusquement pour former un rectum^ volumineux et ovoïde, dont les parois sont parcourues longitudinalement par six bandelettes fusiformes, presque confluentes. L'appa- reil se continue ensuite par un court pédoncule cylindrique et s'ouvre au dehors par l'orifice anal. 4° TmBU DES OEdipodin^. — Œdipoda cœrulescens (Lin.), Œdip. miniata (Pallas), Psophus strididns (Lin.), Pachytylus cinerascens (Fabr.). — (V. PL V, fig. 2, 3, 7, 8 et 9). Vappareil digestif des Œdipodinde n'a encore été l'objet d'aucun travail d'ensemble. Depuis L. Dufour (1834), aucune étude générale n'a été faite sur ce sujet. Ces Acridiens pré- sentent cependant un intérêt considérable, tant par l'en- semble de leur organisation interne que par la conformation toute spéciale de leur tube digestif. Ce dernier organe est caractérisé par sa forme rectiligne, son absence à peu près complète de circonvolutions, la réduction du pharynx et de l'œsophage, l'atrophie du gésier, le nombre constant des CfBCums intestinaux, la longueur, la disposition et le nombre des tubes de Malpighi, et enfin par la forme simple et droite qu'affectent les intestins moyen et terminal. Parmi les OEdipodinse, nous avons étudié successivement les espèces suivantes : Œdipoda miniataj Œd. cdendescens ^ etc., très communes dans le plateau central de la France, et en particulier sur les montagnes granitiques de la Corrèze. Les glandes salivaires de V Œdipoda miniata (Pal.)(V. PL V, fig. 3) sont tout à fait rudimentaires et se composent de deux petites grappes symétriques par rapport au plan mé- dian du corps do l'insecte. Chaque grappe est située au- APPAREIL DIGESTIF DES ORTHOPTÈRES. 79 dessous du jabot et émet cinq ou six ramifications ou grappes secondaires terminées par un petit nombre (3 ou 4) d'acini. Elles ne forment pas un massif épais et compact enveloppant la presque totalité de la partie antérieure du tube digestif comme chez les Locustidae (V. le chapitre suivant), mais constituent de petites lames glandulaires disséminées çà et là dans les régions médiane et antérieure du mésothorax. Les acini glandulaires sont sphériques, pour- vus d'une cavité interne et d'un canalicule excréteur. Ce dernier présente, comme chez les autres Orthoptères, une couche épithéliale, recouverte à l'intérieur par une mince membrane chitineuse pourvue d'anneaux spirales. Les divers canalicules vont s'ouvrir dans un conduit efférent unique qui traverse la partie inférieure delà tête, passe au-dessous des ganglions sous-œsophagiens et va s'ouvrir en avant de l'orifice buccal. 11 n'y a pas ici fusion des deux conduits, et les orifices, bien qu'adjacents, sont néanmoins nettement séparés. Les réservoirs sailvaires sont inconstants et tout à fait rudimentaires. — Chez Y ŒcUpoda cœndescens (Lin.), les glandes salivaires sont un peu plus développées que chez l'espèce précédente et présentent, dans la partie antérieure du mésothorax, un plus grand nombre de petites grappes. Les canalicules excréteurs et les deux canaux efférents affec- tent à peu près la même forme et la même structure que chez rOEdipoda miniata. V appareil digestif à^i OEdipodinae est droit et placé suivant l'axe du corps de l'insecte qu'il ne dépasse pas. Sa forme générale rappelle assez bien celle de l'organe digestif des Phasmidae, dont elle diffère cependant par la présence de six caecums intestinaux et par certains détails de structure interne (V. Pi. V, fig. 3). L'appareil est maintenu dans une position fixe par de nombreux faisceaux trachéens provenant de tubes respiratoires dirigés presque perpendiculairement au plan vertical du corps. Les touffes trachéennes sont sur- tout abondantes vers la région médiane de l'organe. Le pharynx de VŒdipoda miniata et celui de VŒd. cœru- 80 t^' BORHAIi. lescens soni très courts el situés dans la région céphalique. Leurs parois sont épaisses et striées intérieurement. \j œsophage est, de même, rudimentaire et réduit à un étranglement étroit compris entre le jabot et le pharynx. h& jabot, contrairement à ce qui a lieu pour les deux pre- mières portions de Tappareil, est très volumineux et occupe la presque totalité du Ihorax. C'est un organe fusiforme, allongé, renflé en son milieu, rétréci à ses deux extrémités et recouvrant une partie des glandes salivaires, ainsi que le massif des muscles thoraciques, moteurs des appendices. La structure de cet organe est très remarquable et com- plètement différente de celle que nous présentent les autres Orlhoptères. Ses parois offrent à considérer trois couches, dont deuxsont musculaires et l'autre chitineuse. Les couches musculaires sont formées par deux assises de muscles, les uns disposés longitudinalement el les autres circulairemenl. La couche circulaire est de beaucoup la plus épaisse : elle atteint son maximum d'épaisseur vers la partie postérieure de l'organe, un peu au-dessus de la ligne d'insertion des cae- cums intestinaux (V. PI. V, fig. 7). La lamelle chitineuse interne présente une structure variable suivant les régions considérées. Dans ses 2/5 antérieurs, elle est parcourue par une série de bandelettes sinueuses dues à un épaississement chitineux, dont le bord supérieur libre est hérissé de petites pointes ou dents coniques placées en séries transversales. Chaque bandelette interne ne porte qu'une seule ligne de pointes et est disposée circulairemenl dans un plan perpen- diculaire à l'axe du corps de l'insecte. A la suite de celle première partie, existe une seconde région très étroite, à caractères intermédiaires entre ceux de la porlion précé- dente et de la suivante. Dans cette région, en effet, on cons- tate la présence de bourrelets plissés, sinueux, dirigés en tous sens et limitant de la sorte des quadrilatères irrégu- liers de toutes dimensions. A la suite de celle zone intermé- diaire, vient la région postérieure à structure très caracté- rislique. Sa membrane chitineuse interne est parcourue par APPAREIL DIGESTIF DES ORTHOPTÈRES. 81 de nombreux bourrelets à peu près rectib'gnes, mais par- fois sinueux et à direction longitudinale. Entre cliaque bourrelet existe un sillon, sorte de gouttière à fond légère- ment plissé et parallèle aux bourrelets. Le nombre de ces derniers, convergeant vers la partie postérieure, est très variable : ainsi, j'en ai compté 82 dans la région mé- diane, 70 un peu au-dessus et enfin 50 seulement vers l'ex- trémité postérieure. Leur surface libre est hérissée de petites deuts coniques, à base élargie, beaucoup plus puissantes que celles situées dans la région antérieure (V. PI. V, fig. 2 et 7). Ces dents, généralement isolées et disposées en séries lon- gitudinales, sont parfois accouplées par paires. Les divers replis de la face interne du jabot vont converger à la partie postérieure vers six lamelles chitineuses brunâtres, de forme triangulaire, à extrémité postérieure émoussée et à bords arrondis et disposés en V (V. PI. V, fig. 7). La portion mé- diane de ces lamelles est concave et va en se dilatant d'ar- rière en avant. Sur une coupe transversale elles affectent des formes variables suivant les régions observées : dans la partie antérieure elles présentent l'aspect de coupelles mu- nies d'une tige, tandis que dans la région postérieure, elles affectent la forme soit de champignons, soit de clous à tige très courte. Entre chaque lamelle, qu'on peut homologuer aux colonnes masticatrices du gésier des Gryllidae et des Locustidae, mais qui en diffèrent complètement par leur forme, existe une dépression triangulaire, à base dirigée en arrière, vers l'origine de l'intestin. Cette concavité, aplatie en avant, présente, vers sa portion terminale, de faibles dé- pressions se terminant au bord sinueux de la valvule posté- rieure (V. PI. V, fig. 7). Les bords des lamelles chitineuses terminales sont arrondis et leur surface libre, ainsi que leur région médiane. Elles sont hérissées de petites pointes ou aspérités chitineuses coniques, très courtes, à extrémité acérée el agissant sur les aliments comme une sorte de râpe. Cette portion terminale du jabot, de forme conique, peut donc être considérée comme l'homologue du gésier des autres ANN. se. NAT. ZOOL. V, 6 82 li. BORDAS». Orthoptères (V. PI. V, fîg. 9). Elle en difîère cependant par sa forme, sa structure et l'atrophie presque complète de son armature masticatrice, représentée seulement par les six petites lamelles chitineuses rudimentaires que nous venons de décrire. La portion terminale de l'organe est limitée par un bourrelet circulaire à bords sinueux, jouant le rôle de valvule, oii viennent aboutir de légers replis partant de l'es- pace triangulaire compris entre les lamelles (V. PI. V, tig. 7 et 9). Les callosités en forme de Y qui limitent l'orifice postérieur du jabot, dont parle L. Dufourà propos de l'ap- pareil digestif des Acridiens, ne sont donc point des dents, mais bien des lamelles chitineuses, de couleur brun foncé, triangulaires, à bords relevés, arrondis et hérissés de petites pointes cornées. L'intestin moyen est très court et égale à peine, comme étendue, le quart de la longueur totale de l'appareil digestif. C'est un tube droit, presque cylindrique et à diamètre an- térieur plus grand que le postérieur. Ses parois externes sont lisses et les internes présentent des replis épithéliaux destinés à augmenter la surface digestive de l'organe. Elles comprennent deux couches musculaires, l'une longiludinale et l'autre annulaire et une membrane épilhéliale interne plissée et pourvue de cellules cylindriques. A son origine, viennent déboucher les caecums intestinaux, au nombre de six. Ces appendices ne sont que des dépendances de Tintes- tin moyen, ainsi que le prouvent leur structure et leur mode d'insertion. Ces organes diffèrent par leur forme de ceux que nous avons décrits dans les autres familles de l'ordre des Orthoptères, Chez les Œdipoda Ccvrn/escens el Œdip. mi- niata (Y. PL V, fig. 3), ils affectent la forme de tubes coniques, à sommet émoussé et aminci, à surface externe régulière ou légèrement sinueuse et à base inférieure élargie, s'ouvrant àl'extrémilé antérieure de l'intestin moyen. Leur orifice, en forme de boutonnière ovale, est silué au-dessous de la val- vule annulaire qui termine le jaboL Les six orifices, de même forme, sont disposés suivant une ligne circulaire et APPAREIL DIGESTIF DES ORTHOPTÈRES. 83 séparés l'un de l'autre par une cloison longitudinale très étroite (V. PI. V, fig. 2). Pourvoir très nettement tous ces orifices, il suffit de fendre l'organe suivant son axe antéro- postérieur. Les six cœciims adhèrent aux parois du gésier grâce à de nombreux filaments trachéens et enveloppent la partie postérieure du jabot, comme le calice persistant d'une fleur enveloppe le fruit en voie de maturité. L'examen ex- terne montre que les diverticules intestinaux sont parcourus longitudinalement par de faibles sillons correspondant à des bourrelets internes. Les coupes histologiques prouvent, en effet, l'existence, à l'intérieur de chaque tube, d'une série de plissements épithéliaux très nombreux (de 6 à 15) et di- rigés, comme les rayons d'une roue, vers l'axe de l'organe (V. PI. V, fig, 2 et 8). A l'intérieur existe une double couche de fibres annulaires et longitudinales. Chacun de ces six cœcums est pourvu d'un appendice conique de même forme et de même structure, mais de longueur deux fois moindre que celle de ces derniers (Y. PL V, fig. 2). Ils sont coniques comme les premiers et pourvus comme eux de replis épi- théliaux internes. Ils adhèrent, grâce à des faisceaux tra- chéens, à la partie antérieure de l'intestin moyen. Ils com- muniquent directement avec les caecums antérieurs et vont déboucher dans l'intestin par les mêmes orifices que ces derniers, contrairement à l'opinion émise par L. Dufour, qui a écrit que l'ouverture des bourses ventriculaires (cae- cums ou appendices intestinaux) n'établit entre ces der- nières et leurs appendices aucune voie directe et immédiate. Au contraire, ainsi qu'on peut facilement s'en assurer, les orifices intestinaux sont communs aux caecums antérieui's et à leurs appendices postérieurs (V. PL V, fig. 2). L'intestin postérieur est court et ne présente qu'une légère sinuosité un peu en avant du rectum. A son origine, existe une valvule circulaire, au-dessous de laquelle est situé un sillon peu profond où viennent déboucher les tubes de Malpighi. Ces glandes, au nombre de 80 à 100, sont grou- pées en un nombre variable de faisceaux, allant s'ouvrir 84 I^ BORDAS. au sommet de petils tubercules disposés circulairement (V. PI. V, fig. 3). Les tubes uriques sont allongés, filiformes, sinueux et à sommet libre arrondi. Ils forment plusieurs touffes dirigées, les unes en avant, recouvrant en partie l'in- testin moyen et ses appendices, et les autres en arrière, dis- posées sur les organes génitaux et le rectum. — Les parois internes de l'intestin terminal présentent un certain nombre de bourrelets longitudinaux sinueux qui vont s'atténuant peu à peu jusqu'au rétrécissement antérectal. Avant d'arriver au rectum, l'organe diminue de diamètre et décrit une faible sinuosité. Il se dilate ensuite en une ampoule rec- tale fusiforme, séparée du reste de l'organe par une valvule antérieure, formée par six bourrelets pyramidaux, à la suite desquels viennent six épaississements équidistants et ana- logues aux glandes rectales des Hyménoptères. Le rectum se continue par un court pédicule cylindrique, s'ouvrant au debors par l'orifice anal, situé au-dessus de l'ouverture génitale. h' appareil digestif à^ VŒdipoda cœrulescens présente des caractères à peu près identiques à ceux que nous avons dé- crits cliez VŒdipoda miniata. Le tube digestif àw Psophus stridulus (Lin.) se rapprocbe beaucoup, par l'ensemble de ses caractères, de celui du Caloptenus. Le jabot est gros, volumineux et remplit la presque totalité du tborax. Les appendices intestinaux sont identiques, par leur forme et leur disposition, à ceux de l'espèce précédente. L'intestin moyen est court, cylindrique, plissé intérieurement et la structure de ses parois est à peu près analogue à celle des OLdipodes. L'intestin postérieur est mince et son diamètre n'est égal qu'à la moitié environ de celui de l'intestin moyen. Ses parois présentent six re- plis internes très accusés et semblables à ceux des espèces précédentes. Cet organe est droit et se trouve placé suivant l'axe des deux tiers postérieurs de l'abdomen. C'est à son origine que viennent déboucher les tubes de Malpighi. Ces glandes, très nombreuses (70 à 80), sont disposées eu APPAREIL DIGESTIF DES ORTIIOPTÈnES. 85 groupes ou faisceaux au nombre de cinq ou six. Elles sont en- chevêtrées entre elles et forment plusieurs touffes, dont les unes recouvrent la parlie postérieure de l'intestin moyen, et les autres enveloppent l'inleslin terminal dans presque toute sa longueur. Le rectum est allongé, ovoïde et présente, dans son ensemble, l'apparence de celui des Caloplenus. Les Pachytylus cwerasccns (Fabr.), très voisins des Pso- phus, possèdent un appareil digestif h peu près semblable à celui de ces derniers. L'organe a, dans son ensemble, une forme droite, le jabot est court et enveloppé en gi-ande parlie par les caecums intestinaux. Ces derniers sont pourvus d'ap- pendices postérieurs très courts. L'intestin moyen n'occupe que les deux ou trois premiers segments abdominaux. L'in- testin terminal est mince et plissé intérieurement et les tubes de Malpighi, très nombreux, sont disposés circulaire- ment en plusieurs faisceaux enveloppant la plus grande parlie de l'organe. Le rectum est identique à celui des Fsophiis. 5° Tribu des Tuuxalin^ (1). — Les espèces indigènes de cette tribu sont très nombreuses; aussi, avons-nous pu en disséquer une grande variété d'échantillons. Parmi les es- pèces que nous avons eues à notre disposition et que nous avons éludiées, nous pouvons citer les suivantes : Stenobo- thrus lineatus (Panz.), St. stigmaticus (Ramb.), St. bicolor (Charp.), St. pulvinatus (Fisch.), St. longiconiis (Latr.), Mecosthetus grossas (Lin.), Truxalis unguiculata (Ramb.), Truxalis nasuta (Fabr.), Parapleurus alliaceus (Germ.), Epacromïa thalassina (Fabr.), Gomphocerus maculatus (Thumb.), etc. Nous avons étudié Vappareil digestif [N. PI. VII, fîg. 1), chez cinq espèces appartenant au genre Stenobothnts et avons trouvé partout un organe à peu près uniforme ou pré- sentant, d'une espèce à l'autre, des différences tout à fait insignifiantes ; aussi, pour ne pas nous répéter, allons-nous (1) Pour celte tribu, ainsi que pour toutes celles de la famille des Acri- diidse, nous avons suivi la classification adoptée par M. Edm. Perrier dans son Traité de Zoologie, p. 1237. 86 li BORDAIS. décrire cet organe chez une espèce irès commune dans le centre de la France, \e Stenobotkn/s lineatus. Chez cette es- pèce, le tube digestif est presque droit et placé dans l'axe du corps de l'insecte (V. PJ. Vit, fig. 1). Il ne présente qu'une courbure peu accentuée dans sa dernière partie, c'est-à-dire vers la région médiane rétrécie de l'intestin postérieur, un peu en avant du rectum. Ses principaux caractères distinclifs consistent en l'atrophie presque complète des appendices postérieurs des caecums intestinaux, en le petit nombre et le mode d'inserlion des tubes de Malpighi et surtout en la pré- sence d'une faible courbure à l'intestin terminal. Ces di- verses particularités, plus ou moins accentuées, se retrouvent dans toutes les espèces du genre Stenobothrus. D'aulre part, le gésier, si nettement limité et si caractéristique chez les Locustidai (V. le chapitre suivant), est ici peu apparent et confondu avec la portion postérieure du jabot. Le pharynx du Stenobothrus lineatus est court, rectangu- laire, aplati transversalement et pourvu d'une enveloppe musculaire épaisse qui se prolonge jusqu'à la lèvre supé- rieure. A son entrée existent un certain nombre de stries, surtout abondantes vers la base de l'orifice. \i œsophage qui fait suite au pharynx présente,, comme ce dernier, la forme d'un tube cylindrique, à parois muscu- laires striées à l'intérieur dans le sens longitudinal et re- liées, par l'intermédiaire de muscles issus de la face externe, aux régions latérales céphaliques. A sa sortie de la tête, l'or- gane présente une légère constriction, ])uis se dilate de nouveau progressivement pour se continuer, sans ligne de démarcation nette, avec le jabot. hQ jabot (V. PI. VI, fig. 5 et 8) est un organe volumineux, ovoïde, plissé extérieurement et à parois musculaires très épaisses. Sa région médiane est renflée, puis déprimée et conique à sa partie postérieure comprise entre les six appen- dices intestinaux. Ses parois sont très épaisses et composées de membranes musculaires dont la plus épaisse est la mem- brane annulaire. A l'intérieur, existe une couche chitineuse APPAREIL DIGESTIF DES ORTHOPTÈRES. 87 qui recouvre Torgane tout entier et présente une série de replis à direction variable. Les premiers sont disposés trans- versalement et tirent leur origine de deux bandelettes chiti- neuses situées à la face ventrale. Ces bandelettes, parallèles à leur origine, vont en divergeant vers leur partie postérieure et présentent une série de bourrelets recouverts de petites denticules coniques , aiguës et chitineuses. Les bandelettes transversales sont à peu près parallèles et situées dans des plans perpendiculaires à l'axe du corps de l'insecte. Elles sont légèrement convexes et recouvertes, les trois premières, par de nombreuses pointes chitineuses coniques et à base élargie implantée dans la lamelle. Les suivantes, sortes de bourrelets annulaires, ne portent qu'une série unique de denticules à extrémité tournée en arrière, vers l'intestin. Dans la région médio-interne, les bourrelets chitineux de- viennent irréguliers et forment une zone annulaire treillissée, à la suite de laquelle ils prennent une direction longitudinale (V. PI. YI, fig. 5 et 8). Cette seconde portion du jabot doit être considérée anatomiquement comme l'homologue du gésier des Locustidae, car c'est à son origine que sont situés les ganglions ventraux du système sus-intestinal. Chez les autres Orthoptères, ces mêmes ganglions occupent une po- sition fixe à l'origine du gésier ou de son pédoncule anté- rieur. Les bandelettes de la seconde portion du jabot sont hérissées de petites pointes chitineuses et vont converger vers six plaquettes disposées en V et analogues à celles que nous avons décrites chez les Œdipodinse. Donc, par la na- ture et la disposition de son enveloppe chitineuse interne, la partie postérieure du jabot joue, chez les Acridîid.^, le même rôle que le gésier des Gryllides et des Locustes. Grâce à la présence de ses soies et pointes chitineuses multiples, le jabot râpe les aliments et exerce sur eux une action tritu- rante tout comme le font les dents acérées des plus puis- santes armatures de gésier. L'intestin moyen^ qui fait suite au jabot, est un tube cylin- drique très court, légèrement élargi à son origine où s'insèrent 88 Li. BOROAS. six cœcums intestinaux (Y. PL VII, fig. 1). Ces organes, dont la structure iiistologique est identique à celle de Tintestin, sont des appendices tubuleux, régulièrement cylindriques eî: terminés à leur extrémité aniérieure libre par une pointe émoussée. Leur surface extérieure est lisse, maisLintérieure présente une série de replis longitudinaux divisant la cavité centrale en plusieurs loges. Ils enveloppent, en l'embrassanl étroitement, la portion terminale du jabot, celle qui, mor- phologiquement et physiologiquement, correspond au gésier des Grillons. Ils s'ouvrent, à l'origine de l'intestin moyen, par des orifices circulaires disposés symétriquement. Ces caecums sont pourvus, vers leur point d'insertion au tube digestif, de petits appendices coniques très courts et a sommet dirigé en arrière. Chez tous les Stenobothrus, ces appendices sont tout à fait rudimentaires et beaucoup plus courts que chez les OEdipodinae oii ils atteignent parfois une longueur égale à la moitié de celle des caecums antérieurs. Les parois de l'intestin moyen comprennent une couche de fibres longitudinales disposées en une série de petits fais- ceaux de couleur blanchâtre, très visibles extérieurement, une couche de fibres circulaires plus épaisse que la précé- dente, et, tout à fait à l'intérieur, une membrane épilhéliale présentant de nombreux replis. h' intestin postérieur^ qui vient à la suite du précédent, a une longueur plus grande que celle de ce dernier et présente une courbure en avant du rectum. Sa première partie est conique et porte de nombreux tubes de Malpighi disposés circulairement à son origine. Ces organes, au lieu de dé- boucher séparément, se réunissent par touffes disposées à peu près à égale distance les unes des autres. Le nombre des tubes de Malpighi, moins élevé que chez les Locustides, est compris entre 30 et 40. La première portion de Tinteslin terminal, dont la structure est à peu près identique à celle de l'intestin moyen, se rétrécit peu à peu et se continue par un tube droit qui décrit tout d'abord une courbe, se relève vers la face dorsale, pour se diriger ensuite en APPAREIL DIGESTIF DES ORTHOPTÈRES. 89 arrière et se continuer par le rectum. La structure interne de la portion rétrécie diffère de celle de la première partie de l'intestin : elle présente une série de bandelettes internes, au nombre de six à huit, plissées, sinueuses, irrégulières et ierminées, en avant du rectum, par six bourrelets coniques, constituant une sorte de valvule. Le rectum est un organe volumineux, fusiforme et placé entre les extrémités termi- nales des organes génitaux. Sa structure, idenlique chez toutes les espèces de la famille, comprend six bandelettes longitudinales, dues à des épaississements épithéliaux, presque confluentes, ou séparées les unes des autres par des dépressions très étroites. Chez toutes les autres espèces du genre Stenoôotkrus, l'ap- pareil digestif présente une forme et une structure à peu près identiques à celles que nous venons de décrire chez le Stenobothrus lineatus. \J appareil digestif du Mecosthetiis grossus (Linné) pré- sente les plus grandes ressemblances avec celui des Steno- bothrus (V. PL VII, fîg. 3). Comme celui de ces derniers, il est à peu près rectiligne et décrit, un peu avant le rec- tum, une courbe à direction verticale. La seule différence consiste dans la forme qu'alTectent les caecums intestinaux. Chez les Mecosthetus, ces caecums sont beaucoup plus allongés que chez les Stenobothrus; ils sont renflés à leur base, puis vont en diminuant progressivement de diamètre à mesure qu'ils se dirigent en avant, de sorte que leur extrémité antérieure présente la forme d'un tube conique à parois irrégulières et pourvues de nombreux replis in- ternes. D'autre part, les appendices postérieurs des cae- cums sont, de même, beaucoup plus développés que ceux des espèces précédentes (V. PI. VIT, fig. 3). Une faible dépression circulaire externe marque leur origine et la ligne de séparation de leurs congénères antérieurs. Ils se dirigent en arrière et affectent la forme de petits tubes cylindro-coniques légèrement amincis à leur sommet. Les tubes de Malpighi sont constitués par de petits filaments 90 I^. BOUOA». flexueux et cylindriques, courts, réunis par groupes de qua- tre à sept et insérés circulairement à l'extrémité antérieure de l'intestin terminal. Leur nombre varie de 50 à 60, et celui de leurs faisceaux de neuf à douze. Chez les Truxalis unguiculata (Ramb.), Ti\ nasula (Faljr.), Yappareil digestif (V. pi. VII, fig. 2) a une conformation très simple et diffère de celui des autres genres appartenant à la famille des Truxalin^e [Stenoho- thrus^ Parapleurus, Epacrom'ia, Gomphocerus, etc.), par la forme cylindrique du jabot et la disposition allongée et fusi- forme du rectum. Le pharynx est très court et affecte Tapparence d'un en- tonnoir, h'œsophage^ également très réduit, est au contraire cylindrique (V. PI. VII, fig. 2). hQ jabot qui, chez la plupart des Acridiens, est fusiforme et renflé dans sa région médiane, est ici au contraire presque cylindrique. Il est placé dans l'axe du thorax, qu'il traverse dans presque toute sa longueur jusqu'à l'ori- gine de l'abdomen. Sa portion antérieure seule offre un léger rétrécissement et le reste de l'organe présente à peu près uniformément le même diamètre. Ses parois sont épaisses et pourvues d'une double couche musculaire. A l'intérieur existe une membrane chitineuse, pouvant faci- lement se séparer delà paroi et pourvue de nombreux plis- sements. Ces derniers sont dirigés, dans la partie posté- rieure, suivant l'axe de l'organe. Dans cette région, ils prennent une direction parallèle et sont munis, à leur face supérieure, de petites denticulations coniques. C'est cette portion terminale du jabot qui joue le rôle de gésier au point de vue de la mastication des aliments. Vmteslin moyen est droit et uniformément cylindrique. Il occupe l'axe des quatre premiers segments abdomi- naux et mesure environ le quart de la longueur totale de l'appai'eil digestif. A son origine^ viennent s'ouvrir les six appendices intestinaux, amincis et cylindriques à leur partie antérieure, mais rentlés à leur point d'insertion. APPAREIL DIGESTIF DES ORTHOPTÈRES. 91 Ces appendices portent, en arrière, six courts caecums. Vintestln terminai comprend deux parlies très nettes : l'une antérieure, large et cylindrique, et l'autre posté- rieure, amincie et recourbée. La portion antérieure porte, à son origine, les tubes de Malpighi peu nombreux (40 à 50), allongés, flexueux, filiformes et disposés en faisceaux comme chez les autres Acridiens. La portion terminale de l'intes- tin est amincie et décrit une légère courbure; elle se dilale ensuite pour constituer le rectum. Celui-ci est très allongé comparativement à celui des autres espèces. Il est fusi- forme et porte, disposées longitudinalement, six longues bandelettes ou épaississements glandulaires internes, ana- logues aux glandes rectales des Hyménoptères (V. pi. Y II, fig. 2). HISTOLOGIE DE L'APPAREIL DIGESTIF DES ACRIDIID^. — RÉSUMÉ. (V. pour l'histologie, les PL V, fig. 8 et 9 ; PI. VI, fig- 9 et 10, et PI. VII, fig. 4, 5, 6). Nous avons étudié la structure des différentes parties de V appareil digestif chez quatre espèces appartenant à la fa- mille des AcRiDiiD^, à savoir : VŒdipoda ntiniata^ VŒd. cœridescens^ le Stenohothms lineatus et le Mecosthetvs grossus. La bouche est une cavité plus ou moins volumineuse, dirigée obliquement et en bas par rapport à l'axe du corps de l'insecte et limitée, en haut et en avant, par le labre ou lèvre supérieure, latéralement par les mandibules et les mâchoires antérieures, et en bas par la lèvre inférieure. Le pharynx, très court chez tous les Orthoplères, com- prend trois couches : une couche musculaire anwdaire très épaisse, sur laquelle repose une assise de petites cellules rectangulaires, à noyau central sphérique, génératrice de Tenveloppe cbitineuse et qu'on peut appeler assise chiti- nogene. Le tout est enveloppé par une membrane chitineuse 92 li. UORDAS». plissée. Cette structure est commune à Y Œdipoda, ainsi qu'au Stenobothrus et au Mecosthetus. h' œsophage unit le pharynx au jabot et présenle à peu près la même structure que le premier; il n'en difîère que par la présence d'une très mince couche de fibres muscu- laires longitudinales externes. Pour l'étude du jabot, nous allons considérer une par- tie antérieure et une région postérieure. Celte dernière, en- tourée par les caecums intestinaux, peut être homologuée, au point de vue physiologique, au gésier des Locustidse et des Gryllidœ (V. PI. VI, fig. 9 et 10). La première partie du jabot comprend, chez le Mecosthe- tus gros sus : 1° Une membrane enveloppante externe ou membrane péritonéale, très mince ; 2° Une couche également très mince de fibres musculaires longitudinales ; 3° Une couche beaucoup plus épaisse de fibres muscu- laires annulaires, renfermant trois ou quatre assises très nettes; 4° Une assise de cellules cubiques ou rectangulaires, par- fois légèrement allongées et à noyau sphérique. Ces cellules qui sécrètent la membrane chitineuse interne peuvent être appelées cellules chitinogènes; 5" Enfin, vient à l'intérieur la membrane chitineuse, d'épaisseur à peu près uniforme, de couleur blanchâtre et généralement transparente. Cette membrane forme des re- plis très nombreux (de 40 à 60) et présente, au sommet de chacun d'eux, de petites denticules acérées et de couleur brunâtre (V. PI. Vf, fig. 10). La structure du jabot est identique chez tous les Acri- diens \ pourtant, elle se modifie quant à l'épaisseur des couches musculaires et à la forme des replis chitineux internes. C'est ainsi que, vers le tiers postérieur de l'or- gane, la couche musculaire annulaire est beaucoup plus épaisse et les bourrelets formés par la membrane chiti- APPAREIL DIGESTIF DES ORTHOPTÈRES. 93 neuse interne sonl, de même, plus réguliers et plus étroi- tement serrés les uns contre les autres. Ce qui caractérise encore cetle région, c'est la parfaite régularité des cel- lules chilinogènes qui sont devenues allongées, rectangu- laires ou ovoïdes. Les noyaux, généralement très volumi- neux, occupent la moilié de la cellule, ont une forme presque toujours sphérique et renferment de nombreux nucléoles. Quant à l'assise génératrice des cellules chiti- nogènes, elle est extrêmement réduite. La couche muscu- laire annulaire est formée de gros faisceaux siriés, pres- que fusiformes et disposés circulairement en 4 ou 5 couches. Les noyaux, de forme ellipsoïdale, sont très visibles. Exlé- rieurement, sont les muscles longitudinaux, disposés en faisceaux de distance en distance. Le tout est enveloppé par une membrane externe très mince. Les replis chitineux internes du jabot changent de forme à mesure qu'ils se rapprochent de l'intestin. Ils se grou- pent^ chez le Stenoboihnis et VŒdipoda, en six faisceaux constituant des bourrelets claviformes munis d'un court pédoncule (V. PI. V, fig. 9). L'extrémité libre de chaque bourrelet, examinée sur une coupe, apparaît hémisphéri- que et à bords denticulés. Le pédoncule, rétréci dans sa portion médiane, va se fixer aux parois latérales de l'organe. L'espace compris entre deux bouri'elets est occupé par une large dépression longitudinale portant deux ou trois pe- tits replis courts et irréguliers (V. PI. Y, fig. 9). Les cellules chilinogènes affectent, au sommet de chacun des gros bourrelets du gésier, une forme allongée et conique. Leur noyau est sphérique, occupe presque la moitié du volume cellulaire et se trouve généralement appliqué contre le bord interne. Vers le milieu de la portion renflée des bour- relets, au-dessous de l'assise chitinogène, existent de petits faisceaux musculaires, disposés transversalement et unis par des prolongements à la couche circulaire externe. Les cellules situées dans les dépressions comprises entre les replis longitudinaux ont des parois peu apparentes, leurs 94 li. BORDAii. noyaux seuls sont nettement visibles. Les faisceaux muscu- laires transversaux sont surtout très accusés chez les divers Œdipoda (V. PI. Y, fig. 9). Chez Y Œdipoda miniata, les six bourrelels longitudinaux situés à Fexlrémité postérieure du jabot (gésier), vus en coupe transversale, présentent une extrémité libre élargie, disposée en forme de champignon, avec un pédoncule très court (V. PI. V, fig. 9). Les dépressions comprises enlre deux bourrelels conséculifs portent de cinq à six replis secondaires beaucoup plus courts que les bourrelets. Ces derniers sont recouverts par une couche chitineuse plissée décrivant, vers leur extrémité libre arrondie, une série de fines denticulations. L'assise chitinogène ne comprend qu'une seule couche de cellules à peu près régulières, cubi- ques ou rectangulaires, à noyaux ovoïdes ou sphériques volumineux. Au-dessous existent plusieurs couches de mus- cles striés, parallèles et disposés transversalement (V. PI. V, fig. 9). Les noyaux de ces derniers, allongés et fusi formes, apparaissent 1res nettement. Enfin, tout à fait à l'extérieur existe la couche des muscles annulaires disposée comme dans les espèces précédentes. Les cœcums ÎNteslinaux sont au nombre de six chez tous les Acridiens. Ce sont des tubes cylindriques, à extrémité libre conique et émoussée et à parois internes plissées. Le nombre des replis épithéliaux internes est variable suivant les espè- ces : on en compte de quatre à huit chez les StenobothriiSy les Mecosthetus et de dix à quinze chez les divers Œdipoda. Les parois de ces organes sont minces et comprennent, en allant de Fcxlérieur à l'intérieur (V. PI. V, fig. 8) : 1" Une membrane propre ou membrane péritonéale, très mince ; 2° Une couclie musculaire circuhui'e; 3° Une membrane basilairc très mince; Et 4° une couche épithéliale ciliée. Celte dernière est constituée par de longues cellules cylindriques et recou- vertes, à leur sommet, d'un revêtement cilié 1res courl. Do APPAREIL DIGESTIF DES ORTHOPTERES. \)o plus, elles sont encore pourvues d'un gros noyau sphé- rique central nucléole (V. PI. VU, fig. 6). RESUME. — L'appareil digestif des Acridiidse est caracté- risé par sa forme droite, par l'absence de circonvolutions intestinales, sauf dans l'intestin terminal qui, chez quelques espèces [Œdipoda, Stenobothrus)^ présente une légère cour- bure, et surtout par la présence de six appendices intesti- naux fusiformes et munis de caecums postérieurs, plus ou moins allongés suivant les espèces. Un autre trait essen- tiellement caractéristique des Acridiens, c'est l'atrophie pres- que complète du gésier qui, chez toutes les espèces, n'est représenté que par une simple modification de structure de la région postérieure du jabot. Le pharynx est tantôt large et court [Psecilocerus, Pyr- gomorpha)^ tantôt aplati transversalement {Pamphagus)] souvent aussi, il est très réduit, situé complètement dans la région céphalique et pourvu de parois épaisses et striées longitudinalement [Œdipoda miniata, Œd. cœrulescens). Vœsophage^ qui fait directement suite au pharynx, est également court et cylindrique {Pyrgomorpha)^ à parois internes plissées et à repli postérieur annulaire, marquant sa séparation avec le jabot. Chez la plupart des espèces [Paniphagus, Œdipoda, Acridiwn^ Caloptenus, etc.), il pré- sente à l'intérieur de nombreux replis disposés irrégulière- ment et formant parfois des bourrelets qui, en pénétrant dans la partie antérieure du jabot, constituent une sorte de valvule annulaire et lobée [Pamphagus elephas). A son extrémité postérieure, il présente une légère constriction, puis se dilate de nouveau pour se continuer avec le jabot sans ligne de démarcation (Stenobothrus, Blecosthetus^ etc.). Le jabot est allongé, fu si forme [Pœcilocerus, Pyrgomor- pha)^ renflé en avant et entouré, dans sa moitié posté- rieure, par les caecums intestinaux [Caloptenus, Schisto- cerca^ etc.). Son diamètre maximum est situé dans la région médiane; il se déprime ensuite et devient nette- ment conique à son extrémité postérieure [Mecosthetiis^ 96 L.. BORDAI. Parapleiirus, etc.). Ses parois internes antérieures pré- sentent, à la face ventrale, deux longs replis longitudinaux, limitant enlre eux un espace rectangulaire déprimé (Fœci- loceriis). Cet es}3ace est sillonné, d'avant en arrière, par des replis peu apparents et porte, en avant, un petit nom- bre de pointes chilineuses (Acridhim, Calopteniis). Celte aire déprimée, limitée latéralement par deux bourrelets lon- gitudinaux parallèles, est uniquement située dans la moi- tié antérieure de l'organe et se rencontre également chez les Stenobothrus, les Mecosthetus^ etc. De ces bourrelets parallèles partent une série de replis annulaires, légère- ment sinueux, situés dans des plans perpendiculaires à Taxe du corps de l'insecte et séparés par des sillons également parallèles. Ces replis, à direction transversale, sont unique- ment localisés dans la moitié antérieure du jabot. Leur surface libre est recouverte par une mince membrane chi- iineuse supportant de nombreuses petites pointes cornées [Acridium^ Pamphagiis^ Œdipoda^ etc.), ou des denticules coniques, cliitineuses, à base élargie et à sommet légère- ment recourbé et très acéré [Stenobothrus^ Mecosthetus, Parapleurus^ etc.). Dans la partie médiane du jabot, existe une région oii les replis sont disposés irrégulièrement et dirigés dans tous les sens [Pamphagus^ Œdipoda, Psophns, Pachylyhis, etc.). Dans la seconde moitié de l'organe, les bourrelets ou replis chitineux internes, beaucoup plus accentués que les précédents, sont dirigés d'avant en ar- rière et recouverts, chez la plupart des espèces, par de petites dents cbitineuses coniques, à base élargie et beau- coup plus puissantes que celles situées dans la région anté- rieure [Œdipoda, PsopJius, Pamphagus^ etc.). Ces bourre- lets longitudinaux, séparés par des dépressions parallèles, vont converger, à la région postérieure du jabot, vers six lamelles chilineuses, brunidres, de forme triangulaire, à extrémité postérieure émousséC; à bords arrondis et dis- posés en forme de V [Œdipoda, Pachytt/his^ Pampliagus, StenobotJirus^ etc.), ou de Y [Aaidium^ Caloptenus). La por- APPAREIL DIGESTIF DES ORTHOPTÈRES. 97 lion médiane de ces lamelles est concave et va en s'élar- gissant d'arrière en avant. Entre ces lamelles cornées, qu'on peut homologuer aux colonnes masticatrices des Locustidce, des Gryllidce, etc., mais qui en diffèrent complètement par leur forme, existent des dépressions triangulaires à base dirigée vers l'intestin. Cette portion terminale du jabot, de forme conique, peut être considérée comme l'homologue du gésier des autres Orthoptères. Le jabot des TruxaUs est presque uniformément cylindrique et traverse l'axe du tho- rax suivant loute sa longueur. Au point de vue histologi- que, le jabot des Acridiens présente, en allant de l'extérieur à rintérieur : une très mince tunique péritonéale envelop- pante, des faisceaux musculaires longitudinaux, une couche de fibres musculaires circulaires, une assise de cellules cubiques chitinogènes et enfin, à l'intérieur, une membrane chitineuse à surface plissée. Vuitestm moyen de tous les Acridiens est court, droit et cylindrique. Ses parois externes sont lisses et les internes présentent de nombreux replis épithéliaux. Chez la plu- part des espèces, il est élargi en avant et légèrement ré- tréci en arrière. Sa couche épilhéliale interne est consti- tuée par une seule assise de cellules ciliées, cylindriques, allongées et remarquables par leur régularité et leur symé- trie. Extérieurement à répithélium, existent une couche de fibres musculaires annulaires, des faisceaux longitudinaux et une tunique péritonéale. A Torigine de l'intestin moyen viennent déboucher ^ix cœcums inîestimuix qu'on peut considérer comme des évagi- uations du tube digestif. Ces appendices affectent la forme de tubes coniques, à sommet émoussé et aminci, à surface externe régulière ou légèrement plissée et à base inférieure élargie. Chez la plupart des espèces [Œdipoda, Acri- dium, etc.), leur extrémité antérieure porte un fdament qui va se rattacher aux parois latérales du jabot et sert de tige fixatrice aux caecums. La surface interne de ces organes est pourvue de nombreux replis longitudinaux ANN. se. NAT. ZOOl,, V, 7 98 t. ttomiAs. (de 10 à 1^), divisant la cavité centrale en plusieurs loges. Ces divers organes enveloppent étroitement la partie ter- minale du jabot, celle qui morphologiquement correspond au gésier des autres Ortlioptères. Vers son point d'inser- tion autour de l'intestin, chaque caecum est pourvu d'un prolongement en doigt de gant ou appendice postérieur, de même structure que le précédent et de forme conique. Sa longueur égale les deux tiers [Pyrgomorpha), la moitié environ [Acndium^ Calopteiim) et quelquefois même le quart seulement [Œdipoda) de celle du caecum antérieur. Les six caecums postérieurs des appendices intestinaux des Stenobothrus^ Mecosthetus^ etc., sont tout à fait rudimen- taires et beaucoup plus courts que ceux des autres Acri- diens. Ces deux groupes d'appendices intestinaux vont s'ou- vrir à l'extrémité antérieure de l'intestin moyen par six orifices de même forme, ovalaires, situés au-dessous de la valvule qui termine le jabot, et séparés les uns des autres par une cloison longitudinale très étroite. La structure liis- tologique de leurs parois est sensiblement la même que celle de l'intestin moyen. Vintestm jwsténeur ou terminal, plus étroit que le pré- cédent, est cylindrique, tantôt droit [Pœcilocerus^ Pyrgo- morpha^ Pamphagus)^ et tantôt légèrement recourbé on avant du rectum [Œdipoda^ StenobotJwus ^ Mecosthetus^ Pa- rapleurus^ Truxalis, etc.). Ses parois internes présentent un certain nombre de bourrelets longitudinaux sinueux qui vont s'atténuant peu à peu au rétrécissement anté-rec* tal. A son origine viennent déboucher les tubes de Blalpigh}^ qui sont quelquefois très nombreux (100 à 120 chez les Pyrgomorphlnœ, 60 à 80 chez les Pamphaginœ^ etc.), quel- quefois aussi bien plus rares (30 à 40 chez les TnixaUn%). Le rectum atTecte, chez tous les Acridiens, une forme ovoïde. Cependant, il est très allongé chez les Truxa/is. Cet organe porle, sur son pourtoui', six renllemenls ovoïdes ourectaiiguhures,équi(lislants et (kis à des replis épiihéliaux internes, analogues aux glandes rectales des Hyménoptères. Appareil digestif' bES okttîoPTÊRËS. 99 Les glandes salivaires de tous les Acridiens sont tout à fait rudimentaires. Elles se composent d'un 1res pelit nom- bre de grappes disposées symétriquement par rapport au plan médian du corps de l'insecte. CHAPITRE VI APPAREIL DIGESTIF DES ORTHOPTÈRES DE LA FAMILLE DES LOCUSTIDyE. Nous avons étudié, parmi les Locustid^, vingt-deux espèces réparties dans les sept principales tribus de cette famille. Ces espèces, tant indigènes qu'exotiques, mais la plupart très intéressantes au point de vue morphologique, nous ont permis de rattacher les Locustidae, d'une part aux Acridiidse et de l'autre aux Gryllidse. Les Pseudophyllin^, par la forme du gésier et surtout par la structure toute par- ticulière des caecums intestinaux, se rapprochent des es- pèces appartenant à la tribu des Truxalinae. Chez les Sténo- bothniSj en effet, les caecums intestinaux sont libres et séparés, tandis que chez les Clecmdrus, ils sont soudés et groupés en deux massifs simulant, par leur forme, les deux gros appendices des Locustes et des Dectiques. La ressem- blance se poursuit jusque dans la présence de diverticules postérieurs qui existent au nombre de deux chez les Pseu- dophyllinae. Le même caractère, et surtout la disposition des tubes de Malpighi, permet de rattacher, d'autre part, les Gryllacrinae aux Gryllidae, ainsi que nous le verrons dans la suite. Le reste de l'appareil digestif présente tous les degrés de complication intermédiaires entre ceux que nous avons rencontrés chez les Acridiens et ceux que nous décrirons, au chapitre suivant, chez les Gryllus et les Gryllotalpa. r Tribu des Pseudophyllin^. — Cleandrus rex (J) (Brun.). (V. PL VIT, fig, 7, 10, Jl et 12). (1) Ce Cleandrus rex ç^ (Brunner), qui m'a été donné par le Laboratoire Les Pseudophyllinœ sont, de toutes les espèces apparte- nant à la famille des LoGUSTiD^, celles dont l'appareil digestif offre le plus d'intérêt, tant par sa forme que par les modifi- cations profondes que présentent certaines de ses parties. Les principales différences qu'offre cet organe, comparé à celui des autres genres de la famille que nous étudions ac- tuellement, portent sur le gésier, les caecums intestinaux et les intestins moyen et postérieur. Le gésier, presque compa- rable à celui des Acridiens, est atrophié et muni d'une ar- mature masticatrice interne tout à fait rudimentaire ; les caecums intestinaux sont disposés en deux groupes, dont le postérieur est formé par un tube unique et l'antérieur résulte de la soudure de 7 ou 8 tubes ; enfm, l'intestin proprement dit est très long et décrit quatre ou cinq circonvolutions dans la région médiane de l'abdomen. h'appareil digestif du Cleandms rex (Brunn.) atteint, quand il est totalement développé, trois fois la longueur du corps de l'insecte, tandis que chez les autres Locustides, il dépasse à peine une fois et demie cette longueur (V. PI. YII, fig. 7). Vi^à pharynx est court et ne présente rien de bien particu- lier, si ce n'est qu'il est pourvu d'épaisses parois musculaires striées intérieurement. \^ œsophage est très court et réduit à un simple tube cy- lindrique qui se continue directement avec le jabot. Le jabot a sensiblement le même volume que celui des Locusta (V. la suite du chapitre) et occupe la presque tolahté du thorax. Il est enveloppé par de volumineuses glandes sa- livaires localisées surtout dans le mésothorax. L'organe a une forme ovoïde, à extrémité postérieure renflée ; ses parois sont beaucoup plus épaisses que celles des autres genres de la famille et sont entourées par une puissante musculature comprenant des muscles circulaires et des muscles longitu- d'Entomologie, provenait de Luçon (Malaisie) et mesurait les dimensions suivantes : longueur 51 millimètres et largeur, au troisième segment abdo- minal, Vô millimètres. APPAREIL DIGESTIF DES ORTHOPTÈRES. lOI clinaux (V. PI. VII, fig. 7). A l'intérieur, existent des replis qui vont se fusionner à la partie postérieure et former six bourrelets se prolongeant dans le gésier. Ces bourrelets sont pourvus de petits tubercules jouant le rôle de dents. Cette armature du jabot, relativement puissante, doit suppléer celle du gésier dans l'acte de la mastication. Le gésier du Cleandriis^ contrairement à ce que vont nous présenter les autres Locustid^, est tout à fait rudimentaire. C'est un organe presque cylindrique, pourvu d'un pédoncule antérieur le rattachant au jabot et enveloppé de toutes parts par de volumineux cœcums intestinaux (V. PI. Vil, fig. 7). Ses parois musculaires sont assez épaisses, mais l'armature masticatrice interne est presque complètement atrophiée. Le pédoncule antérieur est parcouru par les six bourrelets venant du jabot et portant de petits tubercules crochus et cornés, simulant des dents. Entre chaque bourrelet existe une large dépression hérissée de nombreux replis chitineux recouverts de soies sur leur pourtour. L'armature chitineuse interne du gésier est atrophiée et ne comprend que quelques plaques cornées, disposées sui- vant six bandelettes longitudinales, comme chez les autres Locustidae. Chaque colonne ou bandelette comprend trois sortes de plaquettes ou denticules chitineuses. Les plaques médianes sont cordiformes et formées de deux parties ratta- chées par une lamelle intermédiaire (V. PL VII, fig. 12). Les lames latérales, à bords réguliers, sont pourvues de longues soies cornées et portent, à leur face supérieure, de petits poils chitineux. Indépendamment de ces lamelles mé- dianes, il existe latéralement d'autres plaquettes losangiques ou ovales, imbriquées entre elles et portant, sur leurs bords réguliers, des soies chitineuses qui s'étendent également sur la face supérieure. Enfin, chaque colonne se termine postérieurement par une petite languette arrondie formant, avec les cinq autres, une valvule à six branches. Des diverses parties qui composent l'appareil digestif des Cleandrus^ les plus intéressantes et surtout celles qui pré- 102 li. BORDAS. sentent les plus grandes différences avec les organes simi- laires des autres Locustidae, sont certainement les cœcitms iniestinaux. (Y. PL VII, fig. 7, 10 et 11). Ces organes, très volumineux, sont disposés en deux groupes de chaque côté du gésier. Le groupe inférieur, de beaucoup le moins impor- tant, n'est formé que par un diverlicule unique, à base élar- gie, cylindrique, présentant une courbure et se continuant en avant par un tube à diamètre à peu près uniforme et à sommet terminé en doigt de gant. Le groupe supérieur pré- sente la forme d'une main dont les doigts seraient soudés entre eux. Sa face interne est concave et l'externe convexe. Elles portent l'une et l'autre, du sommet à la base, six ou sept sillons peu profonds, séparés par des bourrelets pa- rallèles. Chaque sillon correspond à une cloison interne, et il résulte de cette disposition que la cavité du caecum anté- rieur se trouve partagée en sept ou huit loges tubuleuses, s'ouvrant directement à l'extrémité antérieure de Tintestin et n'ayant entre elles aucune communication (V. PI. YII, fig. 10 et 11). Chaque tube est pourvu d'enveloppes propres et recouvert, à l'extérieur, par une membrane commune à tout l'appendice. Les parois latérales portent, disposées longitudinalement, un petit nombre de replis sinueux. Cette disposition, si caractéristique^ nous permet de considérer les cavités cxcales internes comme un ensemble de tubes accolés et de rapprocher ainsi les Pseudophyllin^e <:fev Truxalin/E. Cette manière de voir esl d'autant plus plausible, qu'après avoir enlevé l'enveloppe commune externe, on peut facilement séparer chacun des tubes. Les caraclères tirés de cet organe permettent donc de rattacher très facilement les Orthoptères à cœcums multiples aux Ortho])téres à cœcums pairs, et de passer^ par des transitions graduelles et insensibles, des Blattidœet des AcTidïuhe aux JjOcustidie et aux Gryllidx. En effet, chez les lîlaltidai, les Mantidaî, les Acridiidjï>, les appendices intes- tinaux sont toujours séparés, tubulcux et au nombre de liuit ou de six (Acridiens). Si ces organes se rapproclient, deviennent coalcscents et se soudent par leurs faces latérales, APPAREIL, DIGESTIF DES ORTHOPTÈRES. 103 nous aurons exactement la forme qu'affectent les appen- dices antérieurs des Clcandrus, attendu que les cloisons transversales divisent la cavité interne en de nombreuses loges distinctes, pouvant même se séparer Tune de l'autre quand l'enveloppe membraneuse externe a disparu. De plus, la présence d'un tube libre postérieur est une preuve évidente de l'indépendance primitive des sept ou huit pre- miers. Ce terme de passage nous permet également d'ex- pliquer l'origine des cloisons plus ou moins nombreuses, mais incomplètes, que nous allons renconlrer dans les appendices intestinaux des autres Locustidîe. Ces cloisons ou replis membraneux, qui partent de la paroi interne de la face en contact avec le gésier, sont plus ou moins longs suivant les espèces et divisent la cavité interne de chaque caecum en un certain nombre de loges incomplètes, qu'on peut considérer comme des vestiges des appendices tubuleux libres et séparés des Mantida^ et des Acridiidae. Enfin, nous voyons les dernières traces de ces cloisons per- sister encore à l'état de rudiments chez la plupart des Gryllidae, où elles ne sont plus représentées que par de pe- tits bourrelets longitudinaux, parcourant de haut en bas la face interne des caecums latéraux. Le reste de l'appareil digestif comprend Y'mtestin moyen ^i Yiniestin postérieur. Le premier est remarquable par son grand développement et dépasse même, quand il est com- plètement étalé, deux fois la longueur du corps de l'insecte. Il est cylindrique et décrit trois ou quatre circonvolutions localisées dans la région moyenne de l'abdomen. V intestin terminal est beaucoup plus court et porte, à son origine, six tubercules placés très irrégulièrement, mais générale- ment groupés par paires, au sommet desquels viennent dé- boucher de 20 à 25 tubes de Malpighi, ce qui porte de 120 à 130 le nombre de ces organes. Ces tubes sont disposés en touffes enchevêtrées, recouvrant en grande partie les re- plis intestinaux. Le reste de l'organe présente des boursou- flures et à l'intérieur six bourrelets longitudinaux irréguliers 104 li. BORDAS». et sinueux. Le rectinn^ séparé de Fintestin terminal par une valvule, est un organe ovoïde, portant à l'intérieur six ban- delettes glandulaires [glandes rectales), 2° Tribu des Megopodin^e. — Platyphylhim giganieum (1) (Lu.) ou Pseiidophyllanax insularis (Walker) (V. PL VIII, fig. 4). \J appareil digestif au. Pseudophyllanax insularis (Walk.), que nous prenons comme type de notre description pour la tribu des Mecopodin^, présente des caractères qui le diffé- rencient nettement de celui de la plupart des autres Locus- tidcB et en font, comme les Cleandrus, une forme de passage entre les A cridiidse elles Locustidae. Cette forme intermédiaire entre les deux groupes est cependant plus nettement mar- quée chez les PseudophyllinaB. Mais, si la disposition externe du gésier et surtout la présence d'appendices caecaux posté- rieurs rapprochent les Pseudophyllanax des Acridiens, l'ex- trême longueur des intestins moyen et terminal, leurs nom- breuses circonvolutions, ainsi que le mode d'insertion des tubes de Malpighi en font nettement un type très voisin du genre Salomona de la tribu des Conogephalin^. Les glandes salivaires sont très volumineuses et rappellent, par leur disposition, celles des Dectiques (V. Pi. YIII, fig. 4). Elles s'étendent de la région postérieure céphalique, jusqu'à l'espace intersegmentaire compris entre les deux derniers mé- rides thoraciques, formant ainsi deux épaisses masses compac- tes, situées au-dessous du jabot et séparées par un étroit sillon médian. Dans ce massif glandulaire, on peut facilement sé- parer six à huit grappes secondaires, formées elles-mêmes par un assemblage de ramuscules que terminent des touffes d'acini. Ces acini sont sphériques, pluricellulaires et pour- vus d'un canalicule excréteur très court. En arrière de la tête, on voit, des deux côtés, se détacher une grosse grappe qui va se fusionner à sa congénère du côté opposé et former, (1) Cette espèce, qui inesuraiL 02 millimètres de longueur sur "i:; milli- mètres de large au troisième segment abdominal, provenait de la Nouvelle- Calédonie. APPAREIL DIGESTIF DES ORTHOPTÈRES. 105 delà sorte, un anneau au centre duquel passe l'œsophage. A ce système glandulaire, très volumineux et très compliqué, sont adjoints deux larges sacs glandulaires ovoïdes, à parois minces, transparentes et plissées, allant déboucher directe- ment dans les canaux excréteurs. Ces derniers, comme ceux des Decticns, se fusionnent en un conduit unique qui va s'ouvrir à la base de la languette, en avant et au-dessous de Torifice buccal. V appareil digestif du Pseudophyllanax est égal à trois fois et demie la longueur du corps de l'insecte (V. PL VIII, fig. 4). Le phari/nx est un tube court, de forme trapézoïdale et à extrémité antérieure élargie. Vœsophage qui lui fait suite et qui naît dans la région postérieure céphalique est, de même, cyhndrique. 11 traverse le massif antérieur des glandes salivaires ; puis, arrivé vers le milieu du prothorax, il se dilate progressivement et se continue par le jabot. Les parois pharyngiennes et œsophagiennes sont épaisses et servent extérieurement de points d'attache à de nombreux faisceaux musculaires destinés à maintenir les organes dans une position fixe. Leur face interne présente quelques re- phs longitudinaux. Le Jabot est un organe fusi forme, aminci en avant et renflé à son extrémité postérieure. Il présente extérieurement de nombreuses boursouflures correspondant à des cavités in- ternes. Ses parois musculaires sont très épaisses et possèdent deux couches, dont la plus importante est la couche annu- laire interne, supportant une membrane chitineuse. La paroi présente intérieurement de nombreux replis circulaires lon- gitudinaux. Ces derniers vont converger vers l'orifice posté- rieur, où ils forment six bourrelets irréguliers, jouant le rôle de valvule et se continuant dans le pédoncule antérieur du jabot (V. PL VIll, fig. 4). Le gésie?' des Mecopodin.e se rapproche, par sa forme, de celui des Decticinœ et de celui des Ephippigerinœ. Il em- prunte au premier la disposition de son armature mastica- trice interne; mais, d'autre part, il se rapproche du second 106 li. BOKD%ii. par la nature cornéo-membraneuse de ses dents. Cet organe est allongé, presque cylindrique et complètement enveloppé par de vokimineux appendices intestinaux, différant beau- coup, par leur forme, de ceux des autres Orthoptères. Il s'unit à la face postérieure du jabot par un pédoncule de longueur égale à la sienne et pourvu d'une enveloppe mus- culaire externe très puissante. A l'intérieur, existent six bourrelets disposés longitudinalement et pourvus de nom- breux plissements très irréguliers, séparés par des dépres- sions longitudinales parallèles, dont le fond est parcouru par deux petits replis secondaires. Les bourrelets principaux s'élargissent à leur extrémité postérieure en formant une valvule annulaire, marquant l'origine du gésier proprement dit. Ce dernier organe, qui ne paraît être que la continuation de son pédoncule antérieur, a une forme tronconique (V. PI. YIII, fig. 4). Ses parois sonl épaisses et recouvertes intérieurement d'une armature chilineuse constituée par six colonnes dentifères. Chaque colonne comprend, comme chez les Decliques, trois séries de dents. Celles de la série médiane, au nombre de 18 à 20, sont aplaties transversale- ment et pourvues de tubercules latéraux munis de soies. Les six ou huit premières présentent certaines analogies de forme avec celles de la Gryllotalpa (V. le chapitre suivant), mais elles en diffèrent complètement par leur moindre dureté. Celles de la portion terminale, beaucoup moins puissantes que les premières, sont presque réduites à leurs appendices latéraux lamelleux. De chaque côté de la série médiane existe une rangée longitudinale de denticules co- niques, à sommet chitineux et à base musculaire recouverte de soies très courtes. Une dépression longitudinale, très étroite, sépare chacune des colonnes dentifères. Ces der- nières se terminent par une languetle membraneuse cordi- forme, et l'ensemble des six languettes constitue un cône valvulaire très court, pcnclranl dans l'axe de l'intestin moyen. \! intestin nmi/en porte, à son origine, de volumineux ca^- APPAREIL DIGESTIF DES ORTHOPTÈRES. 107 CLims intestinaux, présentant la forme do larges sacs, à base aplatie et à sommet renflé, enveloppant presque entièrement le gésier. De leur face en contact avec ce dernier se déta- chent de nombreux replis (6 à 8) de formes et de dimensions variables, divisant la cavité interne en un certain nombre de chambres communiquant extérieurement entre elles. Ces caecums se prolongent en arrière par des appendices co- niques, striés transversalement, élargis à leur base et amincis à leur sommet, s'ouvrant, comme les caecums eux- mêmes, dans l'intestin moyen par l'intermédiaire d'un orifice commun, ovale ou arrondi. Par le nombre de leurs replis et la présence de sillons externes, ces caecums se rapprochent de ceux des Cleandrus^ mais ils en diffèrent en ce que les cloisons internes sont incomplètes. D'autre part, l'existence d'appendices postérieurs, que nous n'avons rencontrés bien développés que chez les Pseudophyllinae et dont quelques vestiges seulement existent chez les Scdomona^ nous per- mettent de rapprocher les Mecopodinae des Acridiidae. La structure histologique de ces organes est la même que celle de Y intestin moyen, preuve évidente qui/s ne sont que des prolongements, des évaginations de ce dernier. L'inteslin moyen, après avoir produit les deux diverticules que nous venons d'étudier, décrit dans l'abdomen un grand nombre de circonvolutions superposées les unes aux autres et for- mant une masse viscérale difficile à démêler. Cette portion du tube digestif, élargie et légèrement aplatie à son origine, prend ensuite la forme cylindrique qu'elle conserve pendant tout son parcours. Ses parois sont épaisses et recouvertes extérieurement, soit par des faisceaux de tubes de Malpighi, soit par des touffes trachéennes. Elles sont constituées par une couche de fibres longitudinales, une couche de fibres musculaires circulaires et une membrane épithéliale interne pourvue de nombreux rephs destinés à augmenter la surface d'absorption. Cette portion du tube digestif, complètement étalée, est égale à environ deux fois la longueur du corps de l'insecte. 108 I^. BORDAI. L'intestin postérieur est séparé de la portion précédente par un bourrelet annulaire irrégulier, jouant le rôle de val- vule. A son origine sont insérés les tubes de Malpighi, dont le nonfibre est constant et compris entre 100 et 120. Ces or- ganes glandulaires sont constitués par des fdaments cylin- driques, allongés, flexueux et groupés en six faisceaux allant s'ouvrir au sommet de petites évaginations hémisphé- riques, provenant de l'extrémité antérieure de l'intestin terminal. Ce groupement des glandes urinaires en six fais- ceaux est tout à fait caractéristique et se rencontre chez la plupart des Locustides. Le reste de l'intestin, dont la lon- gueur est à peu près égale à celle du corps de l'insecte, se dirige en arrière en suivant un trajet sinueux, puis se ré- trécit pour se dilater ensuite et former le rectum. Ce dernier, de forme ovoïde, porte de nombreux replis musculaires transverses et six bandelettes glandulaires longitudinales, analogues aux glandes rectales que nous avons décrites chez les Hyménoplères. Ainsi que nous l'avons dit au début, l'ap- pareil digestif des Mecopodinae mérite, par sa disposition, la siructure de plusieurs de ses parties et surtout sa longueur considérable, une description à part. De plus, il forme un des principaux anneaux de la chaîne qui rattache les Acri- diens aux Locustides. T Tribu des Ephippigerin^ (V. PI. VIII, fig. 1 et 3). Parmi les Locustides que nous avons encore étudiées, nous pouvons citer, chez les Ephippigerin.e, les deux es- pèces suivantes : \ Ephippiger bitteriensis 9 (Marq.) et VOrphania denlicauda ç^ (Charp.). Chez toutes les espèces de cette tribu, l'organe de la di- gestion présente de nombreuses différences avec celui des autres espèces appartenant à la famille des Locuslid?e,. Ces différences portent priucipalement sur la disposition des glandes salivaires, la forme du jabot, la réduction du gé- sier, le cloisonnement lout particulier des caecums inlesli- naux (*t le mode d'embouchure des tubes de Malpighi (v.pi. vin,rig. 1). APPAREIL DlGESTIl^ DES ORTHOPTÈRES. 109 Les glandes saJivaires de \ EpJiipp'iger bilteriensis sont très volumineuses et recouvrent non seulement toute la face in- férieure des trois segments llioraciques, mais s'étendent même jusque dans la région occipitale céphalique. Elles sont disposées en deux larges grappes placées au-dessus et sur les côtés du jabot. Chaque grappe comprend elle-même plusieurs faisceaux glandulaires, dont les nombreux acini vont s'ouvrir dans un canal excréteur, lequel va débouclier dans le conduit efférent de chaque grappe. La région post- cérébrale de la tête est elle-même enveloppée par un massif glandulaire qui entoure l'œsophage et projette verticalement deux grappes situées sur la partie antérieure du jabot. Chaque grappe est constituée par des acini ovoïdes, pourvus d'une cavité centrale et d'un canalicule excréteur très court. La structure de ces diverses parties est la même que chez les Dectiques et les autres Orthoptères. A l'appareil glandu- laire sont rattachés deux volumineux réservoirs salivaires, sortes de sacs très allongés, à parois transparentes et plis- sées, s'étendant, de chaque côté du jabot, jusqu'au méta- thorax, et allant déboucher dans chacun des canaux effé- rents des deux grappes. Ces canaux, au nombre de deux, un pour chaque grappe, se fusionnent finalement et constituent un tube impair très court, s'ouvrant à la base de la lèvre inférieure. Le pharynx et V œsophage sont très courts. Le premier affecte la forme d'un tronc de cône légèrement aplati, à parois épaisses, musculaires et striées intérieurement. hQ jabot, par contre, est très volumineux et occupe^ avec les glandes salivaires, la presque totalité de la cavité thora- cique. C'est un organe tronconique, à extrémité postérieure renflée et présentant, dans son tiers antérieur, un léger étranglement. Ses parois sont épaisses et pourvues de nom- breux faisceaux musculaires longitudinaux et annulaires très apparents. La face interne est recouverte par une mem- brane chitineuse transparente et hérissée de très fines soies cornées. Ces soies, plus ou moins développées, existent nor- lie L. ttORDAJii. malement sur la membrane interne du jabot de tous les Orthoptères. A la face postérieure^ les plissements de la cavité du jabot sont beaucoup plus accentués qu'à la partie antérieure et vont converger vers l'oritice terminal de l'or- gane. Avant d'arriver à cet orifice, les bourrelets, qui ne sont à ce moment qu'au nombre de six, changent de forme et augmentent de volume. Ils se disposent dans un plan ver- tical, constituant ainsi une sorte de tubercule, perforé à son centre et pourvu de six rayons épineux. On ne saurait mieux comparer Je tubercule postérieur du jabot suivi du gésier qu'à une capsule de pavot vue par son extrémité stigma- tique. Chaque bourrelet, séparé de ses voisins par une large dépression triangulaire, porte à sa surface trois ou quatre dents crochues, recourbées et à sommet chitineux tourné vers l'orifice. Cette disposition présentée par l'orifice poslé- rieur du jabot des Ephipviger n'afl'ecte, chez aucun autre Locustide, une aussi grande complication. Le jabot de VOrphaiiia denticauda est moins allongé que celui de TEphippiger, et son extrémité postérieure plus arrondie. Ses parois sont épaisses et possèdent des faisceaux longitudinaux et circulaires très apparents à l'extérieur. La face interne est recouverte d'une membrane chitineuse trans- parente, striée et pourvue de fines denticulations. Les replis postérieurs finissent par ne former que six gros bourrelets rectangulaires convergeant vers l'orifice du gésier et pour- vus de quatre petites pointes simulant des dents. 11 n'existe pas ici de tubercule étoile, perforé à son centre, comme cliez les Ephipmger. Le gésier des Ephippiger (V. PL VIII, fig. 3) a une struc- ture toute différente de celle qu'il aflecte chez les autres LocustidiE. Il présente la forme d'un tronc de cône à base élargie reliée au jabot, et à extrémité postérieure amiucic en rapport avec l'intestin. Fixé un peu excenlriquement à la face postérieure du jabot, dont le sépare un très étroit sillon circulaire, il est totalement dépourvu de pédoncule antérieur. Ses parois sont épaisses, formées par une forte couche de APPAREIL DIGESTIF DES OËTHOPTÈHËS. 1 1 1 fibres musculaires annulaires et sa face interne est garnie d'un appareil masticateur incomparablement plus faible que celui des Dectiques et des Locustes. 11 est constitué par six bandelettes pyramidales, disposées longitudinalement et s'amincissant au fur et à mesure qu'elles se rapprochent de l'orifice intestinal. (V. PI. VIII, fig. 3). Chaque bandelette porte sept dents triangulaires, dressées presque perpendi- culairement aux parois de l'organe et à sommet crochu, denticulé, chitineux et légèrement recourbé en arrière. Les dents, sauf la dernière, portent de larges expansions laté- rales, qui sont les homologues des tubercules latéraux des dents médianes du gésier des Dectiques, et dont les bords libres sont recouverts de longues soies cornées. De part et d'autre de la rangée médiane existe une série longitudinale de tubercules prismatiques et quadrangulaires, correspon- dant aux dents latérales des Decticinae, mais en différant complètement par leur forme et leur structure. La face su- périeure de chaque dent est cornée, légèrement bombée et sa base porte, sur sa face interne, une plage longitudinale sétigère. Enfin, on constate, dans l'étroite dépression qui sépare chacune des séries de l'armature masticatrice, une ligelle cornée, allongée et rectangulaire. Cet organe, comme on peut le voir par l'examen de la figure 3, Planche VIII et par la description que nous venons d'en faire, est une forme atrophiée du gésier des Locustinae et des Decticinae. Le gésier de YOrphania est encore beaucoup plus rudi- mentaire que celui de l'espèce précédente. Sa forme est presque cylindrique, mais à extrémité antérieure un peu plus large que la postérieure. Il s'unit directement au jabot sans l'intermédiaire de pédoncule. Ses parois musculaires sont épaisses, mais son armature masticatrice interne est très réduite et beaucoup plus atrophiée que celle de l'Ephip- piger. Elle est uniquement composée de six colonnes ou replis musculaires recouverts par une lamelle chitineuse. Ces replis présentent une série de denticulations triangu- laires, disposées presque verticalement et séparées par des 112 I^ BORDAS. sillons transverses. Chaque colonne porte sept dents et se continue postérieurement par une lamelle reclangulaire aplatie, sorte de languette servant à former, avec ses cinq congénères, une valvule placée à l'entrée de l'intestin moyen. Les replis du gésier sont séparés longitudinalement par de profondes dépressions parallèles. h'intestin moyen de VEphippiyer biiteriensis est court et ne décrit qu'une seule circonvolution. Les appendices in- testinaux sont remarquables par leur forme et leurs nom- breux replis internes. A ce titre, on peut les placer à côté de ceux des Cleandrifs. Ce sont deux caecums en forme de sac, légèrement recourbés et à face externe irrégulière et parcourue par de nombreux sillons allant du sommet à la base. La cavité interne est divisée en sept ou huit chambres nettement séparées les unes des autres et ne communiquant entre elles que par un espace très étroit. Ces chambres sont formées par un certain nombre de cloisons (6 ou 7) dues à un repli de la paroi interne du caecum. De cette forme au cloisonnement complet des cavités, que nous avons déjà constaté chez les Clecmdrus, il n'y a qu'un pas, elle passage se fait sans peine d'une espèce à l'autre. Le reste de l'in- testin moyen ne présente aucune particularité remarquable, sauf une circonvolution qu'il décrit avant de se souder à l'intestin postérieur. Les cœcums intestinaux de VOrphania denticauda forment deux sacs aplatis, légèrement recourbés et enveloppant complètement le gésier. Ils présentent, sur leurs deux faces, cinq ou six sillons longitudinaux correspondant à autant de cloisons internes qui partagent la cavité en plusieurs com- partiments incomplets. lu intestin postérieur de V Ephippiger est presque droit et parcouru longitudinalement par six bourrelets internes mus- culo-glandulaires, comparables à ceux qui existent chez les Hyménoptères [Glandes rectales). A son origine, l'intestin terminal j)ortc un nombre variable (3 ou 4) de tubercules coniques, à extrémités arrondies, au sommet desquelles vion- APPAREIL DIGESTIF DES ORTHOPTÈRES. 113 nenl déboucher les tubes de Malpighi, disposés en faisceaux, mais enchevêtrés entre eux, de telle sorte qu'ils paraissent s'insérer circulairement et sans ordre autour du tube digestif. Le nombre des cœcums est inférieur, chezles Ep/iipplgerinœ à celui que nous trouverons chez les Locustes et les Dec- tiques. Les tubes de Malpighi de VOrphania sont moins nom- breux et moins allongés que chez TEphippiger. Ils sont groupés en trois ou quatre faisceaux, allant s'ouvrir au sommet de petits tubercules qui sont des dépendances de l'intestin terminal. Le rectum des Ephippigerinse, séparé du reste de l'organe par une valvule irrégulière, est ovoïde et parcouru longitu- dinalement par six bourrelets glandulaires, homologues des glandes rectales des Hyménoptères (V. PI. YIII, fig. 1). 4° Tribu des Phaneropterin^. Parmi les Phaneropterin^, nous avons étudié les deux espèces suivantes : Phaneroptera falcata (Scopoli) et Acri- dopeza reticulata (Guérin). \J appareil digestif des espèces de cette tribu présente à peu près les mêmes caractères que chez les Locustid.^, les Platydeis en particuher (V. la suite du chapitre et les figures 5 et 7 de la PL Vlll). Il en diffère cependant par la forme et la structure du gésier et par l'énorme développe- ment du rectum. Chez VAcridopeza, cet organe est presque droit et les in- testins moyen et postérieur ne décrivent que deux courbures peu accentuées. Le pharynx est étroit, musculeux et pourvu de nombreux replis internes, disposés longitudinalement. h' œsophage est court, cylindrique et n'occupe que le quart antérieur du prothorax. Le /flèo^ est volumineux, ovoïde, à parois minces, trans- parentes et phssées intérieurement. Il occupe la presque to- talité du thorax et repose sur les glandes salivaires^ sembla- bles à celles des Locustides, et sur de gros faisceaux musculaires. La face interne porte de fines stries chiti- ANN. se. NAT. ZOOL. V, 8 114 ti. BOROASi. neuses longitudinales qui vont converger vers six bourrelets placés à l'origine du gésier. Le gésie?' est très caractéristique et diffère, par la struc- ture de son appareil masticateur, de celui de toutes les autres Locustidae. C'est un organe conique, à parois externes lisses et épaisses et dont la face interne est garnie de six bourre- lets portant de cinq à six dents chitineuses, triangulaires et à bords finement denticulés. Chaque colonne se continue par des lamelles transversales, qui vont en diminuant à mesure qu'on se rapproche de l'intestin moyen et se termine par une plaquette abords libres émoussés. Les six plaquettes forment une sorte de valvule placée à l'extrémité postérieure du gésier. Vintestin moyen porte, à son origine, deux caecums cy- lindriques, légèrement aplatis sur leur face interne et di- visés, par des replis, en plusieurs compartiments communi- quant entre eux. Ia intestin terminal est court, large et coudé verticalement. 11 est presque complètement enveloppé par les organes gé- nitaux, et porte, en avant, de nombreux tubes de Malpighi, disposés comme chez les Locustinae. Il se termine par un rectum volumineux et cylindrique, présentant à son origine une valvule lamelleuse et irréguhère. 5° Tribu des Conocephalin^e. — Salomona megacephala (de Haan), Pseudorhynchus mïnor (Redtenbacher), Conoce- phalus mandibiilaris (Charp.). (V. PI. VII, fîg, 9; PL VIII, fig. 2; PL IX, fig. 2;PL X, fig. 4.) Ij'appareil digestif de la Salomona megacephala diffèi^e de celui des autres Locustidae parla localisation toute parli- culière de ses glandes salivaires, par l'énorme développe- ment que prend le jabot et par l'atrophie de l'intestin ter- minal. Chez le PseuclorhyncJius^ l'organe de la digestion est caractérisé : T par son grand développe mcnl, attendu que sa longueur atteint deux fois celle du corps de Pinsecle ; T parles nombreuses circonvolutions que présente l'intestin terminal et 3" par le mode d'insertion des tubes de Mal- pighi (V. PL IX, fig. 2). APPAREIL DIGESTIF DES ORTHOPTÈRES. 115 A la bouche, de forme ovale, fait suite, chez la Salo- mona, \m pharynx aplati et relie aux parois latérales de la tête par de nombreux faisceaux musculaires. Il repose, par sa face inférieure, sur une lamelle chitineuse provenant de la région occipitale de la tête. \^ œsophage est très court et situé dans l'espace interseg- mentaire compris entre la tête et le prothorax. Il est cyliu- drique et se continue avec le jabot sans ligne de démarcation. La face dorsale supporte une grappe médiane de glandes salivaires, et les faces latérales sont recouvertes par deux prolongements glandulaires des mêmes organes. Enfin, la face inférieure repose sur une large grappe appliquée sur le premier segment thoracique, au-dessus du système ner- veux. Le pharynx et l'œsophage du Pseudorhynchus sont courts, elle dernier dépasse à peiue la moitié antérieure du prothorax. La face interne du pharynx est parcourue par de nombreuses stries longitudinales. IaQ jabot de la Salomona (1) fait suite à l'œsophage sans hgne de démarcation. C'est un organe volumineux, ahongé, ovoïde, parcourant en ligne droite le thorax tout entier, dont il occupe la partie médiane, et s'étendant jusqu'au tiers posté- rieur du premier segment abdominal. Il repose sur la chaîne nerveuse, et est recouvert latéralement par de gros faisceaux musculaires, moteurs des appendices. Ses parois antérieures sontplissées latéralement et transversalement, tandis que l'ex- trémité inférieure est lisse et présente une courbe régulière à convexité postérieure .Ses parois internes sont également lisses danslesdeux premiers segments thoraciques, mais présentent, vers le tiers postérieur, une série de plis longitudinaux qui vont converger vers l'orifice compris entre te jabot et le gé- sier. Entre les replis principaux, au nombre de six, existent également d'autres replis moins accusés qui se dichoto- misent et transforment la partie terminale du jabot en une surface irrégulière et de structure alvéolaire. Du fond du ja- (1) Pour Tensemble de l'appareil digestif de la Salomona megacephala, voy. la pi. Vni, tig. 2, et pour celui du Pseudorhynchus minor, la pi. IX, fig. 2. 116 f^' BORDAIi. bot, on voil se détacher six colonnes ou bandelettes portant sur leur crête des dents à pointe acérée et chitineuse tour- née vers la région intestinale. Ces bandelettes vont conver- ger vers l'orifice postérieur où elles forment six replis, don- nant à l'ouverture une forme étoilée. Ces replis jouent le rôle de valvules et se continuent, à travers le court pédoncule postérieur, jusqu'au gésier. Pendant leur trajet, ils présen- tent une série de constrictions transversales, séparant ainsi des tubercules denliformes pyramidaux. Ces tubercules sont formés par des replis de la couche chitineuse qui déjà re- couvre la face interne du court pédicule qui unit le jabot au gésier. Le jabot du Pseudorhynchus est piriforme, à extrémité postérieure arrondie et s'étend, dans la région médiane thoracique, jusqu'à l'origine de l'abdomen. Ses parois sont épaisses et parcourues antérieurement par de nombreuses bandelettes musculaires, parmi lesquelles on en distingue six principales, se prolongeant en arrière jusque dans le pédoncule. Ces bandelettes terminales portent de petites dents chitineuses disposées en palette et à bord libre cré- nelé. Le gésier de la Salomona est séparé du jabot par un repli circulaire profond. C'est un organe sphérique, présentant de 5 à 7 millimètres de diamètre. Ses parois sont très épaisses, fortement musculaires et parcourues extérieurement par un réseau inextricable de filaments trachéens, très ténus, qui s'étendent même jusqu'au jabot. Les parois internes du gé- sier portent une armature chitineuse fort compliquée et présentant les plus grands rapports avec celle des Declï' cinœ et des GrylikUe. Elle diffère cependant de celle des Grillons et des Gryllotalpa par la forme des dents médianes et la disposition des dents latérales. Comme chez les Gryl- lidœ, et en particulier chez le Brachylrypus, l'armature in- terne est disposée suivant six colonnes longitudinales, présentant chacune dans son ensemble la forme d'un prisme triangulaire dont une des faces est appliquée contre la paroi APPAREIL DIGESTIF DES ORTHOPTÈRES. 117 du gésier, et l'angle dièdre opposé dirigé vers Taxe de l'or- gane. Chaque colonne masticatrice est séparée de sa voisine par une longue tige chitineuse située dans une profonde dé- pression disposée d'avant en arrière. Comme chez les Gryllidae, on observe, dans chacune des séries longitudinales, trois rangées de dents : une rangée médiane et deux rangées laté- rales (Voy. PI. VII, fig. 9, et PL X, fig. 4). La rangée médiane comprend de 16 à 18 dents chiti- neuses, très proéminentes et dont les dimensions vont pro- gressivement en diminuant depuis la région antérieure du gésier jusqu'à son extrémité inférieure. Ces dents compren- nent Irois parties : une partie moyenne et deux appendices latéraux (Voy. PL X, fig. 4). La portion médiane, qui fait fortement saillie dans l'intérieur du gésier, a la forme d'une palette à face interne concave et à face externe convexe; elle est légèrement inclinée en arrière et présente une pointe ou denlicule antérieure et deux denticules latérales. De chaque côté de la pointe médiane et séparées d'elle par une dépres- sion courbe, existent deux dents latérales, redressées verti- calement et à pointe légèrement mousse. La dent médiane dont nous venons de parler, contrairement à ce qui existe chez les Gryllidae (Voy. le chap. suiv.), est implantée presque obliquement dans les parois du gésier et sa racine, très courte, est double et en rapport avec des faisceaux muscu- laires qui lui permettent d'exécuter des mouvements d'avant en arrière (Voy. PL X, fig. 4). Les dents des rangées latérales, séparées de celles de la série médiane par un sillon longitudinal profond, sont en même nombre que ces dernières (de 16 à 18) et affectent une forme pyramidale. Leur large base est constituée par de nombreux groupes de faisceaux musculaires ; elle supporte une pointe chitineuse, élargie obliquement et affectant la forme d'une palette à concavité externe (Vov. PL VII, fig. 9). Chaque série de dents va progressivement en diminuant à mesure qu'elle se rapproche de l'orifice antérieur de Fin- 118 I^- BORDAI. testin. Après la disparition des dents, chaque colonne se termine par un prolongement musculaire faisant l'office de valvule et limitant une ouverture très étroite qui ne laisse passer que les substances alimentaires suffisamment tri- turées. Le gésier du Pseudorhynchus est un organe ovoïde, pres- que entièrement recouvert extérieurement par les appen- dices intestinaux, et intérieurement par une puissante arma- ture masticatrice, composée de six colonnes triturantes, disposées à peu près comme celles de l'espèce précédente. Les dents médianes présentent cependant une légère modi- fication consistant dans la forme de leur tubercule central qui est plus allongé et muni latéralement de fines denticula- lions très acérées. Uiniestin moyen des Salomona décrit deux circonvolutions complètes. A son origine viennent s'ouvrir deux appendices intestinaux, analogues par leur forme à ceux des Locustes et des Dectiques. Ces organes, complèlements indépendants du gésier, ne sont que des diverticules latéraux de l'origine de l'intesîin. Ils présentent la forme de deux bourses arquées, à face interne légèrement concave, embrassant les parois la- térales du gésier. Leur face externe est convexe. Ils se ter- minent antérieurement par une pointe caecale et arrondie, en forme de doigt de gant, et vont s'ouvrir dans une portion élargie, sorte de vestibule, qui se continue par l'intestin moyen. Ce dernier est à peu près uniformément cylindrique et a, en moyenne, de 3 à 4 millimètres de diamètre, sur 20 à 25 millimètres de longueur. Il décrit deux circonvolutions complètes dirigées obliquement par rapport à Taxe du corps. Ses parois externes sont à peu près lisses à l'état de réplé- tion de l'organe; mais, quand ce dernier est vide, elles pré- sentent une série de plissements transversaux. \Jintestin moyen du Pseudorhyncïws est allongé et décrit, à son extrémité postérieure, une circonvolution complète. Les tubes de Malpighi vont s'ouvrir d'une façon assez irré- gulière à l'origine de l'intestin terminal. Ces glandes, au APPAREIL DIGESTIF DES ORTHOPTÈRES. 119 nombre de cent à cent vingt chez les Sciloniona^ sont cons- tituées par des filaments courts, minces, flexueux et dispo- sés parfois en groupes peu nombreux. — L'intestin postérieur débute par une porlion rétrécie qui, après avoir décrit une circonvolution, s'élargit brusquement en un organe ovoïde, le rectum. Ce dernier se conlinue par un appendice fort court terminé à l'orifice anal, situé au-dessus du pore génilal et au-dessous d'une languette spatuliforme, ciiitineuse et con- cave à sa face supérieure. h' intestin postérieur du Pseudorhynchus décrit deux circon- volutions et porte, à son origine, six tubercules coniques ou parfois hémisphériques, au sommet desquels viennent s'ou- vrir de 10 à 15 tubes de Malpighi, formant six touffes en- chevêtrées entre elles et difficilement séparables. Ces touffes s'étendent dans toutes les directions et recouvrent les organes génitaux ainsi que les circonvolutions intestinales. Les fais- ceaux antérieurs vont même jusqu'à coiffer le bord supérieur des appendices intestinaux, prenant ainsi l'aspect de tubes filiformes paraissant directement dépendre des caecums la- téraux. La face interne de Fintestin postérieur est parcourue longitudinalement, comme chez les Locustes et les Dec- tiquGS, par six bandelettes musculaires, très sinueuses et ter- minées à un bourrelet valvulaire étoile, marquant l'origine du rectum. h' appareil digestif àw Conocephalus mandibularis (Char p.) n'offre rien de particulier et présente à peu près les mêmes caractères que celui des espèces précédentes. 6° Tribu des EocustiN/E ou DECTiciN.^(Voy. PL VH, fig. 8; Pl.VIlLfig. 5 à 8; PI. IX, fig. 1,3, 4, 5,6,7,8,9, 10; Pl.X, fig. 5, 9 et 11). Nous avons étudié, parmi les Locustin^e ou Degticinje, neuf espèces réparties en trois genres. Ces espèces, toutes indigènes et recueillies dans la Corrèze, sont : Decticus ver- rucivorus (L.), Bec. alôifro?ïs{Fdhr.), Platycleis grisea (Fabr.), PL laticauda (Brunn.), PL tesseUata (Charp.), PL sepiuni (Yers.), Locusta viridissinia (L.), Loc, cantans (Charp.), etc. 120 li. BOROAS. Glandes salivaires (Voy. PI. IX, fîg. 1). — Les glandes saUvaires des Decticinse, celles, entre autres, du Decticus ver- ruc'worus^ sont très volumineuses, disposées en deux grappes situées dans les deux premiers segments thoraciques et cons- tituées par des follicules ou acini pluricellulaires, donnant à l'organe l'apparence d'un massif compact, mamelonné et granuleux. La région postérieure est constituée par deux grappes se- condaires, disposées symétriquement par rapport au tube digestif et situées sur les parois latéro-antérieures du méso- thorax. Elles affectent la forme d'une petite masse lamel- leuse, mesurant de l'"°'àl°'"',5 en tous sens, à face supérieure légèrement concave et à bords latéraux irréguliers et parfois denticulés. Les faces iaternes reposent sur la partie supé- rieure du second ganglion thoracique. La face inférieure est très irrégulière et présente, outre de nombreuses sinuosités, deux replis dirigés obliquement de dedans en dehors. Cette grappe ne comprend sur ses bords qu'une rangée unique de follicules sécréteurs et deux seulement dans sa région mé- diane. De chaque follicule part un canalicule excréteur, grêle, cylindrique et généralement fort court, qui s'unit à plusieurs de ses congénères pour constituer un canal de second ordre. Ces divers tubes, en se concentrant, finissent par ne former que le canal efférent de la grappe, qui sort de la partie médiane de sa face supérieure. La grappe thoraco- céphalique est de beaucoup la plus volumineuse et forme, à elle seule, les 2/5 du volume de l'organe. Elle repose, par sa face inférieure, sur les connectifs et le premier ganglion thoracique, et émet latéralement deux prolongements glan- dulaires, interposés entre les faisceaux musculaires moteurs des appendices. Sa masse tout entière comprend plusieurs épaisseurs de follicules ou acini sécréteurs. La face supé- rieure de cette grappe est plane dans ses deux tiers anté- rieurs, mais présente en arrière un profond sillon qui sem- ble la diviser en deux parties. En avant, existe un léger rebord recourbé, s'atténuant peu à peu et finissant par dis- APPAREIL DIGESTIF DES ORTHOPTÈRES. 121 paraître sur la ligne médiane. La face antérieure est arquée et pourvue d'un léger sillon médian ; la postérieure est peu étendue et rectangulaire. Les faces latérales sont légèrement incurvées vers le bas, s'appuient sur de gros faisceaux musculaires et envoient, de part et d'autre, deux prolongements irréguliers et cunéi- formes interposés entre la musculature thoraciquo. La face inférieure est plane ou légèrement bombée suivant la ligne médiane et repose sur le premier ganglion thoracique et les connectifs nerveux. En arrière, nous avons constaté l'exis- tence d'une étroite mais profonde échancrure séparant un petit massif glandulaire polygonal, pourvu latéralement de deux conduits excréteurs qui vont s'ouvrir dans le canal efférent de la grappe mésothoracique. Les conduits excréteurs de la glande sont pairs et pren- nent naissance un peu en arrière de la région céphalique. ils proviennent de la fusion d'un nombre variable de canaux, cinq ordinairement, dont trois proviennent du massif mé- dian, et les deux autres des grappes appendiculaires laté- rales et postérieures et de la grappe mésothoracique. Ces conduits cheminent parallèlement au-dessus des ré- servoirs glandulaires et sur le côté externe des connectifs nerveux; ils passent ensuite au-dessous d'un arc chitineux, aplati dans sa partie médiane, mais bifide en avant et pro- venant d'un prolongement issu de la base des mandibules. De là, ces conduits s'engagent même au-dessous des gan- glions sous-œsophagiens, pour pénétrer ensuite dans la mus- culature du menton et de la base de la lèvre inférieure. Arrivés en ce point, les deux conduits se rapprochent et vont s'ouvrir à la face inférieure du réservoir commun. C'est de ce dernier que partent deux longs appendices latéraux, cy- lindriques et tubuleux, les réservoirs saUvaires^ qui passent au-dessous des canaux elîérents et vont se terminer en caecum dans la région moyenne du prothorax. L'orifice des glandes salivaires est situé à la base du labium, vers l'origine des lobes internes. 122 li. uoRUAS». \^ appareil digestif {W . PI. IX, fig. 1) du Decticus verru- civorus est bien développé et parcourt l'axe du corps de l'in- secte en ne décrivant, dans sa portion médiane, qu'une seule circonvolution. Les différentes parties qui le composent sont nettement séparées les unes des autres et complètement dif- férentes, tant par leur forme que par leur slruclure. Ce qui caractérise surtout cet appareil, ainsi que celui des Platijdeis, c'est la forme du gésier, celles du rectum et des appendices intestinaux et surtout le mode d'embouchure des tubes de xMalpiglii. Ces derniers, en effet, au lieu de s'ouvrir séparé- ment et en cercle à l'extrémité antérieure de l'intestin ter- minal, sont disposés en trois groupes séparés par de larges intervalles libres. Chaque groupe comprend deux tubercules cylindro-coniques très courts, sortes de diverticules intes- tinaux au sommet desquels viennent déboucher de 18 à 25 tubes urinairos (V. PI. IX, fig. 3). ChevAci Platijc/eis f/ri- sea, le tube digestif décrit deux courbes et égale environ une fois et demie la longueur du corps de l'insecte (V. PI. VIII, fig. 7). Le pharynx du Decticus verrucivorus est très court et com- pris entre les bases des deux mandibules. Ses parois sont très épaisses, musculaires et plissées intérieurement; il re- pose sur une lamelle chitineuse, au-dessous de laquelle sont situés les canaux efférents des glandes salivai res. Le pharynx dcsPIatt/cleis et celui des Locusta sont également très courts, aplatis transversalement, à parois musculaires épaisses et à face interne striée d'avant en arrière, h' œsopJiage est égale- ment court et ne forme qu'un trait d'union entre le pharynx et le jabot, avec lequel il se continue directement. hç^ jabot dos Dectiques est très volumineux et constitue, quand il est distendu par les aliments, une poche ovoïde ou piriforme qui remplit presque complètement le thorax. 11 est situé au-dessus des glandes salivaires et limité latérale- ment par les gros faisceaux musculaires moleurs des appen- dices. Ses parois, minces et transparentes, sont recouvertes d'une double couche musculaire, pouvant facilement se APPAREIL DIGESTIF DES ORTHOPTÈRES. 123 diviser et comprenant des faisceaux circulaires et des fais- ceaux longitudinaux. La région postérieure de Forgane pré- sente six rangées de dents disposées en étoile et allant converger à l'orifice du gésier (V. PL VIII, fîg. 6). C'est là une disposition fréquente chez beaucoup d'Orthoptères, mais que nous n'avons rencontrée nulle part aussi accentuée que chez les Decticus et quelques autres espèces de la famille des Locustidae. Chaque rangée comprend un nombre variable de dents, de 4 à 6, dont les dernières, en se projetant vers l'axe de l'orifice, hii donnent l'apparence d'une étoile à six bran- ches (V. PL IX, fig. 8). Les dents de la région postérieure du jabot ont une structure tout à fait caractéristique : elles sont produites par la coalescence de soies chitineuses. et leur disposition est telle qu'on peut suivre tous les passages entre les dents véritables et les touffes de poils plus ou moins compactes. La première dent de chaque rangée n'est consti- tuée que par une siuiple plaque chitineuse, de couleur jau- nâtre, portant sur ses bords de fines denticulations (Y. pi. IX, fig. 6). Les dents suivantes ont la forme de lamelles dressées obliquement, à face concave dirigée en arrière, vers l'orifice du gésier, et présentant l'apparence de petites curettes. Leur ])ord libre postérieur est muni de nombreuses pointes coni- ques acérées et irrégulièrement espacées. Les dents situées sur le rebord de l'orifice postérieur du jabot ont une struc- ture toute différente : elles sont formées de deux parties, d'une partie médiane lamelleuse, cornée, à bord libre den- ticulé et de deux parties latérales comprenant deux plages sétigères, constituées par des touffes de soies ou poils chitineux. Les poils de la région médiane sont courts et coniques, tandis que les plus externes sont longs et à extré- mité effilée. Enfin, des deux côtés de l'extrémité postérieure de chaque rangée, existent deux traînées de soies cornées, hyalines, courtes et transparentes. Le jabot de la Plat y ciels grisea est volumineux, ovoïde ou piriforme, à parois minces, transparentes et pourvues de 124 Ij, »OIlDA§i. deux couches musculaires facilement dissociables (Voyez PI. YIII, fig. 5). A l'intérieur, existe un revêtement chitineux assez épais et présenlant, de distance en dislance, de pelites aspérités. A son extrémité postérieure se trouvent, comme chez les Decliques, six bourrelets disposés en étoile et allant converger à l'orifice terminal de l'organe. Chaque bourrelet porte quatre dents chitineuses aplaties, concaves en arrière et plantées obliquement. Leur bord libre est profondément découpé en denticules acérées. L'orifice postérieur est muni de six bourrelets recouverts de touffes de soies chitineuses très longues. Ces bourrelets sétigères, au nombre de trois ou quatre, se prolongent dans le pédoncule cylindrique très court qui unit le gésier à l'extrémité poslérieure du jabot (V. PL VIII, fig. 5). Le jabot de la Lociista présente des plis- sements longitudinaux externes et est recouvert intérieure- ment d'une mince membrane chitineuse dont les bourrelets postérieurs dentifères sont plus accentués que ceux des Dec- liques. Le gésier des Decliques présente extérieurement les plus grandes analogies avec celui des Gryllidae, bien qu'il en diffère essentiellement par la forme des dents constituant son armature masticatrice interne. Il comprend deux par- ties : un pédoncule antérieur, court et cylindrique et une masse centrale sphéroïdale, formant l'appareil triturant proprement dit. Le pédoncule est pourvu d'épaisses parois musculaires doublées intérieurement de six bourrelets chitineux longitu- dinaux, conlinuation de ceux que nous venons de décrire à la face postéro-inlerne du jaboL Chaque bourrelel, limité latéralement par deux larges dépressions, porte transversa- lement six tubercules recouverts de longues soies chili- ncuses, de couleur jaune paille, à base élargie et à extré- mité mince et filiforme (V. PI. IX, tlg. 8). Ces soies sont ])arlbis groupées en une masse plus ou moins compacte, par- fois aussi elles sont disposées en pelites touffes. Elles s'ar- rêtent brusquement au rebord annulaire qui marque l'origine APPAREIL DIGESTIF DES ORTHOPTÈRES. 125 du gésier proprement dit, et sont alors remplacées par de larges dents chitineuses destinées à triturer les aliments et disposées en six séries longitudinales, faisant directement suite à celles du pédoncule antérieur. Le gésier proprement dit est un organe ovoïde, mesurant de 3 à 4 millimètres de longueur sur 2 à 2°"", 5 de large. Ses parois sont très épaisses, entourées latéralement par les ap- pendices ou caecums intestinaux et revêtues, à l'intérieur, d'une large et puissante couche chitineuse, pourvue de dents très nombreuses disposées de façon à constituer un appareil masticateur d'une force comparable à celle de l'organe ho- mologue des Gryllidse. Les dents sont disposées en six séries ou colonnes longi- tudinales, séparées les unes des autres par autant de pro- fondes dépressions dont la partie inférieure est recouverte d'une baguette chitineuse. Chaque colonne masticatrice comprend trois rangées de dents parallèles : une rangée médiane portant des dents très larges, et deux rangées latérales constituées par des pyramides chitineuses beau- coup moins fortes que les précédentes. Les dents de la rangée médiane sont au nombre de seize dont les treize pre- mières sont complètement ou en partie chitineuses, et les trois autres constituées par de faibles bourrelets recouverts de touffes de soies cornées. Les dents médianes ont une forme assez simple, comparativement au degré de compli- cation que vont nous présenter celles des Gryllidse (V. le cha- pitre suivant). Elles comprennent une large plaque médiane et deux tubercules latéraux (V. PI. IX, fîg. 7). La plaque a une forme triangulaire, à sommet pointu et à bords légère- ment denticulés. Elle est recourbée en arrière où elle forme une concavité peu accusée et s'implante obliquement par rapport aux parois du gésier. Il résulte de cette disposition que les lames médianes, bien que séparées l'une de l'autre par un espace relativement large, se recouvrent en partie et paraissent imbriquées. Les bords latéraux de chaque lamelle se replient presque horizontalement et produisent deux tu- 126 B- BOltDAS. bercules coniques à bord supérieur aminci el à sommet tantôt légèrement émoussé, tantôt au contraire pointu. La base porte un épaississement musculaire dépassant le bord libre externe du tubercule, atteignant à peine la moitié de sa bauteur et recouvert, sur tout son pourtour, d'une touffe de soies cornées. Cet épaississement musculaire, qui commence à faire son apparition chez les Locustidse, atteint son maxi- mum de développement chez les Gryllidse, où il existe à l'état de gros tubercule pyramidal, à sommet tronqué, compris entre les deux tubercules latéraux de la dent médiane. Les trois dernières dents postérieures ne sont plus représentées que par des plages sétigères disposées transversalement. Les dents latérales, beaucoup moins importantes pour la masti- cation que celles que nous venons de décrire, sont séparées de ces dernières par un sillon longitudinal très étroit. Elles sont disposées en ligne droite, d'avant en arrière, et sont en même nombre que celles du milieu. Elles affectent la forme de petites éminences prismatiques à base élargie et recou- vertes, sur leur pourtour, d'une toufTe de soies cornées, sim- ples, très courtes et de couleur jaune pâle (V. PL IX, fîg. 7). Cette base est surmontée d'un gros tubercule chitineux, de forme très variable, présentant plusieurs denticules. Le tubercule affecte souvent la forme d'une pyramide triangu- laire pourvue d'une pointe à son sommet et d'un petit bour- relet à chacun des angles de sa base; d'autres fois, au con- traire, il affecte l'apparence soit d'un cône régulier, soit celle d'un prisme quadrangulaire, à tubercules peu nombreux et disséminés à sa surface. Enfin, les dents les plus rappro- chées de l'orifice intestinal ne sont plus constituées que par de petites éminences quadrangulaires hérissées de poils chi- tineux. Les cinq autres colonnes masticatrices du gésier affectent une structure idenlique. Chaque colonne dentifère se prolonge postérieurement par un petit appendice cordiforme et lamelleux, et l'ensemble des six appendices foi'me, à l'orifice anlérieur inlcstinal, une valvule étoilée à six bi'anchcs. APPAREIL DIGESTIF DES ORTHOPTÈRES. 127 Le ciésïcr du Platycleis présente à peu près la même cou- formalioninlcrneque celle du Dectique: seules la forme de ses dents médianes et celle des dents latérales sont un peu diffé- rentes (V. PL IX, ^\g. 4 et 9). Les dents de la région moyenne de cliaque colonne masticatrice présentent un tubercule triangulaire et deux latéraux, beaucoup plus petits que le premier et à sommet émoussé. Le tubercule médian est trian- gulaire, aplati, légèrement convexe en arrière et muni laté- ralement de nombreuses denticules à sommet tronqué (V. PL IX, fig. 4). Cette partie de la dent forme une sorte de palette allongée, recouvrant, sans s'y appliquer, la région si- milaire de la dent suivante. Les dents latérales sont, eu égard au volume du corps de l'insecte, beaucoup plus volu- mineuses que celles du Dectique. Elles affectent la forme de gros tubercules pyramidaux, à sommet irrégulier et tronqué. La base est élargie, musculaire et recouverte de longues soies cornées, tandis que le sommet est cliitineux et de cou- leur jaune foncé (V. PI. IX, fig. 9). Le gésier des Locustes est un organe ovoïde et pourvu, en avant, d'un pédoncule très court, dont l'orifice antérieur présente la forme d'une étoile à six branches, très caracté- ristique chez les Locustidae. Il est presque entièrement en- veloppé par de volumineux ca3cums intestinaux et revêtu intérieurement d'une puissante armature masticatrice chiti- neuse. Cette dernière, disposée comme chez les Decticus, ne comprend, sur chaque colonne longitudinale, que dix dents, suivies postérieurement d'un petit nombre de plages denti- fères placées transversalement. Les appendices ou csecums intestinaux sont au nombre de deux, comme chez les Gryllidse. Ce sont deux larges poches, légèrement arquées et entourant la moitié des parois laté- rales du gésier. Elles sont situées à Fextrémité d'un même diamètre et disposées, chez le Decticus verrucivorus^ dans un plan sensiblement vertical. Leur extrémité libre, termi- née en csecum, est légèrement boursouflée, arrondie et re- couverte par des faisceaux de tubes de Malpighi qui y 128 Li- BORDASi. adhèrent pour la plupart et paraissent dépendre directe- ment de cet organe. Cette disposition, qui se rencontre chez un certain nombre d'Orthoptères, avait induit en erreur Marcel de Serres. Ce zoologiste, en étudiant le Grillon, pen- sait que les touffes de tubes dont nous venons de parler s'ouvraient directement au sommet des caecums intestinaux et, comme il leur attribuait une fonction hépatique, il les désignait sous le nom de vaisseaux biliaires supérieurs. Le côté des appendices intestinaux., en rapport avec le gésier, est légèrement concave et leur cavité est divisée en cinq ou six compartiments par quatre ou cinq lamelles musculaires qui, partant de la face interne, vont flotter librement du côté opposé (V. PL IX,fig. 10). Cette disposition très caractéristique se retrouve, avec des variantes plus ou moins nombreuses, chez les Locustidœ et les Gryllidde. ^intestin moyen est un tube large à son origine et cyhn- drique dans le reste de son parcours. Ses parois sont minces, transparentes et pourvues de deux couches musculaires comprenant des muscles longitudinaux et des muscles cir- culaires ; leur face interne, ainsi que l'externe, est lisse ; mais cette dernière est recouverte, soit par les tubes de Malpighi, soit par de nombreuses ramifications trachéennes. L'organe est entouré, suivant les genres, par les ovaires ou les appendices des organes reproducteurs mâles. Il décril, avant de se fusionner à l'intestin postérieur, une demi-circon- volution dirigée de droite à gauche. A son extrémité termi- nale existe un orifice irrégulier, muni d'un écran valvulaire à six bourrelets provenant des terminaisons des replis mus- culaires qui parcourent l'intestin postérieur. L'inteslin moyen des Platydeis est droit et directement appliqué contre la face inférieure de l'abdomen. Ses appendices latéraux an- térieurs sont volumineux et enveloppent la presque totalité des parois latérales du gésier. Ils sont disposés dans un |)lan vertical et présentent une série de lamelles qui, parlant de la face en rapport avec le gésier, divisent la cavité interne en APPAREIL DIGESTIF DES ORTHOPTÈRES. 129 plusieurs loges incomplètes, communiquant enlre^elles. Leur structure est à peu près identique à celle de l'intestin moyen. Le?>cfeci(ms intestinaux des Locusta sont relativement volu- mineux et coiffés à leur sommet d'une touffe de tubes de Maipigbi qui y adhèrent parfois très étroitement, grâce au concours de nombreux filaments trachéens. Leur cavité interne est divisée en plusieurs compartiments incomplets par cinq ou six lames musculaires qui émanent de la face en contact avec le gésier. h' intestin postérieur à.e?> Dectiques est un organe à peu près régulièrement cylindrique et à diamètre inférieur à celui de la portion précédente. C'est à son origine que viennent dé- boucher les tubes de Malpighi. Ces glandes sont constituées par des lubes allongés, flexueux, filiformes et de couleur d'un blanc mat ; elles forment plusieurs faisceaux dont les uns, dirigés en avant, recouvrent comme d'un réseau l'in- testin moyen, les appendices intestinaux et le gésier, tandis que les autres s'avancent en arrière, au-dessus des organes génitaux. Certains tubes du faisceau antérieur vont même adhérer, au moyen de filaments trachéens, au sommet des caecums et semblent, de cette façon, être une dépendance de ces derniers organes. Le mode d'embouchure des tubes de Malpighi présente une disposition intermédiaire entre celle que nous offrent certains Orthoptères et les Gryllidae. Chez la plupart des Orthoptères, en effet, les tubes de Malpighi sont groupés en faisceaux s'ouvrant séparément, suivant une ligne circulaire, à l'origine de l'intestin, tandis que chez les Gryllides, les mêmes organes, réunis en un faisceau unique, vont déboucher séparément dans l'extrémité élargie d'un conduit efférent unique qui joue le rôle àhiretère. Or, chez les LocusTiD^, et en particulier chez le Declicus verrucivo- rus^ les organes urinaires, réunis en six groupes ou faisceaux formés chacun de 20 à 25 tubes blanchâtres et filiformes, vont déboucher au sommet arrondi de petits diverticules cyhn- driques provenant d'évaginations de l'extrémité antérieure de l'intestin terminal (V. PI. IX, fig. 3). Ces diverticules s'ou- ANN. se. NAT. ZOOL. V, 9 130 li. BORDitS. vrent par de petits orifices irréguliers ou légèrement ovoïdes, dans des dépressions situées sous la valvule séparant les deux portions intestinales. Les six tubercules sont réunis par paires, et deux tubercules formant un groupe sont rap-- proches l'un de l'autre, tandis qu'ils sont séparés du groupe voisin par un plus large espace. Chez le Decticus verruc'worus, chaque paire de diverticules est placée à peu près à égale distance sur le pourtour de l'origine de l'intestin terminal, tandis que chez le Decticus- albifrons^ les tubercules sont situés en des points à peu près équidistants. Le reste de l'intestin terminal, dont la longueur est à peu près égale à celle de l'intestin moyen, décrit une circonvolution à direction inverse de celle du premier et se dilate, à sa parlie terminale, pour constituer le rectum. Ses parois sont épaisses, pourvues de deux couches musculaires et leur face interne parcourue, d'avant en arrière, par six longues bandes musculaires, sinueuses et plissées transver- salement ; elles se prolongent jusqu'au rectum et y consti- tuent un large et épais bourrelet valvulaire à six côtés. Le rectum est allongé, ovoïde et parcouru longitudinaiement par six bandelettes glandulaires que nous avons rencontrées chez tous les Orthoptères et décrites, chez les Hyménoptères, sous le nom de glandes rectales (1) (V. PI. IX, fîg. 5). L'appareil digestif du Decticus albifrons (Fabr.), que nous avons également étudié, présente une disposition anatomique analogue à celle de l'espèce précédente. L'intestin postérieur des Platycleis a un diamètre infé- rieur à celui de l'intestin moyen et porte, à son origine, six tubercules arrondis, réguHèrement disposés chez la plupart des espèces, mais sensiblement équidistants chez les Platy- cleis grisea et PL sepium (V. PI. VIII, fig. 7). Au sommet de chaque tubercule viennent déboucher de 8 à 15 tubes de Malpighi. Cette disposition est un peu différente de celle que nous ont présentée les Decliques, chez lesquels les '1) V. Appareil glandulaire des Hyménoptères [iii Ann. des Se. natiir., Zool.,7csérie, t. XîX, 1804). APPAREIL DIGESTIF DES ORTHOPTÈRES. IMI tubercules, groupés au nombre de deux, ont une tendance à se fusionner. Cette fusion est, du reste, un fait accompli chez les Gryllacrh. Le reste du tube, entouré par les organes génitaux, décrit deux courbes disposées en sens inverse, puis se dilate pour former un rectum, conformé comme celui des Dectiques. L'intestin terminal des Locustes présente à son origine six tubercules ou bourrelets, au sommet desquels viennent déboucher de 15 à 20 tubes de Malpighi, longs, flexueux el de couleur d'un blanc mat. Ces organes forment, de la sorte, six faisceaux étroitement enchevêtrés entre eux. D'après Marcel de Serres, on rencontre, chez les Locustides et d'au- tres insectes voisins, deux catégories de vaisseaux de Mal- pighi, dont l'une déboucherait dans Yestomac chylifîque, au sommet des caecums intestinaux, et l'autre, en arrière, dans le tube digestif. C'est Ramdohr qui a décrit le mode d'inser- tion en cercle des organes de Malpighi, à l'origine du rectum (intestin terminal). Ces deux interprétations sont également erronées. La suite de l'intestin postérieur décrit deux circon- volutions, l'une transversale et l'autre verticale et présente, à l'intérieur, six bandelettes ou épaississements musculaires longitudinaux, produisant à leur extrémité six bourrelets valvulaires placés à l'origine du rectum. Ce dernier organe est semblable, de tout point, à celui des Dectiques. 7° Tribu des Gryllacrin.e. — (V. PI. IX, fîg. H et 12 ; PI. X, fig. 1, 3, 6, 7 et 8). Les deux espèces, appartenant à la tribu des Gryllagrin.î:, soumises à notre étude sont exotiques. La première, Gry/- larris aurantiaca (Brunn.), provenait des Nouvelles-Hébrides et la deuxième, YEremus spimilosus (Brunn.) était originaire de la Tasmanie. Tous les Gryllacrides sont caractérisés par un tube diges- tif relativement court, atteignant à peine une fois et demie la longueur du corps de l'animal, et par la localisation des tubes de Malpighi en un très petit nombre de faisceaux, s'ouvrant au sommet de petits tubercules cylindro-coniques. 132 JL. BORDAf». qu'on peut considérer comme les homologues du conduit excréteur impair, souvent très long, des vaisseaux uri- naires des Gryllidœ. h'appareil digestif des Gryllacris aurantiaca nous offre, au point de vue anatomique, un intérêt de premier ordre, puisqu'il nous permet d'établir un terme de passage entre les Locustides et les Gryllides. Cet organe, par sa confor- mation générale, est analogue à celui de la plupart des espèces de la tribu des Decticinm ; mais la forme externe du gésier, avec son prolongement cylindrique antérieur et surtout le mode d'insertion des tubes de Malpighi, nous autorisent à affirmer la parenté de ces insectes avec les divers Grijllus. Le pharynx est légèrement aplati, à parois épaisses et maintenu sur les côtés de la tête par de nombreux faisceaux musculaires. Sa face interne est parcourue par 4 à 6 replis longitudinaux (V. PL X, lîg. 1). L'œsophage de la Gryllacris affecte la forme d'un tube cylindrique dont la face inférieure et interne présente un épaississement musculaire pourvu d'une dizaine de bourre- lets transverses, séparés par des replis parallèles. Le jabot^ par sa forme et sa structure interne, est nelle- ment un organe de Gryllidae. Il est ovoïde, allongé et renflé à sa partie postérieure. Ses parois externes sont lisses, mais les internes sont parcourues longitudinalement par de nom- breux bourrelets rectilignes, séparés par de larges mais peu profondes dépressions. Ces bourrelels sont surtout abondants vers la face inférieure. L'orifice postérieur du jabot est excentrique par rapport à l'organe et rejeté sur Fun des cotés. Cette disposition rappelle exactement celle que nous présentent les Gryllus et les Nemobius. L'orifice est limité par six bourrelets jouant le rôle de valvules et pourvus eux- mêmes de trois replis séparés par deux sillons. Les bourre- lets, plus développés que ceux des Gryllides, se continueni, comme chez ces derniers, dans le pédoncule qui relie le jabot au gésier (V. PI. X, W^^. 1). APPAREIL DIGESTIF DES ORTHOPTÈRES. 133 Le pharynx el Vœsophage des Eremii.s sont à peu près semblables à ceux des Gryllacrh. Le jabot, au contraire, est très volumineux relativement au reste de l'appareil digestif et occupe la presque totalité du thorax. Ses parois sont épaisses et pourvues d'une forte musculature dont la couche annulaire interne est la plus puissante. A sa face postérieure, existent six faisceaux constitués chacun par trois replis, dont le médian est pourvu de fines denticula- tions. Ces six faisceaux vont converger à l'orifice antérieur du gésier qui est légèrement déjeté sur le côté. Le gésier de la Gryllacris aurantiaca rappelle, par sa forme extérieure, celui des Gryllus. C'est un organe ovoïde, pourvu en avant d'un col cylindrique à parois épaisses et munies intérieurement de six bandelettes musculaires sé- parées par autant d'étroites dépressions parallèles. Chaque bandelette, amincie à son extrémité antérieure, joue le rôle de valvule et présente trois bourrelets longitudinaux séparés par deux sillons parallèles. Les deux bourrelets latéraux sont larges et à surface supérieure arrondie ; le bourrelet médian est au contraire mince, plus haut que les précédents et présente, tout le long de son bord libre, une série de dé- coupures simulant, soit des franges, soit des dents de scie. Vers l'extrémité postérieure du col, c'est-à-dire à peu de dis- tance de la portion arrondie de l'organe, les bourrelets laté- raux s'effacent et disparaissent peu à peu, tandis que le mé- dian s'élargit et sesdenticulalions deviennent plus accentuées et plus puissantes jusqu'au bourrelet valvulaire qui limite la cavité du gésier proprement dit (V. PI. X, fig. 3 et 8). Ces denticulations terminales sont recouvertes d'une mince couche cornée et portent à leur sommet une touffe de soies chitineuses, à base élargie et à sommet aminci et filiforme (V. PI. X, fig. 8). La paroi interne du gésier est recouverte d'une armature chitineuse beaucoup moins puissante que celle des Gryllidae et disposée en six colonnes, séparées les unes des autres par des dépressions parallèles au fond des- quelles est placée une baguette chitineuse. Chaque colonne J34 tj' BORDAH». comprend trois rangées de dents, en contenant chacune de douze à quatorze (V. PI. X, fig. 6). Les dents médianes, à racine très courte, portent trois tubercules, un médian et deux latéraux (V. PI. X, fîg. 7). Le tubercule médian est large, triangulaire, lamelleux, aplati, légèrement incliné en avant et muni latéralement de nombreuses denticulations semblables à celles d'une scie. Les tubercules latéraux, beaucoup plus courts que le médian, ont leur pointe supé- rieure mousse et prolongée en avant parallèlement à Taxe de la rangée moyenne. Ce qui distingue, et c'est là un point important à signaler, chaque colonne masticatrice des Gryllacris de celle des Gryllida:;, c'est l'absence de tubercule musculeux conique ou dent accessoire comprise entre les deux prolongements latéraux des dents de la rangée mé- diane. Les dents latérales (V. PL IX, fig. 12) sont en même nombre que les médianes et séparées de ces dernières par une étroite mais profonde dépression longitudinale. Elles affectent une forme conique ou légèrement pyramidale, à sommet mousse, arrondi et pourvu, sur sa face supérieure, d'une légère dépression circulaire, entourée d'un rebord saillant, lui donnant, vue d'en haut, la forme d'une petite cupule. L'extrémité supérieure est chitineuse, tandis que la base est musculaire et recouverte d'une mince pellicule cornée. Le tout est hérissé de soies chitineuses, générale- ment très courtes. Chaque colonne se termine, comme chez les Gryllotalpa, par un petit appendice lamelleux. Les six appendices, par leur confluence, forment une valvule co- nique, empêchant la marche rétrograde des aliments de l'intestin vers le gésier. Les appendices in/ estinaf fx ^oniyo\\im\nen\ ei, en général, de dimensions égales. Ils sont aplatis dans le sens vertical, légèrement recourbés, enveloppent presque complètement les parois du gésier et vont s'ouvrir à la partie antérieure dilatée de l'intestin moyen. Un certain nombre de cloisons internes les divisent en plusieurs compartiments incom- plets (V. PI. X, fig. 1). APPAREIL DIGESTIF DES ORTHOPTÈRES. 135 Le gésier de V Eremns spiniilosus diffère complètement, par sa forme, de celui des Gryllacris. C'est un organe ovoïde et pourvu en avant d'un court pédoncule cylindrique recourbé. Ses parois, bien qu'assez épaisses, ne sont recouvertes que d'une armature chitineuse beaucoup moins puissante que celle des autres Gryllacris. On y constate l'existence de six colonnes longitudinales, séparées par des dépressions peu profondes, renfermant une tigelle rectangulaire cornée. Chaque colonne porte trois rangées de dents. Les rangées latérales comprennent chacune huit dents, sortes de tuber- cules prismatiques, à base élargie et recouverte de longues soies, et à sommet chitineux émoussé. Les dents médianes, au nombre de dix à douze, sont constituées par des tuber- cules triangulaires recouverts d'une lamelle cornée. Elles portent deux tubercules latéraux et un tubercule médian à pointe mousse. Les appendices intestinaux (V. PI. JX, fig. M), moins volumineux que ceux des Gryllacris, ont la forme de deux petits sacs presque cylindriques, légèrement recourbés et entourant le gésier. Ils présentent intérieurement deux replis divisant la cavité centrale en trois compartiments communi- quant extérieurement entre eux (V. PL IX, fig. 11). Vmtesthi moyen des Gryllacris^ beaucoup plus court que celui des Gryllidae, est dépourvu de papilles coniques in- ternes. Les parois externes sont lisses et les internes pré- sentent seules de légères striations irrégulières. Enfin, une valvule postérieure le sépare de l'intestin terminal. Les tuhes de Malpighi^ qui sont au nombre de 80 à 100, for- ment quelquefois deux touffes s'ouvrant au sommet de deux bourrelets arqués qui entourent en partie l'origine de l'intestin postérieur. Dans la plupart des cas cependant, ces organes débouchent au sommet d'un tubercule hémisphérique unique (V. PI. X, fig. \).Ce tubercule^ qui n'estquune simple évagina- tion intestinale^ nous conduit immédiatement au canal commun ou uretère que Fou constate chez les Gryllidœ. Il suffît, en effet, de supposer que l'évagination conique des Gryllacris 136 L. BORDA§i. s'allonge progressivement jusqu'à arriver à la formation du canal impair des Gryllotalpa. L'intestin moyen des Eremus est droit et très court. Vintestin terminai est également rec- tiligne et reçoit^ à son origine, les tubes de Malpighi, dis- posés en quatre ou cinq groupes, allant déboucher au som- met de petits tubercules, produits par des évaginations en doigt de gant de l'intestin. Cette disposition est un peu dif- férente de celle que nous offrent les Gryllacris, qui ne pos- sèdent généralement qu'un faisceau unique de tubes urinaires. La surface externe de l'organe est lisse, tandis que l'interne présenle de nombreuses striations (Gryllacris). L'intestin se termine par une valvule irrégulière due à la juxtaposition de plusieurs bourrelets. Le rectum est très volumineux, allongé, fusiforme (Grylla- cris, Eremus) et parcouru longitudinalement par six ban- delettes ovoïdes, sortes de glandes rectales, analogues à celles des Hyménoptères. Son extrémité postérieure se pro- longe par un court pédicule cylindrique, légèrement recourbé et allant s'ouvrir au dehors par l'orifice anal (Eremus). HISTOLOGIE DE L'APPAREIL DIGESTIF DES LOCUSTID^. (V. PL VH, fig. 9; PL VIII, fig. 6 et 8 ; PL IX, fig. 5, 10 et II; PL X, fig. 5, 9 et II). L'œsophage et le jabot présentent, chez les Locustid.e, à peu près la même structure histologique. Le jaôot est un volumineux organe à parois minces,, pourvu intérieurement de nombreux plissements longitudi- naux. Une membrane chitineuse^ transparente et égale en épaisseur à la moitié de la paroi, recouvre toute sa surface interne. Elle porte de fines denticulations coniques, à pointe recourbée en arrière, abondantes surtout au sommet des bourrelels. Au-dessous de cette membrane, existe la couche des cellules chitlnogènes. Ces dernières, à contours peu apparents, sont les unes aplaties et les autres cubiques. APPAREIL DIGESTIF DES ORTHOPTÈRES. 137 Elles renferment un gros noyau plurinucléolé et un proto- plasme sombre et granuleux. Vient ensuite la couche mus- culaire circulaire ne renfermant que deux assises de muscles. Les muscles longitudinaux, extérieurs aux précédents, ne comprennent qu'un très petit nombre de faisceaux. Enfin, le tout est lecouvert par une très mince tunique péritonéale (V. PI. VIII, fîg. 6). Le gésier des Locustid^, de forme ovoïde, est remar- quable par l'épaisseur de ses parois et la puissance de son armature chitineuse interne. Une coupe transversale faite dans la région médiane de l'organe, chez le Dectïcus albi- frons^ présente à considérer, en allant de l'extérieur à l'in- térieur (V. PI. VIT, fig. 9) : r Une tunique ou membrane péritonéale externe, très mince ; 2'' Une couche musculaire, formée par une série de fais- ceaux disposés longitudinalement et placés à peu de distance les uns des autres; 3° Des faisceaux musculaires annulaires, comprenant 6 ou 7 assises disposées parallèlement les unes au-dessous des autres et constituant, de la sorte, l'enveloppe la plus puissante et la plus épaisse de toutes celles qui entourent le gésier. Chaque assise est très nettement visible sur les coupes et porte, de distance en distance, de nombreux noyaux ovalaires. Un certain nombre de ces faisceaux se prolon- gent jusque dans les dents médianes ; 4° L'assise des cellules chitinogènes. Celles-ci sont cubi- ques ou aplaties dans les dépressions comprises entre les colonnes dentifères, mais deviennent coniques ou cylin- driques au-dessous des dents et des denticules. Les noyaux sont volumineux, sphériques, granuleux et appliqués contre la face interne; o"* La couche chitineuse interne, épaisse, transparente, irrégulière et denticulée au sommet des grosses dents mé- dianes. Sur les dents latérales, elle se prolonge en longues soies cornées dirigées en arrière. Elle augmente considé- 1:J8 i^. bordas. rablement d'épaisseur sur les côtés eL au sommet des dents médianes. Dans ces régions, elle prend une coloration jau- nâtre et émet des dentelures puissantes et à pointe acérée. Sur les lamelles chitineuses situées au fond des dépres- sions comprises entre deux bandelettes masticatrices, elle s'épaissit et présente de légères sinuosités. Les appendices ou cœcinns ïntesûnaux (V. PI. VIH, fig. 8 et PI. IX, fig. 10) des Locustid^ affectent la forme de larges expansions sacciformes insérées à l'origine de l'in- testin moyen et entourant les bords latéraux du gésier. Leurs parois sont minces et d'apparence blanchâtre et leur face interne est des plus irrégulières. Extérieurement, on aperçoit une série de côtes longitudinales très sinueuses. De la face interne de la paroi en contact avec le gésier, partent une série de replis, en nombre variable suivant les espèces (5 chez le Dectkus verrucivorus)^ plus ou moins allongés, sinueux et divisant la cavité interne en un cer- tain nombre de loges ou chambres incomplètes communi- quant toutes entre elles par leur côté externe (V. PI. ÏX, fig. 10). L'épithélium de ces replis, ainsi que celui du reste de l'organe, est, de tout point, identique à celui de l'intes- tin moyen. Aussi, nous basant sur l'identité de structure épithéliale et sur la présence de semblables replis, consi- dérons-nous les appendices latéraux des Orthoptères comme de simples diverticnles [ilandulaires de rinlestin moyen. Gra- ber et Plateau, s'appuyant sur des considérations d'un tout autre ordre, les regardent, au contraire, comme des organes sécrétoires à grande surface, produisant un liquide par- ticulier jouant probablement un certain rôle dans la diges- lion intestinale. Au point de vue histologique, ces appendices compren- nent, de dehors en dedans : 1" Une tunique péritonéale ou enveloppe externe, très mince; 2" Une couche, également fort mince, constituée par une série de faisceaux musculaires longitudinaux; APPAREIL DIGESTIF DES ORTHOPTÈRES. 139 3° Une membrane formée par une ou deux assises seule- ment de muscles circulaires; 4° Une couche basilaire très ténue, servant de support à l'épithélium glandulaire cilié (V. PL VÏII, fig. 8) . Ce dernier présente, sur chacun des prolongements internes ou bourre- lets longitudinaux, une série de petits replis séparés par des dépressions peu apparentes, au fond desquelles existent plu- sieurs assises cellulaires superposées. Partout ailleurs, l'épi- théhum ne comprend, en général, qu'une couche unique de longues cellules cylindriques, légèrement élargies à leur extrémité libre, renflées vers leur milieu et amincies à leur base. Leur sommet est recouvert par une couche rectan- gulaire de cils courts et serrés, affectant, grâce à leur dis- position régulière et symétrique, la forme d'un pinceau ou d'une brosse. Un examen rapide pourrait faire confondre facilement le revêtement cilié avec un plateau strié; mais l'observation des cellules isolées fait, de suite, rejeter l'idée d'un plateau. Si l'on avait, en effet, affaire à ce dernier, chaque cellule, en se séparant de ses voisines, entraînerait une partie du revêtement chitineux général. Tandis que, dans l'épithélium des caecums intestinaux, rien de pareil : chaque cellule détachée accidentellement de l'assise em- porte son revêtement cilié propre, à limites latérales très nettes. Le noyau cellulaire est sphérique, volumineux et contient plusieurs nucléoles, dont l'un dépasse de beaucoup en volume ses congénères (V. PI. X, fîg. 11). Le proto- plasme est finement granuleux autour du noyau et réticulé dans le reste de la cellule. On ne constate,^ en général, qu'une assise cellulaire unique. Pourtant, on observe par- fois, surtout dans les dépressions comprises entre les replis secondaires, deux et quelquefois même trois couches de cellules. Ces dernières, à différents stades de leur évolu- tion, servent à remplacer les cellules externes au fur et à mesure de leur disparition. Ces cellules externes, qui m'ont semblé nettement sécrétantes, s'ouvrent à un mo- ment donné, versent leur contenu dans la cavité du caecum 140 li- BORDAfi. et sont remplacées par les cellules de l'assise sous-jacenie (V. PI. IX, fig. 10 et PI. X, fig. 11). \J intestin moyen a une structure caractérisée par l'épais- seur de ses parois musculaires et la présence de bourrelets épithéliaux internes. L'organe tout entier est enveloppé par une membrane ou tunique péritonéale. Au-dessous de cette dernière, se trouvent disposés en contact une série de faisceaux musculaires longitudinaux, constituant une assise continue. Viennent ensuite les muscles circulaires rangés suivant plusieurs couches et envoyant des prolon- gements dans l'axe des replis épithéliaux internes. Ces der- niers sont constitués par de nombreuses cellules cylindri- ques entre les replis et légèrement coniques à leur sommet. Au fond des bourrelets, existent plusieurs assises cellulaires dont les inférieures servent à régénérer les plus externes. La surface libre des cellules est recouverte d'une assise ciliée. Entin, séparée de l'ôpithélium par un espace plus ou moins large et irrégulier, existe la coupe de la mem- brane péritrophique, signalée par Schneider chez certains Arthropodes. La section de cette membrane est sinueuse et phssée(V. PI. X, fi g. 9). L'intestin terminai est surtout caractérisé par ses six replis longitudinaux internes et par la régularité de son épithélium. Ce dernier est constitué par une assise unique de cellules rectangulaires à gros noyau sphérique pluri- nucléolé. Le protoplasme, très clair dans la zone péri- nucléaire, présente une série de striations très irrégulières vers le bord externe de la cellule. L'épithélium est recou- vert d'une épaisse membrane chitineuse. transpaiente, à bords parallèles et parfois sinueux. A l'extérieur, vient une couche musculaire annulaire très mince, enveloppée elle- même par la couche musculaire longitudinale. Cette der- nière ne comprend qu'un pelit nombre de faisceaux grou- pés en face des dépressions comprises entre les bourrelets internes. Enfin, le tout est recouvert par la membrane péri- tonéale externe, très mince. On rencontre parfois de nom- APPAREIL DIGESTIF DES ORTHOPTÈRES. 141 breux tubes tracliéens entre les bourrelets et les parois externes (Y. PL X, fig. 5). RECTUM ET GLANDES RECTALES (V. PL IX, fig. 5). Le rectum du Dec tiens ver ruc'worus^ de forme ovale, porte six longs bourrelets fusiformes, très apparents extérieure- ment, que nous avons désignés sous le nom de glandes rectales. Ces organes sont constants chez tous les Orthoptères et présentent, dans les diverses familles de cet ordre, à peu près la même disposition, sauf chez les Forficulidœ, o\\ ils affectent une forme sphérique, sont placés suivant deux ran- gées circulaires et alternent d'une rangée à Lautre. Ils sont équidistants et occupent, en général, toute la longueur du rectum. Chez les Tnixalis.^ ils sont remarquables par leur longueur considérable. Les glandes rectales sont caractéri- sées par l'énorme développement de l'assise épithéliale for- mée par de grosses cellules rectangulaires, à volumineux noyau central plurinucléolé. Leur protoplasme est peu gra- nuleux et présente une apparence réticulée ; parfois, autour du noyau, existe une auréole blanchâtre. Sur une coupe transversale, ces glandes se présentent généralement sous une forme conique [Decticinse] ou légèrement arrondie [For- ficulidde). Entre Fassise épithéliale et la couche musculaire externe, existe un espace triangulaire ou demi-circulaire contenant de nombreuses ramifications trachéennes et quel- ques fins filets nerveux. Les cellules sont recouvertes par une membrane chitineuse, généralement unie et à faces parallèles (V. PL IX, fig. 5). Ces organes, dont la signification morphologique et sur- tout les fonctions sont encore énigmatiques, ont été aper- çus et décrits pour la première fois, chez l'Abeille, par J. Swammerdan (1). Suckow (2) les a désignés, chez la (1) Bihel der Natur., Taf. XVIII, fig. 1. (2) Hensingefs Zeitschrift, Bd. III. 142 li. BORDAS». Vespa crabro, sous le nom de gonflements calleux. Brandt et Ratzeburg (1), Burmeisier (2), etc., n'en parient que d'une façon accidentelle. Léon Dufour (3) cite ces organes chez les Hyménoptères, les Orthoptères, etc., et les dési- gne sous les noms de boutons charnus et de bandes muscu- laires. Treviranus (4) et Newport (5) les appellent ^^^ protu- bérances glandulaires . Le premier avait constaté leur présence chez les Papillons. Les divers auteurs que nous venons de citer n'avaient décrit les bourrelets du rectum que d'une façon fortuite et tout à fait accessoire; mais Leuckart (6) reprend plus com- plètement cette étude, constate la présence des replis rec- taux chez la plupart des Insectes, les considère comme de nature glandulaire et les désigne sous le nom de glandes ref taies. Leydig (7) est le premier zoologiste qui se soit occupé de l'étude histologique des papilles rectales des Insectes, en prenant comme type la Musca vomitaria. Continuant ses recherches sur le même sujet, il a étudié, dans la suite, les replis du rectum chez beaucoup d'autres Hexapodes. Cet auteur attribue à ces replis ou bourrelets une fonction res- piratoire ; puis, frappé par certains rapports de structure histologique, il les compare aux replis épithéliaux (bran- chies trachéennes) des larves de Libellules. VVeismann (8), dans son étude sur le développement de la Musca voniitoria et de la Sarcophaga carnaria^ se pro- nonce contre la nature glandulaire des rephs du rectum de la plupart des Insectes, sans cependant faire la moindre hypothèse sur leurs fonctions. (1) Zoolog. inedic, Hd. II, von (1er lloiiigbiene. (2) Handbuch, Hd. I. (3) Recherches anatomique^ mv les Orthoptères, présentées à l'Académie des sciences le 3 mars 1834. (4) Verm. Schriftcn, Bd. II. (b) Cydop., Vol. II, p. 170. (0) Lehrbuch dcr Zootomic. (7) Lehrbuch der Hislologir, S. 337 (8) E)itiviclilung dcr Dipteren. APPAREIL DIGESTIF DES ORTHOPTÈRES. 1 i3 Gegenbaur (1) considère les glandes rectales comme des rudiments, des vestiges de branchies trachéennes. 11 pense que les bourrelets rectaux respiratoires des larves de Libel- lules et les bourrelets non fonctionnels des Tnsectes terres- tres, sont les derniers vestiges, les formes atrophiques des branchies trachéennes, qui étaient les seuls organes primi- tifs de la respiration des Insectes. Pourtant, si la théorie de Gegenbaur était exacte, si les glandes rectales n'étaient que des rudiments de trachées branchiales, on devrait trou- ver ces organes beaucoup plus répandus chez les larves que chez les Insectes parfaits. Cari Chun (2), dans sa très intéressante étude sur les glandes rectales des Insectes, constate que les très nom- breuses ramifications trachéennes qu'on rencontre autour des bourrelets rectaux ne peuvent servir à étayer une théo- rie sur la respiration du rectum, attendu qu'on observe^ autour des conduits ovariens et de certains caecums intes- tinaux, d'aussi nombreux tubes respiratoires. Au con- traire, dit-il, la présence de ramifications trachéennes et de filets nerveux semble indiquer une plus grande acti- vité sécrétrice. Pour cet auteur, les bourrelets du rectum sont des glandes unicellulaires groupées, intermédiaires, par leur forme, entre les vraies glandes et les surfaces glan- dulaires planes. Pour notre part, l'étude histologique que nous avons faite de ces organes sur de nombreux types d'Orthoptères (Forficula, Mecosthetus, Stenobothrus , Decti- ciis^ Gryllus^ Gryllotalpa, etc.), nous fait ranger de son avis et accepter son hypothèse. Les glandes rectales du Decticus verruc'woriis, vues en coupe transversale, présentent une foraie triangulaire et comprennent une assise de grosses cellules rectangulaires, à noyau central sphérique ou légèrement allongé et conte- nant de nombreux nucléoles très apparents (V. PL lX,fig. 5). (1) Vergl. Anatomie. (2) Vebev den Eau, die Entwicklung luid physiol. Bedeuntung der Rectal- driisen bei den lusektcn; in Abhand. Senckenb. Xaturfor, Gesell. 10, 1876. 144 1^- BOUUAS». Ces noyaux sont généralement entourés d'une auréole blan- châtre. Le protoplasme cellulaire présente, vers le bord ex- terne de chaque cellule, une structure réticulée, et forme, en avant, une série de striations irrégulières et arbores- centes, laissant entre elles des espaces vides. L'assise cellu- laire est recouverte par une membrane ou intima chitineuse, généralement mince, peu sinueuse et à faces parallèles. On compte en moyenne, sur une section transversale, de 40 à 50 cellules entrant dans la constitution d'une glande rectale Dans les sillons compris entre deux bourrelets, la hauteur des cellules diminue brusquement, et ces dernières consti- tuent alors l'assise chitinogène. Dans l'espace angulaire limité, des deux côtés, par les cellules des glandes rectales, on constate, au milieu du tissu conjonctif, un réseau très compact de filaments trachéens de différents diamètres, dont les dernières ramifications pénètrent même jusqu'à la base des cellules. Enfin, l'ensemble de l'organe est enveloppé par une couche de fibres musculaires circulaires très minces et, à l'extérieur, par des muscles longitudinaux, localisés surtout en face des sillons interglandulaires. En résumé, le rectum présente à considérer, en allant de l'intérieur à l'extérieur : i"" une membrane ou intima chiti- neuse ; 2° une assise cellulaire ; 3° du tissu conjonctif et des faisceaux trachéens ; 4° des muscles circulaires, et 5° des faisceaux musculaires longitudinaux et une membrane ou tunique péritonéale externe très mince. RESUME. — h'appareil digestif des Locustid.e est sur- tout caractérisé par ses nombreuses circonvolutions, sa lon- gueur, l'énorme développement du jabot et la forme toute particuhère qu'affectent les caecums intestinaux, qui sont pairs et donnent, à la région médiane de l'organe, une apparence cordiformc. Les (/landes salimiires sont, chez toutes les espèces, très volumineuses, mais acquièrent surtout leur maximum de développement chez les Decticinte. Elles sont paires et cons- tituées par une série de grappes localisées dans les deux APPAREIL DIGESTIF DES ORTHOPTÈRES. 145 premiers segments tlioraciques, de part et d'autre du jabot. Chaque grappe comprend un grand nombre d'acini glandu- laires sphériques, recouverts intérieurement par une couche de cellules sécrétrices limitant une cavité centrale qui se con- tinue par le lumen du canalicule excréteur. Chaque grappe se prolonge par un canal excréteur qui monte parallèlement à l'œsophage et va se fusionner à son congénère pour cons- tituer un conduit efTérent, large et court, allant s'ouvrir en avant de la bouche, vers la base de la lèvre inférieure. Aux glandes salivaires sont adjoints deux réservoirs sali- vaires, sortes de sacs plus ou moins volumineux qu'on trouve chez toutes les espèces. ' Le jabot et Vœsophage affectent la même forme et pré- sentent la même structure dans toutes les tribus de la fa- mille des Locustidae. Ce sont deux organes tubuleux, courts, unissant le pharynx au jabot. Le jabot est remarquable par son énorme développement. C'est un organe sacciforme, volumineux, remplissant la plus grande partie de la cavité thoracique. Ses parois ex- ternes sont minces, tantôt lisses et tantôt phssées suivant son état de réplétion ou de vacuité. Elles sont recouvertes intérieurement par une membrane chitineuse présentant une série de plis longitudinaux et portant de petites denticules coniques à sommet dirigé en arrière. L'orifice terminal est généralement situé au milieu de la face postérieure et n'est légèrement excentrique que chez quelques Gryllacrinae. Le jabot est uni au gésier par un pédoncule plus ou moins long suivant les espèces. Il est très court chez \di Salomona. Le gésier est un organe dont la forme et surtout la struc- ture interne sont très variables chez les Locustidae. Il est rudimentaire chez les Psendophyllinœ et les Epfiippigerinai, où il affecte la forme d'une masse presque cyhndrique, pourvue d'un pédoncule antérieur la rattachant au jabot et enveloppée de toutes parts par de volumineux caecums intes- tinaux. Le pédoncule est pourvu intérieurement de six bourrelets longitudinaux venant du jabot et portant de ANN. se. NAT. ZOOL. V, 10 J46 Ti. BORDAii. petits tubercules crochus et cornés, simulant des dents. L'ar- mature chitineuse interne du gésier est composée de six bandelettes parallèles portant chacune trois rangées longi- tudinales de plaquettes ou denticules chitineuses. Chez les E phippig émise ^ les plaquettes cornées sont remplacées par de véritables dents. Le gésier des Mecopodinae occupe une position intermédiaire entre celui des Ephippigers et celui des Dectiques. Son armature chitineuse interne comprend six colonnes dentifères portant chacune trois séries de dents. Mais, c'est surtout chez les Locusânœ^ les Conocejjha- linœ et les GryUacinnœ que le gésier atteint son maximum de développement et de complexité. Le pédoncule antérieur du gésier du Dectkiis est doublé intérieurement de six bourrelets chitineux, continuation de ceux de la face posté- rieure du jabot, portant chacun six tubercules recouverts de nombreuses soies sur leur pourtour. Les parois de la région médiane de l'organe sont très épaisses et portent intérieure- ment de puissantes dents chitineuses disposées suivant six séries ou colonnes longitudinales, séparées les unes des autres par autant de profondes dépressions. Les dents de la région médiane de chaque colonne sont triangulaires et den- ticulées sur leur bord ; celles des deux rangées latérales sont tronconiques et pourvues de nombreuses soies basi- laires. Les appendices ïntestmaux^ qu'on peuL considérer comme des diverticules latéraux de l'extrémité antérieure de l'in- testin moyen, sont des organes pairs, sacciformes, légère- ment recourbés, dirigés en avant et entourant les parois latérales du gésier. Leur morphologie externe présente peu de variétés chez les Locustidde. Pourtant, ces organes sont caractérisés, chez les Cleandrus et les Plati/phi/llum^ par la présence de deux prolongements postérieurs qui manquent complètement chez les autres espèces de la famille, sauf cependant chez la Salomona^ oh l'on constate l'existence (le deux petites évaginations hémisphériques à l'exlrémilé postérieure des deux appendices normaux. Les appendices APPAREIL DIGESTIF DES ORTHOPTÈRES. 147 intesliiiaux des P>PARÈIL DIGESTIF DES ORTHOPTÈRES. 163 reposant, par sa base élargie, sur la paroi inlerne du gésier. Elles présentent à considérer deux faces, Tune in- terne et Faulre externe. Cette dernière est oblique, lisse, régulière et dirigée vers la lamelle longitudinale ciiitineuse qui sépare chaque série de denliculations. Une mince mem- brane cornée et triangulaire la recouvre en partie. La face interne, moins oblique que la précédente, a une direction presque perpendiculaire; elle est légèrement concave et irrégulière vers sa base. Le sommet de la dent porte deux pointes, dont l'une large, aplatie d'avant en arrière, si- nueuse, est recouverte d'une couche de chitine. La seconde pointe, beaucoup plus petite que la première, est mousse et porte de petits appendices courts, ressemblant à des bâ- tonnets cornés. Les cinq autres colonnes dentifères de l'ar- mature interne du gésier sont morphologiquement identiques à celle que nous venons de décrire. L'orifice compris entre l'intestin moyen et le gésier est irréguher, étoile et fermé, à l'état de repos, par le rappro- chement des six valvules formées par les appendices lamel- leux dont nous avons déjà parlé et qui ne sont que la continuation de la rangée médiane de chaque colonne lon- gitudinale. Après le gésier vient une sorte de vestibule intestinal, court et cylindrique, sur les faces latérales duquel s'ou- vrent deux appendices intestinaux^ assez semblables à ceux des Gryllotalpa^ mais en différant cependant par leur vo- lume, leur hauteur moins considérable et leur forme légè- rement aplatie. Ces appendices ou cdecums se terpiinent, à leur extrémité supérieure, par une pointe mousse. Ils sont légèrement recourbés en arc et embrassent la pres- que totalité du gésier, sauf sa partie antérieure. Leur face interne est légèrement concave et l'externe présente une convexité très apparente. De plus, on constate, vers l'extré- mité inférieure de l'appendice droit, la présence de deux diverticules hémisphériques très courts. Ces évaginations latérales, généralement paires, sont tout à fait constantes : 164 t^' BORDASi. je les ai toujours rencontrées chez plusieurs échantillons soumis à mon examen. Partout, elles m'ont apparu sous la forme de deux petites proéminences cylindro-coniques, très courtes, de struclure analogue à celle de l'appendice dont elles dépendent. Dans quelques cas, les deux appendices caecaux sont pourvus chacun d'un petit diverticule posté- rieur (V. PI. XI, fig. 1). Un peu au-dessous des orifices des deux cœciims intestinaux^ on constate la présence d'une val- vule circulaire, peu apparente, produite par un repH interne de la paroi intestinale. Le reste de l'intestin faisant suite au gésier est égal, quand il est complètement développé, à une fois et quart la lon- gueur totale du corps de l'insecte. L'intestin moyen du Brachytrypiis est un tube cylindri- que, présentant, de distance en distance, de nombreuses boursouflures. Il décrit trois circonvolutions et reçoit, à son extrémité postérieure, le canal excréteur impair des tubes de Malpighi. Les organes urinaires sont composés de 100 à 120 filaments très ténus, enchevêtrés entre eux, mais pouvant facilement s'étaler en un faisceau élargi et montrer ainsi leur mode d'embouchure. Ils vont s'ouvrir, en effet, dans un réservoir commun situé à l'extrémité antérieure d'un conduit collecteur unique. Ce dernier est cylindrique et allongé ; il mesure, chez certaines espèces, jusqu'à 1 centimètre ou r°',50 de longueur et va s'ouvrir, après un trajet flexue.ux, vers l'extrémité postérieure de l'intestin moyen. Viîitestin terminal est à peu près égal au quart de la longueur du précédent. Il affecte une forme cylindrique et est parcouru transversalement par une série de stries cir- culaires séparées par des bourrelets parallèles. Le tube se renfle, à son extrémité terminale, et forme un organe ovoïde, constituant le rectum. Ce dernier se termine par un prolon- gement tubulcux très court, s'ouvrant à Toriflce anal situé au-dessus du pore génital. APPAREIL DIGESTIF DES ORTHOPTÈRES. 165 Troisième partie. — Gryllotalpa vidgaris (Latr.) (V. PL XI, fig. 9, et PI. XII tout entière). Vappareil digestif de la Gryllotalpa vulgaiis a été suc- cessivement décrit par Marcel de Serres (1813) et Léon Dufour (1834); et, si nous reprenons aujourd'hui cette étude, c'est afin : T de faire un rapprochement entre l'ap- pareil de cet Insecte et celui des autres Gryllidae; V d'ajou- ter de nombreux et de nouveaux délails anatomiques com- plémentaires, et 3° de décrire sa structure hislologique. Dans la description qui va suivre, nous serons très bref et nous nous contenterons de mettre en relief les faits nou- veaux, tout en faisant les rapprochements nécessaires pour montrer Funilé du plan de composition du tube digestif chez toutes les Gryllidse. Les glandes salivaires de la Gryllotalpa sont uniquement locahsées dans le thorax et composées de deux paires de grappes. Elles comprennent, en outre, deux longs conduits excréteurs et deux réservoirs salivaires silués, d'une part, entre les deux conduits efférents, et de l'autre, entre les grappes sécrétrices. Quant aux massifs glandulaires, ils sont situés, le postérieur, dans la région médiane du métatho- rax, et l'antérieur, dans le mésothorax et le quart posté- rieur du prothorax. Les grappes métathoraciques sont de beaucoup les plus volumineuses du système et séparées Tune de l'autre par l'œsophage et la partie antérieure du jabot. Leur forme est légèrement ovale, à grand axe antéro-postérieur et à face interne régulière et concave. La glande est composée d'une série de canalicules et d'acini sphériques ou ovoïdes, pourvus de deux enveloppes supportant l'épithélium sécré- teur. Ce dernier limite une cavité centrale qui se continue avec la lumière interne des canalicules efférents. Les grap- pes mésothoraciques ont un volume à peine égal à la moi- tié de celui des précédentes. Elles sont tantôt allongées, tantôt rectangulaires ou réniformes et aplaties verticale- ment. Les réservoirs salivaires ont la forme de deux sacs 166 t^- BORD Ai». allongés, peu sinueux, plissés et aplatis à l'état de vacuité, mais régulièrement cylindriques et terminés par une pointe conique à l'état de réplétion. Leurs parois sont transpa- rentes et présentent à peu près la même structure que celle des conduits excréteurs. Ces derniers sont cylindriques, très longs, flexueux et parfois plissés transversalement. Ils cheminent parallèlement à l'œsophage, au-dessus des connectifs nerveux. Arrivés dans la région antérieure céphalique, ils passent au-dessous des ganglions sous-œso- phagiens, convergent l'un vers l'autre et se fusionnent en un conduit unique aplati, très court, qui s'ouvre en avant de la bouche, à la base et un peu en arrière de la lèvre inférieure. Le pha?ynx (1) est court, aplati, à parois épaisses et à face interne munie de plissements longitudinaux. Il est rat- taché aux parois thoraciques par de nombreux faisceaux musculaires. L'œsophage présente la forme d'un tube droit, cylindrique, plus ou moins plissé extérieurement suivant son état de va- cuité ou de réplétion, et traversant le thorax au-dessus de la chaîne nerveuse. Sa portion médiane est recouverte, en par- tie, par les grappes salivaires et par là même se trouve en contact, sur une portion de son étendue, avec les deux réser- voirs glandulaires. Chez la plupart des Gryllidae, nous avons constaté l'existence d'un œsophage généralement court et se continuant, sans ligne de démarcation bien nette, avec le ja- bot. Or, l'inverse a lieu chez la GryUotalpa et, contrairement à l'opinion de Dufour, la séparation entre le jahot et l'œso- phage est des plus nettes, et l'orifice antérieur du premier organe est muni d'une valvule très apparente. L'extrémité postérieure de l'œsophage se rétrécit peu à peu et porte intérieurement une série de plissements longitudinaux, pen- dant qu'à l'extrémité postérieure existe un rebord annulaire marquant sa ligne de séparation avec le jabot. Au repli cir- (1) Poar l'ensemble de l'appareil digestif de la GnjUotalfa rulgari^, V. PI. XII, lig. 1. APPAREIL DIGESTIF DES ORTHOPTÈRES. 167 culaire correspond intérieurement un bourrelet annulaire irrégulier, portant des bosselures jouant le rôle de valvules. Ces dernières peuvent être considérées comme l'extrémité postérieure des plissements longitudinaux du jabot. De cet anneau valvulaire partent, en rayonnant de l'orifice comme d'un centre, un certain nombre de replis qui ne tardent pas à disparaître sur les parois internes du jabot (V. PI. XII, %. 3). Le jabot affecte la forme d'une grande poche ovoïde, pla- cée sur le côté de l'œsophage, puisque ce dernier vient se fixer à l'une de ses extrémités. Ses parois sont minces, lisses extérieurement et transparentes. Son orifice postérieur est situé à peu de distance de l'orifice œsophagien et du même côté que ce dernier. Il occupe une profonde dépression de la face latéro-inférieure du jabot. Le rebord inférieur de la dépression est surélevé, irrégulier, cratériforme et constitue un bourrelet, disposé en arc, dont les branches vont s'atté- nuant pour disparaître complètement vers la face supérieure de la dépression (V. PL XII, fig. 1 et 3). Des bords de ce bourrelet partent une série de replis irréguliers qui s'amin- cissent et se divisent peu à peu pour former, vers la face in- férieure de l'organe, une série de stries très fines, disposées en faisceau. Le reste de la paroi interne du jabot est égale- ment parcouru par de légères striations transversales. En résumé, ce qui caractérise le jabot de la Gryllotalpa et le dis- tingue de celui des autres Gryllidae, c'est sa position excen- trique par rapport à l'axe du tube digestif et le mode d'in- sertion latérale de l'œsophage et du col ou pédoncule antérieur du gésier. Comme chez toutes les Gryllid^, \q gésier constitue, chez la Gryllotalpa^ une des pièces les plus importantes de l'ap- pareil digestif. Il affecte une forme ovoïde ou légèrement splîéroïdale, à parois musculaires très épaisses. Un col ou pédoncule antérieur le rattache au jabot. Ce col, tubuleux et cylindrique, est muni de six bandelettes longitudinales très apparenles à l'origine, près de l'orifice postérieur du jabot. 168 li. BORDilS. Elles vont peu à peu en diminuant pour s'élever de nouveau à mesure qu'on se rapproche du gésier. Sur leur parcours, on observe, de distance en distance, de légers renflemenls coniques, portant à leur surface de nombreuses pointes chitineuses et acérées, sortes de piquants à extrémité dirigée en arrière. Ces renflements, vus à un faible grossis- sement microscopique, simulent une production dentaire. Les bourrelets musculaires longitudinaux et irréguliers de- viennent, à partir du milieu du col, de plus en plus appa- rents et portent, vers leur partie terminale, de trois à cinq petits tubercules hémisphériques, chitineux à leur sommet, qu'on peut considérer comme le premier terme de l'appareil masticateur (V. PI. XII, fig. 2). Enfin, le pédoncule se ter- mine par un rebord circulaire portant six petits bourrelets bruns et chitineux, constituant, de la sorte, une valvule an- nulaire, à la suite de laquelle se trouve la cavité du gésier pro- prement dit. Les parois externes de ce dernier sont lisses. Mais, ce qui fait surtout du gésier un organe de première importance, c'est son armature ?nasticatrice interne. Cette armature est composée d'une série de dents chiti- neuses mobiles et disposées, comme chez les autres Gryl- lidse, en six colonnes longitudinales, séparées par de pro- fonds sillons, au fond desquels existe une lamelle cornée, formée de deux pièces soudées entre elles. Chaque colonne masticatrice (1) comprend trois rangées de dents, une mé- diane et deux latérales, séparées par deux dépressions pa- rallèles très apparentes quand on exerce sur l'organe une traction transversale. L'armature tout entière, par sa dispo- sition, le nombre, la forme et la puissance de ses dents, doit constituer un organe de première importance pour la mas- tication (V. PL XII, fi^. 2). Les dents de la rangée médiane sont bien plus fortes et difleremment conformées que celles des autres Gryllidae. (1) Pour avoir une idée exacle de la structure d'une des six colonnes longitudinales de l'armature chitineuse interne du gésier de la GnjUotalpa vulyaris, V. PI. XII, fi^'. 2. APPAREIL DIGESTIF DES ORTHOPTÈRES. 169 Elles possèdent une racine double, dirigée obliquement par rapport aux parois de l'organe et trois tubercules (V.Pl. XII, fig. 6 et 7). Le tubercule médian a la forme d'une palette à bord tranchant dirigé en arrière, à surface supérieure rec- tangulaire, légèrement concave et portant latéralement deux cornes denticulées à leur sommet. Vue par sa face supé- rieure, la partie centrale de la dent médiane présente l'as- pect de ce petit oulil tranchant, à deux poignées, dont se servent les charrons et les tonneliers pour polir le bois et qu'ils désignent sous le nom de plane. Le tubercule médian correspond bien à la lame tranchante, tandis que les tuber- cules latéraux de la dent sont assez exactement représentés par les deux poignées de Tinslrument (V. PI. XII, fig. 7). La forme des dents médianes est si caractéristique et si cons- tante chez chaque individu que leur examen attentif peut per- mettre au zoologiste de déterminer avec exactitude Pespèce de GrylUdœ à laquelle il a affaire. Ce moyen de diagnostic est aussi sûr que celui tiré des caractères delà morphologie externe. En effet, tandis que chez toutes les autres espèces que nous avons étudiées, Gryllus, Nemobius, Brachytrypus, etc., le tubercule médian est triangulaire, acuminé, denticulé laté- ralement et recourbé en arrière, chez la Gryllotalpa, il est rectangulaire, tranchant, recourbé en arrière et muni, de part et d'autre, de deux tubercules à bords dentelés. Cette simple considération nous montre toute l'importance, au point de vue de la classification, du gésier et de sa puis- sante armature chitineuse interne. Les dents médianes de chacune des six colonnes étant toutes semblables, il va nous suffire de décrire l'une d'elles et d'appliquer à l'ensemble les résultats de notre étude. Dans la description qui va suivre, nous allons parler successive- ment du tubercule médian, des tubercules latéraux et des denticules adhérant à ces derniers. Le tubercule médian présente une forme rectangulaire terminée par deux appendices latéraux. Sa face supérieure est concave de droite à gauche et d'avant en arrière, pré- 170 I^. BOROAS. sentant, de la sorte, une dépression en forme de selle. Son bord antérieur est tranchant, arqué et recourbé en arrière, vers l'orifice postérieur du gésier (V. PL XII, fig. 2, 6 et 7). La face inférieure est, comme la supérieure, légèrement creuse, à concavité dirigée vers le bas. De chaque côté et en avant existent deux appendices, prolongements du bord an- térieur, portant à leur sommet trois ou quatre fines denticu- lations. De chaque côlé du tubercule médian existe un second tubercule ou appendice latéral, recourbé en arc, pourvu d'un mince pédicule à sa base, mais large à son sommet et denticulé tout le long de son bord terminal libre, de forme triangulaire. L'espace limité par le rebord triangulaire et excavé porte, de même, de nombreux petits tubercules arrondis ou légèrement acuminés à leur sommet. Enfin, de chaque côté de la dent médiane et faisant corps avec elle, existe une dent accessoire, à base musculaire et à sommet compris entre le tubercule latéral chitineux dont nous venons de parler et les pointes latérales de la lame médiane. Le sommet, légèrement émoussé, présente en son milieu une faible dépression oblique, bordée par un bourre- let arrondi. Ce dernier, disposé en forme de fer à cheval, légèrement surélevé, est recouvert, sur tout son pourtour, de nombreuses soies chitineuses. Le nombre des dents médianes varie de quinze à dix-sept; il est habituellement de seize. Les dents latérales (V. PL XI, fig. 9) sont en même nombre (15-17) que les dents médianes. Elles affectent la forme de tubercules pyramidaux, à sommet émoussé et recouvert de fines soies chitineuses. La face externe de chacune d'elles, inclinée oi)liqucment par rapport aux parois du gésier, est presque plane et se termine par une sorte de tuber- cule de forme sphérique, portant des soies sur tout son pourtour. La face interne est légèrement oblique par rapport aux parois du gésier et présente, vers son sommet, une lé- gère excavation bordée de soies chitineuses. Elle porte, vers sa partie médiane, une lamelle chilincuse disposée en forme de V. Quant à la porlion terminale, elle est légèrement APPAREIL DIGESTIF DES ORTHOPTÈRES. il\ arrondie ou munie d'une pointe mousse dirigée vers l'orifice inlostinal; de plus, on constate encore la présence d'une dépression (riangulaire peu profonde donnant, au premier abord, l'apparence d\nie double dent. La profonde dépression comprise enlre deux colonnes de l'armature loge, dans sa profondeur, une longue baguette cliitineuse, ovoïde à ses deux bouts, rectangulaire dans sa partie médiane et munie latéralement de deux tiges jaunâtres dues à des épaississements cliitineux séparés par un espace beaucoup plus clair, faisant paraîlre la lamelle comme for- mée par deux lames cliitiueuses accolées par leur face interne. La cavité centrale de cette tige est remplie par un faisceau musculaire longitudinal. En enlevant la tige, on par- vient à laisser en place Je filet musculaire et on a alors une sorte de demi-cylindre creux à l'intérieur. La presque totalité des colonnes dentifères que nous venons de décrire se prolongent, dans Taxe de la partie antérieure de Fintestin moyen, sous forme de languettes. On constate, chez la Gryllotalpa, la présence de quatre languettes plissées, blanches, transparentes, cornéo-membraneuses, amincies à leur extrémité libre et formant, par leur accolement, une valvule conique très caractéristique. Chaque languelte pré- sente, dans sa partie médiane, une sorte de bourrelet longi- tudinal qui va s'atténuant peu à peu vers son sommet. Ces appendices foliacés, prolongements des rangées médianes de quatre colonnes de l'armature, par leur juxtaposition, fer- ment hermétiquement l'orifice postérieur du gésier et em- pêchent la marche rétrograde des aliments contenus dans l'intestin moyen. Dans la plupart des cas, deux des colonnes du gésier, dont la situation est quelconque parmi leurs con- génères, ne se prolongent pas par des languettes valvulaires et se terminent simplement par des appendices fohacés ovoïdes, très courts. Les appendkes intestinaux affectent à peu près les mêmes formes que dans les espèces précédentes. Ce sont deux grosses poches paires, latérales, oblongues, légèrement concaves, à 172 li. BORDAS. surfaces aatérieure et postérieure plissées et enveloppant laléralement la plus grande partie des parois du gésier. Ils sont parcourus extérieurement par de nombreux faisceaux irachéens. Leur cavité interne présente, comme chez les Bra- chytrypiis^ une série de cloisons incomplètes, irrégulières, sinueuses, parlant de la face en contact avec le gésier et divisant l'organe en un certain noml^re de compartiments commuoiquant entre eux du côté externe. Les deux appen- dices vont s'ouvrir à la partie antérieure de Tintestin moyen par deux orifices ellipliques, situés de chaque côté de la val- vule conique formée par la confluence des quatre languettes dues aux prolongements intestinaux des colonnes mastica- trices du gésier. y intestin moyen des Gryllotalpa est bien différent, par sa forme et sa structure, de celui des autres GryUidse. Cet or- gane comprend deux parties bien distinctes par leurs dimen- sions et surtout leur conformation interne. Il commence au gésier et se termine, après avoir décrit deux circonvolutions, par un bourrelet irrégulier, jouant le rôle de valvule. Un peu au-dessous de cette dernière vient s'ouvrir le canal efférent impair des tubes de Malpighi. La première portion est très courte et n'a environ que le quart de la longueur que pré- sente la seconde. Elle débute par une portion élargie, tron- conique, à base soudée au gésier, et loge dans son axe les prolongements foliacés et valvulaires de ce dernier organe. Le reste de cette première partie est cylindrique, lisse exté- rieurement et recouvert, en grande partie, par les premiers tours de spire de la seconde paitie de l'intestin. Les parois internes présenlenl une série de plissements longitudinaux, dus à des bandelettes muscuio-épithéliales au nombre de six à huit, étendus du gésier à un bourrelet irrégulier et pré- sentant, de distance en dislance, de petits tubercules mus- culeux, correspondant à une dépression annulaire externe très apparente. Les aliments ne font que traverser celte pre- mière portion du tube digestif et séjournent bien plus long- temps dans la seconde. APPAREIL DIGESTIF DES ORTHOPTÈRES. 173 Vers l'origine de l'intestin moyen viennent déboucher les quatre canaux excréteurs de deux paires de petits massifs glandulaires, signalés pour la première fois par L. Dufour (1834) et comparés par ce dernier auleur à l'organe splé- nique. Nous n'avons rencontré ces glandes chez aucun autre Orthoplère. Elles sont constituées par une série de petits tubes cylindriques, de couleur d'un blanc mat et présentant toute l'apparence, au point de vue histologique, des tubes de Malpighi. Les grosses cellules qui tapissent leurs parois internes ont, en effet, les plus grandes ressemblances avec celles des organes urinaires. Chaque tube se ramifie dichoto- miquement en donnant latéralement de courts rameaux cylindriques. Ces derniers produisent encore de nouvelles divisions terminées par un sommet arrondi. Toutes ces ra- mifications présentent très exactement l'apparence d'un petit arbuscule rameux, dont les diverses branches, en se concen- trant, finissent par ne plus former que quatre tubes effé- rents, une paire dorsale et une paire ventrale, qui vont s'ou- vrir un peu au-dessous de l'origine de l'intestin moyen, en face de la région médiane de la valvule postérieure du gésier. Les fonctions de ces organes sont encore fort problématiques, mais, vu leur position et leur structure, on peut admettre qu'ils sécrètent certains sucs agissant sur la digestion. Cependant quelques auteurs, frappés de leur ressemblance avec les tubes de Malpighi, leur attribuent une fonction pro- bablement excrétrice. En présence de telles incertitudes sur les fonctions de ces glandes, et pour rendre hommage au célèbre entomologiste qui les a décrites le premier, nous les désignerons sous le nom de Glandes de Dufour. La seconde portion de l'intestin moyen a un diamètre su- périeur à celui de la première et affecte la forme d'un sac à parois externes généralement boursouflées et pourvues de plusieurs séries de petits tubercules arrondis, disposés sui- vant des bandes longitudinales séparées les unes des autres par des lames musculaires plus ou moins apparentes. La paroi interne est des plus irrégulières et présente de nom- 174 li. BORDAfi. breux plissements longitudinaux et transversaux. A la partie antérieure, suivant une zone annulaire presque complète, existe une surface couverte de papilles courtes, coniques et terminées par une pointe arrondie (V. PL X[[, fig. 4). Ces petils organes lubuleux, à fonctions sans doute absorbantes, sont de même nature et présentent absolument la même structure que ceux que nous avons décrits avec détail chez les divers Gryllm. La seule différence qui existe dans les deux genres, c'est que, chez les Gryllus, ils sont plus nom- breux et deux fois plus volumineux que chez la Gryllotalpa. Du mamelon supérieur partent deux, quelquefois trois ban- delettes longitudinales, de forme reci angulaire, recouvertes par ces mêmes papilles. Vers le tiers postérieur, apparaissent de nouvelles zones papillaires (de 4 à 5) formées, soit directe- ment, soit par simple division des premières. Elles vont en se rétrécissant peu à peu et se terminent en pointe à une valvule irrégulière et plissée, marquant la fin de Lintestin moyen (V. PL XII, fig. 4). Les tubes de Malpighi (V. PL XII, fig. 1 et 5) affectent une disposition semblable à celle que nous avons décrite chez les autres Gryllidae. Ce sont des filaments tubuleux, longs, cyhndriques, flexueux, au nombre de 100 à 120, allant déboucher dans un réservoir collecteur commun, duquel part un conduit efférent impair, l'uretère, qui va s'ouvrir un peu au-dessous de la limite de séparation de Lintestin moyen et de Lintestin terminal. C'est Leydigqui le premier a constaté, chez la Gryllotalpa, l'existence de deux sortes de tubes de Malpighi, les uns jaunes, extrêmement nombreux, et les au- tres blancs, très rares. Ces derniers doivent en grande partie leur coloration blanchâtre à une multitude de concrétions prismatiques et ovoïdes, formées par de l'acide uriquc. Le mode d'emboucluire de l'uretère des tubes de Malpighi est tout à fait caractéristique et bien différent de ce que l'on observe chez les autr(\s espèces. Au lieu de se fixer simple- ment à la paroi intestinale, le lube se prolonge à l'intérieur, pour se terminer [)ar une papille ou tubercule Ironconique, APPAREIL DIGESTIF DES ORTHOPTÈRES. 175 parfois dolioliforme. Ce tubercule, très court, est percé à son sommet d'un' orifice irrégulier et étoile, limité par quatre valves disposées en croix. Ces valves sont en contact par leurs parois et terminées, à leur extrémité libre, par une pointe mousse et recourbée (V. PL XII, fîg. 5), h'intest'm postérieitr succède à l'intestin moyen, presque sans ligne de démarcation externe : seul un bourrelet val- vulaire intérieur marque la séparation des deux portions de l'organe. Le tube débute par une portion étroite qui s'élargit peu à peu et décrit de nombreuses sinuosités. Sa surface externe est boursouflée et couverte de granulations coniques ou hémisphériques plus ou moins apparentes et disposées par paires le long de trois à cinq bandelettes. Ces dernières sont placées longitudinalement et séparées par des lamelles musculaires parallèles. La surface interne est plissée el des plus irrégulières. A l'origine, on constate Texistence de cinq à sept lamelles musculaires qui vont en s'élargissant pro- gressivement et prennent peu à peu des caractères particu- liers : les unes sont lisses et les autres paraissent perforées d'une série de petits pertuis irréguliers. Ces pertuis con- duisent dans des infandihula ou cavités microscopiques, les- quelles correspondent aux tubercules dont nous venons de parler à propos de la surface externe. Après un léger rétré- cissement, apparaît un organe ovoïde, volumineux, plissé, le rectum^ présentant extérieurement une série de rubans épithélio-musculaires longitudinaux, correspondant à des replis internes {glandes rectoJes). Entre chacun des rubans musculaires existe un bourrelet antéro-postérieur portant, transversalement disposés, des tubercules groupés, soit par paires, soit d'une façon irrégulière. Ces derniers corres- pondent à des dépressions de la face interne ouvertes dans la cavité du rectum. La paroi intérieure est très irrégulière et présente une série de replis ou bandelettes longitudi- nales [glandes rectales)^ à bords plissés transversalement et frangés, divisant l'organe en un certain nombre de comparti- ments qui communiquent entre eux dans la région centrale. 176 là. BORD4IS. En RÉSUMÉ, ce qui caractérise V appareil digestif de la Gryllotalpa, c'est la forme toute particulière du jabot, dont les deux orifices sont situés à l'une de ses extrémités et la puissante armature masticatrice dont est pourvu le gésier. De plus, l'intestin moyen porte, à son origine, deux paires de touffes glandulaires, les glandes de Dufour, Il présente, en outre, intérieurement, une série de papilles ou villosités, très courtes et analogues à celles des Gryllus. Enfin, l'in- testin terminal est pourvu extérieurement d'une série de petits tubercules, coniques ou sphériques, disposés suivant plusieurs bandelettes et correspondant à des dépressions in- ternes. Le rectum est assez volumineux, ovoïde, et porte à sa surface des tubercules ou papilles externes disposées par paires le long d'un certain nombre de lamelles longitudi- nales et séparées par des bandelettes ou épaississements épithéliaux internes fusiformes [glandes rectales). ÉTUDE HISTOLOGIQUE DE L'APPAREIL DIGESTIF DES GRYLLID^. (V. PI. XII, fîg. 8, 9, 10 et 11.) L'étude histologiquede l'appareil digestif des Orthoptères ayant été faite avec détail au sujet des Locustidse et des Amdiidœ^ nous serons très bref pour les Gryllides et ne ferons que signaler les différences que ces insectes présen- tent avec ceux des familles précédentes. L'œsophage et le Jabot des Gryllus domesticus et des Gri/l- lotalpa vulgaris ont une structure à peu près identique. Pourtant, les parois du premier sont beaucoup plus minces que celles du second. Chez les deux, on constate la présence d'un nombre variable de replis longitudinaux, séparés par des dépressions parallèles. Sur une coupe transversale pei'pendiculaire à Taxe de l'organe, on trouve, en allant de dehors en dedans (Y. PI. Xlf, fig. 10) : APPAREIL DIGESTIF DES ORTHOPTÈRES. 177 r Quelques rares fibres musculaires disséminées et ne formant pas une membrane continue. T Une couche constituée par des fibres musculaires annu- laires. Cette couche, très mince à l'œsophage, est beaucoup plus épaisse au jabot. Les faisceaux externes sont légère- ment obliques, tandis que les internes, en rapport avec les cellules chitinogènes, sont nettement circulaires. 3° Une assise de petites cellules cubiques, à noyau central sphérique, contenant un petit nombre de nucléoles (5-8) et constituant les cellules génératrices [couche chitinogène) de la membrane chitineuse interne. 4° Enfin, tout à fait à l'intérieur de l'organe, existe une membrane chitineuse, sur laquelle sont implantées de nom- breuses soies cornées. Cette structure est peu différente, comme on le voit, de celle que nous ont présentée les organes similaires des Forficulidae, des Acridiidae et des Locustidaî. Le gésier, Vintestin^ le rectum et les glandes rectales des Gryllid.e ne présentant aucune particularité intéressante et offrant à peu près les mêmes caractères que chez les Lo- custidse, nous nous abstiendrons de les décrire, et n'étudie- rons que les glandes arborescentes ou glandes de Dufour et Y uretère ou canal excréteur impair des tubes de Malpighi. r Glandes arborescentes (V. PL XII, fig. 8 et 9). La struc- ture de ces glandes est fort simple et présente les plus grandes analogies avec celle des tubes de Malpighi. Sur une coupe transversale, on trouve successivement, en allant de dehors en dedans, une membrane basilaire, ou membrane enveloppante externe, très mince. Sur cette dernière repose une assise épithéliale comprenant de 6 à 10 grosses cellules renfermant chacune un volumineux noyau plurinucléolé. Le protoplasme cellulaire est granuleux. Enfin, l'épithéhum glandulaire limite un lumen central, étroit et irréguHer. Le canal excréteur des glandes de Dufour (glandes arbo- rescentes) est cylindrique et a ses parois externes lisses. Mais à l'intérieur, il présente une série de replis, déformes et de dimensions très variables. On compte ordinairement ANN. se. NAT. ZOOL. V, 12 178 ^' BORDAI. de dix à quinze de ces replis. Les parois du canal sont assez minces et comprennent extérieurement quelques faisceaux de muscles longitudinaux et une assise très nette, mais fort étroite de muscles circulaires. Sur l'assise musculaire repose la couche épithéliale. Cette dernière ne comprend qu'une seule épaisseur de grosses cellules cubiques ou rectangu- laires, à noyaux sphériques, très réguliers et occupant géné- ralement le centre des cellules. Le protoplasme cellulaire est strié, localisé surtout en avant des noyaux et présente de larges vacuoles. Le tout est recouvert par une épaisse membrane chitineuse supportant de nombreuses soies cor- nées. La présence d'un revêtement chitineux nous fait sup- poser que les glandes arborescentes doivent être des dépen- dances de l'extrémité postérieure du gésier. T Canal excréteur des tubes de Malpighi (V. PI. XII, fîg. 11). Le canal excréteur (uretère) des tubes de Malpighi est un tube cylindrique, comme celui des glandes de Dufour. Il est surtout caractérisé par l'épaisseur considérable de ses parois et par la présence de replis épithéliaux internes. On compte six replis principaux, de forme triangulaire, dans l'axe desquels pénètrent de fins prolongements musculaires. L'assise épithéliale est constituée par des cellules rectangu- laires à parois latérales peu apparentes. Au centre de chaque cellule existe un gros noyau sphérique, pourvu de nombreux nucléoles. Le protoplasme, finement strié, est surtout localisé vers la face interne de la cellule, tandis que du côté externe existe une large vacuole. Le tout est recouvert par une membrane chitineuse, analogue à celle que l'on constate dans l'intestin terminal. L'existence de cette membrane re- couvrante est une nouvelle preuve que les tubes de Malpighi ne sont que des diverticules, minces et tubuleux, de l'intestin postérieur. RÉSUMÉ. — Les glandes salivaires sont très développées chez les Cryllid^e. Elles s'étendent de la région occipitale de la tête jusqu'au tiers antérieur du métathorax [Gryllus, Nemobhfs). L'organe tout entier comprend deux grappes vo- APPAREIL DIGESTIF DES ORTHOPTÈRES. 179 lumineuses, pourvues de deux canaux eiïérenls se fusionnant pour conslituer un conduit collecteur commun impair. 11 existe deux réservoirs salivaires {Gryllus, Gryllotalpa, etc.), affectant la forme de deux sacs volumineux, très allongés et étendus jusqu'au deuxième segment thoracique. L'ensemble du tube digestif est caractérisé par un volu- mineux jabot à orifice postérieur généralement excentrique (Gri/Iiiis, Nemolnus, GryUotalpa), un puissant gésier, un in- testin sinueux et un canal urinaire efierent impair. Le pharynx et Yœsophage^ identiques de formes^ chez toutes les espèces, sont, le premier légèrement aplati trans- versalement, et le second cylindrique et uniquement localisé dans le protliorax. h^ jabot esl, chez toutes les espèces, volumineux, piriforme et occupe la presque totalité de la région médiane des deux derniers segments thoraciques. L'organe est légère- ment asymétrique et présente latéralement un cul-de-sac ou boursouflure plus ou moins prononcée (Gryiius). Chez le Brachytrypus, le jabot, très volumineux, est à peu près ré- gulièrement conique. Celui de la Gryllotalpa afl'ecte la forme d'une grande poche ovoïde, placée en dehors de l'œsophage et à grand axe transversal. Ses parois sont minces, transpa- rentes et lisses extérieurement. Son orifice postérieur est silué à peu de distance de l'ouverture œsophagienne, tou- jours vers la même extrémité du jabot et au fond d'une dépression de la face inférieure de ce dernier organe. Le jabot est uni au sommet antérieur du gésier par un pédon- cule large et court [Nemobius, Brachytrypus) ou bien allongé, cylindrique et recourbé [Gryllus, Gryllotalpa^ etc.). Le gésier de presque toutes les Gryllidae affecte une forme ovoïde ou légèrement sphérique et est enveloppé, à sa base et sur ses côtés, par les deux appendices intestinaux. Ses parois sont très épaisses et musculaires. Sa face externe est lisse, mais parcourue par de nombreux faisceaux trachéens ; sur l'interne repose une puissante armature chitineuse, dont les traits généraux se retrouvent chez toutes les Gryllidae. 180 I'- BORDAii. Cette puissante armature, sorte d'appareil triturant, est composée de six colonnes dentifères, séparées les unes des autres par des tigelles ou baguettes chilineuses, placées au fond de sillons longitudinaux profonds. Chaque colonne comprend trois rangées de dents. Les dents médianes sont variables suivant chaque espèce. Leurs formes sont si tran- chées qu'elles pourraient, tout aussi bien que la morphologie externe, servir à caractériser et à différencier les divers genres. Elles sont triangulaires et à bords denticulés chez les Brachytrypus , rectangulaires, tranchantes et en forme de plane chez les Gryllotalpa. Chez ces dernières, le gésier se prolonge, dans l'axe de la partie antérieure de l'intestin moyen, par une valvule conique formée par la confluence de quatre lamelles foliacées. Uintestin moyen des Nemobius comprend deux parties très nettes : une antérieure, lisse et cylindrique, en rapport avec les appendices intestinaux et une postérieure, re- courbée en demi-cercle. Les deux portions sont séparées par un repli circulaire correspondant à une valvule interne. La dernière partie présente de nombreux replis et porte à l'intérieur, sur la moitié environ de sa surface, une série de villosités ou papilles en forme de doigt de gant. Parfois ces villosités, au nombre de 60 à 80, sont disposées, à l'in- térieur de l'intestin, d'une façon irrégulière [Gryllus). Chez la Gryllotalpa, on constate l'existence de tubercules internes, cylindriques, à sommet arrondi, disposés suivant des bandes longitudinales séparées les unes des autres par des lames musculaires plus ou moins apparentes. Ces tubercules intestinaux sont deux fois moins volumineux que ceux des Gryllus et des Nemobius. Les appendices ou ciecums intestinaux affeclentla forme de sacs volumineux, légèrement recourbés et pourvus d'un petit nombre de replis inlernes (2-3) très courls et sinueux. Leur surface externe est lisse et recouverte par des tubes de Malpighi et de nombreux faisceaux trachéens. Ces or- ganes vont s'ouvrir dans un vestibule situé à l'origine de APPAREIL DIGESTIF DES ORTHOPTÈRES. 181 l'inlestiii moyen et limité, en arrière, par une valvule courbe, marquant le point oii l'intestin devient uniformé- ment cylindrique [Grylhis). Les tubes de Malpighi sont très nombreux : on en compte généralement de 100 à 120 [Gryllus, Nemobius, Brachy- trypus, Gryllotalpa), etc. Ce sont des organes cylindriques, flexueux et à pointe arrondie ou légèrement effilée, ils vont s'ouvrir à l'extrémité dilatée d'un conduit efférent unique et tubuleux débouchant dans Vintestin terminal. Ce dernier, beaucoup plus court que le précédent, porte une série de plissements longitudinaux trèsirréguliers. Il se rétrécit tout d'abord, puis se dilate ensuite pour constituer le rectum^ organe ovoïde et portant six bourrelets longitudinaux fusi- formes, constituant des glandes analogues aux glandes rec- tales des Hyménoptères. CONCLUSIONS. Nous allons, dans ces conclusions générales, résumer l'ensemble de nos recherches sur Y Appareil digestif des Or- thoptères et essayer d'établir une classification de ces Insectes basée sur les modifications éprouvées^ dans les diverses familles, par l'organe de la digestion. Glandes salivaires. — Les glandes salivaires sont, en général, bien développées chez tous les Orthoptères. Elles sont constituées par une série de grappes, formées chacune de nombreux acini glandulaires munis de canalicules excré- teurs. Des réservoirs salivaires existent chez la plupart des espèces. Les gkmdes salivaires des Forficulidœ sont rudimentaires. Par contre, celles des Phasmidœ sont bien développées et occupent, avec le jabot, la presque totahlé des segments thoraciques. Celles de V Acanthoderus sont paires et disposées symétriquement par rapport au jabot. Les réservoirs sali- vaires vont déboucher dans les canaux efférents. Ces derniers, au nombre de deux, s'ouvrent, sans se fusionner, en avant 182 li. BORUA^. de l'orifice buccal. — On trouve chez certaines Mantidœ [Hierodula bioculata) un appareil salivaire très volumineux, comprenant deux grappes glandulaires, deux canaux excré- teurs et deux réservoirs salivaires tubuleux, plissés et irrëgu- liers. Les Blattidœ possèdent des glandes salivaires très volumineuses munies de deux rései^voirs. Celles des Péripla- nètes sont situées dans le thorax et forment trois faisceaux principaux entourant parfois complètement une pprtion de l'œsophage et l'extrémité antérieure du jabot. — Les Acri- diens, contrairement à ce que nous ont présenté la plupart des familles précédentes, ont un appareil salivaire tout à fait rudimentaire. Il se compose, chez les Œdipoda et les Steno- bothrus, de deux petites grappes symétriques par rapport à l'axe du corps de l'insecte et situées au-dessous du jabot. Chaque grappe principale émet cinq ou six grappes secon- daires terminées par un petit nombre d'aam. C'est surtout chez les Locustidde et les Gryllidde que les glandes salivaires acquièrent leur maximum de développement. Elles forment deux volumineuses grappes localisées dans les deux pre- miers segments thoraciques. Chaque acinus glandulaire est pourvu d'une enveloppe externe^ d'une membrane basHaire très mince et d'une assise épithéliale formée par de grosses cellules entourant une cavité centrale sphérique. De chaque acinus part un canalicule excréteur très court et pourvu intérieurement d'un revêtement chitineux spirale, analogue à celui des trachées. Pharynx. — Le pharynx présente à peu près la même forme chez tous les Orthoptères. C'est un organe court, cylin- drique ou légèrement aplati horizontalement. Ses parois, plus ou moins épaisses suivant les familles, sont muscu- laires et plissées inlérieurement. OESOPHAGE. — U œsophage est un tube à peu près cylin- drique unissant le pharynx au jabot. 11 est généralement situé dans le premier ou les deux premiers segments thora- ciques et est, chez la plupart des espèces, enveloppé par les glandes sahvaires. Ses parois internes sont, en général, plis- APPAREIL DIGESTIF DES ORTHOPTÈRES. 183 sées longitudinalement. L'œsophage de la Gryllotalpa est très allongé. Jabot. — \jQ jabot des Forficididœ est un organe relative- ment volumineux, conique ou fusiforme, très extensible et occupant la presque totalité du thorax et les deux premiers segments abdominaux. Celui des Pàasmidœ est presque tubu- leux, parfois oblong ou fusiforme et comprend deux parties très différentes par leur apparence externe et surtout par leur structure intérieure [Acanthoderus). Les Acridiidde possèdent un jabot volumineux, fusiforme et occupant la presque totahté du thorax. Ses parois internes sont parcourues par des bandelettes sinueuses, hérissées de petites dents ou pointes chitineuses. Sa portion terminale, de forme conique, peut être considérée comme l'homologue du gésier des autres Orthoptères. Enfin, chez les Gryllotalpa^ le jabot affecte la forme d'une grande poche ovoïde, placée sur le côté de l'œsophage, à parois extensibles, minces, trans- parentes ethsses extérieurement. Gésier. — Le gésier existe chez tous les Orthoptères : il n'est atrophié et rudimentaire que chez les Phasmides et les Acridiens. Partout ailleurs, il affecte la forme d'un organe ovoïde, compris entre le jabot et l'intestin moyen et pourvu intérieurement d'une armature chitineuse, plus ou moins puissante suivant les familles. Les dents qui composent l'ar- mature interne, disposées suivant six rangées longitudinales, sont généralement fortes, puissantes, crochues, à pointe dirigée en arrière et pourvues de plusieurs tubercules (Blat- tidae, Locustidse, Gryllidae, etc.). Chez les Acridiidde^ l'extré- mité postérieure du jabot, de forme conique, pourvue de six lamelles chitineuses brunâtres, triangulaires, à bords arron- dis, peut être considérée comme l'homologue du gésier des autres Orthoptères. Au point de vue physiologique, le gésier des Orthoptères a deux fonctions. Il sert: 1° à broyer et à triturer les matières alimentaires incomplètement divisées par les mandibules et les mâchoires, et V à emvêcher^ par son extrémité postérieure 184 t^- BORDitli. munie de valvules de diverses formes, la marche rétrograde du bol alimentaire de l'intestin vers le jabot. Telle n'est pour- tant point l'opinion de Plateau. D'après ce savant entomolo- giste, le gésier des Orthoptères, pas plus que celui des Coléoptères carnassiers, n'est un appareil triturateur auxi- liaire des pièces buccales (V. Recherches sur les phénomènes de la digestion des Insectes^ p. 74, 1874). La forme du gésier, sa structure, la puissante armature chitineuse qui recouvre sa face interne (V. les chapitres relatifs aux Mantidœ, Lo- custidœ et Gryllidde) et surtout nos observations physiolo- giques nous ont conduit à des conclusions tout opposées. Le GÉSIER sert à régler le passage des aliments du jabot dans rintestin et à empêcher leur inarche rétrograde pendant les mouvements intestinaux , Mais, sa fonction principale consiste surtout à compléter Faction mécanique de F armature buccale, à broyer et à triturer les substances nutritives. Du reste, la forme et la puissance de l'armature interne sont en rapport presque constant avec le genre de vie de l'animal. D'autre part, la structure des dents, leurs nombreux tubercules latéraux, la bouillie végétale et les débris tri- turés qui emplissent les interstices séparant chaque dent ou comblent les dépressions longitudinales situées entre les ran- gées, et surtout la nature de la masse alimentaire intesti- nale, totalement difl'érente de celle du jabot, sont des preuves irréfragables de Faction triturante et masticatrice que le gésier exerce sur les aliments. Le gésier est donc un appareil masticateur très puissant, destiné à compléter F action des man- dibules et des mâchoires. D'autre part, ses valvules, en s'ac- colant et s'affrontant, empêchent le retour des aliments en arrière pendant les contractions intestinales. Pour le prouver, il suffit d'exercer une pression sur l'intestin moyen à l'état de plénitude : on constate alors que tout retour des aliments vers le jabot est impossible. Chez les GrijUïdx, le gésier est uni à l'extrémité posté- rieure du jabot par un pédoncule plus ou moins long [Gryl- lotalpa, Gryllus, Nemobius, etc.). APPAREIL DIGESTIF DES ORTHOPTÈRES. 1 85 Appendices intestinaux. — Tous les Orthoptères, sauf les Forficididœ et lesPhasmidœ, portent, à l'origine de l'intestin moyen, des appendices ou cœcums plus ou moins volumineux, de formes très variables d'une famille à l'autre et dont le nombre est toujours compris entre deux et huit. La présence ou l'absence de ces appendices permet de diviser les Orthop- tères en deux sections très nettes, comprenant des espèces dont la structure des organes internes correspond à des caractères morphologiques externes différents. Les Mantidse et les Blattidde sont pourvues de huit appendices intestinaux, longs, flexueux, cylindriques et insérés à l'origine de l'in- testin moyen. Les Acridiidde n'en possèdent que six^ munis chacun d'un petit diverticule conique, à pointe dirigée en arrière. Chez les Locustidœ et les Gryllidde^ les caecums intestinaux sont pairs et affectent la forme de larges sacs. Les appendices des Pseudophyllinse permettent de relier les Acridiens aux Locustides. En effet, chez le Cleandrus^ les appendices intestinaux sont disposés, de chaque côté du gésier, en deux groupes. Le groupe postérieur, de beaucoup le moins important, n'est formé que par un caecum unique, sinueux, élargi à sa base et aminci à son sommet. Le groupe antérieur est large, aplati, à face interne concave et présente, du sommet à la base, six ou sept sillons peu profonds, séparés par des bour- relets parallèles. Chaque sillon correspond à une cloison interne divisant la cavité caecale en une série de logettes, nettement séparées les unes des autres et s'ouvrant directe- ment à l'extrémité antérieure de l'intestin moyen. — Cette disposition permet de rattacher très facilementles Orthoptères à caecums multiples aux Orthoptères à caecums pairs, et de passer ainsi, par des transitions graduelles et insensibles, des Mantidœ, Blattidœ^ Acridiidde aux Locustidœ et aux Gryllidse. Ces appendices ont été considérés, par la plupart des Zoologistes, comme des glandes analogues soit au foie, soit au pancréas. Pour Cuvier, la sécrétion des appendices intestinaux est analogue au suc gastrique. Elle est ou biliaire 186 li BORDAii. OU identique au suc pancréatique pour Marcel de Serres et Duméril. Newport, Burmeister et Lacordaire comparent les diverticules de l'extrémité antérieure de l'intestin moyen au pancréas et leur sécrétion au suc pancréatique, tandis que Latreille, Dugès et J. Millier les considèrent comme les homologues de la glande hépatique. D'après nos recherches et nous basant sur l'identité de structure liistologique de ces organes avec l'intestin, sur leur forme, leur disposition, leur mode d'insertion, la nature de leur contenu, etc., nous les considérons comme de simples cdecums^ des diverticules glandulaires de Vextrémïié antérieure de ïinlestin moyen (V. p. 138). Intestin moyen. — \J intestin moyen est un organe à peu près cylindrique et plus ou moins long suivant les diverses familles. Chez les Forfîculidœ, il est presque droit et carac- térisé par la régularité et la symétrie de son épithélium cilié. Celui des Phasmidœ est droit et comprend, à sa partie antérieure, une épaisse couche musculaire formée par des faisceaux disposés en anneaux très apparents; la seconde partie porte, dans sa région médiane, une série àQ glandules , à base conique, prolongées par un long appendice filiforme. Rectiligne chez les Mantidœ (sauf le genre Eremiaphila) et les Acridiidœ, l'intestin moyen des Blattidœ^ Locustidœ et Gryilidœ est un tube cylindrique, plus ou moins long, à parois internes plissées et décrivant une ou plusieurs circon- volutions. Chez les Gryllus, Nemobius, Gryllotalpa^ etc., l'intestin moyen comprend deux régions différentes par leur structure et présente, à la face interne de sa seconde partie, une série de replis irréguliers et de nombreuses papilles cylindriques, à sommet émoussé, assez analogues aux villo- sités intestinales. De plus, chez la Gryllotalpa^ l'intestin moyen porte, à son origine, deux paires de toutîes glandu- laires, les glandes de Du four (V. p. 173). Intestin postérieur. — \J intestin postérieur Aq^ Acridiens est rectiligne, étroit et court; il en est de même de celui des P/msmidœ^ mais, dans cette dernière famille, l'organe pré- APPAREIL DIGESTIF DES ORTHOPTÈRES. 187 sente six longues bandelettes longitudinales. Chez les autres Orthoptères, l'intestin terminal, plus ou moins allongé, est généralement siuueux. Chez les Gryllotalpa^ la surface externe de l'organe est boursouflée et couverte de granula- tions coniques ou hémisphériques, plus ou moins apparentes et disposées par paires le long de trois à cinq bandelettes. C'est à l'origine de l'intestin terminal que viennent débou- cher les tuhes de Malpighi. Tubes de malpighi. — Les tubes ae Malpighi ou organes urinaires des Orthoptères présentent, quant à leur nombre et leur longueur, une grande ressemblance avec ceux des Hyménoptères, mais ils en diffèrent essentiellement par leur disposition et leur mode d'embouchure. Ce sont, en général, de petits tubes capillaires, cylindriques, flexueux, disposés en plusieurs faisceaux allant déboucher, dans la plupart des espèces, au sommet de six petits tubercules coniques prove- nant d'évaginations de l'extrémité antérieure de l'intestin terminal. Pourtant, chez les ForficAilidde, les Phasmidœ et les Gryllidœ^ le rapport de ces glandes avec l'intestin est tout à fait différent. — Au point de vue histologique^ ces organes sont constitués par une tunique péritonéale externe très mince et par un épithélium interne reposant sur une mem- brane basale très ténue. L'épithélium, comprenant un nombre de cellules excrétrices variable suivant les espèces, entoure un lumen central très étroit. — Parmi les contenus d'excré- tion de ces glandes, nous avons trouvé en abondance : de l'urate de soude et de l'urate de chaux chez les Gryllus\ de l'acide urique c\\Qz\di G?- y Ilot alp a ^ sous forme de concrétions irrégulières sphériques et de crislaux prismatiques ; de l'urate de soude et de l'acide urique chez les Blattes et les Périplanètes. Grâce aux nombreux types que nous avons eus à notre disposition, il nous a été possible de suivre tous les termes de passage entre les divers modes d'embouchure des tubes uriques. — Chez les ForficuUdœ^ les tubes de Malpighi sont peu nombreux (huit à dix environ) et groupés en deux faisceaux. Beaucoup plus abondants chez les Phasmidœ^ ces 188 JL. ItORDitS». organes vont s'ouvrir au sommet de nombreux tubercules coniques très courts, disposés en cercle à l'origine de l'in- testin terminal. Les Pérïplanètes et les Blattes possèdent un grand nombre de tubes uriques disposés en six faisceaux. 11 en est de même chez les Lociistidœ. Enfin, par les Gryllacris qui ne possèdent, en général, qu'un seul tubercule collecteur au sommet duquel viennent déboucher de 80 à 100 tubes de Malpighi, nous passons aux GryUïdœ. Chez ces derniers, les tubes urinaires, très nombreux, longs et flexueux, vont déboucher à l'extrémité élargie crun canal collecteur unique (uretère). Rectum. — Cet organe, bien que variable dans ses formes suivant les espèces, présente néanmoins des différences assez notables d'une famille à l'autre. C'est une poche ovoïde ou fusiforme séparée de la portion terminale de l'intestin posté- rieur, soit par un bourrelet annulaire, soit par six puissantes valvules pyramidales [Phibalosoma). Le rectum des Gryllo- taipa porte à sa surface des tubercules ou papilles externes, disposées par paires sur un certain nombre de lamelles lon- gitudinales. Les glandes rectales sont constituées, chez presque tous les Orthoptères, par six bandelettes fusiformes et dis- posées circulairement à égale distance le long du rectum. Celles des Forficulidde sont ovales, alternes et placées sur deux rangées circulaires. Histologie de l'appareil digestif. — h'œsophage et le jabot présentent à peu près la même structure histologique. Ils comprennent, en allant de l'intérieur à l'extérieur : une membrane chitineuse, transparente et portant de fines denti- culations coniques, à pointe dirigée en arrière ; une assise de cellules chitino(jènes\ une coucJie musculaire circulaire, très mince; quelques muscles longitudinaux; enfin, le tout est recouvert exlérieurement par une tunique péritonéale très ténue. Le (/^,s7>r est formé par une série de membranes qui sonl: une tunique jiéritonéale externe ^ très mince ; une couche mus- culaire longitudinale] des faisceaux musculaires annulaires, APPAREIL DIGESTIF DES ORTHOPTÈRES. 189 comprenant six ou sept assises disposées parallèlemenl les unes au-dessous des autres; V assise des cellules chitbwgènes, et enfin la couche cJàtineuse interne, épaisse, transparente, irrégulière, et constituant la substance des dents de l'appareil masticateur. La structure histologique des cœcums ou cippendices intesti- naux est des plus caractéristiques. Ces organes comprennent, en allant de l'extérieur à l'intérieur : une tunique ou enve- loppe péritonéale ; une très mince couche musculaire cons- tituée par quelques faisceaux longitudinaux ; des muscles circulaires, et enfin une couche basilaire, très ténue, servant de ^u^^^OYikYépithêlium glandulaire cilié. La présence d'une assise ciliée revêtant la face interne de l'intestin moyen et des caecums des Orthoptères n'a rien qui doive nous sur- prendre, puisque Frenzel (I) a également observé, sur les cellules de Tintestin moyen des Insectes, des cils raides et immobiles. La même constatation a été faite par Leydig sur la Chenille de la Noctua aceris. D'autre part, nous sommes arrivé à un semblable résultat dans notre étude sur le tube digestif des Hyménoptères (2). \J intestin moyen présente à peu près la même structure histologique, avec cette différence que les couches musculaires longitudinales et circulaires sont beaucoup plus épaisses que dans l'organe précédent. — h' intestin postérieur est surtout caractérisé par ses six replis longitudinaux internes et surtout par la régularité de son épithélium. Ce dernier est constitué par une assise unique de cellules rectangulaires à gros noyau sphérique plurinucléolé. Il est recouvert d'une épaisse membrane chitineuse, transpa- rente, abords parallèles et parfois sinueux. Viennent ensuite les muscles circulaires, les muscles longitudinaux et la mem- brane péritonéale. — Le rectum porte une série d'épaissis- sements ou bourrelets longitudinaux constituant les glandes rectales. Ces dernières présentent, en coupe transversale, une (1) Der Mitteldarm der Insecten (Arcb. fiir Mikros. Anat,, 1! (2) Appareil g laîidulaire des Hyménoptères (Ann. des Sciences natur. Zool., 1894). 190 >^- UORUA^i. forme triangulaire et comprennent une assise de grosses cellules rectangulaires, à noyau central sphérique ou légère- ment allongé et contenant de nombreux nucléoles très apparents. Une mtima chitineuse recouvre cette assise épi- Ihéliale (1). CLASSIFICATION DES ORTHOPTÈRES D'APRÈS LES CARACTÈRES TIRÉS DE L'APPAREIL DIGESTIF Les Orthoptères, d'après la conformation de leur appareil digestif, peuvent être divisés en deux sous-ordres, caractérisés principalement par la présence ou l'absence de diverticules intestinaux. De plus, le nombre et la disposition des tubes de Malpiglii, de même que la forme et la structure interne du gésier, permettent de subdiviser chaque sous-ordre en un certain nombre de familles nettement séparées les unes des autres, mais présentant entre elles certains rapports ratta- chant une famille à l'autre et servant de transition entre chacune d'elles. Aussi, grâce aux nombreuses variétés de structure qu'affecte le gésier et aux divers degrés de complication morphologique qu'offre son armature masticatrice interne, grâce surtout à r absence ou à la présence de cœcurns on appendices intestinaux^ avons-nous partagé Tordre des Orlhoptères en deux sous- ordres : les ACOLOTASiA ou Orthoptères sans appendices intestinaux, et les colotasïa, comprenant les Orthoptères à appendices intestinaux plus ou moins nombreux. Cette classifi- cation, basée uniquement sur des caractères de morphologie interne, a, en outre, Tavantage de grouper les Orthoptères dans un ordre à peu près parallèle à celui de l'apparition de ces Insectes dans les temps géologiques. PREMIER sous-ordre: ACOLOTASIA. Les Acolotasia sont des Orthoptères dont l'appareil (1) PourlVHude liistolo^ique de V Appareil dificstif des Orthoptères, \oiv les p. 12, 13, 14; 01, '.>2, 1)4 ; 130 à iVS et 170 à 180. APPAREIL DIGESTIF DES ORTHOPTÈRES. 191 digestif, pourvu de six parties très nettes, ne présente aucune trace de diverticules ou appendices à C extrémité antérieure de r intestin moyen. Glandes salivaires assez développées; tubes de Malpighi plus ou moins nombreux et débouchant [Phas- midœ) au sommet de petits tubercules coniques; gésier rudi- mentaire. V Famille : Phasmid^. — Le^ F/tasmidœ sont caractérisées par un tube digestif presque droit, sans circonvolution et par l'atrophie du gésier. La première partie de l'intestin moyen est recouverte d'une épaisse couche musculaire, dont les différents faisceaux sont dirigés transversalement, tandis que la seconde présente, sur son pourtour, de nom- breuses glandules à base élargie et conique et à sommet filiforme. Les tubes de Malpighi sont nombreux, disposés en faisceaux et vont s'ouvrir au sommet de tubercules cylindro- coniques. '2,^ Famille :¥oRFic\]LiDM. — Ces Insectes ont l'intestin légèrement sinueux à sa partie terminale, un gésier globu- leux et des tubes de Malpighi, au nombre de huit à dix, groupés en deux faisceaux. deuxième sous-ordre : colotasia. Orthoptères dont l'appareil digestif, long et sinueux, dépasse généralement une fois et demie la longueur du corps de l'insecte et dont l'extrémité antéiieure de l'intestin moyen est pourvue d'un plus ou moins grand nombre d'appendices tubuleux^ clos à leur extrémité libre. Ces appendices ou diver- ticules sont au nombre de huit chez les 3Ia?iticlœ et les Blat- tidœ, de six chez les Acridiidœ et de deux seulement chez les Locustidœ et les Gryllidde, T' Famille: Blattjd^. — Caractères: tube digestif long et sinueux, jabot volumineux, gésier pourvu d'une armature masticatrice très puissante, huit appendices intestinaux et tubes de Malpighi nombreux et groupés en six faisceaux. V Famille: Mantid^e. — Glandes salivaires volumineuses et comprenant plusieurs grappes, jabot très développé, 192 ^ BORDAii. gésier rudimentaire, huit appendices ou cœciims intestinaux. 3' Famille : Acridiid.e. — Tube digestif droit, non sinueux; glandes salivaires rudimentaires; gésier nul ou atrophié; intestin moyen plissé longitudinalement ; tubes de Malpighi peu nombreux et groupés en faisceaux; six appendices intestinaux, coniques et pourvus d^un nombre égal de diverticules postérieurs^ généralement ti^ès courts. 4' Famille : Locustid^. — Caraclères: tube digestif long et sinueux; jabot 1res développé; gésier volumineux et pourvu d'une 1res puissante armature chitineuse interne, à dents très fortes et disposées en six rangées; deux larges appendices intestinaux entourant les parois latérales du gésier \ tubes de Malpighi nombreux, longs et filiformes, allant s'ou- vrir au sommet de petits tubercules cylindro-coniques. 5^ Famille : ÇiWi\AA\y M. — Caraclères: tube digestif long et sinueux ; gésier large et volumineux, recouvert intérieu- rement d'une très puissante armature chitineuse. Les tubes de Malpighi, groupés en un large faisceau, vont s'ouvrir à l'extrémité élargie d'un canal efPérent cylindrique jouant le rôle à'uretère. Ces Insectes, comme les Locustides, nont que deux appendices intestinaux. EXPLICATION DES PLANCHES PLANCHE I Appareil digestif des Forficulidœ et des Phasmtdde. Fig. 1. — Tube digestif de la Forficula auricalaria. MJ, mandibules: P/t, pha- rynx; CE, œsophage; Ja6, jabot; G, gésier ; I. m, intestin moyen, et I.p, in- testin postérieur; T. M, tubes de Malpighi, peu nombreux et groupés en deux faisceaux; R, rectum; g.r, glandes rectales et A, orifice anal. Fig. 2. — Gésier de la Forficula auricularia. Dans cette figure, on a représenté également l'origine de l'intestin moyen et la portion terminale du jabol. Ja, portion terminale du jabot; p, prolongements des six languettes du gésier dans le jabot; G, gésier de forme ovoïde; l.m, intestin moyen; p,g, prolongements des lamelles du gésier dans l'axe de l'intestin moyen. Fig. 3. — Disposition de l'une des six colonnettes longitudinales du gésier. Cette colonnette ou languette est détachée et vue par sa face interne pour montrer les nombreux piquants situés en a et b; a, portion supérieure de la languette contenue dans le jabot ; c, région médiane de la languette; h, extrémité inférieure de la languette placée dans l'axe de l'intestin moyen. Fig. 4. — Coupe de l'œsophage de la Forficula auricularia. c. m, couche muscu- laire formée par des faisceaux annulaires peu épais. A l'extérieur existe quelques rares fibres longitudinales, recouvertes par une membrane très mince mp; ce, couche épithéliale constituée par une seule assise de cellules chitiuogènes, de forme cubique, avec un gros noyau central n; ch, couche chitineuse mince, recouvrant l'épithélium. Cette couche se détache facilement des cellules sous-jacentes ; 0, cavité centrale de l'œsophage; R, un des nombreux replis que forme la couche interne; mp, membrane péritonéale très mince. La structure da jabot est identique à celle de Vœsophage, avec cette diffé- rence toutefois que les replis sont plus nombreux, plus accentués et que la couche musculaire enveloppante est plus épaisse. Fig. 5. — Coupe de l'intestin postérieur de Forficula auricularia. M, mem- brane enveloppante externe, très mince. F/, faisceaux musculaires longi- tudinaux, peu nombreux; ce, couche épithéliale présentant six replis- longitudinaux R, très apparents extérieurement sous forme de bande- lettes blanchâtres; ch, enveloppe chitineuse interne recouvrant la mem- brane épithéliale; o, cavité centrale; Fc, couche musculaire, constituée par des faisceaux annulaires. Fig. 6. — Coupe transversale d'une glande rectale B de la Forficula auricu- ANN. se. NAT. ZOOL. V, 13 194 ^' BORDAi». laria. Le rectum présente six bourrelets semblables. R,R, sillons latéraux compris entre deux glandes rectales; ce, intima ou couche chitineuse; uc, matrice de l'inlima chitineuse ou assise chitinogène; E, assise épi- théliale, formée par de grosses cellules rectangulaires, à noyau central ovale pourvu de nombreuses granulations nucléolaires. Chaque bourrelet ou repli glandulaire renferme environ de 10 à 12 cellules semblables. Le protoplasme cellulaire présente de nombreuses striations, bien accentuées surtout vers le bord interne; Tr, filaments trachéens vus en coupe; Ag, assise génératrice épithéliale; Te, tissu conjonctif ; cl, faisceaux mus- culaires longitudinaux; cmc, couche musculaire circulaire, généralement très mince. Fig. 7. — Ensemble de l'appareil digestif du Phihalosoma pythonius (Westw.). Mcl, mandibules; m, faisceaux musculaires rattachant le pharynx aux parois latérales céphaliques ; QE, œsophage ;;».{, jabot ; Im^, portion anté- rieure de l'intestin moyen avec ses gros bourrelets musculaires annu- laires; Img, deuxième portion de l'intestin moyen, portant un certain nombre de glandules gl, à base ovoïde et terminées par un filament grêle et flexueux; ïm, tubes de Malpighi, groupés en plusieurs faisceaux s'ouvrant au sommet de petits tubercules coniques; Ip, intestin terminal ; R, rectum, présentant six bourrelets longitudinaux a correspondant à des replis épithéliaux internes [glande?, rectales)', kg, armature génitale. Fig. 8. — Bourrelet valvulaire R-u, de l'extrémité postérieure Ip, de l'intestin terminal de Phibalosoma. Ces bourrelets, de forme pyramidale, sont au nombre de six. R, bandelette interne du rectum. Fig. 9. — Portion terminale de l'intestin moyen Im^ de Phihalosoma, avec ses replis longitudinaux séparant des bourrelets parallèles R. Tm, tubes de Malpighi, groupés en plusieurs faisceaux s'ouvrant au sommet de petits tubercules coniques a. Fig. 10. — Portion terminale de l'abdomen de Phihalosoma pythonius; a et D, deux derniers segments abdominaux; A, armature génitale. Fig. 11. — Orifice antérieur du rectum de Phihalosoma, avec ses six val- vules V, limitant un orifice étoile 0; Ve, enveloppe musculaire du rétré- cissement postérieur de l'intestin terminal. PLANCHE IL Appareil digestif des Forficulidœ [Forficula), des Phasmida) [Acanthoderus, Necroscia) et des Mantida; {Tenodera). Fig. 1. — Appareil digestif de VAccmthodejms spinosiis. Md, mandibules; M, faisceaux musculaires rattachant le pharynx Ph aux parois latérales céphaliques; P/i, pharynx; OE, œsophage; \\s, réservoirs salivaires de forme ovoïde; Gs, glandes salivaires avec leurs canaux excréteurs ce, ia, jabot; Imj, portion antérieure de l'intestin moyen; Imo, portion terminale du même organe; Gl, glandules filiformes dépendant de l'in- testin moyen; Tm, tubes de Malpighi groupés en nombreux faisceaux; Ip, intestin postérieur ou terminal ; R, rectum et glandes rectales Gr. Fig. 2. — Appareil digestif de la Tenodera Australasix. Cet organe est remar- quable par l'énorme développement du jabot qui remplit tout le thorax et la moitié antérieure de l'abdomen et par la grande réduction des intestins moyen et postérieur. Md, mandibules; OE, œsophage; lis, réser- voirs salivaires; Gs, glandes salivaires et canaux excréteurs ce; .Irt, ia.,. EXPLICATION DES FLANCHES. iOo portion antérieure et portion postérieure du jabot; Gc, i:;ésier atrophié; Ai, appendices intestinaux; \m et Ip, intestins moyen et postérieur; Tm, tubes de Malpighi;R, rectum; Gr, glandes rectales; Ag, armure génitale. Fig. 3. — Structure des colonnes chitineuses, avec denticulations, de la partie postéro-interne du jabot de VAcanthoderus sj^inosiis. R, bandelette cornée recouverte de dents chitineuses d et limitée par une dépression longitudinale S. Fig. 4. — Portion terminale de Fintestin moyen de VAcanthoderus, avec ses bourrelets transversaux, gl, glandules à base conique et à extrémité fili- forme; Tw, tubes de Malpighi allant s'ouvrir au sommet de petits diver- ticules coniques. Fig. 5. — Section transversale du gi^sier et de la partie antérieure del'intestin moyen de la. Forficula aurkulqria. M, membrane enveloppante externe ou tunique péritonéale. F/, fibres musculaires longitudinales; Fc, couche musculaire annulaire ; ce, membrane épithéliale interne de la portion antérieure d'i l'intestin moyen. L'épithélium est constitué par une assise unique de hautes cellules cylindriques, alignées en ordre et symétrique- ment disposées. Ces cellules sont pourvues de gros noyaux cylindriques ou ovales présentant, à leur intérieur, de nombreuses granulations nu- cléolaires ; elles sont, en outre, surmontées d'un plateau chitineux strié et cilié A. Gi, épithélium interne, appartenant à la suiface externe du gésier, de même structure que l'épithélium ce. A, revêtement cilié épi- thélial; B, cavité interne de l'intestin; La, replis internes (lamelles) du gésier avec leurs cellules chitinogènes, leur revêtement corné et leurs denticulations; Ga, cavité centrale du gésier. Fig. 6. — Replis chitineux de Ja face interne de la région postérieure du jabot, chez la Necroscia erechtheus. B, larges bandelettes cornées recou- vertes de dents chitineuses d, disposées régulièrement; S, dépression longitudinale séparant deux bandelettes. Fig. 7. — Une des glandules externes de Fintestin moyen de VAcanthoderus, vue à un fort grossissement. R, réservoir, de forme conique; ca, portion filiforme de la glande. Fig. 8. — Canaux excréteurs des glandes salivaires de VAcanthoderus; c, canalicules excréteurs ; ce, canaux efférents, s'accolant en E, au moment de s'ouvrir au dehors. Fig. 9. — Une portion delà membrane chitineuse Ich qui recouvre les bour- relets situés au-dessous des dents du gésier de la Mantis religiosa; d, dents ou soies chitineuses, à sommet simple ou bifide. PLANCHE IIL Appareil digestif des Mantidse [Hierodula, Stagmatoptera, Mantis, Eremiaphila) et des Blattidœ [Blabera atropos, BI. gigantea). Fig. 1. — Portion terminale de l'appareil digestif de Blabera atropos. Im, intestin moyen ; Ip, intestin postérieur ; Tm, tubes de Malpighi groupés en un large faisceau ; R, renflement de l'intestin postérieur ou terminal ; Re, rectum. Fig. 2. — Appareil digestif de VHierodula hioculata. Cet organe présente un œsophage très allongé. Md, mandibules; P/«, pharynx; CE, œsophage; Gs, glandes salivaires; Rs, réservoirs et ce, canaux excréteurs; Ja, jabot J96 I^- BORDAS. très volumineux ; Ge, gésier presque atrophié ; Ai, appendices intestinaux, longs et flexueux; Im, intestin moyen ; Tm, tubes de Malpighi ; ]p, intestin postérieur ; R, rectum et glandes rectales Gr. Fig, 3. — Appareil digestif d'£remmpAi/a denticollis. Md, mandibules ; P/i, pha- rynx; Gs, glandes salivaires avec leurs réservoirs R et leurs canaux excré- teurs c; OE, œsophage; Ja, jabol; Ai, appendices intestinaux; Im, intestin moyen; Ip, intestin postérieur; Tm, tubes de Malpighi; R, rectum et glandes rectales Gr. Fig. 4. — Portion interne du gésier de Blahera atropos, montrant les replis et les denticules ; Sa, portion inférieure et interne du jabot avec ses replis ; d, denticules du gésier. Ces denticules sont les derniers vestiges de Tarma- ture chitineuse si développée chez les Blattes. Ge, replis du gésier. Fig. 5. — Mode d'insertion des appendices intestinaux à l'origine de Tintestin moyen chez la Stagmatoptera predicatoria. 7i, nerf sympathique sus-intesti- nal, avec ganglion intestinal gs ; Ja, jabot ; Ai, cœcums intestinaux ; Ap, ren- flement du gésier; Im, extrémité antéro-interne de l'intestin moyen, pré- sentant une série de dépressions ca, au sommet desquelles se voient les orifices o des Criecums intestinaux. Fig. 6. — Vue interne du gésier de la Mantis religiosa. Bo, une des six colonnes cornées internes, bombées, avec ses bandelettes longitudinales chiti- neuses, irrégulières, souvent même anastomosées entre elles et portant, à leur surface libre, de nombreuses soies très courtes; S, dépression lon- gitudinale, peu profonde, comprise entre deux colonnes cornées; d, une des dents chitineuses, recourbées en arrière et situées à l'extrémilé des dépressions S; B. zone sétigère, demi-circulaire, bombée et hérissée de soies ou poils chitineux, de formes et de dimensions variables ; p, pédi- cule cylindrique qui se prolonge dans l'axe de l'intestin moyen. Fig. 7. — Colonnes chitineuses B du gésier de la Stagmatoptera predica- toria; B', légers bourrelets chitineux, surmontant les colonnes et séparés par des dépressions; d, dent chitineuse ; a, zone fusiforme pilifère portant des soies tantôt libres, et tantôt soudées, formant alors une sorte de denticule ; S, région pilifère située à l'extrémité postérieure du gésier. Fig. 8. — Une des six colonnes masticatrices du gésier de la Blahera gigantea. L'armature masticatrice, bien développée chez les Périplanètes, est à peu près atrophiée chez les Blahera; D, dent de l'armature au- dessous de laquelle sont de légers replis c disposés longitudinalement. PLANCHE IV. Appareil digestif des Blattidœ {Periplaneta, Blahera, Epilampra, Polyzosteria, etc..) Fig. 1. — Appareil digestif de la Polyzosteria limhata. L'échantillon soumis à notre examen avait les dimensions suivantes : longueur, 62 millini., et largeur, prise au 2^ segment abdominal, 22 millim. Quant au tube digestif, il mesurait, complètement développé, 127 millim. P/<, pharynx; CE, œsophage; Ja, jabot et gésier Ge; Ai, appendices ou caecums intesti- naux au nombre de huit. La figure n'en représente que six; Im, intestin moyen, flexueux et très long; Tm, tubes de Malpighi groupés en six faisceaux autour de l'intestin; Ip, intestin terminal avec un renflement médian R; Re, rectum et glandes rectales Gr. Fig. 2. — Ensemble de l'appareil digestif de la Blahera gigantea. Cette espèce EXPLICATION DES PLANCHES. 197 avait les dimensions suivantes : longueur, 61 millim., et largeur, au 4^ segment abdominal, 25 millim. ; P/t, pharynx; OË, œsophage; Ja, jabot; Ge, gésier; Ai, appendices intestinaux; Im, intestin moyen; Ip, intestin terminal avec les tubes de Malpighi Tm groupés suivant une plage irré- gulière ne comprenant que les deux cinquièmes environ de la circonfé- rence intestinale ; Re, renflement de l'inleslin postérieur; R, leclum et glandes rectales Gr. Fig. 3. — Glandes salivaires de la Periplaneta americana. Gs, massif salivaire formé par l'agglomération de plusieurs grappes; ca, canaux excréteurs des acini glandulaires; a, canaux efférents et réservoirs salivaires Rs ; ce, canal excréteur commun, formé par la fusion des deux réservoirs glandulaires Rs et des canaux efîérenls a. Fig. 4. — Jabot et gésier de la Periplaneta americana ouverts et montrant une partie de l'armature masticatrice. Ja, cavité interne du jabot, avec ses bourrelets internes R séparés par de nombreux replis longitudinaux; Ge, gésier ouvert et montrant trois colonnes de l'armature masticatrice ; p, pédoncule du gésier pénétrant dans l'axe de la partie antérieure de l'intestin moyen. Fig. 5. — Une des colonnes masticatrices du gésier de la Polyzosteria limhata. Ja, portion interne du jabot avec ses replis; dd', dents du gésier disposées en séries longitudinales. Le gésier est composé de six rangées identiques à celle de la figure; R, replis longitudinaux de Tappendice qui pénètre dans l'axe de la partie antérieure de l'intestin moyen. Fig. 6. — Une des six colonnes qui constituent l'armature interne du gésier de la Periplaneta americana (vue de profil). Ja, extrémité inférieure du jabot; D, première dent chitineuse très forte et pourvue de plusieurs tubercules coniques; I, dépression cunéiforme située au-dessous de la première dent; Dj, deuxième dent de la colonne, coiffée d'une mince couche de chitine; I|, deuxième dépression transversale; D^, repli mus- culaire dentiforrae, recouvert d'une mince couche cornée et se prolon- geant dans le pédoncule postérieur du gésier; d, denticule formée par une série de lamelles chitineuses soudées. Fig. 7. — Partie antérieure de l'intestin de la Periplaneta americana. CE, œso- phage; Ja, jabot; Ge, gésier; Im, extrémité antérieure de l'intestin moyen, avec trois appendices intestinaux Ai. Les trois autres ne sont pas repré- sentés. Fig. 8. — Portion terminale du segment postérieur abdominal de la Poly- zosteria limhata. Fig. 9. — Face interne du gésier et de l'extrémité inférieure du jabot de ïEpilampra gracilis. cc\ colonnes chitino-musculaires du gésier. Cet or- gane, atrophié et rudimentaire, est complètement dépourvu de dents. PLANCHE V, Appareil digestif des Blatlidse et des Acridiidse. Fig. 1. — Ensemble de l'appareil digestif de la Periplaneta americana. P/i, pharynx; OE, œsophage ; ja, jabot; Ge, gésier ; Ai, appendices intestinaux, au nombre de huit. La figure n'en représente que sept. Im, intestin moyen; Ip, intestin postérieur; Tm, tubes de Malpighi disposés en six faisceaux, s'ouvrant au sommet de six tubercules disposés circulairement à l'origine de l'intestin terminal ; R, rectum avec six épaississements J98 li. uouuAS». longitudinaux Gr, analogues aux glandes rectale?, des Hyménoptères ; A, orifice anal. Fig. 2. — Face interne de la portion terminale du jabot et de Textrémité antérieure de l'intestin moyen chez ï(Edipoda miniata. es, cœcum intesti- nal antérieur, avec son appendice postérieur ci; ia, face interne du jabot avec ses replis longitudinaux et ses piquants chitineux ; Im, face interne de Fintestin moyen; a, valvule circulaire séparant le jabot de l'intestin moyen ; o, orifice commun du cœcum intestinal et de son appendice pos- térieur Cl ; V, épaississement chitineux triangulaire, représentant le der- nier vestige de l'armature masticatrice du gésier. On compte, à l'extré- mité du jabot, six épaississements semblables, disposés circulairement. Fig. 3. — Ensemble de l'appareil digestif de VOEdipoda miniata. Md, man- dibules ; P/i, pharynx ; OE, œsophage ; Ja, jabot volumineux et de forme ovoïde; Gs, glandes salivaires peu développées et formées par un petit nombre de grappes à acini sphériques ; ci, cœcums ou appendices intesti- naux, au nombre de six, disposés circulairement autour de la partie antérieure de l'intestin moyen et enveloppant l'extrémité postérieure du jabot. Ces appendices sont pourvus de prolongements i, en général assez courts ; Tm, tubes de Malpighi disposés en plusieurs faisceaux, insérés à l'origine de l'intestin postérieur Ip ; hn, intestin moyen; R, rectum avec les glandes rectales Gr. A^, extrémité postérieure de l'abdomen avec l'armature génilale. Fig. 4. — Appareil digestif d' Epilampra gracilis. P/i, pharynx ; Œ, œso- phage ; Gs, glandes salivaires ; Ja, jabot ; Ge, gésier presque atrophié ; Ip, intestin postérieur; Tm, tubes de Malpighi disposés en trois touffes (la figure n'en représente que deux) équidistantes, s'ouvrant au sommet de petits tubercules coniques t dus à des évaginations latérales de la partie antérieure de l'intestin terminal. R, rectum et glandes rectales Gr ; ci, cfBcums intestinaux, au nombre de huit à dix chez VEpilampra. Fig. 5. — Faces internes du jabot Ja et du gésier G de la Vanesthia java- nica. On remarque les replis longitudinaux R du gésier G avec les petites denticulations d. La ligne de séparation / entre le jabot et le gésier est indiquée par un faible sillon annulaire. Fig. 6. — A, portion d'un bourrelet circulaire de la première partie du jabot du Pamphagiis elephas, avec de nombreuses soies chitineuses. B, la- melle chitineuse recouverte de dents d et située à la partie postérieure du jabot du Pamphagus elephas. Cette pai-lie du jabot correspond au gésier des autres Orthoptères. Fig. 7. — Face interne de la partie postérieure du jabot de VCEdipoda caorulescens et de VOE. miniata. La portion terminale L est l'homologue du gésier des Gryllida), des Blatlidœ, etc. Ja, face interne de l'extrémité postérieure du jabot, avec ses replis longitudinaux R surmontés de peti- tes pointes chitineuses coniques P : L, lamelles chitineuses disposées en V, à bords épais, représentant les derniers vestiges de l'armature masti- catrice des Locustida) et des Gryllida). Il existe six lamelles semblables, disposées en cercle autour de l'extrémité postérieure du jabot ; B, bord postérieur du jabot, formant une valvule circulaire, à la suite de laquelle commence l'intestin moyen. Fig. 8. — Coupe transversale d'un Ciecum intestinal d'Œdipoda CcTniles- cens, avec ses nombreux replis internes. P, paroi externe avec ses mus- cles circulaires me; E, épithélium constitué par de longues cellules cylindriques ciliées, à gros noyau ovale. EXPLICATION DES PLANCHES. 199 Fig. 0. — Un des six bourrelets chitineux du gésier (extrémité postérieure du jcibot) de VOEdipoda miniata. Ce bourrelet B, d'apparence fongiforme, est plus aplati que ceux des Stenobolhrus et des IVlecosIlietus. Son pé- doncule est, de môme, plus court. Ma, faisceaux musculaires circulaires. La musculature n'est pas entièrement représentée ; M, faisceaux muscu- laires situés dans l'intérieur du bourrelet B. c, assise des cellules cliiti- nogènes ; ce, membrane chilineuse munie, au sommet des bourrelets longitudniaux, de nombreuses el lines denticulations. PLANCHE VL Appareil digestif des Acridiidœ (Suite). Fig. i. — Ensemble de l'appareil digestif du Pwcilocerus (famille des Pyrgomorpbinœ). P/t, pharynx; CE, œsophage; Ja, jabot; ci, ca-cums intestinaux, au nombre de six, pourvus de strialions longitudinales et d'appendices postérieurs a; Tm, tubes de Malpighi groupés en plusieurs faisceaux; ïm, intestin moyen; Ip, intestin postérieur, avec rectum R et glandes rectales G?*. Fig. 2. — Appareil digestif (sauf le jabot et l'œsophage) de la nymphe à' A cridium peregrinum. ci, cœcums intestinaux avec leurs prolongements musculaires filifor- mes a les rattachant aux parois latérales du jabot; b, appendices posté- rieurs des cœcums intestinaux; Im, intestin moyen; Tm, tubes de Malpighi, très nombreux et disposés en touffes s'ouvrant au sommet de petits tubercules coniques placés à l'origine de l'intestin terminal ; Ip, in- testin postérieur avec le rétrécissement R et le rectum Re. Autour du rectum, on remarque des bandelettes fusiformes et longitudinales, consti- tuant les glandes rectales G?% analogues, comme sliucture histologique, à celles que nous avons étudiées chez les Hyménoptères. Fig. 3. — Poition médiane de l'appareil digestif du Caloptenus italiens. Im, intestin moyen; ci, cœcums intestinaux, au nombre de six, avec leurs appendices postérieurs cp ; Tm, tubes de Malpighi, minces et fili- formes, disposés en six touffes à l'origine de l'intestin terminal Ip. Fig. 4. — Face interne du jabot de VAcridium peregrinum adulte; S, plage rectangulaire de la face ventrale, limitée de chaque côté par un sillon surmonté d'un bourrelet. Cette plage est sillonnée par des replis peu apparents; P, replis transverses de la moitié antérieure du jabot; B et 6, bourrelets longitudinaux de la région postérieure du jabot. Ces bourre- lets, très serrés, sont surmontés de denticules chitineuses. Ils se grou- pent peu à peu en six faisceaux allant converger entre les branches antérieures d'une denticulalion L, disposée en forme de Y. Cette portion terminale du jabot joue le rôle de gésier. V'ig. 5. — Paroi interne de la portion terminale du jabot (gésier) du Steno- bothrus lineatus. B, bourrelets longitudinaux limitant un large sillon ventral s; R, bandelettes circulaires transversales, pai-allèles et situées dans des plans perpendiculaires à l'axe du corps de l'insecte; R/, bande- lettes longitudinales, hérissées de petites pointes chitineuses. Cette por- tion du jabot correspond au gésier de la plupart des autres Orthoptères. Fig. 6. — Mode d'embouchure des ca-icums intestinaux dans l'intestin moyen, chez le Panq:)hagus clcphas. ca, caecum intestinal avec son appen- dice postérieur a; B, portion terminale de la face interne du jabot. 200 1-. BORDAS. recouverte d'une membrane chitineuse pourvue de bourrelets longitudi- naux denticulés ; Bo, large bourrelet terminal du jabot pénétrant dans Taxe de l'intestin moyen; o, orifice de communication des cœcunis intes- tinaux ca et a avec Finlestin moyen V. Fig. 7. — Face interne de la partie postérieure du jabot du Pamphagus elephas. Cette région peut être considérée comme l'homologue du gésier do la plupart des autres Orthoptères ; B, bandelettes longitudinales por- tant sur leur crête de nombreuses petites dents chitineuses; L, lamelle chitineuse à bords épais, correspondant à l'armature masticatrice du gésier des Blaltidœ, des Gryllidœ, etc. Fig. 8. — Bourrelets chitineux, avec dents cl, de la face postéro-interne du jabot du Stenohothrus lineatus. Fig. 9. — Coupe transversale faite au tiers postérieur du jabot du Steno- hothrus longicornis; B, replis chitineux internes; Me, membrane envelop- pante externe ; F/, fibres musculaires longitudinales ; Fa, faisceaux annulaires ou circulaires ; ce, assise cellulaire chitinogène ; c//, membrane enveloppante, chitineuse interne. Fig. dO. — Coupe d'une portion de la région médio-antérieure du jabot du Mecosthelus gi'ossus. Dans la figure, on n'a indiqué que quatre replis R, mais le nombre de ces derniers est compris entre quarante et soixante. (Les lettres représentent les mêmes parties que dans la figure précé- dente.) PLANCHE VIL Appareil digestif des Acridiidœ et des Locusiidœ. Fig. 1. — Appareil digestif du Stenohothrus lineatus. P/i, pharynx; QE, œso- phage ; M, faisceaux musculaires reliant le pharynx aux parois latérales céphaliques ; gs, glandes salivaires avec canaux excréteurs ce; Ja, jabot; ci, appendices intestinaux antérieurs avec leurs prolongements posté- rieurs a ; Im, intestin moyen et Ip, intestin terminal avec son étrangle- ment Ba ; R, rectum avec glandes rectales Re. Fig. 2. — Ensemble de l'appareil digestif de la Truxalis unguiculata (les lettres sont les mêmes que dans la figure précédente et désignent les mêmes parties). Le rectum R est allongé et t'usiforme et les glandes rec- tales Re affectent la forme de six longues bandelettes longitudinales. Fig. 3. — Portion médiane du tube digestif du Mecosthetus grossus, avec la disposition des tubes de Malpighi et celle des cœcums intestinaux; Sa, jabot; ci, appendices intestinaux avec leurs prolongements postérieurs a; Im, intestin moyen et tubes de Malpighi Tm. Fig. 4. — Section faite à l'extrémité postérieure du jabot (gésier) chez le Stenobothrus lineatus, pour montrer le mode d'embouchure des cœcums intestinaux. (Figure d'ensemble et demi-schématique.) cg, cavité posté- rieure du gésier; P, parois et bourrelets longitudinaux B du gésier; ce, cavité terminale (embouchure) des cœcums intestinaux ; e,, cœcums intestinaux avec leurs replis internes R. Fig. 5. — Coupe du gésier (portion postérieuie du jabot) un peu au-dessus de l'insertion des cœcums intestinaux, chez le Stenobothrus lineatus. Les replis internes du jabot se sont modifiés et groupés eu six larges l)ourre- lets claviformes B, dont deux sont représentés dans la figure. Chaque bourrelet, à sommet élargi, porte de (ines denticulations et est relié aux EXPLICATION DES PLANXHES. 201 parois par un court pédoncule. Entre deux bourrelets conséculifs existent deux ou trois petits replis secondaires b. B, bourrelets et 6, replis inter- médiaires recouverts d'une membrane chitineuse a ; ce, assise des cellules cbitiuogènes ; Fc, faisceaux musculaires circulaires. Fig. 6. — Cellules de Tépilhélium des caecums intestinaux du Stenobothrus lojigicornis. b, membrane basale ; p, protoplasme granuleux; n, noyaux sphériques, très volumineux, pourvus de nombreux nucléoles; c. cils très courts et très nombreux, recouvrant la face supérieure des cellules et simulant un plateau cuticulaire strié. Ces cils, en forme de bâtonnets, très serrés, sont emportés par la cellule quand cette dernière se détache. Fig. 7. — Gésier, appendices intestinaux et partie antérieure de l'intestin moyen du Cleandrus rex (Brum). Ja, extrémité postérieure du jabot; Ge, gésier avec son pédoncule an- térieur Pa ; Aï, appendices ou cœcums intestinaux du Cleandrus. Ces caecums, très caractéristiques, comprennent, de chaque côté du gésier, deux groupes dont l'inférieur n'est constitué que par un seul organe et l'antérieur M est formé par l'accolement de sept ou huit tubes. Ce der- nier massif M a la forme d'une main dont tous les doigts seraient soudés. 11 est enveloppé par une membrane commune externe et la cavité centrale est partagée en plusieurs loges par des cloisons perpendiculaires aux faces. Ces loges internes, correspondant chacune à un caecum, vont s'ou- vrir séparément à la partie antérieure de l'intestin moyen. Cette disposi- tion, très importante et très instructive, est intermédiaire entre celle que présenient les caecums intestinaux chez les Blattidae, les Mantidae, etc., et celle qu'ils affectent chez les Locustidae et les Gryllidœ. Im, intestin moyen. Fig. 8. — Dent latérale d'une colonne masticatrice du gésier de IdiSalomona megacephala ; ch, sommet chitineux et élargi de la dent; B, portion basi- laire, de nature musculaire. Fig. 9. — Coupe transversale du gésier (région médiane) du Decticus albi- frons. Tp, membrane ou tunique péritonéale enveloppante; M/, faisceaux musculaires longitudinaux ; Me, couche musculaire circulaire dont cer- tains faisceaux c?' pénètrent même jusque dans les dents médianes Dm; ci, assise cellulaire chitinogène; ce, membrane chitineuse, très épaisse surtout au sommet et sur les côtés des dents médiaiies Dm ; Bl, dents latérales de chaque colonne masticatrice, dont le sommet est recouvert de longs poils chitineux ; L, languette chitineuse longitudinale située dans les profondes dépressions comprises entre les colonnes mastica- trices ; Dm, dents médianes, très fortes, de la région centrale de chaque colonne masticatrice. Chacune de ces dents, recouverte d'une épaisse couche chitineuse, porte de nombreuses denticulations à son sommet et sur ses côtés. Fig. 10. — Coupe transversale des appendices intestinaux antérieurs du Cleandrus rex, montrant les diverses cavités ca correspondant à chacun des caecums des Blattidae, Mantidae, etc. ; cl, cloisons perpendiculaires aux parois de l'organe ; d, coupe transversale des bourrelets longitudinaux des cloisons. Fig. H. — Coupe transversale d'une des cavités des appendices antérieurs du Cleandrus rex. Ev, membrane recouvrante externe des caecums intes- tinaux ; ca, cavité; cl, cloison latérale d'une cavité avec la coupe des replis longitudinaux d. Fjg. 12. — Une des colonnes masticatrices du gésier du Cleandrus rex. 202 fi. BORD Ai». AA' et hB', limites latérales d'une portion de colonne ; Dm, dents média- nes, en forme de lamelles foliacées, portant des soies chitineuses sur leur bord ; dl, dents latérales, de forme ovoïde. PLANCHE VIII. Appareil digestif des Locustidœ. Fig. 1. — Ensemble de Tappareil digestif d'une Ephippigerinœ, VEphippi- gcr bitteriensis. McZ, mandibules ; ph, pharynx; QE, œsophage très court; kl, jabot avec son rétrécissement antérieur ia'; Ge, gésier, organe beau- coup plus réduit que celui des autres Locustidœ et dépourvu d'an pédon- cule antérieur. 11 s'insère un peu excentriquement sur la face postérieure du jabot ; Ai, cœcums intestinaux, divisés en sept ou huit chambres par de larges cloisons internes ; Tm, tubes de Malpighi dont les extrémités antérieures forment deux grosses touffes t fixées au sommet des cœcums intestinaux. Ces organes sont disposés en trois ou quatre faisceaux facilement séparables et allant s'ouvrir au sommet de courts diverti- cules cylindro-coiiiques Bo; Fm, faisceau postérieur; Im, intestin moyen; Ip, intestin postérieur; R, rectum et glandes rectales Gr ; Ag, armature génitale avec une plaque 0, recouvrant l'orifice anal. Fig. 2. — Appareil digestif de la Salomona megacephala. Gs, glandes sali- vaires avec canaux excréteurs ce. Les autres lettres représentent les mêmes parties que dans la figure 1. Fig. 3. — Deux rangées transversales de dents de chaque colonne masti- catrice rudimentaire du gésier de VEphippiger bitteriensis. Chaque colonne est pourvue de sept rangées semblables, sauf la dernière qui est un peu atrophiée ; /, lamelles chitineuses séparant les colonnes masticatrices ; D, dents médianes et d dents latérales de chaque colonne. Fig. 4. — Appareil digestif du Platyphyllum giganteum. Cet appareil est un (erme de passage entre celui des Acridiidœ et celui des Locustidœ. Les glandes salivaires G.s, sont très volumineuses, pourvues de canaux ex- créteurs cylindriques ce et de réservoirs R. Les autres lettres de la figure représentent les mêmes parties que celles de la figure 1. Fig. 5. — Un des six bourrelets dentifères situés à l'extrémité postérieure du jabot de la Plaiycleis grisea; De, dent chitineuse à bords crénelés ; R, replis de la membrane chitineuse interne du jabot ; D, tubercule recou- vert de nombreuses soies cornées et situé à l'origine du pédoncule anté- rieur du gésier; P, double bourrelet chitineux recouvert desoies cornées très courtes. Fig. 6. — Coupe transversale du jabot (région médiane) du Decticus vcrrucivorm. R, replis internes que forme la membrane chitineuse recou- vrante ce. Cette membrane porte de nombreuses petites denliculations surtout abondantes et bien développées au sommet des bourrelets ; c{/„ assise cellulaire chilinogène formée par de petites cellules cubiques à gros noyaux; on, couche musculaire circulaire. La musculature longitu- dinale et la tunique péritonéale n'ont pas été représentées. Fig. 7. — Insertion des tubes de Malpighi chez la Plaiycleis grisea; Im, in- testin moyen ; Ip, intestin postérieur et tubes de Malpighi Tm; B, bourre- lets provenant de diverticules de l'origine de l'intestin postérieur et au sommet desquels viennent s'ouvrir de nombreux tubes de Malpighi. Il existe sia; bourrelcissemblables autour de l'intestin terminal ou postérieur. EXPLICATION DES PLANCHES. 203 Fig. 8. — Deux cellules épithéliales ciliées A des appendices intestinaux de Declicinœ {Decticiis verrucivorus) ; 6, couche basilaire ; n, noyau conte- nant plusieurs nucléoles ; c, revêtement cilié, formé par une assise de cils très courts et très serrés, dont l'ensemble affecte l'apparence d'un pinceau ou d'une brosse ; ce, cellule interne ou de lemplacement. PLANCHE L\. Appareil digestif des Locustidœ (Suite). Fig. 1. — Ensemble de l'appareil digestif du Decticus verrucivorus (j^. Md, mandibules; PA, pharynx; Œ, œsophage; M, muscles; Ja, jabot; Ge, gésier avec son pédoncule antérieur p; Xi, cœcums ou appendices intes- tinaux; Im, intestin moyen et Ip, intestin postérieur ou terminal ; R, rec- tum et glandes rectales Gr; Tm, tubes de Malpighi. Ces glandes tubuleuses sont disposées en six touffes s'ouvrant au sommet de six cœcums très courts. Ces cœcums sont disposés par paires en trois groupes. Dans la figure, on n'a représenté que deux faisceaux séparés par un intervalle libre. Fig. 2. — Appareil digestif d'une Conocephalinœ {Pseudorhynchus minor, Redtenb.). Les lettres représentent les mêmes parties que dans la figure précédente. Les tubes de Malpighi Tm sont groupés en six touffes allant déboucher chacune au sommet d'un tubercule situé à l'origine de Tintes- tin postérieur. Dans la figure, on n'a représenté que quatre tubercules réunis deux à deux. Chez les Gonocéphalides, ces diverticules ou bourre- lets de l'intestin postérieur sont, tantôt irrégulièrement disposés, tantôt, au contraire, ils sont réunis par paires. Fig. 3. — Inserlion des tubes de Malpighi Tm, chez le Decticus verrucivo- rus; t, tubercules coniques au sommet desquels viennent déboucher les tubes de Malpighi. Fig. 4. — Dent de la rangée médiane de chaque colonne masticatrice du gésier de Platycleis grisea; R, racines de la dent; Tm, tubercule médian à denticules latérales d; a, tubercule latéral. Fig. 5. — Coupe transversale du rectum (glandes rectales) du Decticus wn*wciï'o?'ws. Dans la figure, on n'a représenté qu'un seul bourrelet B; l'organe tout entier en possède six. Ces six bourrelets, allongés, fusifor- mes, à section triangulaire, placés à égale distance les uns des autres, constituent les glandes rectales, ce, couche ou intima chitineuse; E, épi- thélium constitué par de longues cellules cylindriques, à gros noyau central raultinucléolé : tcb, tissu conjonctif; c6, couche génératrice; Tr, coupe de tubes trachéens ; cg, couche génératrice de la membrane chiti- neuse recouvrante cg\ B, une des glandes rectales qui, en coupe, affecte une forme triangulaire; R, repli compris entre deux glandes rectales; Fc, couche musculaire circulaire (interne) ; F/, faisceaux de muscles lon- gitudinaux (externes), localisés surtout entre chaque glande rectale, en face des dépressions R; rirp, membrane ou tunique péritonéale recou- vrante externe, très mince. Fig. 6. — Une des six rangées de dents de la région postérieure du jabot du Decticus verrucivorus ; DD, dents en forme de curette, à bord posté- rieur libre et crénelé; R, replis transversaux de la membrane chitineuse interne; De, dents et plages sétigères situées à l'orifice postérieur du jabot ; Ra, double rangée de soies chitineuses minces et transparentes.. 204 li. BORDAS». Fig. 7. — Dent médiane, vue verticalement par sa face postérieure, d'une des six colonnes longitudinales masticatrices qui recouvrent la face in- terne du gésier^ chez le Decticus verrucivorus] dm, dent médiane avec sa lame moyenne triangulaire tm et ses deux tubercules latéraux dl; 6/, bourrelet latéral sétigère situé à la base du tubercule dl; te, dent laté- rale séparée de la médiane dm par un sillon longitudinal ; ]\a, base de la dent latérale recouverte de longues soies chitineuses ; a, tubercule chiti- neux surmontant la dent latérale. Fig. 8. — Une des six colonnes chitineuses qui revêtent la face interne du pédoncule antérieur du gésier du Decticus albifrons. d, petit tubercule chitineux provenant de l'agglutination d'un certain nombre de soies ; de, bourrelet sétigère portant à sa surface des touffes de soies cornées et filiformes. Fig. 9. — Face externe d'une des dents latérales de chacune des six colon- nes masticatrices du gésier de la Platycleis grisea. T, tubercule chitineux supérieur ; B, base de la dent recouverte par de nombreuses soies cor- nées très longues. Fig. 10. — Coupe transversale de la région médiane d'un des caecums intestinaux du Decticus verruc.ivorus. La cavité centrale est divisée par cinq longs replis irréguliers L, en six loges ou chambres incomplètes ce. L'épithélium glandulaire n'a été représenté que sur un seul repli Le; pc, parois externes du cœcum ; jpi, parois internes légèrement concaves. L'épithélium interne Le est cylindrique et cilié. Fig. 4d. — Coupe transversale d'un cœcum intestinal de VEremus spinulo- sus (Briin). In, face interne ; Ex, face externe; cl, cloison provenant d'un repli de la membrane interne de l'appendice; E, enveloppe externe com- mune. Fig. 12. — Une des dents de la rangée latérale des colonnes masticatrices du gésier de la Gryllacris aurantiaca. B, base et sommet s de la dent. PLANCHE X. Appareil digestif des Locustidœ et des Gryllidœ. Fig. 1. — Ensemble de l'appareil digestif de la Gryllacris aurantiaca. PA, pharynx ; OE, œsophage ; Ja, jabot; Ge, gésier avec son pédoncule anté- rieur p ; Ap, appendices ou cœcums intestinaux ; Im, intestin moyen ; Vp, intestin postérieur ou terminal; Tm, tubes de Malpighi généralement groupés en un faisceau unique allant déboucher au sommet d'un tuber- cule impair; R, rectum et glandes rectales G?^ ; Ag, armure génitale. Fig. 2. — Ensemble de l'appareil digestif du ISemobius sylvestris. Cet organe présente à peu près les mêmes caractères que celui des Gryllus, les seules différences portent sur les formes du gésier et de l'intestin moyen. Md, mandibules ; nr, filet nerveux sympathique avec ganglion P; n, pé- doncule antérieur du gésier Ge;Imi etlrn.^, première et deuxième portion de l'intestin moyen; Tm, tubes de Malpighi avec leur canal excréteur impair a. Fig. 3. — Deux bourrelets BB contenus dans le pédoncule antérieur p du gésier de la Gryllacris aurantiaca. Chaque bourrelet est divisé en trois replis secondaires et séparé de son voisin par une large dépression D; r, replis de l'extrémité postérieure du jabot. Fie. 4. — Dent médiane d'une colonne masticatrice du gésier de ïaSalomona EXPLICATION DES PLANCHES. 205 megacephnîa ; p, tubercule médian, acuminé et légèrement recourbé en arrière ; dl, denticule latérale ; Pm, portion musculaire de la racine. Fig. 5. — Coupe transversale d'une portion d'intestin postérieur du Lecti- cus vernicivorus. Cet organe présente six bourrelets disposés longitudi- nalement; mais, dans la figure 5, on n'a représenté qu'un seul de ces bourrelets avec les dépressions latérales DD; mp, membrane ou enveloppe péritonéale ; cl, faisceaux musculaires longitudinaux principalement concentrés en regard des dépressions DD , cm, mince couche musculaire circulaire ; E, assise épithéliale constituée par de grosses cellules rectan- gulaires, régulières, à noyaux sphériques 1res volumineux, ce, cuticule chitineuse interne. Fig. 6. — Portion d'une colonne masticatrice du gésier de la GnjUacris auran- tiaca, avec les dents latérales, les dents médianes et les sillons séparant chaque colonne. L'armature du gésier comprend six colonnes sembla- bles. D, dent médiane avec son tubercule médian /m à bords denticulés et ses tubercules latéraux al; D', dents latérales, de forme tronconique ; d/, dépression latérale séparant chaque bandelette et portant une lamelle cornée /. Fig. 7. — Face antérieure d'une dent médiane de chaque colonne masti- catrice du gésier de la GnjUacris aurantiaca ; tm, tubercule médian à bords denticulés d ; b, base; tl, tubercule latéral. Fig. 8. — Vue latérale des dents (V. PL X, fig. 3), situées à l'extrémilé des bourrelets longitudinaux BB du pédoncule du jabot de la Gryllacris aurantiaca-, d, dent vue par sa face latérale et surmontée d'une touffe de soies s. Fig. 9. — Coupe transversale d'une portion d'intestin moyen du Decticus verrucivonis. B, bourrelets nombreux provenant des replis de l'épithélium interne ; Mp, membrane péritonéale externe ; FI, faisceaux de fibres lon- gitudinales ; Fm, faisceaux musculaires circulaires disposés en plusieurs assises; E, membrane épithéliale ciliée reposant sur une couche de cel- lules génératrices basilaires. Cette membrane présente de nombreux replis au centre desquels pénètrent des prolongements musculaires P de l'assise moyenne; c, assise ciliée. Fig. 10. — Replis internes R des appendices intestinaux Ai du Nemobius sylvestris. Fig. 11. — Extrémité libre d'un des replis qui divisent la cavité interne des caecums intestinaux en un certain nombre de loges incomplètes {Decticus albifrons (V. PI. IX, fig. 10). FI, prolongements musculaires des parois avec l'assise basilaire; R, replis épithéliaux secondaires; E, épithélium cylindrique cilié c, constitué par des cellules cylindriques disposées par- fois en deux assises. Chaque cellule porte, sur son bord libre, un faisceau de cils courts c ayant l'apparence d'une brosse. Fig. 12. — Dent de la rangée latérale d'une colonne masticatrice du gésier de Brachytrypus membranaceus (face interne). B, base de la dent fixée aux parois du gésier; Fm, faisceaux musculaires de la racine: P, une des pointes, large, aplatie et crénelée de la dent; p, petite pointe, mousse et recouverte de bâtonnets chitineux c. Fig. 13. — Face externe d'une dent latérale de colonne masticatrice du gésier du Gryllus campestris ; pc, portion chitineuse, conique et recour- bée ; ba, base. 206 ^ BOKDA^. PLANCHE XL Appareil digestif des Gryllidœ. Fig. 1. — Appareil digestif du Brachijtrypus membranaceus. Vh, pharynx; (M, œsophage; Ja, jabot; Ge, gésier avec son pédoncule antérieur p; hn, intestin moyen; ïp, intestin terminal ; R, rectum et glandes rectales Gr ; Tm, tubes de Malpighi groupés en un faisceau unique ; ce, canal excréteur commun ou uretère ; ci, appendices intestinaux. Fig. 2. — Glandes salivaires du Gryllus campestris. p, palpes; Gs, glandes salivaires disposées en grappes ; c, canaux efférents ; Rs, réservoirs sali- vaires : ce, conduits excréteurs pairs; A, conduit impair. Fig. 3. — Face interne du pharynx du Brachytrypiis. Vh, pharynx avec ses replis internes R ; OE, face supéro-interne de l'œsophage. Fig. 4. — Villosités de la seconde partie de l'intestin moyen du Gryllus campestris. M6, membrane sur laquelle reposent les papilles internes ; p, papilles cylindro-coniques. Ces papilles, au nombre de soixante à quatre-vingt, irrégulièrement disposées, sont cylindriques vers leur base, amincies ou renflées vers leur sommet et présentent certaines analogies avec les villosités intestinales du tube digestif des Mammifères. Fig. 5. — Face postérieure de dent médiane d'une des colonnes mastica- trices du gésier du Brachytrypiis membranaceus. m, faisceau musculaire servant à fixer la dent ; Pm, pointe médiane de la dent; PI, tubercules latéraux. Fig. 6. — Mode d'embouchure des tubes de Malpighi chez le Gryllus cam- pestris. Ces tubes, au nombre de cent à cent vingt, sont longs, cylindri- ques et flexueux. Ils vont déboucher dans un large réservoir collecteur R, comparable au bassinet de l'appareil urinaire des Vertébrés. Ce réser- voir présente parfois des diverticules latéraux et se continue par un con- duit efîérent unique ce [uretère), débouchant dans l'intestin. Fig. 7. — Portion de colonne longitudinale de l'armature masticatrice du gésier chez le Gryllus campestris. L, tigelles ou baguettes chitineuses situées au fond de sillons longitudinaux et séparant les colonnes masti- catrices ; Dm, dent médiane d'une colonne masticatrice vue par sa face supérieure ; tm, pointe médiane de la dent médiane Dm pourvue de trois à cinq denticules pointues et acérées ; tl, pointes latérales de la dent mé- diane, constituées par deux lamelles chitineuses courbes et crénelées à leur extrémité ; d, tubercule musculaire tronconique, cà sommet recou- vert de soies cornées, compris entre les deux pointes latérales de la dent médiane; dl, dents latérales à pointe émoussée. Fig. 8. — Dent (vue de côté) de la rangée médiane d'une colonne mastica- trice du gésier du Brachytrypus membranaceus. B, base ; Pm, tubercule médian; P/, tubercule latéral. Fig. 9. — Dents latérales de chaque colonne du gésier chez la Gryllotalpa vulgaris. Ces dents, au nombre de quinze à dix-sept environ, affectent la forme de petits tubercules arrondis ou pyramidaux, recouverts de soies c ; a, sommet de la dent avec la base H. Fig. 10. — Une des colonnes transverses des bourrelets longitudinaux de la face interne du gésier {Gi-yllus campestris). Ces colonnes portent des touffes de poils chitineux disposés en séries longitudinales a et transversales b. Fig. 11. — Cavilé interne des a|>pcndices intestinaux du Gryllus campestris EXPLICATION DES FLANCHES. 207 avec les replis intenies R; Gc, gésier; V, valvule courbe située à Torigine de rintesLin moyeu Im. Fig. 12. — Dent médiane (face antérieure) d'une colonne masticatrice du gésier du Brachyirypiis membranaccus. Pm, tubercule médian, à bords latéraux denliculés; PI, tubercule latéral; d, denticule cornéo-muscu- laire située de chaque côté des pointes latérales, à sommet a recouvert par une mince membrane chitineuse portant de nombreuses soies cornées. PLANCHE XIL Appareil digestif des Gri/llidœ. Fig. 1. — Ensemble de l'appareil digestif (moins le pharynx et l'œsophage) de la Gryllotalpa vulgaris. OE, partie inférieure de l'œsophage allant dé- boucher sur le côté externe du jabot Ga ; Ga, jabot, en forme de grosse poche ovoïde, à parois Jisses et placé en dehors de l'axe du tube digestif; oa, orifice œsophagien du jabot entouré d'un anneau valvulaire, duquel partent, en rayonnant, un certain nombre de replis qui ne tardent pas à s'effacer peu à peu ; op, orifice postérieur du jabot placé an fond d'une profonde dépression de la paroi intérieure de l'organe ; Ge, gésier, en- touré par de volumineux appendices intestinaux Ai; gar, glandes arbo- rescentes (2 paires) situées en ariùère du gésier ; Im, portion antérieure et Iwg, portion postérieure de l'intestin moyen; Ip, intestin terminal ; R, rectum et glandes rectales; Tm, tubes de Malpighi, groupés en un large faisceau, s'ouvrant à l'extrémité élargie d'un uretère ou canal excréteur impair c. Fig. 2. — Une des six colonnes dentifères (masticatrices) qui recouvrent la face interne du gésier de la Gryllotalpa vulgaris. Les colonnes de l'arma- ture interne du gésier des autres Gryllidae et des Locustidœ présentent une disposition générale à peu près semblable. Chaque colonne comprend trois rangées longitudinales de dents: une rangée médiane tm et deux rangées latérales dl séparées par deux dépressions parallèles dp, très apparentes quand on exerce sur l'organe une traction transversale; tm, dents de la rangée médiane, très puissantes, comprenant trois tubercules. Le tubercule médian tm, rectangulaire, a la forme d'une palette ou d'une plane, à bord tranchant dirigé en arrière ; tl, tubercule latéral des dents médianes, recourbé en arc, à bord terminal triangulaire, excavé et denticule; da, denticule, à base musculaire, comprise de chaque côté des tubercules latéraux des dents médianes; dl, dents latérales, à som- met émoussé et recouvert de flnes soies chitineuses; dp, dépressions comprises entre les dents médianes et les dents latérales ; le, tiges chiti- neuses remplissant le fond des dépressions comprises entre deux colon- nes dentifères ou masticatrices ; pa, parois internes du pédoncule anté- rieur du gésier portant de petits tubercules chilineux d. Fig. 3. — Portion interne du jabot de la Gryllotalpa vulgaris, montrant ses deux orifices situés sur le côté ; OE, extrémité inférieure de l'œsophage; oa, orifice œsophagien du jabot. De cet orifice partent, en rayonnant, un certain nombre de replis ; op, orifice postérieur correspondant au pédon- cule du gésier. Les deux orifices sont situés à peu de distance l'un de l'autre. R, nombreux replis de la face interne du jabot. Ces replis sont surtout localisés au voisinage des orifices. 208 ^' BOROA§». Fig. 4. — Face interne de l'extrémité postérieure de rinlestin moyen et de l'origine de l'intestin postérieur ou terminal de la Gryllotalpa vuJgaris. Im, face interne de l'intestin moyen ; Ip, face interne de l'origine de l'in- testin terminal; S6, bandelettes longitudinales recouvertes de nombreuses papilles; Si, dépressions séparant les bourrelets à papilles; Ce, canal efférent impair (uretère) des tubes de Malpighi. Fig. 5. — Embouchure du canal excréteur impair h des tubes de Malpighi. Ce canal se prolonge dans l'intérieur de l'intestin terminal Im, sous forme de tubercule ou papille tronconique à quatre valves. 0, orifice du canal limité par quatre valves. Fig. 6. — Dent médiane d'une des colonnes de l'armature du gésier de la Gryllotalpa (vue du côté de l'intestin moyen). Tm, tubercule médian de la dent, avec deux cornes latérales denticulées 6 ; a/, tubercules ou appen- dices latéraux; R, racine de la dent; M, faisceaux musculaires; B, den- ticule latérale accessoire comprise entre les tubercules latéraux b et al. Fig. 7. — Dent de la rangée médiane d'une des colonnes masticatrices de l'armature interne du gésier de la Gryllotalpa vulgaris (vue par sa face supérieure) ; Tm, tubercule médian en forme de palette ou de plane ; Tl, tubercule latéral à extrémité triangulaire; A,denticule ou dent acces- soire à pourtour recouvert de soies chitineuses. Fig. 8. — Coupe transversale d'une des branches des glandes arborescentes (glandes de Dufour) de la. Gryllotalpa vuJgaris; mb, membrane basilaire ; n, gros noyau cellulaire plurinucléolé ; c, cellules de l'épithélium glan- dulaire; a, cavité centrale. Fig. 9. — Coupe transversale du canal excréteur des glandes arborescentes ou de Dufour de la Gryllotalpa. R, replis épithéliaux internes. On compte de dix à quinze de ces replis ; M/, faisceaux musculaires longitudinaux, peu nombreux et ne formant qu'une assise très mince ; Me, muscles cir- culaires ; E, épithélium formé par des cellules cubiques à gros noyaux ; ce, membrane chitineuse recouvrante. Fig. 10. — Coupe transversale d'une portion de jabot du Gryllus domesticus; cm, couche musculaire annulaire; ce, assise chitinogène formée par de petites cellules cubiques ; me, membrane chitineuse interne recouverte de nombreuses soies cornées. Fig. 11. — Coupe transversale du canal efférent impair des tubes de Mal- pighi [Gryllotalpa vulgaris); Me, couche musculaire très épaisse, envoyant des prolongements p dans l'axe des replis RR; E, assise épithéliale cons- tituée par des cellules à gros noyaux et recouverte d'une mince couche chitineuse ce. On compte six replis R. LES ANNÉLIDES POLYCHÈTES DES COTES DE FRANCE (MANCHE ET OCÉAN) Par M. le Baron de SAIXT-JOSEPH INTRODUCTION. Pour faire suite à mon mémoire sur les Annélides Poly- chètes des côtes de Dinard (i), j'ai réuni, pendant plusieurs excursions sur les côtes de France (Mauche et Océan), quelques matériaux auxquels il est possible que j'en ajoute d'autres plus tard. Les séjours que j'ai faits dans chacun des endroits que j'ai visités n'onl pas été d'assez longue durée pour me permettre d'en donner une faune détaillée. Mon but est de compléter mes descriptions de quelques espèces déjà trouvées à Dinard antérieurement, de décrire toutes celles que je n'y avais pas rencontrées, et d'étendre davantage les rapprochements que j'avais faits entre la faune des mers Françaises et celle d'autres mers. Mes recherches ont porté sur les côtes de Yillerville, Saint-Yaast-la-Hougue, Concarneau, du Croisic, d'Arca- chon et Saint-Jean-de-Luz. N'ayant passé que quelques heures à Saint-Pol-de-Léon (Penpoull), Brignogan, Porsal, le Conquet et Saint-Guénolé, avec des marées peu favo- (4) Voir l'''^ partie, Ann. des se. nat., 7™^ série, t. I, 1887. p. 127 à 270. et pi. Vil à XU. — 2'"'^ partie, Ibid., t. V, 1888, p. 141 à 338, et pi. VI à Xill. — 3°^^ partie, Ibid., t. XVII en entier, 1894, p. 1 à 395, et pi. I à XJU. — 4°^e partie, Ibid., t. XX, 1895, p. 185 à 272, et pi. XI à Xlll. ANN. se. NAT. ZOOL. Y, 14 210 OF. fiAirVT-«fO§iEPH. rables, je n'ai eu qu'un aperçu absolument insuffisant de ces localités. Les Annélides polychètes dont il sera question ont été Irouvés par moi et examinés, à peu d'exceptions près, vi- vants, sauf ceux de Villers dont M. Adrien Dollfus a bien voulu me donner à déterminer une collection qu'il en avait rapportée . Avant de commencer la description des espèces, je vais en établir la liste pour chacun des points d'oii elles pro- viennent (1). VILLER VILLE. La côte très vaseuse est pauvre en Annélides ; on y récolterait surtout des Hydroïdes et des Bryozoaires le plus souvent fixés aux Algues et aux tubes de Chœtopterus vario- pedatus Ren. rejetés par la mer; ils sont aussi attachés aux pieux des parcs à moules [Tubulaina indimsa L. en grand nombre). De véritables champs de Lanke conchilega Pall. s'étendent entre Villerville et Trouville. Syllis (Typosyllis) variegata Gr. — gracilis Gr. Aphrodite aculeata L. Lepidonotus squamatus L. Nychia cirrosa Pall. Sthetielais Idunœ Rathke. Neanthes Perrieri N. S. Nereis pelagica L. Eunereis longissima Johnst. (jeune). Platynereis Dwneriiu Aud. et Edw. Phyllodoce pulchella Mgr. Euialia viridis Miill. Glycera co7ivoluta Kef. Polydora ciliata Johnst. (et embryon à la pêche pélagique). Embryon de Nerine (pêche pélagique). Clisetopterus variopedatus Ren. (tubes très nombreux rejetés sur la côte, vides, ou ne contenant que des animaux morts ou mutilés). Sabellaria spinulosa Leuck. Lanice conchilega Pall. Sabella pavonina Sav. (petits tubes fixés sur des tubes de Chœtopterus). Serpula vermicularis L. (1) Les noms de ces espèces déjà examinées dans les Annélides polychètes des côtes de Dinard sont imprimés en caractères italiques lorsque je n'ajoute rien à leur description. Les noms des espèces de Dinard dont je complète l'étude, et ceux des espèces étrangères à Dinard dont je parle ici pour la première fois, sont imprimés en caractères gras. Tous les Annélides énumérés dans les listes qui vont suivre sont donc décrits, soit dans les Annélides polychètes des côtes de Dinard, soit dans le Mémoire actuel. ANNÉLIDES POLYCHÈTES DES COTES DE FRANCE. 211 VILLERS. Syllis (Typosyllis) alternosetosa St-Jos. — — varier/ata Gr. Lepidonotus squamatus L. Xt/cfiia cirrosa VaW. Harmothoe impar Johnst. Lagisca extenuata Gr. Pobjnoe scolopendrina Sav. Sigalion squamatum D. Ch. Neanthes Perrieri N. S. Nereis pelagica L. — diversicolor O.-F. Mull. Eunereis longissima Johnst. (jeune). Perinereis cultrifera Gr. (forme hétéro- uéréidieune lemelle). Platynerds Dumeriiii Aud. et Edw. Phyilodoce groenlandica OErst. Eulalia viridis O.-F. Mull. Xephtys Hombergii Aud. et Edw. — cœca Fabr. — cirrosa Ehl. Glycera convoiuta Kef. Nerine cirratulus D. Cii. Chaetopterus variopedalus Ren. (dans un tube rejeté par la mer, mutilé). Sabellaria spinuiosa Leuck. Lagis Koreni Mgr. Lanlce conchilega Pall. Xicolea venustula Mont. Thelepus setosus Qfg. Dasychone bombyx Dalj^ell. Serpula vermicularis L. Pomatoceros triqueier L. SAINT-VAAST-LA-HOUGUE. Grâce à l'accueil aimable et cordial de M. le professeur Perrier, directeur du laboratoire maritime du Muséum, et de M. Malard, le sous-directeur, j'ai employé de la ma- nière la plus, intéressante les dix jours que jai passés à Saint- Vaast à la fin d'août 1894. Les plages de sable du Fort de la Hougue et de l'île de Tatihou (1), les parcs à huîtres du Rliun, la vase de l'extré- mité de la jetée à Sainl-Vaast sont très riches en Annélides, plus que les rochers de la pointe Dranguet et de la pointe de Saire qui, comme ceux du S. et de TE. de Tatihou, ont l'inconvénient d'être par trop surchargés de fucus. Les dragages au Petit et au Grand Nord et à l'Est (10 à 35 mètres de profondeur), sont d'une richesse exception- nelle non seulement en Annélides, presque tous semblables à ceux des dragages de Dinard, mais en animaux de toute sorte : Échinodermes, Némertiens, Nudibranches, etc. Dans la direction des îles Saint-Marcouf, la drague ramène (1) Outre de nombreux Annélides, on trouve, dans les sables de Tile de Tatihou, la Convoiuta Schultzii 0. Schm., ÏEchiiirus Pallasii Guérin et VOphiocnida longobrachiata Mont. 212 DE HiAII^T-tlOISEPH. une quantité de Chdetopterus variopedatus plutôt de petite taille. Les Annélides si abondants de Saint-Vaast ont été l'ob- jet de nombreux travaux [Keferstein (1), Claparède (2), Quatrefages (3), Grube (4)]. Depuis la fondation du labora- toire maritime, M. Malard, M. Fauvel (5), M. Gravier (6) s'en sont également occupés et M. Fauvel (7) en a donné une liste à laquelle je renvoie pour l'énumération complète des Annélides connus jusqu'à présent à Saint-Vaast. M. Ma- lard (8) pour les Poissons et leurs parasites, MM. Cbevreux et Bouvier (9) pour les Ampbipodes, ont aussi publié un cata- logue raisonné. Il serait bien à désirer qu'on complétât cet inventaire zoologique et que pour servir aux progrès de la zoogéographie, tous les laboratoires du monde entier en fissent autant. Syllis {Typosyllis) alternosetosa St-Jos. (dragages). — — proliféra Kr. {idem). Syllis [Typosyllis) variegata Gr. [idem). — — Krohnii Ehl. (Pointe de Saire). (1) Keferstein, Untersuchungen ûber niedere Seethiere [Zeits. fûrwiss. Zoo/., t. XII, 1862, 145 p. et i\ pL). (2) Claparède, Beoh. iiber Anat. und Entwickl. wirbelloser Thiere an der Kûste von Normandie angestellt. Leipzig, in-foL, 1863. (3) Quatrefages, Eist. nat. des Annel., 2 vol. in-8, 1865, passim. (4) Grube, MitÛt. ilber St-Vaast-la-Hougue und seine Meeres-besonders seine Anneliden Fauna [Abhand. der Schles. Gesells., 1868-1869, p. 91-128, et 1 pi.). (5) Fauvel, Sur la présence de VAmphicteis Gunneri Sars sur les côtes de la Manche [Bull. Soc. Linn. de Normandie^ 4™^ série, t. IX, i%^^). — Contributions à l'élude des Ampharétiens français [Mém. Soc. nat. des se. nat. et math, de Cherbourg, t. XXiX, 1895). — Sur les différences anat. des genres Ampharete et Amphicteis [Bull. Soc. Linn. de Normandie, t. X, 1896). — Influence de Vhi- ver 'l 894-95 sur la Faune marine [Comptes rendus Acad. des .sr^.,9 sept. 1895). — Homologic des segments antérieurs des Ampharétiens [Ibid., 2 nov. 1896). — Recherches sur les Ampharétiens [Bull. se. de la France et de la Belgique, t. XXX, 1897, 212 p. et 11 pi.). (6) Gravier, Recherches sur les Phyllodociens [Bull. se. de la France et de la Belgique, t. XXIX, 1897, p. 293 à 389, et pi. XVI-XXIII). (7) Fauvel, Catalogue des Annél. polych.de St-Vaast-la-Hougue [Bull. Soc. Linn. de Normandie, t. IX, 1895, p. 121-146). (8) Malard, Catalogue des Poissons des côtes de la Manche [Bull, de la Soc. phil., S'"^ série, t. Il, 1890). (9) Ghcvreux et fJouvier, Les Amphipodcs de St-Vaast-la llouguc, [^^ liste [Ann. des se. nat., 7'"« série, l. XV, 1893, p. 109-1 ii, cl pi. Il, lig. 1-12). ANNÉLIDES POLYCHÈTES DES COTES DE FRANCE, 213 OdontosyUis gibba Clpd. (dragages et Pointe de Sairc). Odontosijllis ctenosloma Clpd. (dragages'. PterosijUis spevfahilis Johiist. [idem). Trypanosyllis Krohnil Clpd. (comiiiuui- quée par M. Adrien DoUfus). Trypanosijllis cœliaca Clpd. (dragages), Grubea c' avala Clpd. (Pointe de Saire\ Autolytus pictus Ehl. (dragages). — omalua Mslv. et Bobr. {idem). — macrophthahna Ma^enz.(^■rfe»^). — Ehbiensis St-Jos. [idem). Aphrodite aculeata L. [idem). Harmothoe impar Johnst. (communi- quée par M. Adrien Dolifus). Harmothoe castanea Me Int. (dragages, sur ]e Si'alangus purpureus O.-F. Mail.) Harmothoe longisetis Gr. (dragages). Lagisca extenuata Gr. (dragages et Pointe Dranguetj. Polynoe scolopendrina Sav. (dragages). Pholoe synophthalmica Clpd. [idem). Sigalion squamatum D. Ch, (île de Ta- tihou et fort de la Hougue). Marphysa sanguinea Mont. (Le Cheval). Lysidice Ninetla Aud. et Edw. (dragages). Lumbriconereis Latreilli Aud. et Edw. (plages de sable au N.-E. du labora- toire). Paractius mutabilis St-Jos. (dragages). Leptonereis Vaillanti St-Jos. (Fort de la Hougue). Nereis fucata Sav. (dragages). — irrorata et sa forme hétéroné- réidieune mâle (Le Cheval). Eiinereis longissima Johnst. (Jetée de St-Vaast et l'orme jeune au fort de la Hougue). Platyneveis Dumerilii Aud. et Edw. (dra- gages). PhyUodoce laminosa Sav. (dragages). — mucosa OErst. (communiquée par M. Malard). Euialia vlvidis O.-F. MuU. (dragages). — punctifera Gr. [idem). — pusilla OErst. [idem). Pterocirrus macroceros Gr. [idem). Eteone foliosa Qfg. (fort de la Hougue et plages de sable au N.-E. du labora- toire). Kefersieinia cirrata Kef. (dragages). Neplitys llombergii Aud. et Edw. (jetée de St-Vaast). Nerine cirratulus I). Ch. (dans le sa])le au N.-E. du laboratoire). Nerine foliosa Aud. et Edw. (jetée de St- Vaast). Nerine [S cale le pis?) Girardi Qfg. (Le Cheval). Spiophanes Bombyx Clpd. (fort de la Hougue). Mfigelona papillicornis Fr. JMiiU. Arioia Mùlleri Rathke (fort de la Hougue et plages de sable au N.-E. du labora- toire). Sdemcheilus minutiis Gr. (dragages). Travisia Forbesii Johnst. (île de Tatihou) communiquée par M, Fauvel. Notomastus latericeus Sars (fort de la Hougue; jetée de St-Vaast; plaines au N.-E. du laboratoire). Clymene lumbricoides Qfg. (plages au N.-E. du laboratoire). Leiochone clypeata St-Jos. [idem). Petaloproctus terricola Qfg. (1) (Le- Che- val). Chaelopteriis variopedatus Ren. (draga- ges). Flabelligera affinis Sars [idem). Stylarioides plumosa O.-F. Mull. (Le Cheval et dragages). Amphitrite Edwarsi Qfg. (plage un peu vaseuse au S.-O. du laboratoire). Amphitrite gracilis Gr. (Le Cheval). Polymnia NcsidensisB. Ch. (Pointe Dran- guet). Nicotea venustula Mont. (Pointe Dran- guet; Pointe de Saire; dragages). Thelepus setosus Qfg. (dragages). Polycirrus hœmatodes Clpd. [idem). Branchiomma vesiculosum Mont. (Pointe Dranguet et dragages). Potamilla reniformis O.-F. MuU. (Le Cheval). Dasychone Bombyx Dalyell (le Cheval et dragages). Myxicola Dinardensis St.-Jos. (dragages). Jasmineira elegans St-Jos. [idem). Serpula vermicularis L. [idem). Pomaloceros triqueter L. [idem). (1) La Clymene spatulata Gr. est probablement identique au P. terricola, mais Grube a établi son espèce d'après une partie postérieure insuffisante pour une détermination e.xacte. U a admis lui-même la dénomination de Quatrefages. 214 OE ^AI]VT-«rOi»EPn. DÏNARD 3 espèces trouvées depuis la publication de mon mé- moire sur les Annélides de Dinard, ce qui en porte le nombre à 210 que j'y aurai rencontrées. Harmothoe impar var. Pagenstecherî Mich. (St-Lunaire). Lumbriconereis coccinea Ren. (dragages). Phyllodoce papulosa N. S. (Plage des Bains). SAINT-POL-DE-LÉON (Penpoull). La plage de Penpoull^ où je n'ai passé que quelques heures en juillet 1895, me paraît devoir être riche en Annélides comme l'a indiqué M. le professeur de Lacaze- Duthiers (1). C'est là qu'il a signalé pour la première fois la présence de la Myxicola infiindibulum Ren. qui ne me semble pas avoir été rencontrée jusqu'ici sur un aulre point des côtes de France (Manche et Océan). La partie de la plage que j'ai parcourue s'étend de Pen- poull à l'île Blanche. C'est auprès de l'îlot qui précède l'île Blanche que j'ai trouvé les Myxicoles. Sthenelais Idunse Rathke. Marphysa Bellii Aud. et Edw. Perinereis cultrifera Gr. Nephtys cœca Fabr. Glycera convoLuta Kef. Notomastus latericeus Sars. Clymene lumbricoides Qfg. Leiochone clypeata St-Jos. Petaloproctus terricola Qfg. Sabella pavojiina Sav. Myxicola infiindibulum Ren. Brignogan. Porsal. Le Conquet. Saint-Guénolé. Dans ces localités, que je n'ai fait que traverser, les ro- chers et les plages sont battus par une mer en général si violente que les animaux ne peuvent guère s'y développer. (l)De Laraze-Dulhiers, A propos de la station dcsChétoptùres et des Myxi- coles sur la plage de lioscoff et de St-Pol-de-Li'on [Archives de Zoo/, expér., t. 1, 1872, p. XXIII. — Laboratoire de Zool. exiger, (-oiiipte rendu [Arcfi. de lool. expér., L Yl, 1877, p. XV,]). ANNÉLIDES POLYCHÈTES DKS COTES DE FRANCE. 215 BRIGNOGAN. Eulalia viridis O.-F. Miill. (Beg ar Scaf j Audouinia tentaculata Mont, i^ibid.), et port de Pontusval). | Terebella lapidaria (Kœhler) L,{ibid.). Perinereis cultrifera Gr. PORSAL. (Segou-Bras et Segou-Bian.) LE CONQUET. I Mnrphysa sanguinea Mont. (rade^. | Nereis irrorata Mgr. [ibid.). Maclovia gigantea Gr. {ibid,). SAINT-GUENOLE, Halo^ydna gelatinosa Sars (Rochers au S. da port et plages au-dessous de Notre-Dame de la Joie). Lagisca extenuata Gr. {ibid.). St/ienelais Idunse Rathke {ibid.). Perinereis cultrifera Gr. {ibid.). Glycera giqantea Qfg. [ibid..). Audouinia tentaculata Mont, {ibid.), Terebella lapidaria (Kaehler) L. {ibid. CONCARNEAU. Concarneau, où j'ai séjourné pendant trois semaines en août 1892, est un des points les plus intéressants de nos côtes de l'Océan (1) et il le serait encore bien davantage si le laboratoire maritime disposait d'un bateau à vapeur pour des excursions et des dragages aux îles deGlenan. Je recom- manderai pour la recherche des Annélides, la belle plage du cap Coz où il y a aussi de nombreux Sipwiculus nudus L., des Synapta inhœrens O.-F. Miill., des Synapta digitata Mont., des Synapta digitata var. Thompsoni-Herapath, et ôe?^ Echinocardium cordatum Gray, l'anse de Porzou et sur- tout la poinle de la Jument au-dessous de Pendruck, d'où j'ai rapporté uue partie antérieure de Ptychodera Saimiensis Kœhl. [Balanoglossus Salmoneiis Giard) qu'on n'avait encore (i) Voir De Guerne et Barrois, Faune littorale de Concarneau {Bévue scien- tifique, 3°^« série, t. 1, 1881, p. 25-27). 216 1»C «iAIIVT-JOiiRPH. rencontrée qu'à l'île du Loch et à l'île de Herm. Les sables de la côte depuis la pointe de Benodet jusqu'à Beg-Meil el ceux qui sont à l'E. de la pointe de Trévignon (1), sont au contraire entièrement stériles, comme il n'arrive que trop souvent sur nos côtes de l'Océan et comme je l'ai constaté à l'E. du Morbihan dans l'anse de Succinio et dans beaucoup d'aulres endroits; on n'y trouve même pas VArenkola ma- rina L. que j'ai vue partout sauf dans ces sables si peu favo- rables à la vie des animaux et des plantes. J'ai fait plusieurs bons dragages dans l'anse de la Forest par 5 à 10 mètres de profondeur et il n'est pas douteux qu'il y en aurait de bien meilleurs à faire à l'île aux Moutons et aux îles de Glenan. La pêche pélagique (2) est abondante, en Péridiniens sur- tout, dès qu'on sort du port. Si les travaux zoologiques sont nombreux sur la faune de Concarneau (3), l'étude des Annélides Polychètes y a été presque complètement négligée et je ne vois guère sur ce sujet que les descriptions données par M. Giard, de VOphiodromus Hermanni Giard (4), commensal du Balano- glossus Salmoneiis^ de la Ldenilla castanea Me lut., com- mensale du Spatangiis purpiireus O.-F. Milll., comme je l'ai trouvée à Saint-Yaast (5), de VHermadion Echini Giard (6), (1) Je n'en ai rapporté que des Pollicipes cornucopia Gm., rejetés par la mer et venant probablement des îles de Glenan. (2) Biétrix, Rapport sur la pêche pélagique pendant l'été de iSSS. Annexe A du Rapport de M. Georges Pouchet sur le laboratoire de Concarneau en ISSS {Journal d\mat. et de physiol., t. XXV, 1888, p. 399-409). (3) Sans parler de ceux de Coste, de Georges Pouchet sur les Péridi- niens, de Robin et Fabre-Domergue sur les Infusoires, on peut citer entre autres : Barrois, Catalogue des Crustacés Podophtkalmaircs et Ec/iino- dermes recueillis à Concarneau en '1880. Lille, d882, in-8 (avec une carte utile pour les dragages). — Bonnier, Catalogue des Crustacés Malacostracés de Con- carneau {Bull. se. du Nord de la France et de la Belgique, lO'"*^ série, J887, p. 199-262 et 296-356). — Giard et Gonnier, Contributions à Vètudc des Dopy- riens, in-4, 1887. (4) Sur la faune profonde de Concarneau {Assoc. franc, pour Tavayic. des se. La Rochelle, 1882, p. 526 et 571). — Rull. scient, du départ, du Nord, 1886, n" 2). (5) Sur c/uelques Polynoidiens {Ibid., n° 1, p. 3). (6) Ibid., nM, p. 6. ANNÉLIDES POLYCHÈTES DES COTES DE FRANCE. 217 commensal de VEchimts Melo Lmck. et de VEchiiiits esculentus Diib. et Kor. De plus M. Giard mentionne simple- ment la présence des Polyophlhalmiis (1) à Concarneau et MM. de Guerne et Bonnier celle de XdiPectïnaria Delgica Pall. Je n'ai retrouvé aucune de ces espèces. Syllis [Typosyllis) proliféra Kr. (dra- gages). Stjllis [Typonyllis) Kro/miiEhl. [idem). Pionosyllis pulligera Kr. [idem). Odo7itosyUis cjibba Clpd. {idem). Trypcmosyllis cœliaca Clpd. [idem). Sphœrosyllis hystiix Clpd. [idem), Lepidonotus squamatus L. {idem). Lepidonotus clava Mont, (poiute de la JumeDt). Halosydna gelatinosa Sars (pointe de la Jument et dragages). Nychia cirrosa Pall. (dragages). Harmothoe cxliaca St-Jos. [idem). Harmothoe picta Sl-Jos. (pointe de la Jument). Harmothoe spinifera Ehl. (idem). Lagisca extenuata Gr. (idem). Polynoe indéterminée. Larve (pêche pé- lagique). Pholoe synophthalmica Clpd. (dragages). Eunice vittataD. Ch. [idem). Marpliysa sanguinea (anse de Trévignon). Lysidice Ninetta Aud. et Edw. (anse de Porzoù ; poiute de la Jument). Lumbriconereis Latreilli Aud. et Edw. (pointe de la Jument). Nematonereis unicornis Gr. {idem et dra- gages). Maclovia gigantea Gr. (pointe de la Ju- ment). Perinereis cultrifera Gr. (cap Goz; anse de Trévignon . PLatynereis Dumerilii Aud. et Edw. Forme hétéronéréidienue mâle (poiute de la Jument et dragages). Phyllodoce splendens St-Jos. (pointe de la Jument). Phyllodoce ruhiginosa St-Jos. (dragages). Eutalia viridis O.-F. Mtill. (pointe de la Jument). Eulalia pusilla OErst. (dragages). — pallida Clpd. [idem). Eulalia quadrilineata N. S. {idem). Eulalia piinctifera Gr. (pointe de la Jument). Pterocirrus macroceros Gr. (dragages). Podarke pallida Clpd. {idem). Ophiodromus flexuosus D. Ch. (cap Coz). Nephtys Hombergii Aud. et Edw. (anse de Porzou ; cap Coz). Glycera convoluta Kef. (anse de Trévi- gnon; cap Coz). Audouinia ttntaculata Mont, (cap Coz). Saccocirrus papillocercus Bobr. Larve (pêche pélagique). Nerine {Scolelepis?) Girardi Qfg. (pointe de la Jumenfi. Nerine. Larve (pêche pélagique). Magelona papillicornis Fr. MûU. Larve [idem). Aricin Latreilli Aud. et Edw. (cap Coz). Flahelligera affinis Sars (dragages). Noloniasfus lattriceus Sars [idem). Dasybranchus caducus Gr. (pointe de la Jument). Arenicola marina L. (anse de Porzou; anse de Trévignon). Clymene lumbricoides Qfg. (pointe de la Jument). Clymene OErstedii Clpd. (anse de Porzou). Leiochone clypeata St-Jos. (anse de Por- zou ; anse de Kersos; pointe de la Jument). Johnstonia clymenoides Qfg. (cap Coz ; pointe de la Jument). Petaloproctus terricola Qfg. (anse de Porzou; pointe de la Jument). Owenia fusiformis D. Ch. (anse de Ker- sos; cap Coz). Amphitrite gracilis Gr. (anse de Porzou; pointe de la Jument; anse de Trévi- gnon). Terebella lapidaria (Kaîhler) L. (cap Coz). Polymnia Nesidensis D. Ch. (pointe de la Jument et dragages). Lanice conchilega Pall. (pointe de la Jument). Nicolea vetiustuln Mont, (dragages). Polycirrus hsematodes Clpd. (pointe de la Jument). (1) Comptes rendus de VAcad. des se, t. XGI, 1880. 218 DF> i(AIMT-«fOi(EPH. Serpula vermicularis L. (dragages). Hydroides NorvegicaGunn. {idem). Pomatoceros triqueter L. (cap Goz et LE CROISIC. Les endroits qui me paraissent les meilleurs pour la ré- colte des Annélides qui y abondent, sont, dans le port, le banc du port Ciguet, puis l'estacadeet le côté de la jetée qui y fait suite, Pen-Bron, quelques parties du Grand-Trait et, dans les environs, la plage de sable du Banc des Chiens au Pouliguen (1) et le plateau du Four. Port-Val, à l'O. de la chapelle de Saint-Goustan, m'a paru en septembre 1895 appauvri depuis le mois d'août 1880, où j'y étais allé pour la première fois. Les marais salants avec leur faune si considérable de Protozoaires, de Turbellariés, de Néma- toïdes libres et de petits Crustacés sont un des points qu'il convient le plus d'explorer au Croisic ; mais les Annélides y sont rares, comme ils le sont aussi dans les dragages qui au contraire procurent de nombreux Amphipodes et Iso- podes (2). Odontosyllis qibba Clpd. (Pen-Bron). Odontosyllis ctenosloma Clpd. {idem). Aphrodite aciileata L. (Banc des Chiens). Lepidonotus clava Mont, (plateau du Four). Lepidonotus squamatus L. {idem). Halosydna rjelatinosa Sars (Port- Val; Pen-Bron). Nychia cirrosa Pall. (estacade, dans une galerie creusée par une Âmphitrite Edwarsi Ql'g.). Harmothoe impar Jolmst. (dragage à Pen-Broii). Lagisca extenuata dr. (plateau du Four). Sigalion squamatum D. Cti. (Banc des (Chiens). Eunice llarassii Aud. et Edw. (Port-Val; plateau du Four). Marphysa sanguinea Mont, (estacade). Marphysa Bellii Aud. et Edw. (Port- Lain). Lumbriconereis Latreilli (Port-Val ; estacade; Pen-Bron). Lumbriconereis impatiens Clpd. (Pen- Bron). Lysidice Ninetla Aud. et Edw. (Port- Val ; plateau du Four). Nemato?iereis unicornis Gr. (Port-Val ; estacade). Nereis pelagica L. (estacade; plateau du Four). Nereis diversicolor O.-F. Miill. (Grand- Trait; marais salants). Nereis fucataSav., dans une coquille de liuccinum undalum L. (dragage dans la baie). Nereis irrorata Mgr. (estacade). Perinereis cultrifera Gr. (Pen-Bron; (1) .loussct de Bellcsme, Carte zoologique et Faune de la baie du Pouliguen [Assoc. franc, pour Tavanc. des .se, La Hochelle, 4882, p. 563). (2) Chevreux, Crustacés Amphipodes et Isopodes des eiivirons du Croisic [Assoc. franc, pour Vavanc, des sc.^ Rouen, 4883, p. 517, et Blois, 1884, p. 312). ANNÉLIDES POLYCIIÈTES DES COTES DE FRANCE. 219 Banc (les Chiens; plateau du Four). Platynereis Dumerilii Aud. et Edw. For- me néréidienne dans un tube de Spi- rograpliis Spallanzanii. Forme hétéro- néréidienne mâle (Pen-Bron). Phyllodoce laminosa Sav. (Port-Val ; estacade; Pen-Bron). Phyllodoce sp. (plateau du Four). Phyllodoce splendens St-Jos. (estacade). Eulalla viridis O.-F. MCill. (Port-Val; plateau du Four). Eteoiie incisa St-Jos. (Pen-Bron). Kefersteinia cirrata Kef. (Port-Val ; Pen- Bron). Magalia perarmata Mar. et Bobr. (Pen- Bron). Nephtys Hombergii Aud. et Edw. (Banc des Chiens). Nephtys cirrosa Ehl. [idem). Glycera alba Rathke [idem). Glycera convoluia Kef. (Pen-Bron). Glycera Mesnili N. S. (estacade; Peu- Brou). Audoinnia teîitaculata Mont. (Port-Lain; Port-Val; estacade; Pen-Bron). Ephesia gracilis Rathke (plateau du Four). Dodecaceria concharum OErst. (Pen- Bron;. Aricia Latreilli Aud. et Edw. (Banc des Chiens^. Aricia Mùlleri Rathke (Grand-Trait). Polydora ciliata Johnst. (produisant une maladie des huîtres dans les parcs de Sissable entre le Grand et le Petit- Trait). Nerine foliosa Aud. et Edw. (estacade). 1) (Port- Aonides (Nerine) oxycephala Sar (Pen-Bron). Nerine [Scolelepis?) Girardi Qf; Val). Fiahelligeva af finis Sars (Pen-Bron). Ophelia bicornis Sav. nec D. Gh., nec OErst., nec Cosmov. (Banc de Port- Ciguct). Ophelia neglecta Aimé Schn. (Banc des Chiens). Travisia Forbesii Johnst. {idem). Nolomastus fatericeus Sars (Port-Lain ; estacade; Pen-Bron). Arenicola marina L. (Pen-Bron). Ciymene iumbricoides Qfg. (estacade). Petalojjroctus terricola Qfg. (Pen-Bron). Owenia fusiformis D. Ch. (Port-Lain; estacade). Amphitrite Johnstoni Mgr. (estacade). Amphitrite Edumrsi Qfg. idem). Amphitrite gracilis Gr. (Port- Val). Terebella lapidaria (Kaehler) L. (Port- Val; Pen-Bron). Polymnia nehidosa Mont, nec Johnst. (Peu-Bron). Polyvmia NesidensisD. Ch. (Pen-Bron). Sabella Pavonina S^av. (dragage au Nord de la Basse-Castouillet, par 12 mètres de fond). Spirographis Spallanzanii Viv. (Peu- Brou; dragage à l'île Dumet). Serpula vermicularis L. (dragages à la Basse-Hergo, à la Basse-Ruelle et à la Basse-Castouillet). Pomatoceros trique fer L. (Pen-Bron). Ditrupa arietina O.-F. Miill. (dragage au S.-O. de Belle-Isle). ARCACHON. La meilleure partie de la côte du bassin s'étend de l'établissement des Bains d'Eyrac jusqu'un peu au delà du grand hôtel; de là jusqu'à Moullau la côte devient très pauvre. Auprès d'Eyrac, le Trincat de Gentil est riche en Amphitrite Edwarsi et en Iraversant le bassin, on trouve entre le cap Ferret et l'embarcadère des bateaux à vapeur, le (1) A cause du petit nombre de ses branchies, cette espèce de Sars rentre dans le genre Aonides Glpd. nec Lev., comme le pense M. Mesnil, Le.s Spio- nidiens des côtes de la Manche [Bull. se. de la France et de la Belgique, t. XXIX, 1896, p. 242). 220 I>K H. long des parcs à huîtres, de heWe^ Diopatra Neapoiita?ia\) . Ch . el des Cerianthus membranaceus Haime, plus gros que ceux de la plage d'Eyrac. Presque partout les bords du bassin sont vaseux et pauvres comme le fond, mais je suis loin de les avoir tous parcourus, n'étant resté que six jours à Arca- chon à la fin de septembre 1893. Les dragages de la C'^ des bateaux de pêche à vapeur fails au large, souvent à des profondeurs de 80 à 100 mètres, seraient une précieuse res- source. Je n'ai pu m'en procurer qu'un seul. Syllis [Typosyllis] proliféra Kr. (dragage ;in large). Hyalinœcia tubicola O.-F. Mull. {i.r/em). Diopatra Neapolitana D. Gh. (cap Ferret; plage d'Arcachon). Marphysa sanguinea Mont. (Trincat de Gentil). Nereis fucata Sav. (draguée au large de Gordouan, communiquée par iM. Adrien Dollfus). Perinereis cultrifera Gr. (Triucat de Gentil; plage d'Eyrac). Platynereis DumerUii Aud. et Edw. (plage d'Arcachon). Phyllodoce bruneo-viridis N. S. (plage d'Arcachonj. Eulatia viridis O.-F. Mull. (plage d'Ey- rac). Nep/itys Hornhergii Aud. et Edw. (plage d'Arcachon). Giycera convoluta Kef. (Trincat de Gen- til). Aricia f'œlîdn Clpd. (plage d'Eyrac). Leiochone cbjpcata St-Jos. {idem). Arenicola marina L. (partout). Lagis Koreni Mgr. (plages d'Eyrac et d'Arcachon). Sabelinria spuiulosa Leuck. (dragage au large). SabeUaria aloeolata L. (dragage devant l'Aquarium). Amphitrite Edwarsi Qfg. (Trincat de Gentil). Terehella lapidaria (Kaehler) L. (plage d'Eyrac). Lanice conchilega Pall. [idem). Thelepus cincinnatus Fabr. (dragage au large). Dasychone bombyx Dalyell iidem). Serpula vermicularis L. {idem). Hydroides Norvegica Gunn. {idem). Mera pusilla St-Jos. (dragage devant l'Aquarium). Pomaloceros triqueter L. {idem). Dans son mémoire sur la faune d'Arcachon, Lafout (1) donne une liste d'Annélides où je relève quelques espèces que je n'ai pas Irouvéos : Nereis fallax Qfg., Chœtopterus Valencinii Q^^.^ Arenicola ecaudata Jolinst., Serpula octo- costalaQïg.^ Serpula Mont a gui QCg., Yermilia humllis Qfg., Vermilia jmsilla Qfg. Je ne fais que citer sans garantir l'exactitude des déterminations. (1) liote pour servir à la faune de la Gironde, contenant la liste des animaux marins dont la présence a été constatée à Arcachon en 1867 et 'IS68 (Actes âc la Soc. linn. de Bordeaux, t. XXVI, 1868, et t. XXVIU, 1870). ANNÉLIDES POLYCHÈTES DES COTES DE FRANCE. 22 J SAINT-JEAN-DE-LUZ. Pendant trois séjours de huit jours chacun que j'ai fails à Saint-Jean-de-Luz en mars 1892, avril et septembre 1897, j'ai parcouru avec grand intérêt les roches calcaires en- tre Biarritz et Hendaye. Les grandes plages do sables sont rares sur la côte et quand il y en a, comme à Biarritz, dans la baie de Saint-Jean-de-Luz, aux bains d'Hendaye et sur la rive Espagnole de la Bidassoa, le sable y est stérile. J'indiquerai comme endroits favorables à la récolte des Annélides, les roches de la Goureppe près de Biarritz, les rochers de Guéthary, mais encore plus ceux en dedans de la pointe de Sainte-Barbe dans la baie de Saint-Jean-de-Luz et ceux au N. de la pointe de Sainte- Anne, au-dessous d'Abbadia. Dans le port de Socoa,j'ai trouvé des Diopatra Neapolitana. A Bemardy, au-dessous de la croix d'Archiloa, les roches calcaires sont pavées de Strogylocentnis livïdus Lmcl<. qui les perforent, à'Astera- canthïon glaciaUs O.-F.MûlL et à^Holothurïa tuhulosa Gm.; les Annélides qui s'y rencontraient en abondance en 1892 y avaient presque disparu en 1897. On a fait la même re- marque pour Guéthary. Tl faut peut-être attribuer ce chan- gement aux grosses mers qui n'ont cessé de balayer, du mois d'août 1896 au mois de septembre 1897, cette cote très exposée. $!yllis {Typosyllis) proliféra Kr. (Ste- Auoe). SiyUis gracilis Gr. [idem). Odontosyllis ctenosloma Clpd. [idem). Autolyfus pic tus Ehl. [idem). Trypanosytiis Krohiii Clpd. (Guélhary), Lepidonotus clava MoDt. (Ste-Barhe). Halosydna gelatinosa Sars (Reiuardy, Heodaye). Harmothoe picta St-Jos. (Remardy, Ste- Anne). Lagisca extenuata Gr. (Remardy, Ste- Barbe). Sthenelais hlunx Rathke(Ste-Barbe, Ste- Anne) . Euplirosyne foUosa Aud. et Edw. (Ste- Anne). Diopatra Neapolitana D. Ch. (port de Socoa). Eunice Kinbergi Ehl. Forme jeune et adulte (Ste-Auue, Ste-Barbe, Biarritz). Eunice torquata Qfg. (Guéthary, Re- mardy, Ste-Barbe, Ste-Aiine). Lumbriconereis coccinea Reu. (Ste- Barbe). Lumbriconereis impatiens Clpd. (roches eutre Guéthary et Saint-Jean-de-Luz, Ste-Barbe). Lysidice Ninelta Aud. et Edw. (Ste-Bar- be). 222 B>E SAIIVT-JOSEPH. Maclovia gigantea Gr. (Guéthary, Re- mardy, Ste-Barbe, Ste-Anne). Nereis pelagica L. (Guéthary). Nereis irrorata Mgr. ^Ste-Barbe). Perinereis oliveirœ Horst (roches entre Guéthary et St-Jeau-de-Luz, Ste-Barbe, Ste-Anne). Perinereis longipesN. S. (Guéthary, Ste- Barbe, Ste-Anne\ Perinereis cultrifera Gr. Formes hétéro- néréidicnnes mâle et femelle (Gué- thary, Remardy, Ste-Anne). Platynereis Dumerilii Aud. et Edw. (Guéthary), Phyllocloce laminosa Sav. (Ste-Barbe\ Phyllodoce splendens St-Jos. (Ste-Anne). Phyllodoce bimaculataN. S. (Ste-Barbe). Eulalia viridis O.-F. Miill. (Guéthary, Ste-Anne). Eulalia punctifera Gr. (Ste-Aune). Eulalia pusilla OErst. (Ste-Anne). Pteroclrrus macroceros Gr. (Ste-Barbe). Hesione pantherina Risso (Guéthary, Remardy, Ste-Barbe). Audouinia teiitaculata Mont. (Guéthary, Remardy, Ste-Barbe, Ste-Anne). Aricia lœvigata Gr. (Ste-Anne). Aricia Cuvieri Aud. et Edw. (Ste-Barbe). Flabelligera Claparedii N. S. (Remardy). Polyophthalmus pictus Duj. (Guéthary). Dasybranchus caducus Gr. (Remardy, Ste-Barbe, Ste-Anne). Arenicola branchialis Aud. et Edw. (Ste-Barbe). Clymene Iwnbricoides Qfg. (Roches entre Guéthary et St-Jean-de-Luz ; Remardy). Johnstonia clymenoides Qfg. (Ste- Barbe). Petaloproctus terricola Qfg. [idem). Leiochone clypeata St-Jos. {idem). Sabellaria alveolata L. (Roches entre Guéthary et St-Jean-de-Luz; Remar- dy). Amphitrile gracilis Gr. (Ste-Barbe). Terebella lapidaria (Kaehler) L. (Ste- Barbe, Ste-Anne). Polymnia nebulosa Mont, nec Johnst. (Remardy, Ste-Anne). Pista cretacea Gr. (Remardy, Ste-Barbe, Ste-Anne). Potamilla reniformis O.-F. Mùll. (Ste- Barbe). Salmacina Dysteri Huxl. (Ste-Anne). Pomatoceros triqueter L. (Remardy, Hendaye). Quatrefages, dans son Histoire naturelle des Annelés [passhn)^ décrit des espèces qui ne sont pas énumérées dans ma liste et qui appartiennent à Guéthary : Polynoe Idevis Aud. et Edw., Lepidonotus brevicornis QTg., Eunice heterochœta Qfg. , Lumbriconereis coniorta Qfg. , Lumbriconereis Yasco Qfg., Cirrhinereis Blainvillii Qfg., Phyllodoce Kin- bergii Qfg., Phyllodoce Rathkei Qfg., Phyllodoce brevi re- mis Qfg., Chdetopterus Sarsii Boeck, Spirorbis lœvis Qfg., Vcr- milia pusilla Qfg., Yermilia proditrix Qfg. Comme pour Arcachon, je ne fais que citer sans garantir la détermination. ANNÊLIDES POLYCHÈTES DES COTES DE FRANCE. 223 FAlULrliE UEii SiYJLIiIDIEK§» Gr. Genre PIONOSYLLIS Mgr. Lang. char, emend. PlONOSYLLIS PULLIGERA Krohn (1). Syllides pllliger Claparède, Glanures zoot. parmi les Annél. de Port-Vendres, 18G4, p. 81, et pi. VI, fig. G. — . Annél. du qolfe de ISaples, 1868, p. 209. — — Viguier, Études sur les animaux inférieurs de la baie d'Alger [Arch. de zool. expér., 2™^ sér., t. II, 1884, p. 99, et pi. V, lig. 51-54). PlONOSYLLIS PULLIGERA Robin, Observ . sur quelques Annél. de V étang de Thau {Bull. Soc. phil., Tme sér., t. VII, 1883, p. 32). PI. xm, fig. 1. Deux exemplaires dans un dragage à la baie de laForesl, à Concarneau. Le corps incolore a 2°'°'. 50 de long sur 0'"°',32 de large, rames comprises sans les soies. La tête ronde a 2 palpes massifs très divergents, une longue antenne médiane et 4 gros yeux avec cristallins dirigés en avant, précédés de 2 taches oculiformes. Tous les appendices du corps sont inarticulés et hérissés de poils tactiles. Le 1" cirre dorsal est plus long que les cirres tentaculaires et il y a alternance de longueur entre les cirres dorsaux suivants. La trompe courte a une petite dent placée tout à fait en avant. Le pro- ventricule qui la suit avec ses rangées transversales de points gris occupe les segments sétigères 3 et 4 ; il a des mouvements de contraction et d'expansion. Le ventricule et ses glandes latérales sont très petits. La figure 50 de M. Viguier, qui représente la partie antérieure de l'animal, (1) Krohn, Ueher Syllis pulligera eine neue Art {Archiv fûrNaturg., J8d2, p. 231, et pi. X). — Pour ne pas allonger démesurément la bibliographie, il ne sera cité dans ce mémoire, à chaque espèce, que les travaux qui ont un intérêt descriptif ou anatomique et il ne sera pas fait mention de ceux où l'espèce est simplement nommée ou cataloguée. 224 OK SAIi^T-elOliEPH. est exacte. 11 en est de même de sa figure 53 pour les soies à article unidenté et l'acicule de forme particulière; mais aux soies à article unidenté il s'en mêle d'autres à article bidenté qu'on ne voit bien qu'avec les plus forts grossisse- ments. Je ne trouve la soie simple qu'aux 5 derniers seg- ments. L'un de ces exemplaires a 23 segments sétigères avec 2 gros œufs, à chacun des segments 8-16, renfermés dans l'intérieur du corps. L'autre a 21 segments sétigères et porte 24 embryons qui me paraissent couchés sur le ventre deux par deux à la partie dorsale de chaque pied de la mère à partir du 7°"' segment sétigère. Ils sont beaucoup moins bien fixés que les embryons des Exogonés et se détachent trop facilement pour que je puisse être absolument certain de la position exacte qu'ils occupent sur le pied. Ils ont 0°''^,25 de long sur 0'"",08de large, 3 antennes dont la médiane plus longue (0"°',07) que les deux latérales (0'"'^,05), 4 petits yeux rangés sur uue seule ligne, un 1" segment achète avec 2 paires de cirres tentaculaires dont une rudimentaire, 3 segments sétigères dont le 1" et le 3°"" ont seuls un cirre dorsal long de O'^'^jOS qui manque au 2"^^ segment, puis vient un 4°"" segment achète avec un rudiment de cirres dorsaux et le S""" et dernier avec 2 cirres terminaux longs de 0°'°',05. A chacun des segments sétigères il y a une et rarement deux soies à article unidenté à laquelle il se joint quelquefois une soie simple. Il ne se dessine au- cune trace du canal digestif (fig. 1). Vus de côté, les em- bryons ont bien la forme indiquée par Claparède [loc. cit.^ pi. YI, fig. 6 ^. Aucun de ces deux exemplaires n'a de soies natatoires. Cette espèce a un mode de reproduction bien différent des autres Pïonosyllis connues et se rapproche sous ce rapport des Exogonés. Méditerranée, étang de ïliau ; mer Noire (Bobrelzky d'a- près C/iei'nawski), Pas de Calais (M. Giard). ANNÉLIDES POLYCHÈTES DES COTES DE FRANCE. 225 FAMiiiLE DES apiiuodivie:\^ Sav. s. Str. TRI nu DES POL.Y]\OI^A Gr. Genre LEPIDONOTUS Leach, s. str, Kbg. Lepidonotus clava Mont. (1). POLYNOE SQUAMATA Lepidonotus clava sensu Gr. Grube, Zw Anat. iind Physiol. der Kiemen- wurmer. Konigsberg, 1838, iu-4, p. 60. — Actinien, Echinodermen imd Wo.rmer des Adriat. und Mittel- meeres. Konigsberg, 1840, in-4, p. 87. Gr. Grube, Beschr. neiier oder wenig bekannt. Annel. [Avchiv fiiv Naturg., 18G0, p. 71 et pi. III, fîg. 1). — Die inseÏLussin und ihre Meeres fauna. Breslau, 1864, iD-8, p. 77. Valcnciennes. Qaatrefages, Hist. nal. des An7ieL, t. I, p. 245. Mont. JohiDston, Catalogue of British non parasil. Wonns, in-8, 1865, p. 111. Malmgren, Ann. polych., p. 130. Von Marenzeller, Zur Kennt. der Adriat. Annel. JB^' bei~ irag (Sitzb. der K. Akad. der wiss. zu Wien, t. LXXII, 1875, S. A. p. 1). Bourne, Oji certain points in the Anat. of Polynoina [Trans. of the Linn. Soc., 2me série, t. II, iu-4, 1883, p. 348, et pi. XXXIV, fig. 1-6, pi. XXXV, fig. 8, 11, 13, et pi. XXXVl, fig. 16-18) (2). var. Laug. Langerhans, Die Wurmfauna von Madeira IB<^>- heitrag [Zeits. fiir wiss. ZooL, t. XXXIIl, 1879, p. 273, et pi. XIV, fig. 2). Clpd. Claparède, Suppl. aux Annél. du golfe de Naples, p. 9 et pi. I, fig. 2. — — Jourdan, Structure des élytres de quelques Polynoes [Zcol. anz., t. VIII, 1885, p. 128 et fig. 1-2). — Struc- ture histologique des téguments et appendices sensitifs de VHermione hystrix et de la Polynoe Grubiana[Ar- chives de zool. expér., 2^^ série, t. V, 1887, p. 115-120, et pi. IV, fig. 11, 12, 16, 17). LEi'iDOKOTus Wahlbergi Kbg. Kinberg, Eugenies Besa. Zoologi : Annulata, p. 12 et pi. IV, fig. 4. Stockholm, 1856, in-4. — — Me lutosh, Report on the Annel. Polych. collected by H. M. S. Challenger {Reports, etc., t. XII, 1885, p. 06 et pi. XI, fig. 1 ; pi. XVIII, fig. 8; pi. X A, fig. 1.5-16). — ' -^ Voyage de la géolette Melita sur les côtes occidentales de l'océan Atlantique. Annél. polych., par Malaquiu, Polynoe Grlbiana (1) Aphrodite clava. Montagu, Description of several marine animais found on the South coast of Devonshire [Trans. of the Linn. Soc, t. IX, J808,p. 108, etpl. Vil, fig. 3). (2) Bonnes figures de l'animal entier. ANN. se. NAT. ZOOL. V, 15 226 OE ISAIIVT-«IOIiEPII. {Revue biol. du Nord de la France, t. YI, 1893-94, p. 411-418). ?PoLYNOE TROCHiscoPHORA Schmarda. Schmarda, Neue wirbell. thiere beob. und gesammelt auf einer reise um die erde, etc. Leipzig. 1861, in-fol. p. 151 et pi. XXXVI, fig. :310. PL XllI, fig. 2-8. Trouvé sous les pierres à Concarneau à la pointe de la Jument, à Saint-Jean-de-Luz près de Sainte-Barbe, et au Groisic au plateau du Four. Le corps plat, presque partout de même largeur, est long de 27 à 30 millimètres sur 8 millimètres de large, soies comprises, et compte en tout 27 segments dont 25 sétigères. Le ventre est pâle, le dos coloré en brun, entièrement aux segments antérieurs et seulement par places aux suivants. Les élytres sont pigmentés çà et là de rose, de brun, vert ou violet foncés, avec une grosse tache blanche au-dessus de Félytrophore. Les parties pigmentées se composent de cellules roses, brunes, violettes, polygonales, à noyau central incolore. La T" paire est plus claire que les autres; il en est de même des deux tiers antérieurs de la 2"' paire. La tête biiobée a 4 yeux dont les 2 antérieurs placés latéralement assez en avant, et les 2 postérieurs tout à fait en arrière, recouverts quelquefois par un repli du segment suivant. Chacun des lobes se prolonge pour former, comme d'ordinaire dans le ^enre Lepidonott /s, Id, base des antennes latérales longues de 0°'"',90 et enserrer la base de l'antenne médiane longue de 1°'°',80 ; les 3 bases se terminent au même niveau. Les 2 palpes épais, triangulaires, plus longs (2°'°', 10) que l'antenne médiane, sont garnis de 5 rangées longitudinales parallèles de papilles longues de 0™"',05, ter- minées chacune par un poil tactile. Je donne la longueur la plus ordinaire pour les palpes, mais ces organes sont tel- lement contractiles que quelquefois ils sont plus courts que l'antenne médiane. Les cirres tentaculaires placés par paire de chaque côté du 1" segment, l'un derrière l'autre, ont chacun leur base ANNÉLIDES POLYCHÈTES DES COTES DE P^RAiNCE. 227 sortant triin tronc commun ; de la base du cirre tentaculaire dorsal, un peu plus court que le ventral et de même taille que l'antenne médiane, émerge un acicule accompagné de 4 ou 5 soies de même forme que les dorsales les plus courtes du segment suivant. Quant aux cirres ventraux du 2°'" segment (cirres buc- caux), ils ont 1™°',44 de long. Les palpes incolores s'amin- cissent à l'extrémité et finissent en pointe assez fine, mais moins fine que celle des autres appendices de la tête. Ceux-ci, comme les cirres tentaculaires et les cirres buccaux, sont terminés par une massue surmontée d'une pointe fine et entourés d'un anneau de pigment brun au-dessus de leur base et au-dessous de la massue. Les 12 paires d'élytres sont réparties sur les seg- ments 2, 4, 5, 7... 23. Aux autres segments il y a un cirre dorsal glabre long de 1°'"',70, de même forme et de même coloration que les cirres tentaculaires, précédé sur le dos d'un tubercule dorsal peu distinct. Les pieds sont très épais (fig.2). La rame supérieure est un petit mamelon rond d*où sortent un gros acicule brun et un faisceau d'environ 24 soies dor- sales* presque toujours recouvertes d'algues et de vase, dis- posées en rangées superposées; les soies supéiieures du faisceau sont près de moitié plus courtes que les inférieures qui, longues de 0'°°',25 sur 0"°',027 de large, un peu recour- bées en arrière et se terminant en pointe obtuse, sont gar- nies jusqu'en haut d'une centaine de rangées transversales de dentelures (fig. 3). La rame inférieure massive et presque rectangulaire contient aussi un gros acicule brun qui fait un peu saillie au dehors. Les soies ventrales droites, jaunes et robustes, au nombre de 18, dont 6 entre l'acicule et la rame dorsale, et 12 de l'autre côté de l'acicule, sont près de trois fois plus grosses que les soies dorsales et deux fois plus longues. Elles se terminent par une forte pointe recourbée, creusée d'une gouttière en dessous, et sont gar- nies de 7 à 10 plaques de denticules superposées, précédées en avant par 4 ou 5 grosses épines (1). Au 2™' segment, par exception, elles ont à peu près la forme des soies dorsales; il en est de même au 3""" segment, mais les rangées trans- versales de dentelures y sont beaucoup moins nombreuses; c'est au 4°"" segment qu'elles ont leur forme définitive. Le cirre ventral glabre, incolore, ou teinté d'un brun diffus, long de 0"°',66, se termine brusquement en une pointe effilée non précédée d'une massue. Les papilles ventrales (papilles néphridiennes de Bourne), cylindriques, longues deO°^'°,27 sur 0'^",15 de large, qu'on rencontre à l'avant- dernier segment, sont faciles à reconnaître, étant souvent colorées en brun ou en vert sombre ; leur orifice est qua- drilobé. Les plis de l'orifice anal commencent à se dessiner au dos du dernier segment sétigère et l'anus s'ouvre au dos du segment anal qui est très étroit et se termine par 2 cirres anaux glabres, longs de l^^'jSS, dont la petite pointe effilée est précédée d'une grosse massue (2). Les 2 cirres dorsaux du segment précédent sont rabattus vers le bas, de sorte qu'il semble y avoir 4 cirres anaux. Les 3 derniers segments sétigères et le segment anal sont nus. liCS élytres assez caduques, à bords unis, suborbiculaires ou ovales, sauf à la T' paire, recouvrent le dos aux l"' seg- ments, puis s'écartent un peu et, vers le milieu du corps^ laissent une petite partie du dos à découvert, pour se re- joindre et se recouvrir aux derniers segments ; mais il n'y a pas de règle fixe et quelquefois ils recouvrent le dos par- tout, tout en étant moins imbriqués que chez le Lepidonotus sqiiamatus . Tout dépend du degré de contraction de l'animal. Les élytres de la 1" paire orbiculaires et plus petits que les autres (1°'"',90 de diamètre) sont couverts de protubé- rances cliitineuses jaunes de tailles différentes, depuis 0°"", 02 de haut sur 0"'^,016 de large jusqu'à 0"",18 de haut sur (d) Voir Bourne, lot. cit., pi. XXXV, fig. 13; (2) Voir, pour cette dernière portion du corps, Mac Intosh, /oc. cit., pi. XI, rtg. 1. ANNÉLIDES POLYCIIÈTES DES COTES DE FRANCE. 229 O"'",^ de large (îig. 4). Les protubérances les plus petites sont rangées tout autour des bords de l'élylre qu'elles dé- passent un peu, comme une très petite frange, du côté qui est tourné vers la |)artie extérieure du corps ; les plus grosses se trouvent au centre el à la partie la plus rapprochée de la ligne médiane dorsale. Toutes sont recouvertes de petites écailles, derrière chacune desquelles sort une épine chiti- neuse, longue de 0''''",015, dont la base est cachée par l'é- caille (fîg. 5). Il se mêle à ces protubérances, du côté externe surtout, de petites papilles (0°'°',0i6 de haut) incolores et transparentes en forme de calice (fig. 6), dont quelques-unes (fig. 7) sont surmontées d'un prolongement légèrement bi- lobé; on y distingue nettement le filet nerveux décrit par M. Jourdan. Cette fibre existe aussi dans les protubérances chitineuses où on la découvre par transparence lorsqu'elles sont inclinées sur le côté. Les mêmes dispositions se retrou- vent aux élytres plus grands (3"", 60 sur r",90) et ovales de la 2™' paire. Quant aux élytres suivants, ils offrent quel- ques changements : aucune protubérance ne dépasse le bord qui est complètement lisse, et les plus grosses me parais- sent devenir des verrues convexes en forme de verre de montre dont la circonférence seule est chitineuse; elles sont composées de grosses cellules, comme l'avait remarqué Kinberg (fig. 8). Mac Intosh donne une figure exacte faible- ment grossie de ces élytres (1). La trompe descend jusqu'au 12""' segment sétigère. Elle est couronnée de 16 papilles en cône obtus longues de 0°'",42 et renferme 2 paires de mâchoires de Polynoïde d'un brun assez clair n'offrant rien de remarquable. Grube a décrit le L. clava sous le nom de Polynoe squa- mata et de Polynoe dypeata\ j'ai pu m'assurer dans la col- lection du Muséum que la Polynoe dorsalis de Marseille doit aussi lui être assimilée. Langerhans en a trouvé à Madère des exemplaires dont il a fait une variété, parce qu'ils n'ont (1) loc.ciX, pi. XVIII, fig. 8. 230 »E §iAlIVT-«IOiiEPH. de rangées de papilles aux palpes qu'à la moitié supérieure. La Polynoe sqiiamata sensu Gr., le Lepidonotus Wahl- bergi (1) el la Polynoe Grubiana dont les palpes sont partout couverts de papilles devraient être aussi une autre variété. Nous avons vu plus haut que les palpes en se contractant diminuent beaucoup de longueur. Il en est de même pour leurs papilles, surtout dans l'alcool, ce qui en rend la déter- mination souvent difficile (2). Il me paraîtrait donc peut-être préférable de ne pas y attacher une grande importance et de s'en tenir à une seule espèce. Sinon on devra distinguer le L. clava avec 5 rangées de papilles aux palpes, le L. dava var. Lang., avec papilles à la moitié supérieure des palpes seulement, le L. dava var. Gr. [Polynoe squamata sensu Gr., Lepidonotus Wahlbergi, Polynoe Grubiana)^ avec de nom- breuses papilles sur toute leur hauteur, et enfin le L. dava var. Kbg., avec palpes lisses, en admettant que Mac Intosh ait inexactement rectifié Kinberg. La description de la Lepidonote semïtecta Stimps. (3) est si incomplète que je n'ose pas, comme le voudrait von Maren- zeller (4), l'assimiler au Lepidonotus Wahlbergi^ avec lequel au contraire on pourrait peut-être identifier la Polynoe Tro- diïscophora trouvée aussi au Cap. Manche, Atlantique, Méditerranée, Mer des Indes. Lepidonotus squamatus L. (5). PL XIll,fig. 9-13. Commun sous les pierres tout le long des côtes, au Havre, (1) Mac Intosh a observé les papilles des palpes qui avaient sans doute échappé à Kinberg. (2) Voir plus loin, p. 237, à propos de la Lagisca extenuata. (3) Stimpson, Description of sume of the new inrcrtchrates from thc Chinesc and Japon e se seas {Proceed. Acad. nat. se. of PInladelphia, t. VU, 18oG, in-8, p. 393). (4) Polychaetcn der Angra Pequena Bucht (Zoo/. Jahrh. ahlh. fur System., L 111, p. 3). (5) Voir Annél. polych. des côtes de Dinard, 2'^'^ partie [Ann. des se. nat., 1^'> série, t. V, 1888, p. 151). ANiNÉLIDES POLVCIIÈTES DES COTES DE FRANCE. 231 à Villerville, à Villers, à Luc-sur-Mer, à Saint-Vaast, à Con- carneau, au Croisic. Les élytres (fig. 9) bruns, larges de 4 millimèlres environ sur 2°",40 de haut, presque toujours couverts de vase et de petites algues incolores, sont bordés du côté externe d'une frange de papilles minces et longues (0°''",60). Ces papilles sont suivies de tubercules chitineux jaunes en cône arrondi (fig. 10), hauts de O""",! , revêtus de petites écailles im- briquées ; en se rapprochant du centre, ces tubercules gros- sissent et s'aplatissent, n'ayant plus que 0°'",063 de haut et prenant la forme de grosses verrues brunes (fig. 1 1) garnies de rangées concentriques d'écaillés légèrement découpées au bord supérieur et larges de 0°'°',0075 (iig. 12). La partie de Télytre la plus rapprochée de la ligne médiane dorsale, de- venue plus claire, est parsemée de mamelons porifères inco- lores (f]g. 13). Enfin, sur toute la surface de l'élytre, mais principalement du côté externe, il y a des papilles en calice de mêmes formes, mais peut-être un peu plus grosses que celles qui ont été figurées pour le Lepidonohts clava (voir pi. I, fig. 6 et 7). Les élytres de la 1'° paire, orbiculaires, d'un diamètre de 2™'^,40, ont les papilles des franges moins longues (0"°',084) et les petites papilles en calice plus abondantes. Genre HARMOïHOE Kbg. Mgr. s. exL Harmothoe impar var. Pagenstecheri Mich. (1). PI. XIII, iig. 14-20. Si, comme il est probable, on attache à l'avenir, dans la classification des Polynoïdes, plus d'importance à la forme, — C'est à tort que j'y indique la Polynoe squamata, décrite par Grube, comme étant le véritable L. squamalus. Il a été dit plus haut que c'était le Lepidonotus clava. (1) Michaelsen, Lie Volychaeten fauna der Deutschen Meere {Wiss. Unters. der Komm. ziir Wiss. unt. der Deuttchen Meere inliiel und der biol. anstalt auf Helgoland, t. U, heft I, 1896, in-foL, p. 7, et pi. I, fig. 1). 232 »E «Aii%T-JOSEpn. non seulement des élytres mêmes, mais surtout de leurs excroissances, il sera difficile de donnera VH. impar Johnst. une place bien déterminée. Chez cette espèce, dans tous les cas, tous les élytres sont parsemés de mamelons ronds trans- parents d'oia sortent de petits tubercules incolores qui, vus de côté, ont la forme d'épines creuses et molles. Ces tuber- cules plus gros au centre et près du bord externe (fig. 14) sont beaucoup plus petits au bord antérieur (fig. 15). Mais chez le même individu, tantôt il n'y a que des tubercules de cette sorte à quelques élytres, tantôt à d'autres élytres il s'y joint 8 à 18 protubérances nues, d'un brun foncé, les unes rondes, les autres cylindriques, hautes de 0°'°',1. Dans les deux cas, le bord externe de l'élytre est frangé de papilles très courtes (0'^°',08). C'est la forme que j'ai trouvée à l'île de Rochefort près des Ehbiens (1). Chez d'autres exemplaires, au contraire, les élytres sont garnis, au bord externe et sur une partie du bord posté- rieur, d'une frange de papilles atteignant jusqu'à 0°"^,21, dont on retrouve quelques-unes très transparentes et moitié plus courtes, sur toute la surface de l'élytre, et au bord pos- térieur il y a de grosses protubérances toutes nues, au nombre de 4 à 6, les unes sphériques sur un court pédoncule, les autres en massue dont une est plus importante que les autres. C'est la forme que j'ai rencontrée à Grosse-Roche près de Saint-Jacut(2).Enfin il y aune 3™° forme que j'ai observée sur un exemplaire incomplet de Saint-Lunaire et que semblent aussi avoir décrite Malaquin et Hornell. La frange des pa- pilles et les protubérances sont les mêmes que dans la forme précédente, mais les sphères (fig. 16) et les massues (fig. 17) sont couvertes, à leur exlrémité antérieure seulement, d'é- pines les unes simples, les autres sortant au nombre de 2 (fig. 18), 3 ou 4 (fig. 19) d'une base commune. La plus grosse massue (fig. 20) dont il a été question à propos de la forme (1) Annél. polych. des côtes de Dinard, 4™-^ partie {Ann. des sciences nat., l"»" série, t. XX, p. 202, et pi. XI, fig. 19). (2) J6tt/.,lig. 20. ANNÉLIDES POLYCHÈTES DES COTES DE FRANCE. 233 précédente est seule nue ; elle mesure 0"'°\63 de haut sur 0""".30 de large au sommet. Les autres massues ont 0"'",33 de haut sur O'^'^'/IG de large et les sphères ont un diamètre deO""\2D. Cette forme des élytres me paraît être celle de VH. impar var. Pagenslecheri, et comme je ne vois pas de différences notahles pour les autres caractères indiqués par Michaelsen, je rapporte cet exemplaire de Saint-Lunaire à la variété qu'il a établie. Manche. Mer du Nord. Harmothoe picta St-Jos. (1). Je trouve sous les pierres à Saint-Jean-de-Luz, dans les ro- ctiers de Remardy, et près de Hendaye, à la pointe de Sainte- Anne, cette espèce que je n'avais rencontrée à Dinard que dans les tubes de Lanice conchilega. Ces beaux Polynoïdes sont plus grands que ceux de Di- nard, mesurant 35 millimètres de long sur 7 millimètres de large, soies comprises. Ils ont 37 segments sétigères au lieu de 36. La T' paire d'élytres orbiculaire a 2 millimètres de dia- mètre ; les élytres suivants sont moins réniformes que dans les exemplaires de Dinard et vers la fin du corps deviennent presque ovales (4°'°', 20 sur 3°'°',24). La dernière paire placée sur le 32°"' segment recouvre le 33°^' et le 34"' et laisse à nu les 35°^" à 37""'. A ce dernier fait suite un segment anal étroit avec 2 cirres anaux longs de 2 miUimètres. Les cirres dorsaux, précédés d'un gros tubercule dorsal, ont 2 millimètres de long et finissent au même niveau que les soies ventrales. La rame dorsale qui contient un gros acicule brun est peu accusée et il en sort seulement 1 à 4 soies dorsales très courtes, tandis que les exemplaires de Dinard (1) Voir Anne/, polych. des côtes de Dinard, 2'^e partie {Ann. des se. nat., 1"^'^ série, t. V, 1888, p. 172, et pi. Vlll, fig. 44-47) et 4°>« partie {Ibid.. t. XX, 1895, p. 203). 234 »E ^AII\'T-«PO,«^GPEI. en ont jusqu'à 20 beaucoup plus longues. Les cirres ventraux ont 0"",48 de long. Un exemplaire que je ramasse à Concarneau à la Pointe de la Jument est de même taille que celui de Saint-Jean-de- Luz. La trompe a une couronne de 18 papilles en cône obtus hautes de 0"^",30 sur 0"",092 de large; je vois sortir des œufs gris (0'^"',084 de diamètre) des papilles ventrales. Harmoïhoe longisetis Gr. (1). L^NiLLA GLABRA Mgr. Malmgren, Nord, hafs Annul., p. 73 et pi. IX, fig. 5.. — Annul. Polychœta, p. 136. Harmothoe Malmgreni Ray Lank. Ray Lankester, On some new Brilish Annelids [Tians. Linnean Soc, t. XXV, 186C, iii-4, p. 375, et pi. Ll, fig. 11,25, 28). PoLYNOE LONGISETIS Mc Iiitosh, On the structure of the Britisli Npmerleans and some neio Brit. Annel. {Trans. Edinb. Soc, t. XXV, 18G9, in-4, p. 408, et pi. XV, fig. 3 et 3«). Harmothoe glabra Bidenkap, UndersÔgelser over Annul. Polych. ornkring Ilar- dangerfjordens udlôb sommeren 1893. KristiaDia, 1894, iu-8, p. 5. PI. Xllï, fig. 21. Un exemplaire jeune de 15 millimètres de long sur S^^^^ôO de large, pieds compris sans les soies, avec 36 segments, trouvé dans un dragage à Saint- Vaast. Le corps aplati diminue insensiblement de largeur d'a- vant en arrière. Il y a sur chaque segment du côté dorsal une barre brune transversale assez foncée qui se prolonge sur les 2 élytrophores aux segments élytrigères. Le ventre est d'un blanc argenté. Les élytres imbriqués, recouvrant tout le dos, ont le bord interne le plus rapproché de la ligne médiane dorsale, coloré en brun jaunâtre clair. La tête, colorée en brun foncé, consiste en 2 lobes juxta- posés, échancrés en avant, séparés l'un de l'autre par un sillon étroit, portant chacun une paire d'yeux dont les anté- rieurs, de même taille que les postérieurs, sont latéraux [?\^. 21). L'antenne médiane a i'"'",82 de long, les deux laté- (1) Volynoe longii^ctis. Griihe, Bc^chr. iicticr oder woiig hclianni. Annel. {Arch. fur naturg., 18G3, t. I, p. 37, el pi. IV, lig. 1). ANNÉLIDES POLYCHÈTES DES COTES DE FRANCE. 235 raies 0'"°',48, les deux palpes l'^^jôS, les deux cirres tenta- culaires les plus longs de chaque paire du T' segment r"'°,44. Tous ces appendices sont effilés, sans renflement, et ont des papilles courtes (0"'",026j, peu nombreuses ; les palpes sont garnis de très petits mamelons ayant chacun un poil tactile. Les trois antennes, y compris leur base, sont d'un brun foncé, les palpes et les tentacules incolores. 11 y a 15 paires d'élytres très caduques, distribuées comme à l'ordinaire. Sauf les élytres de la T' paire qui sont orbi- culaires et plus petits, les autres sont réniformes (3 miUi- mètres sur l'°°',80j ou subréniformes, et unis au bord à part quelques très rares papilles de 0'^"",026 de long au bord externe. Ils sont partout couverts de petits tubercules inco- lores, cylindriques. Les deux cirres tentaculaires de chaque côté, quoique ayant chacun leur base, ont un tronc commun ; de la base du cirre tentaculaire dorsal sortent un acicule et quatre très petites soies, diminutif des soies dorsales des segments suivants. La rame supérieure des pieds porte un éventail de soies dorsales presque complètement droites, terminées en pointe obtuse, couvertes de nombreuses rangées transversales de denticules superposées, comme les figure Malmgren pour le Lsenilla glabra [loc. cit., fîg. 5 D'). Les cirres dorsaux des pieds sans élytres ont 1°"",80 de long, sont incolores et munis de quelques papilles de 0°'°',026 de long. La rame in- férieure se termine par un long prolongement digitiforme ; les soies ventrales, très nombreuses, minces, bidentées, exactement figurées par Mac Intosh (1), trois fois moins larges et un tiers plus longues que les dorsales, sont garnies de plus de iO rangées transversales de denticules et termi- nées par une longue dent fine légèrement recourbée, au-des- sous de laquelle se dresse une épine droite ; elles atteignent 1"'^,70 de long, ce qui équivaut à la largeur du corps, rames non comprises. Toutes ces soies ventrales et dorsales sont (1) Loc. cit., fig. 3. 236 B>1^ j$AÏ\T-JO!9EPU. pâles et brillantes. Les cirres ventraux, incolores, subulés, avec quelques rares papilles, ont 0°'°',60 de long, sauf ceux du 1" segment sétigère (ciires buccaux) qui sont d'un tiers plus longs. Les papilles ventrales très petites manqueni aux quatre derniers segments et me paraissent commencer au 8°"'. Le corps se termine par un segment anal achète avec 2 cir- res anaux, incolores, à petites papilles, longs de 2"°", 60. Ce Polynoïde me paraît répondre à peu près exactement à la Polynoe longisetis et à la Lœnilla glabra, sauf que les an- gles antérieurs de la tête sont moins accusés. Mais ils ne le sont pas davantage chez V Harmothoe Blalmgrem que je crois, comme Mac Intosh et Giard, identique à la P. longisetis. Ma- laquin (1) a constaté de même chez la Nychia cirrosa que la tête pouvait être plus ou moins arrondie. Je ne pense pas pouvoir assimiler la P. longisetis à la Polgnoe lœvigata Clpd., à l'exemple de Mac Intosh et de Giard, ni, comme le voudraient ces deux auteurs, lui donner le nom de Lsenïlla setosissima Sav., dont Savigny n'a vu ni les cirres, ni les élytres et qui est trop imparfaitement connue. \j'H. longisetis aurait donc, comme \di Nychia cirrosa. la tête tantôt arrondie en avant, tantôt avec deux petits pro- longements antérieurs et vivrait aussi comme la N. cirrosa^ soit dans les tubes de Chétoptères, soit en liberté. Mers du Nord. Manche (île de Herm). Méditerranée. Harmothoe casïanea Me Int. (2). L^KMLLA CASTANEA Giard, Siir quelques Polynoïdiens {Bull, scient, du dcparte- vient du Nord, 2^^^ série, 9°ic année, 188G, p. 3 à G, avec figures). ?A[almgrenia — Harvey Gibson, Notes on some of the PolycJiœta collecfed by the L. M. B. C. {The fint report upon the fauna of Li- verpool Bay by Ihe Members ofthe Liverpool Marine Biology commitlee, Loiidou, 188G, iii-8, p. 345, et pi. VII). Je la trouve dans les dragages à Saint-Vaast sur les 5'/;^- (1) Malaquin, Lea Ànnél. polych. des côta^ du Boulonnais {Revue biol. du ISord de la France, t. 11, 1888-90. Tirage à part, p. 17, et pi. VI, iig. 3). (2) Malmgrenia casïanea. Mac Intosh, On British Annelids {Trans. Zool, Soc. london, i. IX, 1876, p. 376, et pi. LXVll, Iig. 15-19). ANNÉLIDES POLYCHkTES DES COTEb ÙE FRANCE. 237 tangns purpHreiisO. F. Miill., comme Mac InloshetM. Giard. Je n'ai rien à changer à la description de M. Giard qui est très exacte. Un polit exemplaire de 7 millimètres de long a 32 segments sétigères et 15 paires d'èlytres ; le ventre est d'un brun foncé surtout aux 14 premiers segments et le dos est partout d'un brun clair. Mers du Nord. Atlantique. Genre LAGISCA Mgr. Lagisca extenuata Gr. (1). Lepidonotus Leachii Qfg. Quatrefages, Eist. nat. des AnneL, t. I, p. 358. Depuis 1888, j'ai trouvé à Dinard un exemplaire de 40 millimètres de long avec 43 segments sétigères, le plus grand que j'aie encore rencontré. J'ai trouvé aussi à Saint- Vaast, à Saint-Guénolé, au Croisic et à Saint-Jean-de-Luz des exemplaires de 20 à 30 millimètres de long. Voici quelques détails à ajouter à ceux que j'ai déjà donnés sui' celte espèce. Le corps à son extrémité inférieure est presque cinq fois moins large qu'à la partie antérieure. Le T'" segment invi- sible du côté dorsal a de chaque côté une paire de cirres tentaculaires superposés ayant chacun sa base propre ; de la base du cirre tentaculaire dorsal, entre ce cirre et le palpe, sort unacicule avec 2 soies semblables aux soies dorsales les plus courtes des segments suivants. Les petits mamelons des palpes sont quelquefois à peine visibles, peut-être même absents. Les trois antennes et les 4 cirres tentaculaires ont des papilles très courtes (0°'°',029) ; celles des cirres dorsaux ont 0°"^,042 et celles assez rares des cirres anaux 0°'°',02o. Le cirre ventral du2°'' segment, deux (1) Voir An7iéL polych. des côtes de Dinard, 2°"^ partie [Ajin. des se. nat., 7°»<' série, t. V, 1888, p. 180, et pi. Vill, fig. 52-54). 238 »E fSAiivT-tiosEPn. foispluslong que les suivants, mesure 0°'°',90. La papille ven- trale qui apparaît au 5"' segment manque aux deux derniers. Les soies ventrales dépassent les dorsales de O^^'jBS. Les élytres recouvrent les soies dorsales à peine jusqu'à la moitié de leur longueur. La 1'" paire est orbiculaire. La dernière paire est toujours au 32°"° segment et tous les seg- ments suivants sont nus. La trompe est couronnée de 18 pa- pilles et non de 17. Comme Langerhans, je suis disposé à croire que la Lagisca rarispina Mgr. et la L. propinqua Mgr. ne sont que des variétés de la L. extenuata. Quant au Lejn- donotus Leachïi Qfg. et au LepidonoUis dumetosus Qfg., j'ai pu les identifier, d'après les exemplaires du Muséum, avec la Lagisca extenuata. Manche. Atlantique. Méditerranée. TRIBU UE.^ miGii LIOIVII\ A Gr. Genre PHOLOE Johnst. Pholoe synophthalmica Clpd. var. Dînardensis (1). Commune dans les dragages de la baie de la Forest. Ayant en général 3°"'\80 et 42 segments. La hampe des soies à long article cilié et à court article non cilié est garnie comme cliez les Polynoïdes avant son extrémité antérieure de 3 ou i rangées de denlicules semblables à celles qu'indique von Ma- renzeller chez la Pholoe dorsipapiilata von Marenz. (2), mais moins nombreuses. (j) Voir les Annél. polych. des côtes de Dinard, 2'"'=.partie {Ann. des se. nat., T'"^ série, t. V, 1888, p. J8G). (2) lUr. der connu, fur Erforsch. der OEst. Mittelm. VI, Zool. Eryebn. Il, Polychœten des Grandes [Detiksch. der K. Akad. der Wiss. zu Wien, t. LX, 1893, pi. l,fig. :30 6). ANNÉLIDES POLVCHÈTES DES COTES DE FRANCE. 239 Genre SIGALION Aud. el Edw. Kbg.5. str. nec EhL, nec Mgr. SiGALlON SQUAMATUM D. Cil. (1). SiGALiON Mathild.e Aud. et Edw. Audouin et Milne-Edwards, Recherches pour servir à Vliist. nat. du littoral de la France, t. Il, 1834, p. 105, et pi. II, fig. 1-10. — — Quatrefages, Hist. nat. des Annel., t. I, 1865, p. 280. — — Grube, Bemerk. uter die familie der Aphroditeen. Gruppe Hermionea und Sigalionina {Jahresb. der Schles. gesells. fur 1874. Breslau, 1875, p. 72). PL XIH, fig. 22-29. Trouvé dans le sable au Pouliguen, à Saint- Vaast (île de Tatihou et près du fort de la Hougue), à Yillers (M. Adrien Dollfus). J'aurais quelques additions et modifications à faire à ma précédente description. Les 4 yeux ont chacun 0°'°',025 de diamètre et les an- tennes 0"°',12 de long. Les 2 palpes paraissent bien placés entre le 1''' et le 2"^' pied, mais en réalité ils naissent à la partie inférieure de la tête du côté ventral et la T' paire de pieds vient s'intercaler entre leur base et la tête. L'entrée de la trompe est couronnée de 10 à 12 papilles de cha- que côté. Les soies de la rame dorsale, simples, toutes de même forme, nombreuses (80 à 100) et plus ou moins recourbées en arrière, sont réparties en deux faisceaux peu distincts. Elles sont couvertes de rangées transversales serrées de denti- cules (fig. 22) et se terminent par une petite fourche très fine dont une des branches est un peu plus courte que l'autre (fig. 23). Celles qui appartiennent au faisceau supérieur ont f ,20 de long sur 0"",009o de large non loin de la base et seulement 0"'°',0023 au sommet ; celles du faisceau inférieur (i) Voir Annél. polych. des côtes de Dinard, 4™^ partie (Ann. des se. nat. y 1^^ série, t. XX, 1895, p. 203; pi. XI, fig. 21-24, et pi." XII, fig. 27). Une faute d'impression m'y fait dire que le S. squamatum a 18 segments; c'est 180 qu'il faut lire. 240 «E <^AII\T-JO«EPH. sont d'un liers plus courtes et plus de moitié plus fines. Les soies de la rame ventrale forment 2 faisceaux très nets. Le faisceau supérieur comprend à partir du haut et dans l'ordre suivant: T 4 ou 5 soies simples terminées en pointe unie et garnies de rangées de denticules en spirale faisant saillie des deux côtés; un peu avant la pointe, les denticules devenus plus petits sont disposés en rangées parallèles transversales et non plus en spirale et ne dépassent le bord que d'un seul côté (fig. 24). Ces soies sont les plus courtes de tout le pied, ne mesurant que 0'^°',42 de long ; 2° 2 ou 3 soies composées dont la hampe est garnie de 10 à 12 ran- gées transversales de denticules assez saillants au-dessous de Tarticle terminal long de 0°'°',33, qui est divisé en articula- tions indiquées non par des séparations transversales, mais par des renflements et des amincissements du bord qui simu- lent des cassures (fig. 25). Ici comme dans les autres soies h article articulé dont il nous reste à parler, les 1'°' articu- lations sont plus longues que les autres, et la dernière se termine par une dent recourbée au-dessous de laquelle se dresse une épine droite (voir plus loin pour cette disposi- tion la figure 29) ; 3° 4 ou 5 soies composées à arlicle arti- culé dont la hampe se termine au-dessous de l'article par un renflement garni de 8 à Orangées parallèles transversales de denticules extrêmement fins (fig. 26); 4° 9 à 10 soies com- posées à article articulé dont la hampe est lisse partout (fig. 27). Le faisceau inférieur commence par 2 soies composées dont l'article est une grosse serpe (0""^,10 de haut sur Qmm Q22 de large) avec épine sous-jacente (fig. 28) ; la serpe s'allonge (0"°',33) aux 4 ou 5 soies suivantes, puis les soies de la forme n° 4 du faisceau supérieur reparaissent avec des articles deux fois plus longs; ces articles deviennent même trois fois plus longs aux soies les plus rapprochées du ventre qui, très nombreuses, moitié moins fortes, molles et inco- lores, ont une apparence d'algues filamenteuses. La dent re- courbée et la petite épine sous-jacente de l'extrémilé de ANNÉLIDES POLYCHÈTES DES COTES DE FRANCE. 241 toutes les soies du faisceau inférieur ont progressivement diminué de taille et sont devenues excessivement fines aux soies les plus ventrales (fig. 29). Chez les 2 exemplaires du Sigalion Mathildœ qui font partie de la collection du Muséum, j'ai pu reconnaître le cirre dorsal des pieds et toutes les formes de soies qui viennent d'être décrites en détail. Il ne me semble donc plus y avoir de raison pour en faire une espèce distincte du S. squama- tuni. Reste la question des yeux. Audouin et Milne Edwards n'en ont pas trouvé, Grube en a observé 2 ; quant à moi, il m'a été impossible de rien distinguer, la partie antérieure des 2 exemplaires étant en très mauvais état. Dans tous les cas, il n'y aurait pas là matière à faire 2 espèces dif- férentes. Dragué dans l'expédition du Porcwpïne sur les côtes d'Al- gérie par 12 à 93 mètres de profondeur. FAMIIiLK des; EUIVICIEIVS '(sensw Gr.). TRIBU DES IiilBIDO€iI¥ATHA Ehl. s. 8tr. Gr. Genre HYALIN OECIA Mgr. Hyalinoegia tubicola 0. F. Miill. (1). Onuphls tubicola Ehlers, Bie Borstenwûrmer, p. 297, et pi. XII, fig. 21-24, et pi. XIII, fig 1-14 (2). — — Quatrefages, Hist. nat. des AnneL, t. I, p. 351. — — Schmiedberg. C/eôer die chemische zusammensetzung der Wohnrôhren von 0. tubicola {Mitth. aus der Zool. stat» zu Neapel, t. III, p. 373, 1882). Hyalinœcia. — Grube, Famille Eunicea {Jahresb. der Schles. gesells. fur 1877. Breslaii, 1878, p. 91). — — Langerhans, Die Wurmfauna von Madeira Wer Beitrag {ZeAts. fur Wiss. ZooL, t. XXXIII, 1879, p. 291, et pi. XV, fig. 26). — — Pruvot, Système nerveux des Annél. polych. {Arch. de zool. expe'rim., 2^6 série, t. III, 1885, p. 256, et pi. XIII, fig. 1-5). (1) Nereis tubicola 0. F. Mûller, Zool. Danica, 1788, t. I, p. 18, et pi. XVllI, fig. 1-6. (2) A consulter pour la bibliographie et y ajouter les ouvrages ci- dessous. ANN. se. NAT. ZOOL. V, 16 242 totî SAi^T-JosEPnt. Hyalincecia tubicola Me Intosh, Report on the Annel. polych. collected by H. M. S. Challenger {Reports, etc., t. XII, p. 335). PL XUI, fig. 30. Sur trois H. tiibicoia, à peu près de même taille, prove- nant de dragages au large d'Arcachon, et conservés dans l'alcool, j'en examine un de 95 millimètres de long sur 2 millimètres de large dont le corps rosé, à reflets irisés, rond en avant, plus aplati en arrière, compte 130 segments. Les tubes transparents de la grosseur d'une plume d'oie, dont Schmiedberg a étudié la composition chimique, ont 13 centimètres de long (1). Je note seulement quelques points, VH. tubicola ayant déjà été décrite en détail. L'antenne la plus longue atteint le 10°"" segment. Les 2 petites antennes frontales ne sont pas des antennes mais des palpes comme l'ont établi Claparède et Pruvot. Le cirre ventral qui est assez fort aux 5 premiers segments, n'est plus qu'un mamelon aux 4 suivants et disparaît ensuite. La r^ branchie se montre au 25°"" segment sétigèreet per- siste jusqu'au 3°"^ avant-dernier, consistant en une simple lanière qui atteint sa plus grande taille (3 millimètres) au commencement du dernier tiers du corps. Les 2 cirres anaux filiformes ont 1 centimètre de long. On retrouve les soies limbées et pectinées figurées par Ehlers et les 5 ou 6 acicules très fins de la base du cirre dorsal. Les gros aci- cules encapuchonnés qu'il représente [loc, cit., fig. 9) ne sont pas des acicules, mais des soies aciculaires qui font saillie hors du corps autant que les autres soies. 11 y en a en général 1 ou 2 en voie de développement dans l'intérieur du pied qui n'ont pas encore de capuchon. Les véritables acicules se terminent en pointe fine dont l'extrémité seule émerge au dehors. La mâchoire supérieure est telle que la représente Ehlers ; mais la mâchoire inférieure est de forme un peu (1) D'après Pruvot, l'animal, comme une larve de Phrygane, traîne son tube après lui. ANNÉLIDES POLYCHÈTES des cotes de FRANCE. 243 différente avec 2 ailerons antérieurs blancs plus pointus (fig. 30). Plusieurs exemplaires venant de Naples, longs de 50 milli- mètres, sont semblables à ceux d'Arcachon ; mais un autre plus petit, de 30 millimètres a, comme Langerbans l'a déjà signalé chez des exemplaires de petite taille, des soies pseudo-articulées au 1" segment et des soies en serpe com- posée à capuchon aux 8 derniers. Il semblerait que ces 2 formes de soies dont Ehlers ne fait pas mention ne se rencontrent que chez les jeunes. Mers du Nord, Manche, Atlantique, Méditerranée, Mers du Japon [Challenger). Draguée dans l'expédition de la Pola à 390 mètres et dans celle du Challenger à 1033 mètres de profondeur. Genre DIOPATRA Aud. et Edw. s. str. Malgré l'opinion de Quatrefages, Ehlers et Von Marenzel- 1er (1), qui rangent dans le genre Dlopatra tous les Onuphi- des à cirres tentaculaires, je crois, comme Kinberg, Malm- gren, Claparède et Langerhans, qu'il faut distinguer les espèces à cirres tentaculaires avec les branchies en spirale si caractéristiques (genre Dlopatra Aud. et Edw. s. str.) et celles avec branchies pectinées ou cirriformes (genre Onuphis Aud. et Edw., Kbg.), les espèces sans cirres tentaculaires formant le genre Hyalinœcia Mgr. DioPATRA Neapolitana D. Gh. (2). DioPATRA CUPR^A D. Ch. Doii Bosc. Belle Chiaje, Memorie su gli animali senza vertèbre del regno di Napoli, t. II, 1825, p. 393, 423, et pi. XVII, fig. 9-16, et pi. XXVIII bis, fig. 1-7, fide Ehlers. — — Audouin et Milne Edwards, Recherches pour servir à lliist. nat. du littoral de la France, t. II, 1834, p. 157. — 6ALLICA Qfg. Quatrefages, Hist. nat. des Annel., t. I, p. 338, et pi. XVII, fig. 1-3. — Notes sur quelques animaux inver- (1) Spitzbergische Anneliden [Archiv fur Naturg., 1889, t. I, p. 129). (2) Délie Chiaje, Descriz. e notomia, etc., 1841, t. lll, p. 97, et t. V, p. 104; pi. XGVn, fig. 9-12, et pi. CU, fig. 1-7, fide Ehlers. 244 »E SAlIVT-aOSEPe. tébrés du bassin d'Arcachon {Assoc, française pour Vavan cernent des sciences, V^ session. Bordeaux, 1872, p. 652). DioPATRA Neapolitana Ehlers, Die Borstenwurmer, p. 285, et pi. XII, fig. 6-20. — — Claparède, Ânnél. du golfe de Naples, p. 122, et pi. VI, fig. 4. — Suppl. aux Annél. de Naples, p. 26. — — Grube, Familie Eunicea (Jahresb. der Schles. gesells. fur 1877. Breslau, 1878, p. 86)/ — — Gori, Veber anomalien der segmentirung bei Annel. und deren bedeulung fur die Théorie der Metamerie {Zeits. fur Wiss. Zool,, t. LIV, 1892, p. 673, 576, et pi. XXV, fig. 10-11). ? — Baeri Gr. Grube, Actinien, Echinod. und Wûrmer des Adriatischen und Mittelmeers. Kôuigsberg, 1840, in-4, p. 80 et fig. 10. PI. XHI, fig. 31-33, et pi. XIV, fig. 34-39. Trouvée dans le bassin d'Arcachon entre le phare et le cap Ferret et sur la plage d'Arcachon, et aussi dans le port de Socoa, près de Saint-Jean-de-Luz. Habitant un tube long de i mètre environ qui s'enfonce perpendiculairement dans le sable demi-vaseux; l'entrée ronde, d'un diamètre de 1 cen- timètre, dépassant le sol de 1 ou 2 centimètres au plus est obliquement inclinée, de sorte que l'animal en sortant se trouve au niveau du sable sur lequel il se met à ramper. L'intérieur du tube lisse consiste en une couche de mucus solidifiée recouverte à l'extérieur de sable et de vase hérissés de débris de coquilles et de zostères. La T" portion du tube (10 à 12 centimètres) est coriace et très épaisse, puis les parois deviennent progressivement plus minces pour finir par être diaphanes à l'extrémité inférieure. Lai). Neapolitana nage en décrivant une hélice. Il est extrêmement difficile de l'obtenir entière. A la moindre alerte, elle s'enfonce jusqu'en bas du tube qui est noyé dans l'eau et qu'on ne peut atteindre. Un coup de bêche donné aussi rapidement que possible pour lui couper la retraite permet quelquefois seulement de s'emparer d'un fragment en général assez court de la portion antérieure du corps. En versant du sel dans le tube, le marin attaché à la station zoologique d'Arcachon a pu cependant prendre sur la plage d'Arcachon quelques exemplaires entiers, en plusieurs mor- ceaux, de 50 centimètres de long sur 1 centimètre de large et ANNÉLIDES POLYCHÈTES DES COTES DE FRANCE. 245 280 segments, l'animal sortant alors en grande partie du tube. Les exemplaires du cap Ferret, à en juger par la grosseur du tube, doivent être de taille plus considérable, mais je n'ai jamais pu en prendre que des parties antérieures dont la plus longue avait 28 centimètres et 135 segments. A Socoa où le sable n'est pas envahi par Teau comme à Arcachon, ce qui permet de creuser tout autour du tube, j'ai eu 2 exemplaires bien entiers et intacts longs chacun de 28 centimètres, l'un de 250 et Tautre de 269 segments. Le corps très fragile est rond en avant pendant les 6 seg- ments qui renferment le pharynx en baril; puis il devient plat comme celui d'une Marphysa sanguinea. Aux 5 ou 6 1"' segments, il est plus étroit qu'aux suivants et atteint toute sa largeur vers le 30""^ segment, puis après les segments branchifères il diminue progressivement de largeur jusqu'à l'extrémité inférieure qui n'a plus que 3 à 4 millimètres. Il est recouvert d'une cuticule transparente se détachant faci- lement quand l'animal dépérit et s'irisant de superbes reflets bleus ou verts (1). Couverte de stries se coupant à angle droit et percée de nombreux pores très fins, elle se dissout dans la potasse. Au-dessous de la cuticule, l'hypoderme est coloré en brun diffus assez foncé dans les six à sept 1"' segments, puis la coloration s'éclaircit et aux segments 8-29 apparaît une courte raie transversale d'un brun foncé au milieu du dos. Partout le dos et les pieds sont pointillés de blanc. L'extrémité inférieure du corps est d'un jaune pâle sur lequel vient trancher au segment anal un vaisseau rouge qui entoure l'anus. Le ventre est incolore, sauf quelquefois aux six à sept f' segments qui sont d'un brun diffus plus clair qu'au dos ; le pointillé blanc y est assez distinct, et l'irisation moins brillante que du côté dorsal. Les exemplai- res de Socoa sont d'une couleur verte beaucoup plus intense que ceux d'Arcachon et qui s'étend jusqu'à l'extrémité infé- rieure du corps. (1) Voir la figure de Quatrefages [loc. cii.,fig. 1), qui est à consulter aussi pour la tète. 246 »E i»AIIVT-«iOi»EPII. La tête a sur le 1"" plan du côté dorsal 3 longues antennes, sur le 2'"' plan 2 antennes moins longues (1), sur le 3"^' plan 2 palpes frontaux beaucoup plus courts placés au-dessus des 2 gros palpes qui dominent la bouche. Les 3 longues antennes à peu près de même taille (13 millimètres en tout) ont une large base à 13 anneaux bruns dont le supé- rieur plus haut que les autres ; souvent la couleur brune des anneaux n'est bien accusée que du côté qui regarde le ven- tre. La portion plus mince des antennes qui en sort est légè- rement colorée en brun par des raies brunes longitudinales interrompues et sa cuticule est couverte de rangées de gros pores en forme de stigmates ellipsoïdaux bien décrits et figurés par Claparède (2). Sur les coupes transversales (tig. 31), on voit que d'un nerf central partent des nerfs disposés en rayon, se terminant par une houppe de fila- ments très fins qui s'épanouissent au-dessous des stigmates sans sortir au dehors. Dans la base annelée il n'y a que le nerf central et les stigmates manquent. Les deux antennes suivantes un peu plus claires ont le même nombre d'anneaux à la base et seulement 8 millimètres de long. Quant aux 2 palpes frontaux, très rapprochés l'un de l'autre et divergents, ils n'ont que 2 millimètres de long et sont d'un brun uniforme avec extrémité blanche sans base annelée. Les deux gros palpes bruns ou incolores placés au- dessous des palpes frontaux et dominant la bouche ont la forme d'un sein de femme et le petit bouton blanc qui les termine peut se rabattre sur la bouche comme les 2 palpes frontaux, qui s'intercalent alors entre les 2 boutons pour faire entrer la nourriture. Entre la base de la grande antenne médiane et de chacune des antennes latérales du 1'^'' plan, on aperçoit de chaque côté un disque convexe au-dessous duquel les cellules épithéliales sont souvent colorées en brun. (1) Un exemplaire de Socoa a 6 antennes; l'antenne surnuméraire de môme taille que les grandes du premier plan est placée à droite entre celles-ci et les antennes moins longues du deuxième plan. (2) Loc, cit., lig. 4l. ANNÉLIDES POLYGHÈTES DES COTES DE FRANCE. 247 Il es! entouré presque complètement par une petite fosse garnie de cils vibratiles, indiqui^'e, comme il arrive souvent chez les Polyciictes pour les organes de la nuque [Nereis cidtrifera, Hesione Pantheinna, Maldaniens^ etc.), par une dépression de la cuticule et semblant creusée entre deux bords brillants. Quatrefages, Ehlers et Grube considèrent ces disques comme des yeux. Claparède n'y trouvant pas de cristallin plus que moi est d'un avis contraire. Spengel (1) et Andrews (2) les regardent avec raison comme des organes de la nuque. Ici ils sont placés comme chez les Lumbri- conereis, à la partie occipitale dorsale de la tête. Le segment buccal achète entourant la tête comme un bourrelet du côté dorsal, forme une grosse lèvre inférieure à 6 ou 8 gros plis longitudinaux du côté ventral. Sur le bord antérieur du segment au-dessous de la base des 2 longues an- tennes latérales, et de même longueur que cette base (2°'°', 64 à 3 milhmètres) naissent 2 cirres tentaculaires entièrement bruns ou légèrement colorés en brun à leur extrémité. Chez un exemplaire, le cirre tentaculaire de gauche est bifurqué. Le i" segment sétigère qui fait suite a un cirre dorsal massif, un cirre ventral et, entre les deux, un prolonge- ment du pied en forme de cirre (cirre terminal). Le pied est tourné vers la tête. Les soies sortent entre une lèvre supérieure, languette basse et arrondie plus rapprochée de la tête, et le cirre terminal qui peut être interprété comme étant une lèvre inférieure élevée et pointue. La cuticule du cirre dorsal est percée de pores assez semblables aux stig- mates des antennes, au-dessous de chacun desquels il y a un peloton de petits boyaux contournés qui y débouchent probablement. Les 3 segments suivants sont semblables. Le cirre dorsal du 3"^' segment a 2 millimètres de long, le pro- longement du pied 1 millimètre et le cirre ventral i°"°,30 (1) Spengel, Oligognathus Bonelliœ [Mitth. ans der Zool. stat. za Neapel, t. III, 1881, p. 32, et pi. IV, fig. 48 et 49). (2) AndreAA^s, On the eyes of Polychœtous A7înelids {Joiirn. of Morphology, t. VII, 1892, p. 184). 248 »E SAIIVT-dOSiEPH. (fîg. 32). A ces quatre T" segments sétigères,les pieds placés presque sous le ventre se rapprochent de la ligne médiane ventrale et semblent devoir servir à l'animal à grimper dans son tube, et surtout à ramper sur le sol quand il sort du tube. Ils ne deviennent latéraux qu'au 5°"^ segment, où appa- raît la r' paire de branchies. Mais plus souvent (7 fois sur 12 par exemple) la 1" paire de branchies commence dès le 4°"^ segment sétigère où le cirre ventral conserve cependant sa forme ordinaire. Les branchies non ciliées, encore un peu petites au 1" segment branchifère, atteignent déjà au segment suivant presque toute leur taille (6 millimètres de haut non compris la base) qu'elles conservent jusqu'au 25°''-27'^' segment. Leur base à 11 ou 12 petits anneaux moins marqués que ceux de la base des antennes est haute de l'^°',5 à 2 milli- mètres sur 0™'°,84 de large, légèrement brune et irisée. Au-dessus de la base s'enroule autour du tronc branchial une raie verte en spirale senestre ascendante décrivant 17 tours de spire (il y en a déjà 12 au 2°"° segment branchifère), le long de laquelle se rangent les filaments branchiaux, s'élevant jusqu'au nombre de 140 à 150, longs de 1™°',64 et dont les derniers couronnent le sommet du tronc branchial d'une houppe terminale. Tous ces filaments ont 2 raies vertes longitudinales. Un gros vaisseau (artère) s'élève en spirale jusqu'au haut du tronc branchial et en redescend comme veine par une spirale en sens inverse. Il distribue dans chaque filament un vaisseau qui s'y recourbe et redescend dans la veine et dont les 2 anses sont reliées par des anses transver- sales. La raie verte en spirale du tronc branchial dont nous avons parlé est placée au-dessus du vaisseau ascendant, une raie verte plus mince au-dessus du vaisseau descendant et les deux raies vertes des filaments au-dessus du vaisseau en anse; mais ces raies ne masquent pas la coloration rouge donnée par le sang. Chez quelques individus cependant, les raies vertes sont beaucoup plus importantes que chez les autres, ce qui coïncide avec une coloration verte plus accen- ANNÉLIDES POLYCHÈTES DES COTES DE FRANCE. 249 tuée du reste du corps rappelant par ses admirables reflets ceux des plumes de certains Trochilidés. Rien ne peut rendre Félégance de ces branchies si caractéristiques en panaches plumeux se dressant de chaque côté du dos de la D. Neapolitana, et il me semble difficile de confondre dans un même genre les animaux qui en sont ornés et ceux qui n'ont que des branchies pectinées ou cirriformts, si simples et si ternes à côté des autres. Elles persistent jusqu'aux GO'^'-ôô"^ segments, allant en diminuant progressivement du 27""" au 48°"% décroissant alors rapidement, n'ayant plus que 3, 2 ou 1 spire, puis une seule branche et enfin finissant par n'être qu'un simple filament. Quelquefois on en observe de derniers vestiges jusqu'au 80°"° segment. Au 5°"" segment apparaît, sous le ventre, faisant suite au pied, un bourrelet blanc transversal qui ne se prolonge pas jusqu'à la ligne médiane ventrale et qui va en décroissant progressivement de longueur aux derniers segments bran- chifères pour disparaître ensuite. Le cirre ventral qui jus- que-là était très développé ne mesure plus que 0'°°',42 de long sur 0°''^,24 de large. Il continue ainsi jusqu'au 15°'^-19'"' segment sétigère, puis il prend la forme d'un bourrelet aplati adhérent au corps et à partir du 22""'-25°'^ segment il n'y en a plus de trace. Entre le cirre dorsal et le prolonge- ment du pied, à la base du prolongement du pied et à la base du cirre ventral, il y a dans l'intérieur du corps 3 amas de grosses cellules glandulaires probablement muqueuses dont je ne découvre pas les pores de sortie, remplies de tubes transparents (1). Après les segments à branchies normales, c'est-à-dire vers le 49°^' segment, le cirre dorsal ayant atteint jusqu'à 3"'°', 5 de long, qui, jusque-là, semblait sortir de la base de la bran- chie et qui avait encore 2"'"',5 au 30°^' segment, diminue de taille tout en devenant plus important, car maintenant c'est la branchie qui semble sortir de la base du cirre et celui-ci (1) Ehlers en représente de semblables pour rO/îwp/iis (iî2/a/m(Pcia)^M6ico/a 0. F. Millier {Die Borstenwurmer, pi. Xlli, fig. 4). 250 OE ^AiMT-drofiiEPH. est appelé à la remplacer. Comme dans un filament bran- chial, il y pénètre un vaisseau recourbé dont les anses sont reliées par des anses transversales et le cirre est rougi par le sang qui le parcourt. A partir du dernier segment branchi- fère jusqu'à la fin du corps, les pieds simplifiés sont tous semblables, ayant un cirre dorsal respiratoire et un pro- longement (cirre terminal) riche en vaisseaux. Le cirre dor- sal devient de plus en plus court (l"""") et de plus en plus mince vers l'extrémité inférieure du corps. L'anus à bords légèrement festonnés est dorsal et le segment anal achète se termine par 2 cirres dorsaux longs de 3°'°',72 à 4°'°',60 et 2 cirres ventraux plus courts (O^'^.SO) (fig. 33). Pour compléter la description des pieds, il reste à parler des soies et des acicules et de leur répartition. Au T'pied il y a des acicules fins, droits et incolores à la base du cirre dorsal, ce qui indique bien un rudiment de rame dorsale. D'autres acicules d'un jaune d'or mat, plus gros et à pointe fine recourbée en arrière existent à la base du prolonge- ment du pied (fig. 34). Entre le cirre dorsal et le prolon- gement du pied sortent du corps 2 à 4 soies plates d'un jaune clair à peine limbées finissant en pointe fine recourbée en arrière (fig. 32), puis, entre le prolongement du pied et le cirre ventral, des soies pseudo-articulées à lame dissec- trice dont une ou deux sont quelquefois bidentées (fig. 35). Vues dans une certaine position, elles ont l'apparence de la figure 4 B de Claparède, mais il ne me semble pas qu'il s'agisse de soies de forme différente, comme il le pense. Les soies sont réparties de même aux segments 2, 3 et 4; à ce dernier il y a environ 15 acicules fins à la base du cirre dorsal, 4 gros à la base du cirre terminal, 9 à 10 soies pseudo-articulées et 4 soies hmbées. Au 5"'" segment (1" bran- chifère) les soies pseudo-articulées disparaissent pour ne plus reparaître et il ne reste que des soies hmbées; deve- nues plus foncées, munies de 2 limbes assez larges, elles sont couvertes de petites fibres chitineuses débordant comme des denticules de chaque côté des limbes, lorsqu'on regarde la ANNÉLIDES POLYCHÈTES DES COTES DE FRANCE. 251 soie de face, distribuées d'abord en rangt'^es transversales régulières, puis ensuite plus iu(''galement réparties (1). Lors- que les branchies commencent au 4""' segment, les soies pseudo-articulées, qui ne semblent pc|s coexister avec les branchies, y disparaissent. Au 6""" segment (quelquefois môme dès le i'''') il se montre devant les soies limbées, entre le cirre dorsal et le prolon- gement du pied, 2 ou 3 soies en forme de fourchette plate à 6 dents terminées en pointe filiforme courte. Elles per- sistent jusqu'à la fin du corps, augmentant progressivement de nombre (8 à 11) pour décroître ensuite jusqu'à 2 et 1, le nombre des dents suivant la même marche, s'élevant jus- qu'à 12, mais ne descendant pas au-dessous de 6. Ces soies sont incolores, tandis que les autres sont d'un jaune doré et leur tige est trois fois plus mince. Au J9°'^-25'"' segment, il se joint aux soies limbées et en fourchette, 2 soies aciculaires très grosses en croc bifurqué d'un jaune foncé, à lame disseclrice, et dont la large base est couverte de stries [û^. Ï7). Elles sortent du pied, l'extré- mité dirigée vers le bas du corps en faisant un angle droit avec les autres soies. Elles persistent jusqu'à l'avant-dernier segment et souvent il y en a 3, mais alors 1 ou 2 restent noyées dans le pied. Vers le 40™' serment, les soies limbées sont d'un iaune '& plus foncé. Les acicules droits et fins qui jusque-là restaient à la base du cirre dorsal y pénètrent au nombre de 4 à 6 et s'y enfoncent jusqu'aux deux tiers de sa longueur. Au 80^^^ segment, on compte 4 de ces acicules, 6 gros acicules à pointe fine recourbée en arrière, 15 soies limbées dispo- sées en 2 faisceaux superposés, 5 à 6 soies en fourchette devant le faisceau supérieur, et enfin 3 grosses soies acicu- laires ventrales en croc bifurqué. Aux derniers segments du corps, ces soies et acicules sont les mêmes, mais de moindre taille et en très petit nombre. (1) Voir Claparède, loc. cit., fîg. 4c. 252 »E i;AII¥T-«IO^EPH. Le pharynx long de 5 millimètres contient les mâchoires qui sortent de la bouche mais ne sont pas projetées au loiu comme lorsqu'il s'agit d'une trompe. La mâchoire inférieure est formée de 2 lamelles chitineuses parallèles très minces, longues de 3 miUimètres, se rapprochant l'une de l'autre en avant, s'élargissant à partir de leur point de contact et se terminant chacune par 2 dents blanches (fig. 38). Elle reste en place pendant que la mâchoire supérieure est projetée hors de la bouche. Le système maxillaire supérieur se com- pose : 1° d'un support long de 1 millimètre consistant en 2 petites plaques noires juxtaposées, arrondies partout, sauf à leurs points de contact entre elles et avec la V paire de mâchoires (1); 2° d'une T" paire de mâchoires en forme de grosse pince noire longue de 2 millimètres; 3" d'une 2"^' paire ayant 1 dents à droite et 8 à gauche ; 4° d'une pièce impaire gauche à 7 dents; 5° d'une 3°"" paire de mâchoires blanches en dessus et noires en dessous ayant 10 dents à droite et 7 à gauche; le tissu où elle est fixée est coloré en noir au-dessus et semble former un capuchon noir; 6° d'une 4°"' paire con- sistant en une petite écaille noire placée à l'extérieur des 2 pièces de la 3"' paire, ayant à sa partie supérieure une dent recourbée en avant comme une griffe. Chez un autre exem- plaire il y a 8 dents à droite et 7 à gauche à la 2""' paire, 8 dents à la pièce surnuméraire, 8 dents à chacune des pièces de la 3""° paire. Le nombre des dents de chaque pièce est variable selon les individus. Le pharynx est placé du côté ventral au-dessous de l'œso- phage avec lequel il communique et qui a 4 gros replis longitudinaux intérieurs. Dans le 7°"° segment, à l'œsophage succède l'eslomac avec 15, puis plus loin avec 24 à 28 replis ; il s'ouvre dans Tintestin au ;24°'"-27"'' segment. Jusque-là le canal digestif à parois épaisses est jaune. L'intestin monili- forme, à parois minces, étranglé à chaque dissépiment, (1) Ehlers les représente avec trois petits denticules à la partie inférieure. Sauf ce détail, la figure (loc. cit., ûg. 19) qu'il donne de la mâchoire supé- rieure est exacte, et je ne pourrais que la reproduire. ANNÉLIDES POLYCHÈTES DES COTES DE FRANCE. 253 est tapissé de bandes longitudinales de glandes d'un brun foncé. Il est en général rempli de débris de zostères, d'iiiva latissima et de fucus souvent recouverts de bryozoaires. La chaîne nerveuse ventrale plus large que haute (0"",60 sur 0™°", 20), reposant sur les muscles circulaires est traversée dans sa partie inférieure par une grosse fibre tabulaire de 0'"",04 de diamètre. Outre les cellules glandulaires des pieds dont il a été parlé plus haut, il y a dans l'intérieur du corps à la base de chaque pied, à partir du 3°"' ou 4"° segment, un amas de glandes en forme de massue d'abord légèrement rosées, puis ensuite d'un blanc crayeux, renfermant des cellules rondes, incolores, à noyau, d'un diamètre de0'°'",02 à 0°'°',04 qui me paraissent être des ovules à divers degrés de dévelop- pement. Ces glandes sont indiquées à Fextérieur du corps par le bourrelet blanc qui fait suite à chaque pied du côté ventral à partir du 4™' segment. Ce sont probablement des glandes génitales. Je ne trouve d'œufs chez le D. Neapolitana qu'en septembre. D'un diamètre de 0"°',18, gris, peu nom- breux, isolés, ils ne sont pas accompagnés des cordons de cellules vertes qu'Andrews observe chez la Diopatra cuprœa Bosc et la i). magna Andr. (1). Les organes segmentaires longs de 1"°',50 à 1""',70 qui commencent vers le 10"'-12"° segment sont colorés en vert (fig. 39). Ils ont un pavillon vibratile large de 0"'°',21, placé sur la partie antérieure de chaque dissépiment et viennent, après l'avoir traversé, déboucher à la base du pied du seg- ment suivant par un canal dirigé obliquement. Chez un exemplaire, le pied gauche du 3°"' segment séti- gère répond aux 2°"" et 4""" pieds de droite et de ce côté le segment est biannelé. Cori avait déjà signalé un cas sem- blable. Chez un autre exemplaire, le 3'^'' pied de gauche répond à 3 pieds plus petits de droite et le segment plus large de ce côté a un anneau pour chacun des 3 pieds. Au segment (1) Andrews, Reproductive organs of Diopatra {Journ. of Morphology, t. V, 1891, Boston, p. 113-124, et pi. VII et VlU). 2^4 I>lî SAIIVT- JOSEPH. suivant la branchie normale de gauche répond à une bran- chie de droite beaucoup moins grande qui semble régénérée et de chaque côté de laquelle il y a un petit cirre dorsal et un 1res petit pied. Il est probable que la partie droite de ces 3mc g^ ^me g^gmenls a été détruite et se régénère. Pour 3 exemplaires de D. Neapolitana venant de Naples, dont le plus long a 10 centimètres et J 78 segments^ je trouve la 1'" paire de branchies, chez 2 au 4°' segment sétigère et chez l'autre au 5°"". Sauf la dimension du corps, ils sont absolument semblables aux animaux d'Arcachon, et on peut leur appliquer la description donnée ci-dessus. Je ne suis pas d'accord avec Claparède qui trouve aux animaux de Naples des soies pseudo-arliculées àplusieurs segments après le 4"^' et qui ne voit de soies en fourchette qu'à partir de la partie moyenne du corps, ni avec Ehlers qui ne parle pas de soies pseudo-articulées et qui n'observe pas de soies mais seulement des acicules au T" segment après le segment buccal. Tout cela peut tenir à ce que ces soies pseudo-articu- lées sont souvent brisées, et surtout à ce qu'elles sont presque toujours rétractées dans l'intérieur du pied. Les animaux de Naples doivent atteindre la même taille que ceux d'Arcachon, puisque Délie Ghiaje en cite comme ayant un pied et demi et Cori comme ayant 35 centimètres. Méditerranée. Genre EUNICE Cuv. [ïncL ERIPHYLE Kbiç &; EUNICE KiNBERGI Ehl. Forme adulte. EuNiCE KiNBERGï Elil. (1) {Eriphifle Capensis Kbg.) (2). Nereis gigantea D. Ch. Délie Chiaje, Memorie siilla sloria e nolomia, etc., t. lî, 1825, p. ;i89 et 424, et pi. XXVJl, lig. 1-8. EuNiCB — n» ^'h. Délie Chiaje, Descriz. e notomia degli aniinali inverfe- (1) EliIoi'S, Die Ilorsicnwurincr, p. ;{00. (2) KinbtTg, Annulalanova {Ofvers. e: siAi.^v-JO.^EPii. Les segaieiîls suivants ont des pieds avec cirre dorsal, mamelon sétigère. et cirre ventral. Les cirres dorsaux longs de 1°'"',20 sont lisses sauf à quelques segments antérieurs, 011 ils ont des articles à peine indiqués; 3 à 4 acicules minces jaunes sont renfermés dans leur base qui n'est pas apparente au dehors. Les soies simples de deux sortes du faisceau supérieur sont de même forme que chez VEimice torquata. Les soies en ciseau qui ont échappé à Claparède et dont le bord antérieur large de 0°'°',015 est découpé en 7 lanières, nayant que d'un seul côté une lanière plus longue, se retrouvent à tous les segments jusqu'à l'avant-dernier; il y en a d'abord une seule, puis 4 à 5 et de nouveau une à la fin du corps. Les soies composées du faisceau inférieur à serpe bidentée (fig. 55) ont un capuchon pointu dont le bord opposé au dos de la serpe est phssé. A partir des 3 ou 4 avant-derniers segments branchifères jusqu'à l'avant-der- nier segment du corps, il y a 2 ou 3 grosses soies aciculaires ventrales jaunes tridentées à capuchon arrondi (fig. 56), sor- tant du corps comme les 2 ou 3 acicules jaunes à pointe légèrement courbe (fig. 57) qui accompagnent les faisceaux de soies. Le cirre ventral, qui est une grosse languette aux 5 à 6 1"" pieds, prend la forme d'une sphère surmontée d'un petit article aux 32 segments suivants et redevient ensuite une languette, mais beaucoup plus mince qu'aux segments antérieurs. Les branchies ciliées, plus longues que les cirres dorsaux, mesurent 2 millimètres de long, commencent au 5°"' segment (3"^ sétigère) ayant à ce segment 1 à 3 filaments et attei- gnant leur plus grand développement (jusqu'à 14 filaments) du 12"*^ au 36"^ Elles cessent brusquement au 40"'= à 49"' et ont encore 4 filaments au dernier segment branchifère. Le corps se termine par un segment anal avec anus dor- sal, s'ouvrant entre 2 papilles comme le figure Claparède (1) et 4 cirres anaux ventraux inarticulés dont les 2 les plus (I) hoc. dt.j fig. 3 K. ANNÉLIDES POLYCHÈTES DES COTES DE FRANCE. 275 rapprochés du ventre n'onl que O"^"^,'!! de long et les 2 autres r",80. La mâchoire inférieure (fig. 58) se compose de 2 pièces allongées, juxtaposées, longues de 2 millimètres, s'élargis- sant en ailerons dans la partie antérieure qui a 2 ou plu- sieurs dents. Elle est en chitine d'un jaune très clair et presque partout incrustée de calcaire sauf sur un pelit espace qui précède la partie antérieure élargie. La mâchoire supérieure {Hg, 59) comprend : 1° un support composé de 2 larges plaques arrondies en bas deux fois moins hautes que la pince; 2° la r° paire de mâchoires (pince); 3° la 2™' paire (dent d'Ehlers) qui a 10 dents à droite et 9 à gauche; 4° la pièce impaire gauche à 9 dents; 5' la 3"' paire de mâchoires surmontée d'un capuchon de tissu noir avec 1 3 dents à droite et 10 à gauche ; 6° un seul paragnathe de chaque côté, triangulaire, avec une seule dent rabattue en avant comme une griffe. Toute celle mâchoire est en chitine d'un jaune plus foncé que le labre, et presque par- tout aussi incrustée de calcaire. Les 2 plaques du support ne sont foncées que le long de leur point de conlacl entre elles et avec la pince; les 2 pièces de la pince ne sont fon- céesqu'àleurbordinterne. Auxautrespairesdemâchoires,les dents seules le sont et encore leur extrémité est-elle blanche. Des exemplaires de Naples que j'examine sont plus petits que ceux de Concarneau, ayant 35 milhmètres de long sur 3 millimètres de large dans l'alcool et 94 à 96 segments. Les branchies cessent au 30°"' à 33°'" segment et la T" paire a déjà 6 filaments. Je ne retrouve pas plus sur ces exemplaires, que sur ceux de Concarneau, ni les 2 petits yeux fronlaux signalés par Langerhans, ni les yeux de la base des derniers pieds dont parle Claparède. LE. vittata ne me paraît pas devoir être confondue, comme le voudraient Grube(l) et Marion et Bobretzky (2), il) Bemerk. iiher Annel. des Pariser Muséums [Archiv fur Naiiirg., \810, p. 29b). (2) Loc. cit. ^76 1>1Ë JiAIWX-«iO.«EPIÎ. avec VEunice ruhrocincta Ehl. qui est la même que VE. Pàssoi Val. Qfg. d'après Grube. Cette espèce d'Elilers ne manque de branchies qu'aux derniers segments ; le nombre des fila- ments branchiaux y est moindre; la soie aciculaire est bifide et non trifîde et les soies composées n'ont pas un capuchon aussi pointu que \E. vittata en dessus de la serpe. J'ai constaté ces différents caractères chez un des 3 exem- plaires de YE. Rissoi du Muséum. Méditerranée, Atlantique, Détroit de Bass {Challenger), à 69 mètres de profondeur. l^ItlBU nEJS LiUMBUICOIVERUIDEA Schmarda. (sensu Gr.). Genre LUMBRIGONERE[SBlv.,Gr.r^?;. (me/. Zy^o/o/^^^^Gr.). LUMBRICONEREIS Latreilli Aud. et Edw. (1). LUiMBRicoNEREis Latreillii Qiiatrefages, Hist. nat, des Annel., t. I, p. 364. — — Grube, Demerk. ûber Annel, des Pariser Muséums {Archiv/ûr Naturg., 1870, p. 302). — — Marion, Étude des Annél. du golfe de Marseille {Ann. des se. nat., 6^^ série, t. II, p. 15). ■*- Nardonis Gr. Grube, Actinien, Ectiinodermeyi und Wûvmer des Adriat. undMitlelmeeres, Kônigsberg, in-4, 1840, p. 79. — — Ehlers, Die Borstenwûrmer,^. 380; pi. XVI, fig. 23-30, et pi. XVII, fig. 1-2. — — ?Claparède, Annél. du golfe de Naples, p. 147, et pi. IX, fig. 3. ^ — Grube, Famille Eunicea ^^<^ Abth. [Jahresb. der Sc/iles, Gesells. filr 1878. Breslau, 1879, p. 90). — Edwarsi Glpd. Glaparède, Beob. ùbev Anat., etc.^ 1883, iu-fol., p. 58, et pi. XIV, fig. 14-22. Zygolobus — Glaparède, Glamwes zoot. parmi les Annél. de Port- Ve7idres, p. 114. LuMBRicoNEREis TiNGENS Kef. Kefersteiu, Uniers. ûber niedere Secthiere [Zeits. fur W'iss. ZooL, t. XII, 1802, p. 102, et pi. IX, fig 1-9). — — Ehlers, Die Borstenwilrmer, p. 391, et pi. XVII, fig. 1 1-14. — — Grube, Familie Eunicea, vide suprà, p. 91. (1) Lumhrineris Latreilli. Audouin et Milne Edwards, Recherches pour ser^ vir à Vhisloire naturelle du littoral de la France, t. Il, p. 168, et pi. III h, \ig. 13-15. ANNÉLIDES POLYCHÈTES DES COTES DE FHANCE. 277 LuMBRicoNEREis TiNGEKS Saint- Joscpli, Les Annél. polych. des cotes de Dinard, omc partie [Ann. des se. nat.^ 7™e série, t. V, p. 212, etpl. VIII, fig. G2-64). PI. XV, fig. 60-61. Grube ayant renconlré un Lombrinérien qui ne différait de la Lumbriconereis Latreilli que par la présence de soies composées non signalées par Audouin et Milne Edwards en fit la L. Nardonis. Depuis lors, il observa ces soies aux seg- ments antérieurs chez l'exemplaire du Muséum de la L. La- treilli; il n'y avait donc plus lieu de maintenir la L. Nar- donis (1). De môme Keferstein ne trouvant que des soies simples à un Lombrinérien semblable à la L. Nardonis qui a en outre des soies composées, en fit la L. tingens et Cla- parède n'y constatant que des soies composées, en fit la L. Edwarsi. Mais Claparède n'avait examiné que les soies des segments antérieursetKeferstein celles des segments suivants. En rectifiant cette double erreur, il ne resterait comme dif- férence enlre la L. Nardonis et la L. tingens que les dente- lures plus ou moins variables des pièces calcaires anté- rieures du labre chez la L. tingens. Ces dentelures pouvant résulter d'accidents ou d'usure, il n'y a pas là de caraclère spécifique bien accusé. Il ne semble donc pas qu'il y ait lieu de distinguer la L. tingens de la L. Nardonis^ ni cetle der- nière de la L. Latreilli qui demeure l'espèce type. Sur l'exemplaire unique du Muséum examiné par Grube, je trouve 42 segments avec soies limbées dont les 20 antérieurs ayant en outre des soies composées et les 22 suivants des soies simples à crochet. Toutes ces soies et les mâchoires sont semblables à celles qui ont été décrites depuis lors pour la L. Nardonis et la L. tingens. J'en ramasse au Croisic près de l'estacade et à Pen-bron (1) Les courtes notices consacrées par Grube à la L. Nardonis et à la L. Latreilli en 1878, et qui sont en contradiction avec ce qu'il en avait dit en 1870, doivent avoir été rédigées avant cette dernière date et n'avoir pas été corrigées depuis. 278 a&E §^AT!^T-«fO,%EPn. 2 exemplaires de couleur rose clonl l'un de 251 segments et 15 centimètres de long sur 3 millimètres de large sans les pieds ayant les 54 T'"' segments avec soies limbées accompa- gnées aux 25 segmenis antérieurs de soies composées à lon- gue serpe terminée par 4 denticules et enlourée d'une valve comme la partie antérieure de la hampe (fig. 60). Les 29 seg- ments suivants ont avec les soies limbées. des soies simples à €rochet (fig. 61), qui persistent seules à partir du 55""" seg- ment jusqu'à la fin du corps. L'autre exemplaire de 262 seg- ments a des soies limbées seulement aux 31 f' segments tiont 21 avec soies composées et 10 avec soies à crochet. Près de Concarneau à la Pointe de la Jument, je trouve sous les pierres 2 exemplaires d'un brun rose avec reflets métalliques. L'un a 14 centimètres de long sur 2°''^, 5 de large sans les pieds et 235 segments dont les 48 V' avec soies limbées accompagnées pendant les 24 antérieurs de soies composées et pendant les 24 suivants de soies simples à crochet qui persistent ensuite seules. L'autre exemplaire, incomplet, à tête un peu plus ronde, long de 9 centimètres dans l'alcool sur 3 millimètres de large sans les pieds, n'ayant conservé que 150 segments, a des soies limbées aux 121 1"' segments dont les 25 anté- rieurs avec soies composées et les suivants avec des soies simples à crochet. Ces 4 exemplaires du Croisic et de Concarneau, même le dernier qui a un nombre si considérable de segments avec soies limbées , sont tout à fait semblables entre eux au point de vue de la forme des soies et des mâchoires. Je trouve aussi la L. Latreilli à Saint -Yaast dans les plages de sable de l'île de Tatihou au N.-E. du laboratoire. Manche. Atlantique. Méditerranée. Draguée dans le golfe de Gascogne à 400 mètres de profondeur par le Caudan. ANNÉLIDES POLYCHÈTES DES COTES DE FRANCE. 279 LUMBRICONEREIS COCCINEA Ren. (1). J'en récolte à Saint-Jean-de-Luz sous une pierre près de Sainte-Barbe un seul exemplaire incomplet de 168 segments long de 75 millimètres sur V^,b de large, reconnaissable à saleté globuleuse et à la serpe courte et massive des soies composées. Les 38 1"' segments sétigères ont des soies lim- bées accompagnées jusqu'au 21°"' inclusivement de soies composées, puis du 21""' au 38°"" de soies simples à crochet qui persistent seules après que les soies limbées ont disparu. Les dragages, à Dinard, m'en procurent 4 exemplaires tous jeunes et de petite taille. L'un d'eux a 15 millimètres de long et 88 segments sur lesquels les 31 1"' sétigères avec soies limbées accompagnées aux 13 antérieurs de soies composées et aux 18 suivants de soies simples à crochet qu'on retrouve seules ensuite jusqu'à la fin du corps. D'au- tres provenant aussi de dragages ont de 3 à 7 centimètres de long. L'un d'eux long de 65 millimètres, comptant 141 segments en tout, a les 39 1"' segments sétigères avec soies limbées accompagnées aux 22 antérieurs de soies composées et aux 27 suivants de soies simples en croc. Manche. Atlantique. Méditerranée. LUMBRICONEREIS IMPATIENS Glpd. (2). Ll'mbricus fragilis D. Gh, nec O.-F. MûUer. Délie Chiaje, Mem. sulla storia e notomia^etc, t. II, p. 428. LuMBRiNERUs — Délie Chiaje, Descrizione e notomia, etc., t, III, p. 83, et t. V, p. 97, pi. CI, fig. 8-20. ?LuMBRico>"EREis BREviCEPS Ehl. Die Borslenwurmer, p. 388. — IMPATIENS Pruvot, lieclierches sur le système nerveux des Annéi. [Archives de zool. expérim., 1885, 2°^"^ série, t. lU, p. 279; pi. XI, fig. 5, et pi. XIV, fig. 1-3). PI. XV, fig. 62-68. (1) Voir, pour la description et la synonymie, Pruvot et Racovitza, Faune des Annél. de Bcmyuls [Arch. de zool. expérim., 3°^^ série, t. III, p. 374, et pi. XVI, fig. 21-37). (2) Claparède, Annél. du golfe de Naples, p. i45, et pi. IX, fig. 2. — Sup- ■plément aux Annél. de Naples, p. 24, et pJ. V, fig. 4. 280 I>E ilAI^T-JOfUEPH. Au Croisic dans le sable vaseux, sur la côle de Pen-Bron. Quoique l'exemplaire que je recueille soit incomplet et que la partie postérieure manque, il mesure 50 centimètres de long et compte 664 segments. Le corps rond, à peu près partout de même largeur (S^'^jS), est de couleur rose pâle. La cuticule est couverte de très petits pores qui semblent fermés par un clapet fendu en 4 parties égales et faisant légèrement saillie au-dessus du pore (fig. 62). La tête cylindro-conique sans yeux, haute de 1 """,5 (fîg. 63) , porte à sa partie postérieure du côté dorsal de chaque côté de la ligne médiane une petite fossette ronde vibratile (organe de la nuque), cachée le plus souvent par le bord antérieur du 1"" segment. Elle est suivie de 2 segmenta achètes dont le 1"" plus haut que le 2°"". Du côté ventral le r' segment est interrompu et le 2"^' pousse jusqu'à l'entrée de la bouche un prolongement qui a 4 sillons longitudinaux (I); il émerge de la bouche deux grosses papilles arrondies [Mundpolster d'Ehlers). Les pieds, partout semblables, mais plus petits dans la partie antérieure du corps, consistent en un petit mamelon séligère avec cirre dorsal rudiment aire et processus digi- tiforme ventral contenant un riche réseau vasculaire; 4 ou 5 acicules fins recourbés entrent dans la base des cirres dorsaux. Aux 75 à 83 1'"' segments, il y a des soies à large limbe placées au-dessus de soies simples coudées entourées d'une longue lame dissectrice striée à partir du coude jus- qu'à l'extrémité antérieure qui se termine par un large cro- chet dont le bord incliné est garni de 3 à 4 denticules (fig. 64). Ces soies à partir du 45""" segment environ sont remplacées par des soies simples à crocliet de forme différente dont le sommet à peu près rectiligne et hérissé de 4 à 5 petites dents pointues est entouré de 2 valves plus rondes, plus lar- ges et un tiers moins longues que celles de la forme précé- (1) Ehlers figure une disposition semblable chez le L. gradlis Ehl. [Bors- tenwûrmer, pi. XVII, fig. 8). 1 ANNÉLIUES POLYCHÈTES DES COTES DE FRANCE. 281 dénie (fig. 65). Lorsque les soies limbées ont disparu, elles persistent seules jusqu'à la fin du corps. Partout le faisceau de soies est accompagné de 2, 3 ou 4 acicules jaunes, poin- tus, légèrement bruns à leur extrémité et ne faisant pas sait* lie hors du corps. Le labre, long de 1°'°',82, est en forme de corset (fig. 66) (1). Légèrement concave du côté qui est enfoui dans le tissu musculaire de la trompe, il est un peu convexe en dessus et formé de deux moitiés semblables, ce qu'on ne reconnaît qu'à une mince ligne de soudure qui les unit. S'élargissant en avant et se terminant un peu en fer à cheval, il est couvert de stries parallèles noirâtres, disposées en demi- cercle, puis il serélrécit au milieu pour se terminer en arrière par deux pointes courtes obtuses que sépare une échancrure. Des couches chitineuses superposées, en forme d'écaillés oblongues, partent de l'échancrure inférieure se dirigeant la pointe tournée vers le haut jusqu'auprès du fer à cheval, auquel sont soudées 2 plaques calcaires blanches antérieures unies ou le plus souvent dentelées. Le système maxillaire supérieur (fig. 67) se compose d'un support et de 4 pièces. Le support allongé, à deux ren- flements successifs, et se terminant dans le 8°"' segment par une pointe presque filiforme est beaucoup plus long que celui que figure Claparède [Suppl. pi. V. fig. 4). Ce support me semble être une transition entre la forme courte ordi- naire du ^enve Lumôrico?îereis et la forme filiforme du genre Arabe/la. Les autres pièces de la mâchoire sont bien celles propres au genre Lumbriconei^eis . La pince assez étroite contient la pièce dentaire qui a 5 denticules à droite et 4 à gauche. La plaque ou 3°"" paire qui est au-dessus est bidentée et enfin la 4°"' paire en plaque est unidentée. Toutes ces (1) Horst, Die Ahiieliden gesammelt icàhrcnd des Fahrten der c< Willem Ba- rentz » in 1878-79 {NiederL Archiv fiir Zool. Supplementarband, I, liv. I, fig. 3 6), figure un labre à peu près semblable pour la Lumhriconereia fragi- lis Mûll. — Voir aussi le labre de la L. Sarsi Kbg. {Eugenies Resa, pi. XIX, fig. 38 e) et celui de VArabella dubia Hansen, Recherches sur les Annél. du Brésil [Mém. couronnés Acad. de Belgique, t. XLIV, 1881, in-4, pi. II, fig. 18). 282 DE fiAIIVT-tlO^ËPII. pièces sont très noires, mais l'extrémité de la pince et des denlicLiles des autres mâchoires est blanche comme Clapa- rède l'a déjà remarqué. La base des 2°^% T' et 4°^° paires est formée de tissu râpeux. A Guéthary et à Saint-Jean-de-Luz près de Sainte- Barbe, je trouve plusieurs L. impatiens de couleur rose dont 5 bien entières. La plus longue a 25 centimètres de long sur 3 millimètres de large sans les pieds et 4 milli- mètres avec les pieds et compte 345 segments. Au 238""" il y a 2 pieds à gauche oii le segment est dédoublé et 1 pied h droite. Une autre a 18 centimètres de long sur 3 millimè- tres de large tout compris et 358 segments. Le corps de celle-ci finit par un segment anal de 0"''^,30 de haut avec un anus terminal s'ouvrant entre 4 cirres dont 2 ventraux et 2 dorsaux de 0"",30 de long (fig. 68). Dans un de ces exemplaires je trouve une grégarine grise monocystidée avec noyau central et 2 bandes claires trans- versales à la partie antérieure. Elle a 0°'°',42 de long sur 0"",062 de large. Je dois à l'obligeance de M. Pierre Fauvel un exemplaire venant de Saint- Vaast, long de 34 centimètres dans l'alcool et comptant 535 segments dont les derniers régénérés. J'ai aussi un exemplaire de Naples mesurant 31 centimè- tres, avec la fm du corps régénérée. Il est en tout sembla- ble à ceux du Croisic, de Saint-Jean-de-Luz et de Saint- Vaast : la tête, les soies, le labre sont les mêmes et le support du système maxillaire supérieur est relativement aussi long. Manche, Atlantique, Méditerranée. Genre ARABELLA Gr. c/iar. emend. Sous-genre MACLOVIA Gr. Maclovia gigantea Gr. (1). Dans la baie de Saint-Jean-de-Luz, je trouve plusieurs (1) Voir Annél. polych. des côtes de Dinard, 2™'' partie {Ann. des se. îiat.. I ANiNÉLIDES POLYCHÈTES DES COTES DE Fil ANGE. 283 M. gigantea de 280 segments environ longues de 17 centi- mètres sur 2 millimètres de large, pieds compris, se rappro- chant donc par le peu de largeur du corps de XArabeUacjenicu- lala lelle que la décrit Grube(l). Mais elles en diffèrent par le cirro dorsal qui est peu développé et par le système maxil- laire qui a 3 supports et la T" paire de mâchoires en forme de pinces, tandis que chez l'A. geniculata d'après Marion(2), il n'y a que 2 supports et une V paire de mâchoires en forme de plaque dentelée et non de pinces. D'un autre côté, cliez quelques exemplaires de M. gigantea de grande taille recueillis par moi dans le sable à Dinard, à Saint- Jean-de- Luz et au Conquet, le cirre dorsal plus développé dans les segments antérieurs que celui que j'ai décrit pour un gros exemplaire de Dinard, a la forme de bonnet phrygien que lui attribue Claparède (3), ciiez VArabella geniculata. Il faut en conclure que ces deux espèces dont la tête a 4 yeux en rangée transversale est semblable sont très voisines. FAllILiCE DES L.YCOUIDiei\!i Gr. (:\ÉRÉIDIE:iVSi Qfg. Mgr. riec Kbg-.). La classification des Lycoridiens est difficile à établir d'après les différences qui existent dans le plus ou moins grand développement de la languette dorsale des pieds (4) ou le nombre des languettes de la rame dorsale ou la posi- tion plus ou moins terminale occupée par le cirre dorsal au- dessus de la languette supérieure de la rame dorsale . Il y a là des caractères souvent bien incertains sur lesquels il est 7™« série, t. V, p. 230), et 4°'« partie (Ami. des se. nat., 1"^^ série, t. XX, p. 209). (1) Famille Eunicea. 2'« Abtlieiiung {Jahresb. der Schlcs. Geselîs. fur 1878. Breslau, 4879, p. 102). (2) Annél. du golfe de Marseille {Ann. des se. nat., 6°^^ série, t. U, 1875, p. 15, et pi. 1, fig. 2). (3) Notocirrus c/eniculatus [Annél. du golfe de Naples, p. 149, et pi. VI, lig. 6). (4) Voir- plus bas p. 291. 284 «E §iAI^T-«IO,«EPff. presque impossible de s'entendre, qui varient jusque dans le même individu et se modifient au moment de la matu- rité où les cirres dorsaux et ventraux eux-mêmes peuvent subir des changemenls. Il me paraît donc préférable, dans l'étal actuel, pour la fixation des genres, de s'en tenir à la classification de Kinberg (1) au moyen des paragnalbes, selon qu'ils sont absents ou présents, et dans ce dernier cas selon leur nature, leur forme et l'existence de tous leurs groupes ou de quelques-uns seulement. Le nombre et quel- quefois la taille des paragnalbes composant chaque groupe sont variables. Ils n'occupenl pas non plus toujours une place identique dans chaque groupe comme on peut en voir un exemple chez VEunereis longissima (PI. XVI, fig. 94-96). Mais il y a une grande stabilité dans le nombre des groupes. Leur présence ou leur absence dans la même espèce sont suffisam- ment constants et il n'y a guère d'exception à faire que pour le groupe maxillaire médian dorsal (I), qui existe ou manque chez des individus de la mêmeespèce, surtout lorsque celle-ci manque déjà du groupe basilaire médian dorsal (V). Les différences dans la forme des rames et de leurs appendices, dans la forme des soies surtout lorsqu'il s'agit de soies particulières (Voy. plus loin Nereis diversicolor^ Nereis pelagica, Eunereis longissima), dans la longueur des cirres tentaculaires, des antennes, et des palpes serviront de caractères spécifiques. En ce qui concerne les appendices des pieds, je ne ferai d'exception, au point de vue générique, que pour les branchies dendriti- ques, ce qui ne peut donner lieu à aucune confusion. Voici donc comment je classerais, pour le moment, les genres de la famille des Lycoridiens en supprimant les familles de Kinberg et en ne donnant que la valeur de sous- genres à plusieurs de ses genres et à ceux de Malmgren. (1) Kinberg, AnnuJata nova {Ofversigl af K. vct. Akad. Fôrh., Stock- holm 1865, p. 107), ANNÉLIDES POLYCHÈTES DES COTES DE FRAiNCE. 285 A. Branchies dendritiques à quelques segments antérieurs. Pas de paragnathes. Dendronereis Peters. B. Pas de branchies dendritiques. 1. Pas de paragnathes. a. Pieds uniramés : Lycastis (Sav.) Aud. et Edw. b. Pieds biramés : a. Segment buccal avec pieds et soies : Micronereis Clpd. f5. Segment buccal apode et achète : Leptonereis Kbg. {incl. Nicon Kbg., Nicomedes Kbg.). 2. Rien que des paragnathes mous : Ceratocephala Mgr. 3. Rien que des paragnathes calleux : Tylorrynchus Gr. 4. Paragnathes mous et cornés : Leonnates Kbg. 5. Paragnathes cornés séparés et coniques : Nereis s. sir. L. Cuv. [Lycoris Sav.). a. Tous les groupes de paragnathes au complet : S. G. Nean- thes Kbg. (incL AliltaKb^. Mgr. ^ Hediste Mgr., p. p.) char, emend. b. Le groupe V ou les groupes V et VI manquent : S. G. Ne- reis s. sir. Kbg. {incl. Mastigonereis (Schmarda) Kbg., y/ioosa Kbg., Nereilepas{B\w.) sensu Kbg., A'e7'ei/e/3as (Blv.) sensu Johnst. Mgr., nec OErst., nec Qfg., nec Kbg., /?./?., A'e- rtis Mgr., Hediste Mgr. p. p., Praxithea Mgr.). c. Les groupes I, II, V manquent : S. G. Cirronereis Kbg. d. Les groupes V, VI, VII, VIII manquent : S. G. Ceratonereis Kbg. e. Tous les groupes, sauf VI, manquent : S. G. Eunereis Mgr. char. mut. 6. Paragnathes cornés coniques et transversaux séparés : a. Tous les groupes au complet : PerinereisKbg. {incl. Naumachius Kbg., Lipephile Mgr., Hedyle Mgr., Hediste Mgr. p. -p., Stratonice Mgr., Nerei- lepas (Blv.) sensu Johnst., Mgr., nec OErst., nec Qfg., nec Kbg. p. p.). b. Le groupe V manque : S. G. Arête Kbg. 7. Paragnathes cornés de trois formes : coniques, transver- saux et pectiniformes. Tous les groupes au complet : Pseudonereis Kbg. {incl. Paranereis Kbg.). 8. Paragnathes cornés très petits, très serrés, rangés en lignes pectinées : 286 »£ SAiWT-«io§»E:i>n. a. Le groupe I manque : Pisenoe Kbg. b. Les groupes I, II, V manquent (et quelquefois VI, VII, VIII) : S. G. Platynereis Kbg. {incl. Leontis M^r., Iphinei-eis Mgr). Je n'ai pas fait figurer dans ce tableau les genres Nossis Kbg., Typhlonereis Hans. Norske Nordh. exped., Phyllone- reis Haas. Brésil, trop incomplètement connus, ni le genre Heieronereis OErst. Kbg. Mgr. qu'il faut enlièrement supprimer, chaque forme Hétéronéréidienne devant être ramenée dans le genre auquel appartient sa forme Néréi- dienne, ce qui sera facile, comme le remarque justement Horst, avec la classification par les paragnathes. Les genres Hedyle Mgr. et Naumachius Kbg. avaient été établis pour des formes Hétéronéréidiennes appartenant au genre Perinereis et le genre Iphinereis Mgr. pour une forme Hétéronéréidienne du sous-genre Platynereis. J'ai dû modifier la diagnose du sous-genre Eunereis faite par Mahn- gren pour la forme Hétéronéréidienne de VEunereis lotigis- sima Johnst. Le genre Perinereis a la priorité sur le genre LipephUe Mgr. et le genre Platynereis sur le genre Leontis Mgr. Quant aux genres Praxithea^ Mastigonereis, Hediste^ Nerei- lepas^ Thoosa, Alitta, Stratonice qui étaient fondés le l"sur des diflerences peu importantes dans la forme des rames e( sur la longueur des cirres tentaculaires, le 2""" sur la posi- tion terminale du cirre dorsal, le 3™' sur la présence de 3 languettes à la rame dorsale et les 4 autres sur le déve- loppement plus ou moins grand de la partie supérieure de la rame dorsale et de la languette dorsale supérieure, je les ai versés dans les genres ou sous-genres que leur attribuent leurs paragnalhes. De nombreux Lycoridiens sont Irop imparfaitement décrits pour èlro distribués avec certitude (laus les genres et sous- gcnrcs tels qu'ils sont établis ci-dessus. Mais même pour ANNÉLIDES POLYCHÈTES DES COTES DE FRANCE. 287 ceux qui semblcnl suffisamment étudiés, il y en a plusieurs qui y trouveraient difficilement place. Ce sont par exemple la Nereis artïculala Ehl. Florida, contre-partie des Ceratonereis qui a- une ceinture de para- gnalhes en cône obtus à peine colorés à la partie basilaire dorsale et ventrale el en manque à la partie maxillaire ; la Nereis culverï Webst. New-Jersey, plus rapprochée du genre TjjJorrynchus que d'un autre genre, ayant des touiïes de papilles sur le bord de la région maxillaire dorsale et ventrale et 5 mamelons calleux a la région basilaire ventrale. Il y aurait encore : la Nereis tridentata Webst. New-Jersey, qui a en tout 3 paragnathes cornés à la partie basilaire ven- trale (VII et VIII) ; la N. debilis Gr. OErst. qui n'a que les 2 groupes latéraux de la partie maxillaire dorsale (II) ; la N. Ehlersïana Gr. Semper., à laquelle manquent les groupes I, V, VI ; la N . flavipes Ehl. qui n'a ni le groupe III ni le groupe V; la iV. tenuisW ëhsi. et Benedict, Provincetown, qui manque des groupes I et VI ; enfin la N, ignota Qfg. qui est très voisine de la N. articulata et n'a pas de paragnathes à la parlie maxillaire, mais seulement les groupes de la partie basilaire au complet. Ces 6 espèces appartiennent toutes au genre Nereis et il faudrait soit en faire de nouveaux sous-genres de ce genre, soit les verser dans des sous-genres déjà existants en en modifiant la diagnose comme Kinberg l'a fait pour le sous-genre Platynereïs dont les espèces manquent en général des groupes I, 11, V, et qu'il n'a pas voulu scinder en deux pour quelques autres espèces non décrites auxquelles man- quent en plus les groupes VI, VII, VIII (I). Les copépodes parasites de Lycoridiens sont peu nom- breux. Ce sont : r \diNereicola ovata Kef. (2), dont Keferstein n'a vu que la femelle et dont M. Intosh (3) a probablement (1) Il faudrait peut-être encore élargir ce sous-genre pour la Platynereïs Araf'urensis Me Int. « Challenger » qui manque des groupes 1, II, III, \^ (2) Keferstein, Uber einen neuen Schmarotzerkrebse {Nereicola ovata Kef.) von ciner Annelide(Zeits. fur Wiss. Zool., t. XII, 1862, p. 461, et pi. XLIl, fig. 1-4). (3) Me Intosh, Note on a Crustacean parasite of Nereis cultrifera {Quart, micros. Journ., janvier 1870, p. 35, et pi. V). 288 Ofi SAI^T-dPOSEPII. rencontré aussi le mâle ; T la Nereidïcola bipartita Gr. (femelle seulement) (1). Ces deux espèces n'ont été observées que chez la Perinereis cultrifera à la base des pieds. Je ne les y ai jamais trouvées. Genre NEREIS Cuv. Sous-genre NEANTHES Kbg. {incL ALITTA Kbg. Mgr., HEDISTE Mgr. p.p.) char, emend. Paragnathes cornés, coniques, séparés dont tous les groupes sont au complet. Neanthes Perrieri N. S. PL XV, fig. 69-77. Plusieurs exemplaires retirés du sable vaseux à Viller- ville et un exemplaire incomplet en mauvais état venant de Villers. Le corps composé de 124 segments, long de 1 1 centimètres sur 5 millimètres de large en avant, rames comprises, va en diminuant progressivement de largeur et en s'aplatissant en arrière. La tête, les palpes et la partie antérieure du corps jus- qu'au 40"' segment environ sont, comme chez la A^ e?'ei parallelogramma Clpd. (2) [N. falsa Qfg.), colorés en brun verdâtre bronzé parsemé de points blancs assez indistincts. La partie postérieure est, sur les côtés, simplement colorée en rouge par le sang qui afflue surtout dans les languettes supérieures des pieds. La tête (tig. 69) qui s'amincit en avant, devenant un peu rectangulaire, a 2 longs palpes ovoïdes qui dominent les (1) Grube, Mrfi/t. uhe\' St-Vaast-la^Hougue und seine Meerts,besonders seine Annel. fauna [Abhand. der Schles. Gesells., 1868-69, p. 123, et pi. II, fig. 2). (2) AnnèL du golfe de Naplcs, pi. X, (ig. 2. ANNÉLIDES POLYCHÈTES DES COTES DE FRAiNCE. 289 2 petites antennes frontales. Les 4 yeux disposés en trapèze sont de dimension moyenne. Comme chez les autres Lycoridiens, les 8 cirrcs tentacu- laires sont répartis en deux: paires de cliaque côté de la tcHe. la paire antérieure plus courte sur un pli antérieur du segment buccal qu'on peut regarder comme un petit seg- ment fusionné et la paire postérieure plus longue sur le segment buccal aclièle proprement dit qui est à peine plus haut que les suivants. A la paire postérieure des cirres ten- taculaires, il y en a un plus long que l'autre (S""""), attei- gnant, rabattu sur le dos, le 7°"" segment sétigère. La rame dorsale des 2 1"' segments sétigères a une seule languette plus longue que le cirre dorsal et manque d'aci- cule et de soies. A la rame ventrale, il y a un acicule noir et 2 faisceaux de soies composés chacun de soies en arête homogomphe et en serpe hétérogomphe sortant entre 2 lèvres pointues aussi longues que la languette ventrale qui est suivie d'un cirre ventral plus court qu'elle. Les pieds suivants (fig. 70) ont un cirre dorsal dépassant à peine la languette supérieure de la rame dorsale qui est suivie d'une languette beaucoup plus petite au-dessous de laquelle sort un faisceau de soies en arête homogomphe (1), accompagné d'un acicule noir (il y en a quelquefois 2 dans les segments antérieurs), et enfin d'une languette inférieure presque aussi grosse que la supérieure. Ces 3 languettes de la rame supérieure sont triangulaires, La rame inférieure, qui fait suite, a 2 faisceaux de soies : les supérieures, en arête homogomphe avec 2 ou 3 soies (fig. 71) en serpe hété- rogomphe mince et allongée, qui me paraissent manquer aux segments antérieurs; les inférieures, en arête hétérogomphe et en serpe hétérogomphe. Ces 2 faisceaux sortent entre une lèvre supérieure obtuse et une lèvre inférieure plus pointue, (1) CeUe languette qu'on retrouve chez plusieurs espèces de Lycoridiens, pour lesquels Malmgren voulut établir le genre Hediste, me parait être plutôt une lèvre triangulaire comme celle de la rame ventrale. Elle est placée juste au-dessous d'une lèvre beaucoup plus courte à bords arrondis, et les soies sortent entre les deux. AiNN. se. NAT. ZOOL. V, 19 290 »E liAIIVT-JO.^EPQI. un peu moins haute, et sont accompagnés d'un acicule noir (il y en a quelquefois 2 ou 3 dans les segments antérieurs). La languette ventrale, plus cylindrique que la languette supérieure dorsale, mais se terminant aussi en pointe, est suivie d'un cirre ventral moins long qu'elle. Cette disposition persiste jusqu'au 35"' segment environ. Alors la partie dorsale de la rame supérieure et la languette supérieure commencent à prendre un développement qui ne fait que s'accentuer peu à peu. Le cirre dorsal est comme poussé en avant et dépasse davantage la languette (fîg. 72). Le tout forme une haute languette finissant en pointe et par- courue par 2 gros vaisseaux, l'un dans la partie dorsale de la rame et l'autre dans la languette proprement dite. Ils se réunissentau-dessous du cirre dorsal, communiquent ensem- ble par des anses transversales et alimentent tout le long de leur trajet un réseau capillaire très riche qui sert à la res- piration. Vers le 100"' segment et jusqu'à la fin du corps, le cirre dorsal est poussé presque jusqu'à l'extrémité de la lan- guette (fig. 73), sans être cependant tout à fait terminal. A mesure que la languette supérieure dorsale se développe ainsi, la 2"' languette (lèvre) décroît et diminue peu à peu d'importance et disparaît. Rien ne change à la 3"'languetle dorsale ni à la languette ventrale, mais elles sont parcourues par un plus grand nombre de vaisseaux recourbés en anse. La lèvre supérieure de la rame ventrale depuis le 40"' seg- ment est devenue plus pointue et est légèrement dépassée pas la lèvre inférieure, ce qui ne fait que s'accentuer plus loin. Les languettes supérieures dorsales larges et plates se recouvrent les unes les autres à la fin du corps comme des cirrcs dorsaux de Pbyllodociens. Le segment anal, aussi long que les 3 segments anteanaux, se termine par un anus dorsal et 2 cirres anaux longs de 3 millimètres. Chez un exemplaire, il y a du côté dorsal, de chaque côté de l'anus, 4 fdaments minces de l™",o de long (fig. 74) qui ne ressemblent en rien aux caecums plus épais et moins longs qui entourent l'anus dans la forme ANNÉLIDES POLYCHÈTES DES COTES DE FRANCE. 291 héléronéréidienne mâle de la plupart des Lycoridiens. Les mâchoires d'un jaune ambré ont 4 à 5 dents à la partie Lasilairo dorsale (fig. 75) de la trompe extroversée, les 2 groupes laléraux de paragnathes (VI) sont composés de 6 à 7 paragnathes entourant un paragnathe central ; le groupe médian (V) est de 2 ou 3. A la partie maxillaire dor- sale, il y en a 2 groupes latéraux (II) de 16 en rangée obli- que et un médian (1) de 3 superposés. A la partie basilaire ventrale (fig. 77) les groupes Vil et VllI fusionnés forment une triple ceinture à rangs peu serrés. A la partie maxillaire ventrale, les 2 groupes latéraux (IV) se composent chacun de 23 à 24 paragnathes en rangées obliques et le groupe médian (111) de 29 à 30 disposés en rectangle. Tous ces para- gnathes sont coniques, noirs et bien séparés les uns des autres; les plus gros ont 0°'°',096 de haut (fîg. 77). Aucun des exemplaires n'a d'éléments sexuels et je ne trouve pas la forme héléronéréidienne. Les muscles longitudinaux ven- traux se composent de 3 faisceaux comme chez VEunereis longissima (voir pi. IV, fig. 97). L'espèce qui vient d'être décrite fait partie du groupe de Lycoridiens établi par Quatrefages et Ehlers, chez lesquels la partie supérieure de la rame dorsale et la languette supé- rieure plus ou moins fusionnées ensemble se développent en une large palette aplatie. Mais faut-il maintenir ce groupe pour lequel on a créé les genres Alitta^ Thoosa, Mastigo- nereis, Nereilepas^ Stratonkel Nous avons déjà dit plus haut pourquoi nous ne le pensions pas. Notre espèce serait à la fois une Hediste Mgr. puisqu'elle a 3 languettes à la rame supérieure et une Stratonice Mgr. puisqu'elle a une languette supérieure dorsale qui devient peu à peu foliacée. Il en serait de même de la Nereis 31 arionii Aud. et Edw., de laiV. caudata D. Ch.^ de la N. siiccinea Leuck., de la N. la- mellosa Ehl., de la iV. oxi/poda Von Marenz. (1). Mais le genre Hediste ne àoii pas être conservé, ni le genre Strato- (1) La liereis pulsatoria Aud. et Edw. qui est une Nemithes est aussi une Hediste, mais n'a pas de languette dorsale foliacée. 292 »E fiAIMT-«IO§»EPn. nice^ pas plus que les autres du grand groupe dont nous avons parlé. Alors chacune des espèces faisant partie de ce groupe serait versée dans le genre que lui assigneraient la forme et la répartition de ses paragnathes. Pour ne parler que des plus connues, la N. Marionii, la N. Stimpsoni Gr. Novare, la N. macroptis Clpd., la N. ferox Hans., la iV. me- lanocephala Me. Int. « Challenger », laiV. OHveirse Horst, qui ont des paragnathes allongés transversaux à la partie basi- laire dorsale de la trompe, appartiendraient au genre Peri- nereis Kbg. ; la N. fucata Sav., la N. vexUlosa Gr., chez lesquelles manque le groupe médian basilaire dorsal (V), rentreraient dans le sous-genre Nereis s. str. Kbg. Quant à notre espèce, comme la N. caudata, la N. virens Sars, la iV. succinea, la N. lamellosa, la N. Brandti Mgr., la N. lïm- hata Ehl., la N. Yernllïï Gr. Semper., la N. oxypoda, qui ont aussi tous leurs groupes de paragnathes coniques au complet, elle serait versée avec ces espèces dans le sous- genre Neanthes Kbg. [incl. Alitta Kbg. Mgr.) tel que je l'ai modifié en ne tenant compte ni de la forme et de la distri- bution des soies, ni du changem.ent de la forme des pieds, qui seraient des caractères spécifiques. La Neanthes Perrieri diffère de la Neanthes vïrens, de la iV. Brandti et la N. oxypoda qui ont de grosses languettes supérieures dépassant beaucoup le cirre dorsalet des soies en arête seulement, de la Neanthes limdataqm a les cirres dor- saux plus courts, du moins d'après Ehlers, et des dents plus nombreuses à la mâchoire, de la Neanthes caudata qui a des soies en serpe mêlées partout dans les 2 rames aux soies en arête, et des paragnathes disposés d'une manière diffé- rente, à la partie basilaire dorsale et ventrale, de la Neanthes Yerrillii qui n'a que des soies en arête homogomplie, de la Neanthes succinea qui a des cirres tentaculaires plus courts, des dents plus nombreuses à la mâchoire, et moins de seg- ments, de la Neanthes lamellosa qui, outre les mêmes difle rences, a des soies en serpe mêlées aux soies eu arête à la rame supérieure des segments postérieurs. ANNÉLIDES POLYCHÈTES DES COTES DE t^RANCE. 293 Sous-GENRE NERETS s. str. Kbg. [incl. MASTIGONEREIS (Schmarda) Kbg., THOOSA Kbg., NEKEILEPAS (Blv.) sensu Kbg., NEREI- LEPAS (Blv.) sensu Johnst. Mgr., nec OErst., nec Qfg., nec Kbg. p, p., NEREIS Mgr., HEDISTE Mgr. p, p., PRAXITHEA Mgr.). Nereis pelagica L. (1). Nereis procera Ehl. Langerhans, Die Wurmfauna von Madeira {Zeiis. fur Wias. ZooL, llte'- Beitrag, t. XXXllI, 1879, p. 28Ô, et pi. XV, fig. 21). — — SL-Joseph, Annél. polych. des côtes de Dinard, 2™» partie {A7in. des se. nat., 7™'- série, t. V, 1888, p. 266, et pi. XI, fig. 132). ? _ — Ehlers, Die Bovstenwurmer, p. 557, et pi. XXIII, fig. 2. Dans la description que j'ai donnée de la N, pelagica, d'après des matériaux tout à fait insuffisants et que je ne fais que compléter ici, j'ai omis d'indiquer un caractère important. J'ai pu le constater depuis sur de nombreux exemplaires que j'ai trouvés à Villerville et au Croisic, sur d'autres que M. Adrien Dollfus m'a rapportés de Villers et du Havre dans l'alcool, que M. Malard m'a envoyés de Saint-Vaast et enfin sur les exemplaires du Groenland faisant partie de la collection du Muséum, dont celui de Steenstrup qui a 20 centimètres de long sur 1 cenlimètre de large. A partir du 23"*" à 25™° segment, il se montre à la rame dor- sale une soie homogomphe dont l'article terminal est une dent obtuse d'un jaune foncé que j'ai déjà figurée vue de face (2) et qui, examinée de côté, paraît moins épaisse et montre 4 ou 5 cils qu'on n'aperçoit qu'avec de forts gros- sissements. Une 2™° soie semblable vient se joindre à la V dès le 25"' à 27°"' segment, puis il y en a 3 ou 4 en tout et on en observe jusqu'à 5 chez les exemplaires du Groenland. A côté de ces soies, il en persiste encore quelques-unes en arête homogomphe dans les 4 segments qui suivent celui où elles ont apparu, puis elles restent seules jusqu'à la fin du corps. (1) Voir Annél. polych. des côtes de Dinard, 4™° partie [Ann. des se. nat. 7°i« série, t. XX, 1895, p. 221 , et pi. XIII, fig. 40). (2) Loc. cit., 2°^« partie, 1888, pi. XI, fig. 132. 294 »9^ SAIIVT-tiOSEPB. Les animaux du Croisic provenant du sable soit de l'Esta- cade, soit du Plateau du Four, sont colorés en rouge brun diffus peu accentué et ont en général 60 à 80 millimètres de long sur 4 à 5 millimètres de large, rames comprises. Tous ont, comme ceux de Saint- Vaast, 2 paragnathes superposés au groupe médian (I) de la partie maxillaire dorsale de la trompe. Sur ceux de Villers et du Havre, longs de 30 à 75 millimètres sur 3 à o millimètres de large, rames comprises, le nombre en est de 1, 2 ou 3 et quelquefois, mais rarement, le groupe manque, ce qui arrive plutôt chez les jeunes. Les autres paragnathes sont ainsi distribués à la trompe : Partie basilaire dorsale : 4 à 8 de chaque côté (VI); le groupe V manque. Maxillaire dorsale : 8 à 12 de chaque côté en rangées obliques (II). Partie basilaire ventrale : 8 à 9 gros paragnathes eu l""" ligne formant ceinture suivis d'un pavé irrégulier de très petits atteignant quelquefois jus- qu'au nombre de 200 ou 250 (VII et VIII). Maxillaire ven- trale : 15 à 24 de chaque côté en rangées obhques (IV) et groupe médian (III) de 16 à 20 en rangées transversales superposées formant rectangle. Les cirres tentaculaires les plus longs recouvrent les 4 l''" segments. Dans le dernier tiers du corps, la rame ventrale devient moins saillante que la rame dorsale; le cirre dorsal (1"",30 de long) et le cirre ventral (0"",65 de long), ce dernier dépassant légèrement la rame ventrale, sont plus longs que dans la partie antérieure du corps, mais moins que je ne Fai indiqué pour l'exemplaire unique de 1895 où cette proportion était exceptionnellement plus grande. Maintenant que la présence des soies particulières à arti- cle en forme de dent massive est constatée chez la N. pela^ procera que Langerhans et moi avions décrites et qu'il y a concordance sur tous les points. Quant à la Nereis jtrocera d'Ehlcrs, che/ laquelle il avait observé pour la V fois cette ANNÉLIDES POLYGHÈTES DES COTES DE FRANGE. 295 soie particulière encore inconnue chez la N. peiagica, il est assez probable que c'est une N. pelagica de grande taille, quoiqu'il y ait quelques différences : les palpes semblent plus courts, les cirres tentaculaires plus longs, les soies en serpe hétérogomphe plus longues dans les segments anté- rieurs ; le groupe médian dorsal ([) manque; mais il a été dit plus haut qu'il en était quelquefois de même chez la N. pelagica et Langerhans le remarque aussi chez les jeunes. A l'énumération que j'ai donnée des mers habitées par la N. pelagica il faut ajouter la mer du Japon et le détroit de Davis, NeREIS DIVERSICOLOR O.-F. Mull. (1). Nrreis DIVERSICOLOR Max Schultze, Ueber dieEntwickelung von Arenicolapiscatormn nebst Bemerk. ûberdie E?itw. anderer Kiemenwiirmer. Halle m-4, 1856, p. 2. — — Quatrefages, Hlst. nat. des AnneL, t. I, p. 508. — — Yen Marenzeller, Zur Kennt. der Adj'iaf. AnneL [Sitzh. der k. Akad. dev Wiss. zu Wien, t. LXIX, 1874, p. 60, S.-A., et pi. VIT, fig-. 3). — Sudjapanische AnneL [Denks. der k. Akad. der Wiss. zu Wien, t. XLI, 1879, p. 14, S.-A.). — — Le^ànsen, Si/st. georjr. Oversigt over de Nordiska AnnuL (Vidensk. Meddels. for 1882. Copenhague, 1883, p. 230). — — Schroder, Anatomisch-liistologische Untersuchung von Nereis diversicolor. Rathenow, 1886, in-8. '■ — — Mendthal, U?itersuchimgenuber die Mollusken uud Anneliden des Frisclien Haffs : /F, iiber die Gesdiiechtsverliu.ltnisse der N. diversicolor. Kônigsberg, 1889, in-4, p. 8, et pi, fig. I-X. Hediste — Malmgreu, Ann. polych., p. 165, et pi. V, fig. 28. — — Malaquin, Les AnnéL polych. des côtes du Boulonnais {Revue bioL du Nord de la France, t. II, 1889-90. Tirage à part, p. 31). — — Giard, Le laboratoire de Wimereux. Recherches faunlgues. {Bull, scient, de la France et de la Belgique, t. XXU, 1890, p. 275). PI. XV, fig. 78-81. Trouvée au Croisic dans le sable non loin des marais salants dans le Grand Trait. Le corps est coloré en vert (1) Bie hunte :Sereide. O.-F. Mûller, Von Wiirmern des silssen und salzigen Wassers. Copenhague, 1771, iii-4, p. 164, et pi. VI. — Voir la bibliographie dans Ehlers, Die Borstemc armer, p. 554, et y ajouter les ouvrages indiqués ci-dessous. 296 »15 SAIlVT-sïOSEPH. sale un peu mélangé de brun. Quelquefois il y a l raie brune longitudinale peu accusée de chaque côlé de la ligne médiane dorsale. Un exemplaire femelle avec des œufs a 5 centimètres de long et 95 segments séligères. M. le professeur Henneguy a bien voulu m'en remettre plusieurs qu'il a ramassés dans les marais salants (1 ) et qui sont colorés en brun rouge diffus aves 2 bandes Ion- gitudinales plus foncées. J'examine aussi 2 exemplaires dans l'alcool : l'un de 89 segments séligères venant de Saint-Vaast, communi- qué par M. Malard, mesurant 8 centimètres de long sur 6 millimètres de large en avant, avec la plus longue paire de tentacules atteignant le 7""' segment sétigère et des cirres anaux de 2°'"', 5 de long, femelle mûre contenant des œufs de 0°'°',14 de diamètre; l'autre de 112 segments séligères, communiqué par M. Adrien Dollfus, venant de Yillers, de 10 centimètres de long sur 6°'°',o en avant, avec le plus long tentacule atteignant le 5™' segment sétigère et des cirres anaux de 3°^", 60 de long. La tête, teintée par 2 bandes longitudinales parallèles d'un rouge brun, plus large que haute avec les 2 antennes plus courtes que les palpes et 4 yeux disposés en trapèze, est exactement figurée par Ehlers [loc cit., pi. XXII, fig. 5). Le segment buccal est une fois et demie plus haut que les suivants. Les mâchoires ont 8 dents dont les deux plus basses sont encastrées dans une lame chitineuse. Ces exemplaires ont les groupes de paragnatlies dis- posés comme les figure Ehlers (2). A la partie basilaire dor- sale les 2 groupes latéraux (VI) se composent de 6 para- gnathes à gauche et de 5 à droite chez l'exemplaire de Yillers, de 5 à gauche et de 2 adroite chez celui de Sainl- Vaast et de 4 à gauche et 3 à droite chez un de ceux du Croisic ; à tous le groupe médian (V) manque. A la partie maxil- (i) La iV. divcrsicolor s'acconimodo donc bien aux diiïérents degrés de salure de l'eau. (2) Loc. cit., pi. XXll, lig. 0. ANNÉLIDES POLYCHÈTES DES COTES DE FRANCE. 297 laire dorsale, il y a aux 2 groupes latéraux (II), 6 pa- ragnathes en rangée oblique de chaque côté et 2 paragna- thes isolés superposés au groupe médian (I) (Villers), 11 à gauche et 7 à droite en carré et 1 seul paragnathe médian (Saint-Vaast), 10 à gauche et 9 à droite en rangées obliques et 1 ou 2 médians (Le Croisic). Ala partie basilaire ventrale, les groupes Vil et YIÏI fusionnés forment une double ou triple ceinture de petits paragnathes précédée de quelques paragnathes plus gros isolés. Il y en a 15 gros de 1" rang et 25 petits de 2'"' rang (Le Croisic). A la partie maxillaire ventrale les 2 groupes latéraux (IV) se composent de 16 paragnathes à gauche et 14 à droite en rangées obh- ques et le groupe médian (III), de 30 disposés en rectangle sur plusieurs rangées (Villers), de 17 paragnathes de chaque côté et de 13 médians (Saint-Vaast), de 17 à gauche, 19 à droite et 24 médians (Le Croisic). La disposition des paragnathes est presque entièrement semblable à celle de la Nerels peiagica L., mais chez cette dernière, les para- gnathes des groupes VII et VIII sont sensiblement plus nombreux. Chaque pied (sauf le T" et le 2'"' qui n'ont à la rame dor- sale qu'une seule languette sans soies ni acicule) a 3 lan- guettes à la rame dorsale, la 2""^ languette (lèvre supérieure) étant plus nette à la partie antérieure du corps qu'à la fin où elle diminue beaucoup. En dessous d'elle il y a une lèvre inférieure arrondie au bord, mince et très peu proéminente, qui livre passage à une partie du faisceau de soies en arête homogomphe ; le reste du faisceau sort entre cette lèvre mince et une 2°"' lèvre (médiane) semblable (fig. 78). A la rame ventrale la lèvre inférieure, où il y a 3 acicules, est proéminente et cache une partie de la lèvre supérieure. Je la représente vue sur ses deux faces (fig. 78 et 79), mais à la fin du corps, elle s'arrondit et les 2 lèvres sont de même taille. La languetle de la rame ventrale est partout moins longue que les dorsales. Malmgren avait établi pour cette espèce le genre Hediste à 298 »E îSAilVT-tlOSEPH. cause des 3 languettes dorsales, mais nous avons vu que ce caractère assez fréquent chez les Lycoridiens ne suffisait pas pour créer un genre à part. La N. diversicolor chez laquelle manque le groupe deparagnathes médian basilaire dorsal (V) rentre bien dans le sous-genre Nereis s. str. Kbg. Ce qui distingue surtout cette espèce, c'est que les cirres dorsaux et ventraux de très petite taille sont de beaucoup dépassés par les languettes auprès desquelles ils sont placés, et que, comme l'a remarqué Von Marenzeller [Sudjapanische Annel . , p. 1 4) , le faisceau supérieur de la rame inférieure renferme de grosses soies particulières un peu jaunes. Je ne les observe que dans la dernière moitié du corps (vers le 45°"' pied chez les exemplaires du Croisic). Ces soies vues de côté (fig. 80) semblent être simples; en les examinant en dessous (fig. 81) on s'aperçoit que ce sont des soies homogomphes dont l'article terminal est une dent mas- sive lisse ou très indistinctement ciliée, rappelant les soies de la rame supérieure de la Nereis pelagica^ mais à pointe plus allongée. Voici comment sont réparties les diverses sortes de soies : A la rame supérieure, soies en arête homo- gomphe ; au faisceau supérieur de la rame inférieure, soies en arête homogomphe et en serpe hétérogomphe; ces der- nières, dont la serpe est plus courte que celle des soies de même forme du faisceau inférieur, font place dans la der- nière moitié du corps aux soies particulières décrites plus haut; il n'y en a d'abord qu'une mêlée aux soies en serpe hétérogomphe, puis 2 et enfin 3; au faisceau inférieur de la rame inférieure, soies en arête hétérogomphe et on serpe hétérogomphe, ces dernières assez nombreuses, sauf à la fin du corps, et à serpe mince et incolore. Dans la saison où j'examine la N. diversicolor^ elle ne contient pas d'éléments sexuels. Je ne puis donc vérifier si elle est hermaphrodite comme le dit iMendthal. Mers du Nord. Pas de Calais. Manche. Méditerranée. Mers du Japon. ANNÉUDES POLYCHÈTES DES COTES DE FRANGE. 299 Nereis irrorata Mgr. (1). PI. XVI, fig-. 82. Trouvée dans la rade du Conquet, au Croisic dans le sable entre l'extrémité de l'estacade etlaje'éc, et à Saint- Jean-de-Luz. A la rame dorsale des pieds dans la partie antérieure du corps, il y a 3 languettes dont la 2"% moins nette que chez la Nereis diversicolor, est presque fusionnée avec la 3°"° qui paraît alors bilobée (fig. 82)etau-dessous d'elle il existe une lèvre basse et arrondie qui livre passage au faisceau de soies en arête homogomphe et ne se prolonge pas sous la 3°'' languette. Dans la partie médiane du corps, la T"" lan- guette devient plus courte que la 3""°, puis peu à peu elle finit par disparaître comme l'indique ma figure 131 [loc. cit.). A la rame ventrale, les soies sortent entre 2 lèvres de môme dimension, l'inférieure moins arrondie en avant que la supérieure. J'observe 5 dents aux mâchoires d'un exemplaire du Con- quet et 10 cl celles d'un exemplaire du Croisic. Le 1"" a un pa- ragnathe médian (I) à la partie maxillaire dorsale ; le 2'"' en manque. Voici quelle est la répartition et le nombre des paragnathes chez un individu du Croisic : Partie basi- laire dorsale : 10 de chaque côté (VI), le groupe médian (V) manque. Parlie maxillaire dorsale : 9 à gauche et 7 à droite en rangées obliques (II) ; le groupe médian (I) man- que. Partie basilaire ventrale : 1 1 paragnathes plus gros en V ligne formant ceinture et 38 à 40 plus petits en .2"'^ hgne (VII et VIII). Partie maxillaire ventrale : 20 à gauche et à droite en rangées obliques (IV); 21 disposés en rectangle au milieu (III). L'exemplaire de Saint-Jean-de-Luz (1) Voir Praxithea irrorata dans : Annél. polych. des côtes de Dinar d, 2°^« partie [Ann. rfes se. naL, 7'"« série, t. V, 1888, p. 263, et pi. XI, fig. 131) et 4«i« partie (J6/c/., t. XX, 1895, p. 215; pi. XU, fig. 33-36, et pi. XUl, fig. 37-39). 300 OE §iAIIVT-«PO!iEPH. n'a pas non plus de paragnalhe médian (ï) à la partie maxil- laire dorsale. Nereis fucata Sav. (1). Nereis fucata Audoiiin et Milne Edwards, Recherches pour servir à Vhist. nal. du littoral de la France, t. H, 1834, p. 188. — • — Quatrefages, Hist. nat. des Annel., t. I, 186.'), p. 547. — — Ehlers, Die Borstenwiirmer , p. 54G, et pi. XXI, fig. 41-44. — — Grube, Mitth. iiber Sl-Vaast-la-Hougii.e und seine Meeres, besonders seine Annelidenfauna [Abh. der Schles. Geseits. fur 18G8-69, p. 113 et 15G). — — LevinseD, Oversigt over de Nord. Annul. [Vidensk. Meddels. fur 1882. Copenhague, 1883, p. 233). — — Wiren, Om en hos eremilkraftor lefvande Annelid {Bihanq tilU. Svens. Vet. Akad. flandl., t. XIV. Stockholm, 1888. Afd. IV, n» 6, p. 1-14, et pi. I à III). — — P iNQL'iLFNA Wir. Wiren, loc. cit. — BiLiNKATA Johnst. Johuston, Miscellanea zoologica {Aiin. of Nat. hist., t. III, 1839, p. 295, et pi. VI, fig. 4). Nereilepas fucata Johnst. Johnston, Catalogue of Brit. non parasit. Worms, 1865, p. 158, et pi. XV, fig. 4. — — Malmgren, Annul. polych., p. 169, et pi. IV, fjg. 18. — — jNlalaquin, Quelques commensaux du Bernard l' H ermite [Revue hiol. du Nord de In France, t. II, 1888-90. Tirage à part, p. 2). — Les Annél. polych. des côtes du Boulonnais {Ibid., Tirage à part, p. 30). — — Uornell, Report on the Polych. annel. of the L. M. B. C, (lisirict ^S'^e vol. of Reports upon the Fauna of Liverpool Ray. Liverpool, 1892, p. 145). — Coupin, Un ver commensal du Bernard C Ermite [La Nature, pr semestre 1895, p. 29). PI. XVI, fig. 83-87. Je ne rencontre pas cette jolie espèce en liberlé, mais seu- lement en compaguie du Pagurus BeniJiardus L. dans des coquilles de Durcinum undatum L., à Arcachon, à Saint- Vaast et au Croisic. Wiren lui trouvant dans ce cas la culicule beaucoup plus mince et les muscles longitudiuaux 1res peu développés au moins dans le dernier tiers du corps, pense qu'élant ainsi adaplée à cette vie casanière, elle ne prend' pas la l'orme Hétéronéréidieniu\ ditîérant par là de l'espèce libre, et il lui donne le nom de Nereis fucata |3 ïnqvU'ma. Le corps est bordé de cbaque côté, à la partie dorsale, (1) Lycoris fuaila. Savigny, Système des Amu'lidcs, p. 31. ANNÉLIDES POLYCHÈTES DES COTES DE FRANCE. 301 d'une large bande longitudinale d'un brun demi-foncé et. le milieu du dos est occupé par une bande blanche sur laquelle le vaisseau dorsal se détache en rouge. Cette bande se prolonge sur la têle qui est brune, sauf les palpes qui sont blancs. Les pieds aussi sont blancs, mais les languettes des 2 rames légèrement foncées. Chez un exemplaire du Croisic qui est une femelle longue de 17 centimètres sur 10 millimètres de large, rames comprises, dans la partie la plus large, avec 104 segments en tout, la coloi'ation dis- paraît dans les deux derniers tiers du corps qui est bourré d'œufs gris. Un exemplaire de Saint-Yaast sans éléments sexuels, la conserve, au contraire, jusqu'à l'extrémité du corps qui a 115 segments et 12 centimètres de long sur 4°'°', 5 de large, rames comprises. C'est ce dernier que je vais décrire. La tête, exactement figurée par Wiren (1) avec 4 yeux disposés en carré, est aussi large à la base que haute. Les antennes et les palpes sont de même longueur (1°'°',5). Le segment buccal est deux fois aussi haut que les suivants. La paire de cirres tentaculaires la plus longue atteint le 5°"" seg- ment sétigère. Le r' et le 2°"' sétigères ont à la rame supérieure qui manque d'acicule et de soies, une seule languette arrondie au bout, deux fois moins longue que le cirre dorsal. A la rame ventrale, entre les 2 lèvres, l'une supérieure arrondie, Tautre inférieure triangulaire et plus proéminente, sortent, accompagnés d'un acicule noir, 2 faisceaux de soies, le supérieur composé de soies en arête homogomphe et en serpe courte et massive hétérogomphe, et l'inférieur de soies en arête homogomphe et en serpe longue et amincie hétérogomphe, puis vient la languette ventrale cylindrique et le cirre ventral un peu moins long qu'elle (fîg. 83). Les pieds suivants ont à la rame dorsale un cirre dorsal plus long que la languette supérieure qui devient plustriangu - (l) Loc. dL,pl. 1, fig. 2. 302 a>E ^Airvor-jo^EPH. laire vers le milieu du corps et qui est suivie de la languette inférieure beaucoup plus petite et se rapprochant de la forme cylindrique. Un faisceau de soies en arête homo- gomphe accompagné d'un acicule noir sort entre les deux. A la rame ventrale où on retrouve aussi un acicule, les 2 lèvres de même forme qu'aux 2 1'" segments laissent passer un faisceau de soies supérieures en arête homo- gomphe avec 2 ou 3 soies en serpe hélérogomphe courte, et un faisceau inférieur de soies en serpe hélérogomphe mince et allongée dans la partie antérieure du corps et plus courte ensuite; elles sont précédées de quelques soies peu nombreuses en arête hélérogomphe. La languette ventrale cylindrique est suivie du cirre ventral d'abord plus court et ensuite plus long qu'elle. Dans les deux derniers tiers du corps surtout, la partie dorsale de la rame supérieure se développe peu à peu en hauteur, dominant de plus en plus le cirre dorsal, et la lan- guette supérieure augmente de volume. C'est ce qui a amené Johnston à créer le genre Nereilepas pour la iV. fiicata. Il a été dit plus haut pourquoi ce genre me paraissait inutile. Le segment anal plus étroit que les autres, apode et achète, avec anus central, a 2 cirres ventraux longs de 2 milli- mètres. Les mâchoires ont chacune 14 à 16 dents. A la partie basilaire dorsale de la trompe extroversée, les paragnathes des 2 groupes latéraux (VI) sont au nombre de 4. Le groupe du milieu (V) manque. A la partie maxillaire dorsale, il y a 8 paragnathes à chacun des 2 groupes latéraux (II) et 4 très petits au groupe médian (I) (chez un exemplaire d'Arcachon de 65 millimètres et 94 segments, il n'y en a qu'un seul). A la partie basilaire ventrale, les groupes VII et VIIÏ fusionnés forment une ceinture de 7 paragnathes plus gros suivis chacun de 4 à 8 beaucoup plus petits. A la partie maxillaire ven- trale, les 2 groupes latéraux (ÏV) se composent chacun de 12 paragnathes en rangée oblique et le groupe médian (lll) de 5 plus petits. ANNÉL1DI]S POLYGHÈTES DES COTES DE EHAiNCE. 303 L'exemplaire femelle du Croisic a les yeux plus gros et, surtout h pariir du 20™" segment environ, la partie supé- rieure de la rame dorsale gonflée d'œufs d'un diamètre de 0™,15 et la languette supérieure beaucoup plus dévelop- pée que chez les animaux sans éléments sexuels (fig. 84). A la fin du corps, le cirre dorsal a 2 millimètres de long et le cirre ventral 1 millimètre, dépassant la languette ventrale (fig. 85), tandis qu'aux segments antérieurs c'est l'inverse. Les soies ne sont pas distribuées comme dans l'autre exemplaire. Dans les 2 T" tiers du corps, il n'y a pas de soies en arête hétérogomphe au faisceau inférieur de la rame ventrale, mais elles apparaissent dans le dernier tiers. Au contraire, chez un exemplaire femelle mûr dra- gué par M. Adrien Dollfus à l'embouchure de la Gironde, ces soies existent partout. Wiren, dont la description est très exacte, ne représente que des soies en arête homogomplie et en serpe hétérogomphe et ne parle pas de soies en arête hétérogomphe, et cependant il a ob- servé des animaux sans éléments sexuels et à l'état de maturité. Il seïnble donc que dans cette espèce il n'y pas de fixité pour la forme des soies. Quant aux paragnathes de la trompe, à la partie basilaire dorsale^ les 2 groupes latéraux (VI) en ont 5 à gauche et 4 à droite ; le groupe médian (V) manque. A la partie maxil- laire dorsale, il y a 5 paragnathes à gauche et 8 à droite aux 2 groupes latéraux (II) et un seul au groupe médian (I) (fig. 86); il y en a 2 dans l'exemplaire de Cordouan. A la partie basilaire ventrale, la ceinture des 2 groupes VII et VIII se compose de 8 gros paragnathes ; au-dessous de chacun de ceux qui occupent les 2 extrémités, il n'y a rien, mais au- dessous de chacun des autres il y a à partir de la gauche 6, 9, 13, 13 et 7 paragnathes très petits. A la partie maxillaire ventrale, les 2 groupes latéraux (IV) se composent de 8 pa- ragnathes à gauche et 7 à droite et le groupe médian (III) d'un seul surmonté d'un très petit (fig. 87); il y en a 6 dans l'exemplaire de Cordouan. On voit donc que pour laiV. fucata 304 »K ^JLIMT-tlO^ËPlff. comme pour tant d'autres, si le nombre des groupes chez les individus de la même espèce est fixe, celui des paragnathes ne l'est pas. Tout ce qui a rapport aux mœurs de la JS. f'ucata a été décrit par M. Coupin (/oc. cit.). Mers du Nord. Manche. Atlantique. Sotjs-GENRE EUNEREIS Mgr. char, emend. Rien que les deux amas latéraux (YI) de paragnathes à la partie basilaire dorsale de la trompe extroversée. Tous les autres paragnathes manquent. EUNEHEIS LONGÏSSIMA Johnst. (1). Forme Néréidienne. Nereis regia Qfg. Quatrefages, Mémoire sur le système nerveux des Annél. {Ann. des se. nat., Z^^ série, t. XIV, 1850, p. 339). — Hist. nat. des Annel., t. I, 1865, p. 511. — — Grube, Mit th. ùber St-Vaast-la-Hougue und seine Meeres, besonders seine Annel idenfauna [Abh.der Soldes. Gesells., 18GS-G9, p. 100). — Die Familie der Lycorideen und die Aufstellung von Gruppen in der Gatlung Nereis {Jah^esb. der Se/des'. Gesells. fur 1873. Breslau, 1874, p. 69). — EDENTICULATA Qfg. Quatrefages, Hist. nat. des Annel., t. I, p. 538, et pi. VII, fîg. 1-2. CERATONEREISLO^■GISSIMA Malaqulii, Les Annél. polych. des côtes du Boulonnais {Re- vue biol. du Nord de ta France, t. II, 1890. Tirage à part, p. 28). FohxME HÉÏÉRONÉRÉIDIENNE. Heteronereis paradoxa OErst. OErsted, Gronl. Annul. dorsibranchiata, in-4, 1843, p. 177, et fig. 50, 63, 64, 66. EcNEREis LONGÏSSIMA Mgr. Malmgrcu, No7'd. Hafs Annul., p. 183. — Annul. Polych., p. 172, et pi. VI, fig. 32. Forme Néréidienne et IIétéronéréidienne. Nereis longissima Johnst. Ehlers, Die Borstenwiïrmer, p. 525. — — Levinseii, Overs. over de Nord. Annul. [Vidensk. Meddels. for 1882. Copeuhague, 1883, p. 233). PI. XVI, lig. 88-100, cl pi. XVK, lig. 101. (1) Nereis longissima. Joluiston, Miscellanca zoologira on the iri^h Annclidu {Ann. of nat. hist., t. \', 1840, j). 178). — Hctcroinuris hngissima. Catal. of Brit. non parasit. Worms, 1805, p. 164. Ces deux former ^oiit Hétéro- néréidiennes. ANNÉUDES POLYCHÈTES DES COTES DE FRANGE. 305 h'Eimereïs longissimn se tient profondément enfoncée dans la vase à l'extrémilé de la jetée de Sainl-Yaast. Forme JSéréïdïenne. — La taille ordinaire des exemplaires qui sont mûrs de septembre à mars est de 17 à 20 centi- mètres sur 4 à 5 millimètres de large. Il y en a de beau- coup plus grands dont je n'ai pu obtenir aucun entier, mais seulement plusieurs portions antérieures de 29 à 47 centi- mètres de long sur 8 à 9 millimètres de large, rames com- prises. Les exemplaires ordinaires sont de couleur rouge plus ou moins claire et comptent 170 segments. Quant aux plus grands, ils ont une belle irisation d'un bleu foncé au milieu du dos ; leurs segments sont beaucoup plus hauts puisqu'un tronçon de 47 centimètres n'a que 197 segments. C'est un exemplaire entier de 17 centimètres que je dé- crirai. La tête (fig 88) presque carrée à la base, va en s'effî- lant en avant et porte au bord frontal 2 petites antennes. Les 2 palpes épais naissant sous la tête et, terminés par un bouton rétractile, dépassent les antennes. Les 4 yeux disposés en trapèze sur la moitié postérieure de la tête ont un dia- mètre de 0"°',12; les 4 paires de cirres tentaculaires sont courtes; la plus longue paire rabattue sur le dos n'atteint pas le 3°"^ segment. Le segment buccal nu est un peu moins large et plus haut que le 1"'' segment sétigère. Tous les pieds ont la même forme (fig. 89), sauf les 2 1°^"' qui n'ont qu'une languette et ni soies ni acicule à la rame dorsale. Le cirre dorsal est à peu près de la longueur de la languette supérieure de la rame dorsale et un peu moins long que la languette inférieure de cette rame. Entre ces 2 lan- guettes allongées et pointues une petite lèvre donne passage à un faisceau de soies accompagnées d'un acicule noir ter- miné en pointe fine légèrement recourbée en crochet. Ces soies, au nombre de 5 à 10, sont en arête homogomphe den- telée au bord. Il s'y joint à partir du 6o°''-70'^' segment jus- qu'à la fin du corps 1 ou 2 soies homogomphes dont l'article terminal est une grosse dent d'un jaune foncé qui, vue de côté, présente à cheval sur un de ses bords 8 à 10 petites ANN. se. NAT. ZOOL. V, 20 306 »E^ ^AI^T-JOSEVU. écailles (fîg. 90) qu'on découvre nettement sur la dent vue de face (fig. 91) (1). La rame inférieure a : 1° 3 lèvres superposées : une grande lèvre arrondie inférieure, une médiane et une supérieure plus petites qui la dépassent du côté dorsal. Entre la lèvre inférieure et la médiane sort un faisceau inférieur de soies en arête homogomphe au nombre de 20 environ et de 3 grosses soies en serpe hétérogomphe dont l'article terminal court et den- telé au bord a 0'^'^,0S2 de long. Le faisceau supérieur qui sort entre la lèvre supérieure et la lèvre inférieure se compose de 1 5 à 1 6 soies en arête hétérogomphe et de 1 ou 2 soies en serpe hétérogomphe. Toutes ces soies en serpe hétérogomphe me semblent manquer aux derniers segments; l'article terminal est fragile et se détache facilement. Le double faisceau de soies est accompagné d'un acicule noir; 2° une languette ven- trale de la même longueur que le cirre dorsal et plus massive que les 2 languettes de la rame dorsale ; 3° un cirre ventral qui n'a pas tout à fait les 2 tiers de la longueur de la languette. Dans la dernière moitié du corps, les 3 languettes des pieds sont très richement vascularisées. Le segment anal nu a un anus dorsal festonné au bord et 2 cirres anaux ventraux minces, longs de 4 à 5 miiïimètres. Les mâchoires (fig. 92) ont 9 dents, dont les 5 le plus rapprochées de la base sont noyées dans une bande chitineuse jaune. La trompe extroversée n'a pas d'autres paragnathes que ceux des 2 amas latéraux de la partie basilaire dorsale (YI) placés sur 2 petits mamelons à peine saillants. Je ne vois ces 2 amas manquer à aucun des exemplaires assez nom- breux que j'examine. Les paragnathes qui les composent sont de petite dimension et souvent difficiles à découvrir. D'un jaune transparent, ils sont à peine coniques, mais plutôt en forme de petites écailles où le jaune devient sou- vent foncé dans la partie antérieure (fig. 93). Leur nombre et leur position sont très variables dans chaque amas, (1) Je retrouve cette soie particulière chez la iV. regia de la collection du Muséum. ANNÉLIDES POLYCHÈTES DES COTES DE FRANCE. 307 comme on pourra s'en convaincre d'après les figures 94 «-^, 9oi-n et 96. L'âge et la taille de l'animal ne semblent avoir aucune influence ici sur ces variations. Les jeunes exemplaires, colorés en rose, dont j'en trouve 2 à Saint-Vaast dans le sable demi-vaseux au-dessous de la plage des Bains et 1 à Villerville, ont 9 centimètres de long sur 2°'"',5 à 4 millimètres de large, rames comprises, avec 174 à 177 segments. Ils sont semblables aux adultes, sauf que les soies en serpe homogomphe caractéristiques com- mencent au 37°% 42°"" ou 50™' segment et que les mâchoires ont H à 12 dents. Les paragnathes sont disposés de même, mais très difficiles à découvrir. A première vue on croirait avoir affaire à une espèce du genre Nkon Kbg. sans para- gnathes, avec dents nombreuses aux mâchoires et pieds partout semblables à languettes triangulaires. UEunereis longissima ne me paraît pas se construire de tube. Aussi les grosses glandes des pieds [Spinndriisen) sont- elles peu développées. L'intestin est d'un vert clair. Au mois de mars les femelles renferment des œufs gris de 0°°',084 de diamètre qui attei- gnent 0°'",12 chez les gros exemplaires. Les mâles n'ont encore que quelques plaques de cellules spermatogènes. Les muscles longitudinaux ventraux ont une disposition qui paraît être générale chez les Lycoridiens. Il y en a un faisceau très mince au-dessus (fîg. 97 a) et 3 faisceaux super- posés de chaque côté de la chaîne nerveuse [b). Celui de ces 3 faisceaux qui est le plus rapproché de la paroi ventrale du corps (fig. 97^) est un peu plus large que les 2 autres réunis [ff] qui, recourbés au-dessus du V' et moins larges, ne sont séparés l'un de l'autre que par une bande très mince (0'"'^,01 2) de tissu conjonctif (?). Cette bande [e) borde la base du faisceau inférieur et pénètre entre les 2 faisceaux supé- rieurs après s'être réunie à une bande de même tissu venant du dos et bordant la couche des muscles circulaires [d). Les muscles obliques [c] allant aux pieds sont fixés à la couche des muscles circulaires au-dessous de la chaîne nerveuse. 308 »E >«AlIVT-«iO,«EPffi[. Forme Hétéronéréïdienne mâle. — V^^^i exemplaire de 181 segments, que M. Malard a bien voulu m'envoyer de Saint- Vaast, trouvé en mai dans la vase, comme la forme Néréidienne, mesure 28 centimètres de long. Il se compose de 2 régions bien distinctes : la r° de 39 segments, y com- pris le segment buccal, longue de 7 centimètres sur 9 milli- mètres de large, la 2°"' de 142 segments dont l'anal, longue de 21 centimètres sur 11 millimètres de large, chaque rame ayant 1 millimètre de largeur de plus que dans la 1"° région. Le corps s'y amincissant progressivement et finissant par n'avoir plus que 5 millimètres de large a le milieu du dos azuré avec une coloration rose de chaque côté. 11 y a égale- ment une bande ventrale azurée à celte 2°"' région où les pieds sont d'un rouge très vif. OErsted représente exacte- ment l'animal entier (1). Première région, — La tête est semblable à celle de la forme Néréidienne avec les yeux plus gros (0™°',30 de dia- mètre) mais non coalescents. Les appendices de la tête, les cirres tentaculaires, le segment buccal achète plus haut que le suivant, les 2 T''' segments sétigères n'ayant qu'une lan- guette dorsale et pas de soies à la rame dorsale, les pieds et les soies sont les mêmes que dans la forme Néréidienne. Seulement aux 12 T'' segments sétigères le cirre dorsal gros et cylindrique se termine brusquement par une pointe fine^ et il en est de même du cirre ventral; au 32™° sétigère. un petit lobe réniforme se montre au-dessus du cirre dorsal et se retrouve à tous les derniers segments de la région. Seconde région. — Au 40°"° segment, et il en est ainsi dans toute cette partie du corps, les pieds sont plus aplatis et moins charnus que dans la T" région ; au 43""' apparaît une lamelle mince foliacée au-dessous de la base du cirre ventral; au 47""% les 2 languettes de la rame dorsale deviennent lé- gèrement foliacées et le grand lobe foliacé de la rame ven- trale commence à se montrer ; au 48™% les pieds hétéro- (1) Loc. cil., iig. oO. ANNÉLIDES POLYCHÈTES DES COTES DE FRANCE. 309 néréidiens sont bien formés : le lobe épais et réniforme placé au-dessus du cirre dorsal est devenu plus grand, le cirre dorsal a 5 ou 6 crénelures, faiblement marquées, du côlé interne, les 2 languettes foliacées de la rame dorsale et le grand lobe foliacé de la rame ventrale atteignent leur taille définitive, puis vient la languette massive de la rame ventrale qui n'a pas subi de changement, et le cirre ventral entouré à sa base par un lobe supérieur en massue et une lamelle foliacée suborbiculaire inférieure (fig. 101). Aux 2 rames il y a un éventail de soies natatoires au milieu desquelles per- sistent, à la rame inférieure, 2 ou 3 soies en arête homo- gomplie (i). Vers le 70"'' segment, presque jusqu'à la fin du corps, il se mêle aux soies natatoires de la rame dorsale, 1 ou 2 soies en serpe homogomplie comme celle qui a été décrite pour la forme Néréidienne. Peu à peu les soies en arête homogomphe deviennent plus nombreuses à la rame inférieure ; il y en a 22 au 97^"' segment, et jusqu'à 45 au 114™'. Puis le nombre en diminue (22 au loO""" segment) et elles disparaissent aux derniers segments oii il n'y a plus que des soies natatoires aux 2 rames. Le corps se termine par un segment anteanal rudimentaire et par un segment anal nu avec 2 cirres ventraux longs de 5 millimètres et un anus terminal entouré d'une houppe de nombreux caecums cylin- driques (fig. 98). Le sang afflue dans les vaisseaux et les caecums des la- melles foliacées des 2 rames qu'il colore en rouge. Les dents des mâchoires très émoussées sont à peine dis- tinctes. Quant aux paragnathes, ils sont disposés comme dans la forme Néréidienne : il y en a 4 de chaque côlé. Les spermatozoïdes très petits (fig. 99) remplissent la cavité du corps dans la 2°"' région. Ils ont en avant une petite dent semblable h celle que figure Claparède pour les (1) Les soies natatoires dans les formes hétéronéréidiennes, quoiquil y en ait aux deux rames, ne suffisent pas comme chez les Syllidiens, où il n'y en a même qu'à une rame nouvellement formée, pour assurer la locomo- tion rapide d'un animal beaucoup plus gros qu'un Syllidien. Les grands lobes foliacés des pieds \iennent s'y joindre, servant de nageoires. 310 OE fSAIXT-JOSEPIÏ. spermatozoïdes de la forme Hétéronéréidienne de la Pla- tynereis Dumerilii et de la Perïnereh cultnfera. Gomme dans la forme Néréidienne, il y a aussi 3 fais- ceaux latéraux de muscles longitudinaux ventraux, mais ici les 2 faisceaux supérieurs sont devenus très petits, tandis que les muscles obliques allant aux pieds, et partant des 2 côtés de la chaîne nerveuse et non en dessous, ont pris une importance considérable en rapport avec les fonctions natatoires de l'animal transformé (fîg. 100). Manche (Saint- Vaast, Saint-Malo d'après Grube, Viller- ville) (1). Pas-de-Calais (Boulogne). Mers du Nord. Dra- guée à 2 304 mètres de profondeur dans l'expédition du Por- cupine (E hier s). Genre PERINEREIS Kbg. [incl. NAUMACHIUS Kbg., LIPE- PHILE Mgr., HEDYLE Mgr., HEDISTE Mgr. p. p., STRATONICE Mgr., NEREILEPAS (Blv.) sensu Johnst. Mgr., nec OErst., nec Qfg., nec Kbg. p. p-). Dans mon travail sur les Annélides Polychètes des côtes de Dinard, j'avais adopté le genre Lipephile Mgr. comme sous-genre pour les espèces n'ayant qu'un seul paragnatlie linéaire de chaque côté de la partie basilaire dorsale de la trompe extroversée, mais il est préférable de s'attacher à la forme plutôt qu'au nombre de ces paragnathes et de faire rentrer dans le sous-genre Perinereis Kbg. toutes les espèces ayant un nombre quelconque de paragnathes de cette sorte. Perinereis Oliveir^e Horst (2). Pl.XVll,fig. 402-106. Je trouve la P. OUveirœ entre les feuillets des roches cal- caires à Saint-Jean-de-Luz près de Sainte-Barbe et dans les (1) Ilearder [The Zoologist, i. XXIII, 1865, p. 9630) cite la forme hétéroné- réidienne comme apparaissant par millions à Plymouth et disparaissant rapidement, poursuivie et dévorée par le Gadiis PoUacfiius L. (2) Horst, Contributions towards thc Knowledge of the Annclida poiychaHa. III. On species of Nereis belonging to the sub-geniis Perinereis [Sotes from thc Leyden Muséum, t. XI, 1889, p. 164, et pi. VII, lig. 1-5). 1 ANNÉLIDES POLYGHÈTES DES COTES DE FRANCE. 311 Melobesia agaricifonnis, entre Saint-Jean-de-Luz et Guéthary, et à la pointe de Sainte- Anne, près d'Hendaye. Forme Néréiclieiine. — Le corps coloré en vert ou en brun verdâtre, quelquefois avec 2 raies transversales bru- nes à cbaque segment de la partie antérieure, a 9 ou 10 centimètres de long sur 4 millimètres de large en avant et 120 segments. Quelques exemplaires, tout en ayant le même nombre de segments, atteignent une plus grande taille (14 cent, de long sur 5 mill. de large en avant). La tête (tîg. 102) a une base large et arrondie, sur laquelle sont placés les 4 yeux disposés en carré et se ter- mine par une partie rectangulaire avec 2 courtes antennes à l'extrémité antérieure; les 2 gros palpes dépassent beau- coup les antennes. La paire de cirres tenlaculaires la plus longue atteint le 2°"' ou 3""' segment sétigère. Le segment buccal n'est pas tout à fait deux fois plus haut que les suivants. Le 1°' et le 2""° segment sétigère n'ont, comme à l'ordinaire, qu'une seule languette dorsale et manquent de soies et d'acicule à la rame dorsale. Les pieds des segments suivants sont tels que les figure Horst (1), avec le cirre dorsal un peu plus court que la lan- guette supérieure dorsale en cône obtus, la 2°"' languette dorsale un peu plus arrondie en avant que la supérieure, la languette ventrale plus cylindrique et le cirre ventral court ; souvent cependant le cirre dorsal dépasse la lan- guette dorsale supérieure. La rame ventrale a 3 lèvres superposées : une inférieure ronde, large et peu saillante, une médiane petite, et une supérieure plus grosse et plus saillante que la médiane. 11 y a des soies en arête homo- gomphe seulement à la rame dorsale, des soies en arête homogomphe et 2 ou 3 soies en serpe hétérogomphe au faisceau supérieur de la rame ventrale sortant entre la lèvre inférieure et la lèvre médiane, et rien que des soies en serpe hétérogomphe au faisceau inférieur, entre la lèvre (1) Loc. cit., fig. 1. 312 »E .«Al]VT-«rO!l$EPII. inférieure et la lèvre supérieure. Vers le 8°"' à 10°"' seg- ment, apparaît à la rame dorsale une tache brune à laquelle il vient s'en joindre peu à peu plusieurs autres surtout au bord supérieur de la rame. Dans les deux derniers tiers du corps, la partie supérieure de la rame dorsale (fig. 103) grossit comme chez la Nereis fucata Sav., et la languette dorsale supérieure devient plus pointue. Les cirres anaux ventraux sont longs de 2 millimètres. Les mâchoires très noires ont 5 dénis. A la partie basi- laire dorsale de la trompe exlroversée (fig. 104), les 2 grou- pes latéraux (VI) ^ se composent de paragnathes transver- saux linéaires un peu ébréchés au bord inférieur et dont le nombre, comme l'avait déjà indiqué Horst, est très varia- ble, ce qui me paraît assez caractéristique de l'espèce. Tantôt il y en a 1 ou 2 de chaque côté, tantôt 4 à gauche, et 3 à droite ou réciproquement, tantôt 3 à droite et 2 à gauche ou 7 à gauche et 5 à droite. Au-dessous de ces para- gnathes transversaux, se trouve 1 paragnathe isolé médian conique (V), A la partie maxillaire dorsale, il y a 2 groupes latéraux (II) de 10 à 16 paragnathes coniques sur 3 rangées obliques et un médian (I) de 2 ou 3 paragnathes isolés super- posés. A la partie basilaire ventrale (fig. 105), les groupes VII et VIII fusionnés font une double ceinture d'environ 40 à 46 paragnathes en tout, tous de même taille. A la parlie maxillaire, les 2 groupes latéraux (IV) se composent cha- cun de 38 à 46 petits paragnathes sur 5 à 9 rangées obliques, et le groupe médian (III) de 25 à 27 forme un rectangle flanqué de chaque côté de 3 ou 4 paragnathes qui en sont isolés. Forme Hétéronéréidienne femelle. — Le corps de 1 H seg- ments sétigères a 10 centimètres de long sur 6 millimètres de large dans la T' région et 7 millimètres dans la 2™% La tête a de chaque côté 2 yeux énormes et presque coa- lescents. La l'"" région, qui comprend les 20 1'" segments, est parsemée de vert ; à la 2"'% il ne reste plus qu'un point noir à la base de chaque pied et tout le dos est rosé comme ANNÉLIDES POLYCHÈTES DES COTES DE FRANCE. 313 les pieds. Les pieds de la T" région sont néréidiens, sauf aux 6 1'"' segments sétigères où le cirre dorsal cylin- drique épais se termine brusquement en pointe très fine, tout comme le cirre ventral. La 2'"' région commence au 21°"' segment (20""" sétigère) où les pieds prennent la forme hétéronéréidienne, exactement figurée par Horst (1). Les 35 à 39 derniers segments sétigères et le segment anal qu'on pourrait presque regarder comme une 3°"° ré- gion ont la forme néréidienne. Mais il faut admettre plutôt que la transformation ne s'y est pas encore pro- duite. Aux derniers segments, le cirre dorsal sortant de la partie dorsale renflée de la rame dépasse la languette supérieure dorsale de 0°'",14. Les œufs gris ont 0°'°',30 de diamètre. Forme Hétéronéréidienne mâle. — Horst n'avait pas ren- contré cette forme qui est plus petite et plus mince que la forme hétéronéréidienne femelle, ayant 107 segments, 6 centimètres de long sur 4 millimètres de large dans la 1'" région, 5"", 5 dans la T^' et 2"'"^,o à la fin du corps. Les yeux sont devenus énormes. La T' région est restée verte, et à la 2°"" région qui est rosée, il n'y a plus que des traînées ou un seul point d'un vert sombre à la base de chaque pied. A la 1" région les pieds ont la forme néréi- dienne, sauf aux 6 1'" qui ont un cirre dorsal et un cirre ventral particuliers semblables à ceux des 6 V^ de la forme hétéronéréidienne femelle. Au 17"^' sétigère, il se forme un petit lobe arrondi foliacé au-dessus du cirre dorsal, qui de- vient légèrement crénelé sur le bord interne. Au 20°"^ séti- gère, où commence la 2°"' région, le pied hétéronéréidien prend sa forme définitive (fig. 106) : sauf le cirre dorsal crénelé, toutes les parties sont semblables à celles de la forme hétéronéréidienne femelle et elles persistent, quoique le pied devienne beaucoup plus petit, jusqu'au segment anteanal. Lorsque la transformation n'est pas encore (1) Loc. cit., fig. 3. 314 OE iSiti.^x-«roji;EPH. complète, il n'y a de soies natatoires à aucun des seg- ments de la 2°"' région et les 17 derniers ont la forme néréidienne. Le segment anal est précédé d'un anteanal rudimentaire, et l'anus central est entouré d'une houppe de caecums moitié moins longs (0'"°',24) que ceux que j'ai figurés pour la forme hétéronéréidienne mâle de la P. cidtrifera (fig. 114). Les 2 cirres anaux placés du côté ventral sous la houppe ont f, 60 de long. Dans les deux formes hétéronéréidiennes mâle et femelle, les mâchoires et les paragnathes sont semblables à ceux de la forme néréidienne. Les muscles ont un axe pointillé. Atlantique (côtes du Portugal). Perinereis longipes N. s. ? Nereis crassipes Qfof. Quatrefages, Hist. nat. des AnneL, t. I, p. 550. — — Grube, Bemerk. ûber Annel. des Pariser Muséums {Archiv fur Naturg., 1870, p. 305). PL XVII, fig. 107-H2. A Guéthary et à Sainte-Barbe dans la baie de Saint-Jean- de-Luz, sous les pierres ; à la pointe de Sainte-Anne près d'Hendaye, dans les Melobesia a g ar ici for mis. Le corps d'un vert assez foncé uniforme du côté dorsal est blanc du côté ventral. Les plus petits exemplaires ont 25 millimètres de long sur 1"'°',75 de large, rames compri- ses, les plus grands déjà mûrs, contenant des éléments sexuels, 6 centimètres de long sur 3°'°',5 à 4 millimètres de large, rames comprises, avec 96 à 100 segments. La tête se rapproche beaucoup de celle que figure Clapa- rède pour la Perinereis macropus Clp. (1). La base très large, arrondie sur les côtés, avec 4 yeux disposés en carré, est sur- montée d'une partie antérieure allongée et plus étroite dont le bord frontal porte 2 courtes antennes dominées par 2 gros palpes massifs plus de deux fois plus hauts que les antennes. (1) Suppl. aux Annél. du golfe de tapies, pi. VIII, fig. 1 a. ANNÉLIDES POLYCHÈTES DES COTES DE FRANCE. 315 Un organe nucal esl au-dessous de chacun des 2 yeux inférieurs, semblable à celui de la P. cultrifera (voir p. 317), confinant à la limite antérieure du segment buccal achète. Ce segment deux fois plus haut que les suivants, a des cirres tentaculaires courts dont la plus longue paire dépasse les palpes de 0'"™,2 et rabattue sur le dos, recouvre les 3 l""' segments. Aux 2 f' segments sétigères, la rame supérieure des pieds, comme à l'ordinaire, n'a qu'une lan- guette dorsale et manque de soies et d'acicule. Aux 38 à 40 segments suivants (fig. 107), le cirre dorsal dépasse légèrement la rame supérieure qui a 2 languettes. J^a rame ventrale a 3 lèvres superposées semblables à celles déjà décrites pour la Perinereis Ol'weirœ] elles sont suivies d'une languette ventrale peu importante et d'un cirre ven- tral près de moitié plus court que le dorsal. Du 40 au 42°"^ seg- ment jusqu'au 60 ou 62°% la rame supérieure parcourue par un vaisseau recourbé dont les 2 branches sont reliées par de nombreuses anses transversales, grossit beaucoup et pousse en avant le cirre dorsal et la languette supérieure dor- sale (fig. 108). Du 60 au 62°"' segment jusqu'à la fin du corps, les segments sont moins hauts et plus serrés et le corps diminue progressivement de largeur et s'aplatit ; la rame supérieure toujours parcourue par un vaisseau en anse devient beaucoup plus longue et plus mince, et à son extré- mité antérieure le cirre dorsal presque terminal domine la languette dorsale extrêmement réduite (fig. 109). Dans tout le corps c'est la rame supérieure et la languette supérieure dorsale qui seules ont été successivement modifiées, les autres parties du pied n'ayant pas varié. Partout il y a à la rame dorsale un faisceau de soies en arête homogomphe, et à la rame ventrale un faisceau su- périeur de soies en arête homogomphe et de soies en serpe hétérogomphe très courte, et un faisceau inférieur de soies en serpe hétérogomphe seulement. Le segment anal se termine par 2 cirres ventraux courts n'atteignant que 0°'"',o4 chez les gros exemplaires. 316 OK s»jLi]\T-«iO!iCPn. Les 2 mâchoires ont 8 à 1 2 dents dont les 4 à 5 inférieures noyées dans une lame de chitine mince et transparente. A la partie hasilaire dorsale de la trompe extroversée (tig. 110), le groupe VI est représenté de chaque côté par un gros paragnathe transversal (tig. 111), le groupe médian V par un gros paragnathe conique relié de chaque côté au paragna- the transversal par 5 à 7 paragnalhes coniques moins gros, au-dessous desquels sont placés de très nombreux paragna- thés extrêmement petits. A la partie maxillaire dorsale, il y a 13 paragnalhes à gauche et 10 à droite rangés en lignes obliques parallèles, ou 18 à gauche et 20 à droite, ou 13 de chaque côté aux deux groupes latéraux (II) et 2 gros paragna- lhes superposés au goupe médian (1). A la partie ])asilaire ventrale (fig. 112), la ceinture de paragnalhes des groupes VII et VIII forme plusieurs zigzags où les paragnalhes du 1" rang, surtout celui du sommet de chaque angle, sont plus gros que les très fins et excessive- ment nombreux paragnalhes parsemés en dessous. Ce groupe s'étend jusqu'aux gros paragnalhes transversaux de la partie basilaire dorsale. A la partie maxillaire ventrale, les 2 grou- pes latéraux (IV) se composent de 40 à 46 paragnalhes envi- ron de chaque côté répartis sur 4 à 5 rangées obliques parallèles, elle groupe médian (II) de 25 à 27 paragnathes disposés en rectangle sur 4 à 5 rangées transversales parallè- les, flanquées de chaque côté de 2 ou 3 paragnathes isolés superposés. Les femelles ont des œufs gris de 0"'",20 de diamètre el les mâles sont remplis de plaques de cellules spermatogènes et de spermatozoïdes. Je ne rencontre pas de forme hété- ronéréidienne. Cette espèce est voisine de la P, macropiis Clpd. qui lui ressemble par la coloration, la forme de la tête, des soies et des pieds de la région antérieure et postérieure. Mais elle en diffère par la taille qui est plus petite, les exemplaires murs n'ayant que 100 segments au lieu de 160 ; les pieds de la région moyenne dont Claparède ne parle pas ont la ANNÉLIDES POLYCIIÈÏES DES COTES DE FRANCE. 317 rame supérieure plus haute el plus renflée; enfin lesparagna- thés du groupe V et ceux des groupes YII et Vlli ne ressem- blent en rien à ceux que représente Claparède. La trompe de la P . longipes se rapprocherait plutôt de celle de la Perinereis Mariomi Kwà. et Edw. sur laquelle règne toutefois une certaine obscurité, la trompe de l'exem- plaire type d'AudouinetMilne Edwards ayant disparu. Mais la P, Marionli a 3 languettes dorsales, est de taille plus considé- rable et les rames supérieures y forment presque sur tout le corps de larges palettes qui ne s'allongent pas comme chez la P. longipes. Celle-ci pourrait plutôt se confondre avec la Nereïs cras- sipes Qfg. que j'ai examinée dans la collection du Muséum et dont Quatrefages donne une description exacte (1). Elle a la même tête, les mêmes mâchoires à 8 dents, les soies de même forme et distribuées de même, la même languette dorsale à la fin du corps, moins développée toutefois que chez la P. longipes. Mais je n'ai pu vérifier les paragnathes de la trompe qui, d'après Quatrefages, sont en petit nombre, et d'après Grube (2), ressemblent à ceux de la P. Marionii. J'ai examiné aussi dans la collection du Muséum 4 tubes renfermant des iYerm microcera Qfg. Celle d'un de ces tubes est une N. crassipes et celles de 3 autres tubes, dont un venant de Guéthary, sont des Nereis pelagica. Cette espèce de Quatrefages me semble donc devoir disparaître. Perinereis cultrifera Gr. (3). L'organe de la nuque est indiqué de chaque côté de la base de la tête, au-dessous de la paire d'yeux inférieure, par (1) Hut. nal. des Ajinei, t. 1, p. 550. (2) Grube, Bemerk. iiber Annel. des Pariser Muséums {ArcJiiv fur Naturg., 1870, p. 305). — Je ne pense pas, comme le voudrait Grube, que la N. cras- sipes soit la P. Marionii jeune. La forme de la rame supérieure colossale de la P. Marionii n'est pas la même que celle de la N. crassipes, qui n'a pas les trois languettes dorsales de la P. Marionii, comme il a été dit plus haut. (3) Voir Lipephile cultrifera : Les Annél. polycli. des côtes de Dinard, 2™« partie {Ann. des se. nat., 7°>e série, t. V, 1888, p. 260, et pi. XI, fig. 128- 129) et 4°»« partie {Ibid., t. XX, 1895, p. 215). 318 »E SAÏIVT-JOSEPÏH. une fossette oblon^ue garnie de cils vibratiles et bordée tout autour par un repli de la cuticule. Forme hétéronéréidienne. LiPEPHiLE cuLTRiFERA Gf. Glaparède, Suppl. aux Annél. du golfe de Naples, p. 78 (1), et pi. VII, fig. 1 B à II. PI. XVII, fig. 113-114, et pi. XVIII, fig. 115-116. Sous les pierres à Sainl-Jean-de-Luz près de Sainte-Barbe et dans les Melobesia agariciformis à la pointe de Sainte-Anne près d'Hendaye, je trouve au mois d'avril 1 897 plusieurs exem- plaires des formes héléronéréidiennes mâle et femelle de la P. cultnfera^ auxquels je puis en joindre un de laforme hété- ronéréidienne femelle rapporté de Villers par M. Adrien Dollfus. Forme Héléronéréïdienne femelle. — Le corps composé de 96 segments en tout est long de 8 centimètres sur 6 mil- limètres de large dans la T" région et 7 millimètres dans la 2""' qui n'a plus que 3 millimètres à la tin. La transition se fait assez insensiblement entre les 2 régions. Latête(2),oiiles2yeux de chaquecôté sont devenus énormes et presque coalescents, est d'un vert sombre comme les 3 ou 4 segments suivants. Dans le reste delà f région, il n'y a plus de chaque côté des segments qu'une raie transversale pres- que noire devenant de plus en plus mince ; à la 2"" région qui est rosée, cette raie n'est plus qu'un point noir à la base de chaque pied. Le plus long des cirres tentaculaires rabattu sur le dos atteint le 5""" segment séligère. La mâchoire et les paragnathes de la trompe sont semblables à ceux de la forme néréidienne, Les œufs gris qui remplissent tout le corps ont 0°'",30 de diamètre. Le segment buccal est deux fois plus haut que les autres. Les 19 segments qui le suivent ont la forme néréidienne sauf qu'aux 6 T" le cirre dorsal cylindrique est pincé brus- (1) On trouvera la bibliographie de la forme hétérondnHdicnnc à la page TS du Mémoire de Claparède. (2) Voir Claparède, loc. cit.^ lig. 1 d. ANNÉLIDES POLYCHÈTES DES COTES DE FRANCE. 319 quement avant son extrémité antérieure pour finir en pointe fine et qu'il en est de même au cirre ventral où toutefois la pointe fine terminale est beaucoup plus courte qu'au dorsal. Le 1"" et le 2°"" de ces segments n'ont qu'une languette dor- sale à la rame supérieure qui manque d'acicule et de soies. Aux 20""" et 21°"' segments séligères, un petit lobe foliacé apparaît au-dessus du cirre dorsal et 2 lobes foliacés entou- rent le cirre ventral. Au 22™' séligère, la forme héléronéréi- dienne avec les soies natatoires est complète et il n'y reste plus comme aux suivants, que 2 ou 3 soies en arête homogomphe au faisceau inférieur de la rame ventrale (fig. 115). C'est là que commence réellement la 2°"' région. La forme néréi- dienne reparaît aux 9 ou 10 segments postérieurs, qui sont déjà précédés de 5 ou 6 segments hétéronéréidiens sans soies natatoires. Le cirre dorsal mince et subulé a 0"",60 de long. Le segment anal cylindrique haut de 0°"°", 48, et moins large que les autres, précédé d'un petit segment anteanal sétigère rudimentaire, a de chaque côté 3 bourrelets qui sont peut- être des ébauches de segments. L'anus terminal est fes- tonné au bord avec 2 cirres anaux longs de 3"°', 60 qui ont à leur base une tache brune (fig. 113). Forme Hétéronéréidienne mâle. — Le corps a 7 centimè- tres de long sur 6 millimètres de large dans la T' région et 8 millimètres dans la 2"'; d'où il résulte que les 2 régions sont plus tranchées que dans la forme précédente, avec une coloration semblable, mais un peu plus foncée. La tête, les cirres tentaculaires, les paragnathes et la 1"" région sont les mêmes, seulement les cirres dorsaux des 6 T'' segments sétigères ont une base cylindrique plus massive avant la pointe effilée (fig. 116). La 2°"" région remphe de spermatozoïdes commence avec le 20""' segment sétigère où les pieds ont la forme hétéroné- réidienne qu'ils conservent jusqu'au segment anteanal. Cette forme est toute semblable à celle de la figure 115, avec cette seule différence que le cirre dorsal est crénelé du côté 320 OE fSAIi\'T-«IOISEPH. interne. Le segmenl anal deux fois moins large que les autres et précédé d'un segment anteanal séligère rudimentaire, est hérissé de 40à50 caecums cylindriques longs de 0°'"",48, faisant houppe autour de l'anus terminal ; 2 cirres anaux ventraux longs de 3°'°',60 sont placés au-dessous de la houppe (fig. 1J4). FAMIL.L.E: OES JPHYJLLiODOClEiASi Gr. Genre PHYLLODOCE Sav. PnYLLODOCE PAPULOSA N. S. Caractère distinctif : rangées longitudinales de papules d'un rouge brun caractéristiques à la partie antérieure de la trompe extroversée. Plusieurs exemplaires trouvés à Dinard dans le sable à la plage des Bains. L'un d'eux incomplet a 37 centimètres de long; les autres complets, 17 à 24 centimètres sur 3 millimètres de large en avant, rames comprises, et 4 millimètres au milieu du corps. Les segments sont extrêmement serrés et un exemplaire de 24 centimètres en a plus de 700. Le corps mince et plat est de couleur pâle avec des raies transversales très fines, brunes ou bleues au dos de chaque segment {Cig. 117). La tête cordi forme échancrée en arrière a 4 très petites anten- nes (fig. 118). La l'"' paire de cirres tentaculaires est placée au-dessous d'elle sur le segment buccal invisible du côté dorsal ; la 2°"° et la 3""' paire, cette dernière qui est la plus longue (i"""") et recouvre les 18 segments suivants, sont placées sur le 2""' segment : elles ont chacune un acicule dans leur base, mais je ne découvre pas de soies entre les deux; elles sont peut-être tombées. La 4°"' paire est au 3"" segment accompagnée d'un rudiment de pied avec aci- ANNÉLIDES POLYCHÈTES DES COTES DE FRANCE. 321 cule et soies et d'un petit cirre ventral. Celte répartition des cirres lentaculaires est semblable chez laPA. splendens N. S. où elle est très difficile à démêler. Il faut rectifier dans ce sens la description que j'en ai donnée (1). Tous les seg- ments suivants ont des cirres dorsaux foliacés, obliquement cordiformes, de 1 millimètre de diamètre environ en avant devenant deux fois plus grands dans la partie médiane du corps où ils ont une bande de longs cils vibraliles, à la face ventrale (fig. 119). Ces cils disparaissent aux cirres dorsaux de l'extrémité inférieure du corps qui deviennent ovales [^\^. 120). Entre les 2 mamelons terminaux du pied qui con- tient un acicule sort un éventail de 20 à 25 soies composées, semblables à celles de beaucoup de Phyllodoces avec hampe garnie à son extrémité antérieure de petites épines et article terminal mince finement dentelé long de 0°"°,35. Les cirres ventraux foliacés sont plus ou moins lancéolés (fig. 121). Tout le canal digestif est droit. Les cirres anaux sont tombés. La trompe (gaine pharyngienne de M. Gravier) (2) au repos descend jusqu'au 28°"' segment et l'estomac (trompe pharyn- gienne de M. Gravier) qui y fait suite s'ouvre dans le ven- tricule au 48°"'. Elle se divise en 2 parties. La partie anté- rieure, la plus rapprochée de la bouche, estcouverte de petites papilles rondes distribuées en 24 à 30 rangées longitudinales qui finissent par n'être plus qu'au nombre de 12 (6 de cha- que côté) ayant chacune 3 ou 4 papilles trois fois plus grosses que les précédentes. La partie postérieure qui suit immédiatement ces grosses papilles a 6 rangées longitudi- nales de 7 à 9 papules sessiles, oblongues, espacées, colo- rées en rouge brun et renfermant chacune une grande quantité de bâtonnets de même couleur, longs de O'"°,0o6. L'estomac dont l'entrée est couronnée de 16 papilles est un (1) Annél. polych. des côtes de Dinard, 2™« partie {Ann. des se. nat.^ 1^^ série, t. V, 1888, p. 279). (2) Voir l'intéressant mémoire de M. Gravier, Recherches sur les PhyU.o- dociens {Bull, scient, de la France et de la Belgique, t. XXIX, 1897, p. 293 à 389, et pi. XVIàXXIlI). .\NN. se. NAT. ZOOL. V, 21 322 DE S(itIIVT-JIOI§(EPff. long tube rond à muscles circulaires puissants, lisse à l'ex- térieur et dans l'intérieur duquel font saillie 6 bourrelets longitudinaux équidistants formés, d'après M. Gravier, de tissu conjonctif recouvert de hautes cellules épithéliales. Lorsque la trompe est extroversée, les 16 papilles de l'en- trée de l'estomac sont projetées en avant, l'estomac est coiffé par la partie postérieure de la trompe avec ses papules, puis par sa partie antérieure qui se trouve alors la dernière (fig. 118). M. Gravier insiste avec raison sur la présence du ventri- cule chez les Phyllodociens où elle avait déjà été signalée par Claparède pour son Eulalia pallida et son Ajiaitis lineata. On le confond souvent facilement avec l'intestin, mais c'est à sa paroi extérieure que sont fixés les muscles protracteurs et rétracteurs qui font saillir ou rentrer la trompe et l'estomac; déplus, il est uni, tandis que l'intestin est étranglé à chaque dissépiment. Chez \s,Ph. papulosa, l'in- térieur en est tapissé de papilles glanduleuses plus basses, plus serrées et moins colorées en jaune brun que celles de l'intestin. Il occupe les segments 48 à 62. L'intestin s'étend du 63°"' segment au segment anal où il débouche par un anus dorsal. PhYLLODOCE BRUiNEOVIRIDIS N. S. PI. XVIII, fig. 122-123. Un seul exemplaire trouvé sur la plage d'Arcachon. Le corps, de couleur vert brunâtre, a 8 centimètres de long sur 2 millimètres de large, cirres compris, et compte 188 segments ; il se termine par 2 cirres anaux cylindriques longs de l'"",30. La tête à 4 antennes est arrondie avec une échancrure pos- térieure peu marquée {(ï^. 122). Le segment buccal invisible du côté dorsal porte la 1"^" paire de cirres tentaculaires lon- gue de C,84 ; au 2"'= segment se trouvent la 2"" et la 3"' paire, entre lesquelles je ne vois pas de soies, la 2™' ayant AiNNÉLIDES POLYCHÈTES DES COTES DE FRANCE. 323 0"",84 de long et la 3"^ r",30; la i™'" paire accompagnée d'un rudiment de pied et d'un cirre ventral est au 3"" seg- ment. Les cirres dorsaux en ovale allongé terminés en pointe obtuse remplis de granules verts et bruns (fîg. 123), com- mençant au 4°*' segment, mesurent l"""", 12 de long sur 0""",65 de large ; à partir du 30^"" à 32°"' segment, ils ont une bande de cils vibratiles longitudinale en dessous. Les cirres ventraux sont semblables aux cirres dorsaux, mais moitié plus petits. La hampe des soiesest garnie de petites épines et l'article terminal long de O""", 13. La trompe au repos a 6 rangées (3 de chaque côté) longi- tudinales d'environ 20 petites papilles rondes. L'estomac qui y fait suite dans le 13°"' segment est couronné de 16 ou 17 papilles rondes plus grosses auxquelles correspon- dent autant de bourrelets longitudinaux, les uns très minces, les autres plus épais. Les plus minces disparaissent bientôt et à l'extrémité inférieure de l'estomac il n'en reste plus que 6 gros. Lorsque la trompe est extro versée (fig. 122), la couronne des papilles de l'estomac est en avant, suivie des 6 rangées longitudinales de petites papilles de la trompe. Le ventricule occupe 10 segments du 28""' au 37°"" où com- mence l'intestin qui est tapissé intérieurement de papilles plus longues et plus floconneuses que celles du ventricule. Chez cette espèce, la trompe proprement dile est courte et n'a qu'une seule région à rangées de papilles à laquelle l'estomac fait suite immédiatement. PflYLLODOCE BIMACULATA N. S. PL XVIII, fiR. 123 A et 123 B. ■■) "O" Cette Phyllodoce, queje ramasse à Saint-Jean-de-Luz près de Sainte-Barbe, a 12 centimètres de long sur 2 millimètres de large en avant sans les rames et 3 millimètres avec les rames et 259 segments. La tète est jaune avec 2 taches noires superposées à la partie antérieure, et le corps d'un brun jaunâtre a de 324 OE SAIi\V-JOI§»EPII. beaux reflets azurés dus aux raies transversales fines du dos de chaque segment ; le venlre jaune brun, moins brillant que le dos, a une tache noire à la base de chaque pied. Les cirres tentaculaires incolores ont de courtes raies longitu- dinales noires interrompues et les cirres dorsaux des traî- nées noirâtres en éventail, ce qui donne aux deux côtés de l'animal une apparence cendrée. La tête à 4 petites antennes renflées est fortement échan- crée en arrière avec un bouton occipital assez indistinct (fig. 123 A). Les 4 paires de cirres tentaculaires sont distri- buées comme dans l'espèce précédente, la plus longue attei- gnant 1°'°',56. Les cirres dorsaux ovales à pointe moins obtuse que chez le Ph. bnineovindis ont 1°'°',44 de haut sur 0°"^,84 de large (fig. 123 B), les cirres ventraux de même forme 0°'°',84 de haut sur 0°'°',36 de large. Les 2 cirres anaux sont cylindriques. La hampe des soies garnie de petites épines à son renflement antérieur est surmontée d'un article terminal finement dentelé au bord de 0"'°',168 de long. La trompe au repos a 8 rangées longitudinales (4 de cha- que côté) d'environ 22 petites papilles plutôt rectangulaires que rondes. L'estomac qui y fait suite directement du lo""" segment au 35°"' est couronné de 16 (?) papilles rondes. Le ventricule presque lisse occupe les segments 36 à 44 et l'intestin revêtu intérieurement de rangées transversales de grosses papilles carrées commence au 45""". Une Phyllodoce du Plateau du Four près du Croisic dont je n'ai que la partie antérieure longue de 20 centimètres sur 2mm 9Q ^^ large en avant, rames comprises, avec 297 seg- ments, se rapproche sous bien des rapports de la Ph. bima- culata. Le corps mince et plat a 2 raies transversales brunes superposées au dos de chaque segment, l'une beaucoup plus longue que l'autre. La tête échancrée en arrière n'a pas de bouton occipital. Les cirres tentaculaires sont répartis comme chez la P/i. bimaculata ; les cirres dorsaux sont cordiformes, longs de 2"", 40 sur r'°,80 de large. Quant à la trompe au repos, elle est semblable à celle de la Ph. bimaculata^ s'éten- ANNÉLIDES POLYCHÈTES DES COTES DE FRANCE. 325 dant jusqu'au 14™' segment avec 8 rangées longitudinales de 20 à 22 papilles assez peu distinctes. L'estomac est couronné de J 2 papilles et s'étend du 14"° au 3T' segment. Cliez la P/i. bimaculata, comme chez la Ph. hruneoviridis et chez la Phyllodoce du Croisic, la trompe proprement dile est courte et n'a qu'une seule région à rangées de papilles à laquelle l'estomac fait suite immédiatement. C'est là un caractère dont il faudra tenir compte si on arrive à classer les Phyllodoces d'après la forme de la trompe : trompe courte à une seule région dont les papilles ne sont pas séparées de l'entrée de l'estomac par une 2°"" ré- gion nue, ou à plis rugueux, ou à grosses papules. Pyllodoce Groenlandica OErst. (1). Phyllodoce Groenlandica OErst. Quatrefages, liist. nat. des Annel., t. II, 1865, p. 141. — — Malmgren, Nord. Hafs AnnuL, 1865, p. 96. — Ann. polych., 1867, p. 143, et pi. III, flg. 9. — — G. 0. Sars, Bidrag til kundskab om Chris tianiafjordens faiina {Nyt. Mag., t. XIX, 1873, p. 223;.. — — Tauber, Ann. Danica. Copenhagae, 1879, p. 87. — — T\\qq\. Annél. des mers de la Nouvelle-Zemble [K. Svenska Vetens. Akad. Handlingar, t. XYI. n» 3, 1879, p. 34). — — Grube, Mitth. uber die Familie der Phyllodoceen and Hesioneen [Jahres. der Schles. Gesells. fur 1879. Breslaa, 1880, p. 2U). . — — WiTea,Chxtopoderf}mnSibi}nskaishafvet oc/iBeringshaf insamlade under Vcga exped. {Vega-Exped. Vet. Jakt- lag, t. II, 1883, p. 400). — — Michaelsen. Die Polychaetenfauna der Deutschen Meere {Wiss. Unters. der Komm. der Deutschen Meere und der biol. Anstalt auf Helgoland, t. Il, Heft 1, 1896, iu-fol., p. 32). PL XVllI, fio. 124-126. Cette espèce semble être assez commune à Villers oii M. Adrien DoUfus la trouve dans le sable. Le corps a 13 à 18 centimètres de long dans l'alcool sur à 7 millimètres de large, rames comprises, et 332 segments. Le dos de chaque segment a une johe coloration se rappro- (1) CErsted, Grônlands Annulata dorsibranchicUa. Copenhague, 1843, in-4, p. 192 et flg. 19, 21,22,29-32. 326 »E i»Aii\T-«ios»i:pn. chant de celle de la PhyUodoce papulosa : 3 raies transver- sales parallèles, les 2 inférieures plus longues d'un brun clair, la supérieure plus courte et bleue (fig. 124). Tous les cirres parsemés de taches foncées éfant devenus uniformément bruns dans l'alcool, je ne puis dire quelle en est la couleur chez l'animal vivant. La tête cordi forme un peu plus large que haute est très échancrée en arrière avec un bouton occipital placé dans l'échancrure. Les cirres tentaculaires sont répartis comme chez la PhyUodoce papidosa. Von Marenzeller avait déjà constaté cette répartition chez la Ph. Groenlandica (\). La paire la plus longue recouvre les 8 ou 9 l""' segments. Les pied s ont été exactement représentés par Malmgren . Les cirres dorsaux se dressent tout droits de chaque côté dans la partie antérieure du corps et y sont plutôt cordiformes. A partir du 30""" segment, devenus plus grands et subrec- tangnlaires, ils se rabattent sur le dos; ils sont alors garnis d'une bande de cils vibratiles du côté ventral (fig. 125); à la partie postérieure du corps, tout en restant légèrement sub- rectangulaires, ils se rapprochent de la forme de ceux des 1"' segments (fig. 126). Les cirres ventraux me paraissent être partout à peu près semblables et se terminent en pointe acuminée. Entre les 2 lobes du pied, sort un éventail de soies au nombre de 55 à 60 dans la région médiane et de 25 environ dans la région poslérieure. Ces soies sont semblables à celles de la Ph. papulosa et de beaucoup d'autres Phyllodoces. Les cirres anaux cylindriques ont 1°''",20 de long. La trompe extroversée, exactement figurée par OErsted [loc, cit., fig. 21), a en avant les 17 papilles qui couronnent l'entrée de l'estomac. Elles sont suivies de 6 colonnes longi- tudinales longues de 1°'°',10, composées de 6 à 7 grosses protubérances rectangulaires blanches aplaties, quelquefois partiellement fendues en 2 dans le sens transversal, comme (l) Die Poli/chxtcn der Bremer Expédition nach Ostspitzbergen [ZooL Jahrb. Abth. far System., t. VI, 1802, p. 407). I ANNÉLIDES POLYCHÈTES DES COTES DE FRA^XE. 327 l'indique OErsted, empilées les unes au-dessus des autres, ayant 0"'°'^24 de large, auxquelles font suite 12 rangées longitudinales parallèles (6 de chaque côté) composées chacune de 12 à 15 petites papilles oviformes d'un diamètre de O^^'jOôO. Lorsque la trompe est au repos, elle s'étend jusqu'au 12°"" segment où commence l'estomac qui commu- nique avec le ventricule au 37"' ou 38°"' segment; il est garni intérieurement de 17 bourrelets minces longitudinaux pa- rallèles, [ci la trompe quoique courte, a 2 régions. Ces exemplaires de Villers sont de moindre dimension, surtout en largeur, que certains de l'extrême Nord et chez eux la coloration du dos se rapproche de celle de la Phijl- lodoce macidata 0. F. Mlill. ; mais cette dernière a un nom- bre moins considérable de papilles à la trompe, les cirres ventraux arrondis et sa taille est moins considérable dans les mêmes mers. Aussi je ne crois pas devoir suivre Tauber dans son assimilation des 2 espèces. Océan Glacial arctique. Mers du Nord. Draguée à 225 mètres de profondeur dans l'Expédition autrichienne au Pôle Nord (1). Détroit de Davis (Expédition du Valorous). Genre EULALIA OErst. EULALIA QUADRILINEATA N. S. PL XVIll, lîg. 127-130. Caractères distinctifs : coloration particulière rappelant un peu celle de \ Autolytus pictus Ehl., yeux de grosse di- mension, articles des soies très courts. Cette jolie Eulalïa se trouve à Concarneau dans les dra- gages près du cap Coz. Un exemplaire de 17 milHmètres de long a 129 segments, un autre de 18 millimètres en a 96, et un 3"^ mûr long de 22"", 20 en a 141 . (1) Von Marenzeller, Die Cœlenteraten, Echinodermen und Wûrmer der K. K. (Ester. Ungar. 2sordpol-Exped. [Denksch. der K. Akad. der Wiss. zu Wien, t. XXXV, in-4, 1877, p. 39 s. a.). 328 OE !SA11\TmIOSEPII. Le corps large de 0"°',56 sans les cirres a, sur le dos, 2 raies longitudinales violettes et à chaque segment 2 raies transversales d'un vert jaunâtre coupant les autres à angle droit ; enfin le bord des segments au-dessus des pieds est coloré en violet (fig. 127). La tête arrondie en avant, aussi large que haute, a 5 antennes dont 4 antérieures et 1 impaire placée un peu en avant des 2 yeux qui ont un diamètre de 0°'"",0o avec un cristallin entouré de bâtonnets piquetés de brun plus foncé à la base qu'au sommet (fig. 128). Le segment buccal, moins large que les suivants, porte la 1^' paire de cirres tentaculaires longue de 0°'°',3 ; le 2°"' seg- ment, la 2"' et la 3"*^ paire dont la supérieure ayant C,6 est moitié moins longue que l'inférieure; entre ces 2 paires, un rudiment de pied est accompagné de quelques petites soies. Au 3"' segment la 4"^' paire, aussi longue que la plus longue delà 3""' paire, est accompagnée de soies et d'un cirre ven- tral. Les cirres dorsaux d'un vert jaunâtre, foliacés et lan- céolés, qui commencent au 4""' segment, sont un peu plus forts (0°'°',18 de haut) au milieu du corps qu'à ses deux extrémités. Le cirre ventral ovale n'a que G""", 06 de haut. Les soies (fig. 129) ont un article très court (0°"^, 028), courbe, à stries obliques et finement pectine, ce qui ne se voit qu'en employant les plus forts grossissements. Le corps se termine par un segment anal achète avec 2 gros cirres anaux foliacés longs de 0'"°',25, sans appendice impair (fig. 130). La trompe longue est couverte de papilles en cône obtus hautes de 0°'°',02 et l'entrée de l'estomac, qui commence au 34""' segment pour se recourber en anse, est couronnée de 14 papilles plus grosses et plus arrondies. Le ventricule lui fait suite au 48™' segment. Chez l'exemplaire mûr de 142 segments, les œufs d'un diamètre de 0"'",082 occupent les segments 68 à 125. Serrés dans le corps, ils y prennent une forme polyédrique. ANNÉLIDES POLYCHÈTES DES COTES DE FRANCE. 329 EULALTA PLNCTIFERA Gv. (1). Uq exemplaire trouvé près d'Hendaye à la pointe de Sainte -Anne. Long de 35 millimètres sur 2 millimètres de large y com- pris les larges cirres cordiformes, avec 83 segments; la fin du corps comprend en outre 6 petits segments régénérés. Ici les 2 points en avant de la tête sont bruns, mais ceux du dos des segments sont d'un vert sombre sur fond jaunâlre. F.4MILL.E I>EI§» nÉ!l»IOXIE.\S; Gr. Genre HESIONE Sav. sensu Gr, (2) {incL FALLACIA Ofg.. TELAMONE Clpd.). Hesione pamherina Risso (3). Hesione paxtherina Aadouin et Milne Edwards, Recherches pour servir à l'hist. nat. du littoral de la France, t. Il, p. 212, et pi. V, fig. 4. — Règne animal, pi. XIV, fig. 4. — — Griibe, Die Insel Lussin und ihre Meeresfauna. Breslau, 1864, p. 83. — — Mac Intosh, Report on the Annel. Polych. collecled by H. M. i>. « Challenger » (Reports, etc. Zoology, t. XII, p. 185 ; pi. XXIX, fig. 1, pi. XXXll, fig. 6, et pi.' XV A. fig. 10\ — — Voyage de la goélette Melita sur les côtes occidentales de l'océau Atlantique. Annélides polychètes, par Malaquin (Revue biol. du Nord de la France, t. VI, 1893-94, p. 411- 418). — fiCLi.A D. Ch. Délie Chiaje. Descrizione e notomia. etc., t. III, p. 95, t. V, p. 102, t. VII, pi. cm, fig. 2, et pi. CLV, fig. 24. — — Eisig, Ueber das Vorkomynen eines schvcimrnblasenii.hnlichen Organs bei Annel. {Mitth. aus der Zool. Stat. zu Xeapel, t.lï, 1881, p. 257-268 et 298-300 ; pi. XII, fig. 1-3, et pi. Xllï, en entier,. — — Jourdan, Étude sur les épithéliums sensitîfs de quelques vers annelés [Ann. des se. nat., 7™^ série, t. XIII, 1892, p. 243. et pi. VI, fig. 9). — — Goodrich, On the nephridia of Polychaeta. Part I. On He- sione. Tyrrhena and isephtys [Quart, microsc. Journal, no 157, avril 1897,:p. 185, et pi. VI-IX\ (1) V. Annél. polych. des côtes de Dinard, 2°^^ partie {Ann. des se. nat., 7°»^ série, t. V, p. 289, et pi. XII, fig. loo-157). (2) Q^Tuhe, Die Famille der Hesioneen {Jahresb. der Schles. Gesells. fur 1879. Breslau, 1880, p. 221). (3) Risso, Hist. nat. des principales productions de l'Europe méridionale, t. IV, 1826, p. 418. 330 I>E !iAirVT-JO.8& SAii^T-tiOSEa»aî. il y a encore 3 soies supérieures et quelques soies anté- rieures. Le segment anal apode et achète se termine du côté ven- tral par un disque membraneux mince, légèrement festonné, qui dépasse l'anus s'ouvrant du côté dorsal. L'intestin est rempli de gros morceaux de fucus non digérés. Dans un seul exemplaire je trouve des œufs tels que les figurent Claparède, Cunningham et Ramage. En forme de dis- ques elliptiques, mesurant 0'"°\17 sur 0°'°',10, ils renferment un vitellus d'un brun clair, et leur enveloppe épaisse est cou- verte de papilles reliées entre elles par un réseau hexagonal. Manche. Mer du Nord. Méditerranée. Genre SPIOPHANES Gr. Malmgren ayant observé des crochets ventraux chez la Spiophanes Krôyeri Gr. espèce type du genre, et ces crochets ayant aussi été constatés chez les autres espèces : la Spio- phanes cirrata Sars, la S. Vernllii Webst. et Benedict, et la S. bombyx Clpd. (1), on ne doit pas conserver l'absence de crochets comme un des caractères du genre ; mais il fau- drait faire ressortir que l'absence des branchies en est un. Claparède, il est vrai, indique vaguement des branchies à quelques segments delà S. bombyx. Ni M. Mesnil, ni moi, n'en avons observé. Spiophanes bombyx Clpd. (2).. Spiophanes bombyx Mesnil, Études de morphologie externe chez les Annél. I. Les Spionidiens des côtes de la Manche {Bull, scient, de la Finance et de la Belgique, t. XXIX, 1896, p. 249, et pi. XV en entier). — II. Études complémentaires sur les Spionidiens [Ibid. , t. XXX, 1897, p. 91). (1) M. Mesnil a versé avec raison, selon moi, le Spio Bombyx Clpd. dans le genre Spiophanes. (2) Spio bombyx. Claparède, Suppl. aux Annél. du golfe de JSaplcs, p. 121, et pi. \ll, lig.2. ANNÉLIDES POLYCHÈTES DES COTES DE FRANCE. 353 Spio CREiNAïicoRNis Giard, Sur un curieux phénomène de préfécondation chez un Spionide [Comptes rendus de l'Acad. des se., t. XGIII, 1881, p. 600). PI. XX, fig. 165. Dans le sable au-dessous des bains, près du fort de la Hougue, j'en trouve, dans un petit tube de sable flexible, un seul exemplaire incomplet de 52 segments, long de 15 milli- mètres sur 1 millimètre de large, que je ne parviens à reti- rer du tube qu'en assez mauvais état. Le corps rouge, légèrement convexe du côté ventral, esta peu près aplati du côté dorsal pendant les 16 1"' segments ; à partir de là le dos devient un peu convexe avec un pli transversal reliant les 2 rames dorsales de chaque segment comme Sars le figure pour la Spiophanes cirrata Sars (1). La tête allongée, qui n'a que 2 yeux, se prolonge en 2 cor- nes latérales longues chacune de 0°'",48 ; elle est suivie d'un segment buccal achète d'où les 2 tentacules sont tombés et en dessous duquel s'ouvre la bouche livrant passage à une trompe cylindrique. Aux 4 1^" segments sétigères, le corps est un peu plus étroit et semble former une région distincte; la rame dorsale, sans être aussi rapprochée de la ligne mé- diane dorsale que chez les autres espèces Aq Spiophanes^ en est cependant plus près qu'aux autres segments. A ces 4 seg- ments comme aux 10 suivants il y a un faisceau de soies dorsales capillaires assez nombreuses (20 à 25), faiblement limbées et non mouchetées, sortant devant une lamelle dor- sale se terminant en pointe cirriforme, et un faisceau de soies ventrales semblables aux dorsales mais mouchetées à l'extrémité, comme l'a remarqué M. Mesnil, sortant devant une lamelle ventrale qui est un peu plus large à la base que la dorsale et qui prend la forme d'un large disque (2), à partir du 5"^" sétigère. Les soies ventrales du V^ segment sétigère sont accompagnées d'une grosse soie jaune carac- (1) Bidrag til Kundskab om Christianiafjordens fauna. Annelida [Nyt Ma- gazin for Natiirvid., t. XIX, 1893. Christiania, pi. XVlIl, fig. 5). (2) Mesnil, lue. d^,pl. XV, fig. 7. ANN. SG, NAT. ZOOL. V. 23 354 toE ^AiiVT-^oci«!i. ténslique(fîg. 165) recourbée en un croc vigoureux, signalée par Claparède ; il y en a une seule d'un côté et 2 de l'autre. Au 5°"" segment sétigère et aux 9 suivants, près de la base du pied, une grosse glande transparente à peu près ronde sécrète un écheveau de longs filaments soyeux, flexibles, sor- tant du corps en forme de houppes ou de flocons ne ressem- blant en rien aux soies capillaires droites et très fines sécré- tées par les glandes de la Polydnra pusilla N. S. (1) ou de la Spiophanes cirrata (2). Après ces segments à glandes sérici- gènes, c'est-à-dire au 15°"" sétigère et aux suivants, les soies capillaires limbées de la rame ventrale sont remplacées par 5 à 9 petits crochets bifides encapuchonnés, suivis d'une forte soie ventrale inférieure arquée vers le bas et finement mouchetée à l'extrémité. M. Mesnil donne des figures exactes de cette soie et des crochets [loc. cit., fig. 20 et 21). Je ne trouve nulle part de branchies. Méditerranée. Genre MAGELONA Fr. Mûll. MaGELONA PAPILLICORNIS Fr. Mull. (3). Magelona PAPILLICORNIS Mc lotosh. A contribution to our knowledge of Annelida: on certain young stages of Magelona [Quart. Microsc. Journal, no 141, april 1894, p. 16, et pi. VllI, fig. 1-3). — Miss Buchanan, On a blood-forming organ in the larra of Magelona [Rep. Meet. Bjnt. Assoc. at Ipsrvich, 1895). — Benham, The blood of Magelona {Quart. Microsc. Journal, n» 153, mai 1896). — — Mesnil, Études de morphologie externe chez les Annél. I. Les Spionidiens des côtes de la Manche (Bull. se. de la France et de la Belgique, t. XXIX, 1896, p. 257, et pi. XIV, fig. 27-33). PI. XX, fig. 166. La larve de Magelona papillicornis que je trouve une fois (1) Annél. polych. des côtes de Dinar d, 3°^^ partie (Ami. des se. nat., 7^^^ g^. rie, t. XVII, p. 66, et pi. 111, lig. 74-77). (2) Sars, loc. cit., pi. XVII, lig. 9. (3) Voir Annél. polych. des cotes de Dinard, 3°^° partie {Ann. des se. nat., l""" série, t. XVU, p. 83, et pi. IV, fig. 104), et ajouter à la bibliogiaphie les ouvrages ci-dessous. AiNNÉLIDES POLYCHÈTES DES COTES DE FRANCE. 385 à la pèche pélagique à Concarneaii ressemble complètement h la larve de Prionospio tennis Verr., la plus jeune figurée par Fewkes (loc. cit., pl.l,fig. 1), et qui n'est autre chose, comme Ta établi avec raison M. Giard, qu'une larve de Magelona. Mon exemplaire a 0"''^,80 de long sur 0'"'",12 de large dans la partie médiane du corps. La tête, ronde et grosse, a 3 yeux dont 2 sur les côtés et 1 au milieu un peu en arrière. En regard des yeux est implantée une paire de gros tenta- cules longs de 0'°",42, garnis en dessous de nombreuses papilles minces ayant 0'"'^,02 de long (fig. 166). La tête est suivie d'un segment dans l'intérieur duquel est placé un pharynx inerme et qui a de chaque côté un faisceau de soies capillaires unies extrêmement fines et très longues (0"°',46). Après un espace nu et non segmenté long de 0'^™,028, qui fait suite au P' segment, viennent 9 à 10 segments peu dis- tincts avec des soies capillaires moins longues que celles du 1"" segment. Le corps se termine brusque- ment par 3 ou 4 petits segments achètes beaucoup plus étroits que les précédents. Nulle part il n^y a de crochets ni de couronnes de cils vibratiles, et le corps, à peine coloré en brun très clair, n'a pas de taches comme celles des larves de Claparède. Je trouve dans le sable fin à l'île de Tatihou plusieurs exemplaires adultes à^M, papillicornis , dont 2 complets. Le corps d un de ces exemplaires complets, couvert de grains de sable fin agglutinés mais ne formant pas tube, a 7 centimètres de long sur 0°''^,60 de large dans la région antérieure et 0'^'^,72 dans la 2™' région, sauf aux derniers segments où il n'a plus que 0°'™^22 ; il se termine par un segment anal achète avec 2 petits appendices aplatis, longs de 0'"",21. La tête, longue de ^",20, est suivie du segment buccal achète avec 2 tentacules qui ont 9 millimètres de long et atteignent le 20°"' segment. Les segments sont au nom- bre de 129 en tout. La T' région est plus musculeuse, plus aplatie, un peuplus étroite, etavecdes segmentsplus hauts que le 2°"'. Il y a déjà au 8°"' segment, ce que je n'observe pas 356 OE «AlI%T-.IOSUPlî. aux autres exemplaires, quelques-unes des soies particulières au 9°"^ segment oii elles sont en nombre très considérable, plus de 100. Ces soies du 8™' segment et quelques-unes des soies les plus dorsales du 9°"" ont le disque moins rond et la pointe qui le surmonte plus longue que les autres. Aux 1'"^' seg- ments de la 2°"' région, il y a 13 crochets au mamelon dorsal et 10 au veniral ; le nombre en est moitié moindre aux 2 ma- melons dans le dernier tiers du corps. M. Mesnil constate, comme je Fai vérifié, que la dent supérieure des crochets est double [loc. cit., fig. 33). L'hypoderme est bourré de glandes bacillipares d'un diamètre moyen de 0°'°',03 décrites et figu- rées par Me Intosh. Le second exemplaire complet, plus petit, n'a que 45 mil- limètres de long et 83 segments en tout. FAMIJLliE OES ARlCIEWil Aud. et Edw. (Sars, Mgr. rev.). Genre ARICIA Sav. (Aud. et Edw. rev.). Aricia MiiLLERi Rathke (1). ScoLOPLOS ARMiGER OErst. OErsted, Ann. Dan. consp., p. 37, fig. 9, 106, 107, 109, — GrônL, Anmd. dorsib., p. 49, fig. 113, 117, 118, fideGruhe, Bemerk. iiber Annel. des Pariser Muséums {Archiv fur Na- turg., 1870, p. 317). — — Quatrefages, Hist. nat. des Annél., t. H, p. 285. — — Cunningham et Ramage, The Poiycli. sedent. of the Firth of Forth {Trans. of the R. Society of Edinb., t. XXXIII, in-'i, 1888, p. 642, et pi. XXXVIII, fig. 7). — — Saint-Joseph, Les Annél. polych. des côtes de Dinard, 3™'' part. {Ann. des se. nat., 7™^ série, t. XVII, 1894, p. 94, et pi. V, fig. 119-120) (2). — ELONGATUS Qfg. Quatiefages, Hist. nat. des Annél. ^ t. II, p. 284. — — Grube {loc. cit. suprà, p. 31G). Aricia argtica Ilans. Hansen, Den Norske Nord/iavs expédition. Zoologi. Anne- lida. Ghristiauia, 1882, in-fol., p. 34, et pi. V, fig. 20-26. PL XX, fig. 167. Plusieurs exemplaires, trouvés dans le sable à Saint-Vaasl, (1) Beitr. zur Fauna JSorwegens {NovaActa Acad. L. C. nat. ciir., t. XX, 1840, p. 176, et pi. VIII, fig. O-Iti). Bonnes figures. (2) Dans la hibliograpliio que j'y ai donnée, il faut attribuer au véritable Se. armiger les travaux de Mau et de Lcvinsen et probablement aussi ceux de Sars et de Tlieel. ANNÉLIDES POLYCHÈTES DES COTES DE FRANCE. 357 près du fort de la Hougue et dans l'île de Talihou, et un exemplaire du Grand-Trail, au Croisic, me permettent de compléter et de modifier sur quelques points, dont un très important, la description que j'ai donnée de l'A. Midleri sous le nom de Scoloplos anniger^ d'après des matériaux tout à fait insuffisants. Dans la région antérieure il y a, dès le V segment séti- gère, à la rame dorsale, un très petit cirre devant lequel s'élèvent des soies annelées, minces, longues, incolores, comme celles que j'ai déjà décrites, et à la rame ventrale un très petit cirre ventral devant lequel se déploient plusieurs rangées de soies. Les 2 ou 3 rangées supérieures, composées de longues soies semblables à celles de la rame dorsale, sont suivies de 2 rangées de soies courtes aciculaires, puis de 1 ou 2 rangées de soies longues. Cachées entre 2 couches de soies longues, les soies courtes sont souvent difficiles à découvrir. Elles sont courbes et jaunes, avec 12 à 13 rangées transversales superposées de très fins denticules au bord convexe; un petit bec transparent dépasse un peu l'extré- mité de la soie du côté concave (fig. 167). Cette disposition existe à tous les segments de la 1"" région, et la rame ven- trale s'y détache très nettement sur les côtés du corps. A la région postérieure, elle est ramenée plus près du dos et alors elle est reliée au ventre par un bourrelet incolore en forme de demi-lune. Les soies aciculaires courbes y ont disparu, et il ne reste plus aux 2 rames que les longues soies minces incolores (1). 3 ou 4 acicules minces, subulés, pénè- trent dans la base du cirre dorsal. Aux 6 premiers segments de la région postérieure, et disparaissant ensuite, il y a au- dessous de la rame ventrale à 2 protubérances, et, placé tout contre, un très petit mamelon haut de 0°''^,6, suivi à 0°''^,13 de distance, du côté ventral, d'une papille conique haute de 0°'°',12. C'est une région intermédiaire comme j'en ai signalé chez d'autres Ariciens. (1) Voir une bonne figure du milieu de cette région dans Cunningham et Ramage {loc. cit., fig. 7 c). 358 DI^ fSAIIVT-JOliîEPH. Un riche réseau vasculaire parcourt la base des 2 rames, et le sang qui pénètre dans les branchies est très rouge. Celles-ci commencent au 15"% 16°^% IT^'^ ou 18°^' segment. La trompe extroversée a 8 ou 10 gros lobules arrondis, ce qui doit faire penser, comme l'a du reste indiqué Sars (i), que le genre Anthostoma Schmarda et peut-être le genre Theodisca Fr. Miill. doivent être supprimés. Ces lobules nombreux delà trompe existent probablement chez tous les Anciens, etClaparède les (igure q\\qzV Aricia fœtidaÇA^à. (2). Les soies courtes de la rame ventrale de la partie antérieure du corps m'avaient échappé dans mes 2 exemplaires de Dinard, oiije les ai retrouvées depuis comme à ceux de Saint- Vaast et du Croisic. Il n'est donc plus possible de leur donner le nom de Se. armigei\ espèce à laquelle on n'attribue que des soies longues et minces de même sorte à toutes les rames du corps (Mau, Levinsen, etc.), ce qui est bien conforme à la diagnose d'OErstedpour le genre et pour l'espèce; mais Grube [loc. cit.), qui avait entre les mains les exemplaires originaux d'OErsted, y découvrit des soies courtes mêlées aux soies longues de la rame ventrale de la région antérieure. Il en résulte que le Se. armïger d'OErsted 1843 est X Arïeïa Mûlleri décrite par Rathke en 1 840. L'espèce qui a des soies longues à toutes les rames du corps existe cependant, et comme OErsted, qui croyait la connaître, lui avait donné le nom de Se. armiger, on le lui maintint, l'ob- servation de Grube ayant passé inaperçue. En même temps, par une vraie contradiction, on l'identifia presque constam- ment (Quatrefages, Malmgren, Tauber, Mau, Cziernavski, Webster et Benedict, Wiren, Michaelsen), avec TA. Mïdlerï qui se trouve aussi dans la mer du Nord et l'océan Glacial arctique. Il est impossible de savoir combien de fois on aura pris des A. Mûlleri pour des Se. armiger^ comme il m'est arrivé à moi-même faute d'avoir su trouver les soies courtes (1) Bldrag til Kundsk. ont Christ, fauna [Nijt Magazin for Natiirv., t. XIX, 1873, p. 241). (2) Annél. du golfe de Naples, pi. XX, lig. 2 a, ANNÉLIDES POLYCHÈTES DRS COTES DE FRANCE. 359 de la rame venlrale delà région antérieure, tant les 2 espèces se ressemblent, à part ce caractère distinctif. Tous les exemplaires de la coUeclion du Muséum indiques comme étant des Se. armiger provenant du Groenland (Steenstrup) , de Norwège ou de Saint- Vaast, sont des A . Mal- ien. Seuls, les exemplaires de l'expédition suédoise de Nor- denskiold dans la mer de Kara, en 1876, offerts au Muséum parLoven, sont de véritables ASc.a/vTîf^^r. Ils ont 15 à 22 milli- mètres de long sur 1 millimètre à l'"°',5 de large et 140 seg- ments, des soies longues et minces annelées à toutes les rames du corps, sans aucune soie courte ; les branchies apparaissent au M""', lo""' ou 16""' segment, et la 2""' région commence en général au 16'''°. La trompe extroversée a plusieurs lobules arrondis. Il est donc bien constaté qu'il y a 2 espèces distinctes qui ont été confondues la plupart du temps sous le même nom. Pour l'une, celui diAricia Mulleri., exact et bien donné, doit être maintenu. Pour l'autre, qui se trouverait sans nom puisque le Se. armiger d'OErsted est l'A. Millleri, je propose de s'en référer au Ltimbrieus armiger à'O. F. Millier, que je supposerai ne pas être une A. Mïilleri^ quoiqu'on n'en ait pas de preuve, et de lui conserver, sans tenir compte d'OErsted, le nom de Se. armiger. Mais il faudrait alors rayer de la dia- gnose du genre Seoloplos OErst. « setae omnes subulatae », comme il l'avait presque fait lui-même en indiquant des soies courtes aciculaires aux 15 premiers segments chez le Seolo- plos qiiadrieiispida Fabr. (1). Le Seoloplos elongatus, que j'examine dans la collection du Muséum, est une A. Mulleri. Il en est de même de l'A. arcùea, du Se. armiger de Cunningham et Bamage, de celui de Saint-Vaast, et probablement aussi de celui de Roscofr(2), (1) Deux exemplaires de Seoloplos qiiadricuspida delà collection du .Mu- séum venant du Groenland ont la tète arrondie, des branchies très petites commençant au 5"^^ segment sétigère et laissant le dos bien à découvert dans la 1^® région, des soies courtes, jaunes, aciculaires, mêlées dans les 1 1 à 12 premiers segments aux soies longues et minces de la rame ventrale. (2) Grube, Mitth. iiher St-Malo iind lioscoff, etc. [Ahhand. dcr Schles. Ge- sells., 1869-72, p. 109, 115). 360 ^^ SAI^T-JOSEPIÏ. Grube ayant dû être induit en erreur par ses exemplaires d'OErsted. Le véritable Se. armiger n'aurait donc pas été signalé jusqu'ici sur les côtes de France. Océan Glacial arctique. Mer du Nord. Manche. Atlantique. Aricia laevigata Gr. (1). Aricia Latreillii Aud. et Edw. Grube, Actinien, Echinodermen und Wûrmer des Adriatischen und Mittelmeers. Kônigsberg, 1840, in-4, p. 69, PL XXI, fig. 168-175. Un seul exemplaire trouvé sous des pierres près de la pointe Sainte-Anne, au-dessous d'Abbadia. Le corps, à 2 régions, long de 12 centimètres sur 4 milli- mètres de large en avant, se rétrécit peu à peu dans le der- nier tiers du corps et n'a plus que 2 millimètres de large à la fin. D'un blanc jaunâtre, il est légèrement rosé à la partie antérieure et se compose de 402 segments très bas. Il est convexe du côlé ventral ; du côté dorsal, il est aplati dans la région antérieure et légèrement convexe dans la région postérieure. La 1"" région comprend la partie antérieure du corps jus- qu'au 29"^' segment inclusivement. Les segments y sont d'un tiers plus hauts que ceux de la 2°"' région. La tête {£i^. 168) en cône très obtus est suivie du segment buccal achète, plus large qu'elle, et à la partie antérieure duquel s'ouvre du côté ventral la bouche d'où je ne vois pas sortir la trompe. Le V^ et le 2"' segments, plus larges que le buccal, ont un cirre dorsal haut de 0™"',44 et un cirre ventral plus de moitié plus petit (fig. 169). Au 3"'' segment et aux suivants de la r' région, la base du cirre ventral s'élargit du côlé ventral, formant une sorte de pinnule à bords lisses devant laquelle s'étalent de nombreuses soies presque toutes jaunes (1) Grube, Beschr. neuer oder wcnig bekannt. Annel. {Arch. fur Natury., 1855, p. 112). ANNÉLIDES POLYCHÈTES DES COTES DE FRANCE. 361 dont nous parlerons plus loin, ce qui donne une apparence parliculière à la i""" région lorsqu'on regarde l'animal de côté [Çi^. 170). Les branchies apparaissent au 6"" segment (5""" sétigère) tout près ducirre dorsal, laissant le dos bien à découvert. Ce ne sont d'abord que de petiles lanières hautes de 0°^'^,21 , tandis que le cirre dorsal a 0°^^,66. Peu h peu elles grandissent (au 13""' segment elles sont légèrement plus longues que le cirre dorsal), leur extrémité devient triangu- laire et, sauf à cette partie, elles sont garnies de longs cils vibratiles du côté interne. Elles renferment un vaisseau en anse dont les 2 branches sont reliées par de nombreuses anses transversales. Le cirre dorsal contient aussi un vaisseau en anse, mais sans anses transversales. Le sang est faiblement coloré en rouge, La S""" région comprend tous les segments à partir du 30"^". La rame inférieure est ramenée plus haut sur les côtés du corps qui sont entièrement lisses, et elle n'a plus la même forme ni la même apparence, les soies jaunes ayant disparu. Le cirre ventral, haut en tout de 0"'°',27, a une base épatée rap- pelant la pinniile, mais se termine en cône pointu. Les bran- chies ont alors 1°'°',32 de long et, deux fois plus hautes que le cirre dorsal (fîg. 171), elles se rejoignent sur le dos, qu'elles recouvrent complètement. Diminuant progressivement de taille, elles disparaissent aux 8 segments anteanaux oii le dos reste à découvert comme aux segments antérieurs de la 1 '" région et oii les 2 rames devenues très petites sont repous- sées sur les côtés du corps. Dans le segment anal aussi haut que les 7 anteanaux s'ouvre un anus terminal festonné au bord. Les cirres anaux manquent. Partout les soies sortant du corps s'élèvent à la rame ven- trale devant le cirre ventral et à la rame dorsale devant le cirre dorsal. Dans les 2 régions, les soies de la rame supé- rieure sont de 2 sortes: T les unes, en forme de fourche ciliée intérieurement, dont les 2 branches de hauteur inégale sont légèrement renflées à leur extrémité (fig. 172). Il y en a une au V" segment sétigère, puis 2 et enfin 3 dans le der- 362 BE iiAIIVT-tfOiiEPII. nier tiers du corps; 2° les autres, nombreuses dans la f région (30 à 40) el moins dans la 2"^% droites, minces, incolores, terminées en pointe 1res fine, annelées, paraissent crénelées au bord, quand on les examine de côté. Elles sont accompagnées de 4 à 6 acicules assez fins, subulés, pénétrant dans la base du cirre dorsal et qui apparaissent moins nette- ment dans la 1'° région. Les soies de la rame inférieure sont de 3 formes dans la r° région dès le 1" segment sétigère : 1° soies fines, inco- lores, crénelées, semblables à celles de la rame supérieure, mais un peu courbes ; T soies jaunes, foncées, recourbées en arrière, moins longues que les précédentes, ayant une large base qui se rétrécit brusquement pour finir par une longue pointe de plus en plus étroite. Vues de côté, elles sont crénelées au bord (fig. 173). Vues de face, elles sont creu- ses en dessous, et cliacun des 2 bords, tant de la partie supérieure de la base que de la pointe, sont crénelés (fig. 174) ; 3° grosses soies aciculaires jaunes recourbées en arrière, ayant avant leur extrémité supérieure 8 à 10 ran- gées transversales de fins denliculesà peineindiqués(fig. 175). Elles ne dépassent pas le bord de la pinnule, tandis que les 2 autres formes se prolongent au-dessus. On les voit beau- coup plus nettement à partir du 10"^" segment. A la 2™' région, les soies de la rame inférieure sont beaucoup moins nom- breuses. Il ne reste plus que les longues soies minces inco- lores annelées; les deux autres formes ont disparu. Outre les soies dont il vient d'être question, il y a à la rame inférieure, du côté le plus rapproché du ventre, des acicules incolores, unis, à pointe obtuse, très légèrement courbes, qui sont un tiers plus minces que les grosses soies aciculaires de la T" région et deux fois plus gros que les acicules de la rame dorsale. Il y en a 4 dès le T' seg- ment, puis 5, 4, 5 et 4 jusqu'à la fin du corps. Mais, dans la 2""" région, au lieu d'être tous groupés du côlé le plus rapproché du ventre, comme dans la i'% ils sont distribués en éventail dans la hase du cirre venlral d'une manière carac- ANNÉLIDES POLYCHÈTES DES COTES DE FRANCE. 363 iéristique, comme le seraient des crocliels de Cirratiilieiis. L'A. lœvigata, avec ses branchies anléiieiires si petites, laissant le dos à découvert, et avec les deux côlés du corps bien lisses, est à rapprocher, sauf sous le rapport de la taille, du Scoloplos armiger, du Scoiopios Kerguelensis Me Int., Chall., du Scoloplos quadricuspida Fabr., de VArida Mulleri et de VAnc'ia Œrstedïi Clpd. Il y a dans la collection du Mu- séum un exemplaire complet d'A. lœvigata^ provenant de la Méditerranée. Plus petit que le mien, il a 37 millimètres de long dans Falcool sur 3 millimètres de large en avant, plus de 250 segments, la tète arrondie, une région antérieure de 21 segments, des branchies très petites commençant au lO""" segment et laissant le dos bien à découvert jusqu'au 18""'. Les soies et acicules sont partout semblables à ceux que j'ai décrits ci-dessus. Méditerranée. FAMIlLIiR »KS> FLiABKf.I^îf-ÉllIE^i» (PHKIIUSKA Gp., ciiL.OBÉiiiii:x^ Qfg., <$iPHO.\o<§;ToaiA€CAi^: Johnst.). Genre FLABELLIGERA Sars [Siphostomum Otto, Sipho- nostoma Rathke, Chlorœma Duj.). Flabelligera Claparedii N. s. PI. XXI, fig. 176-179. Deux exemplaires trouvés dans les rochers de Remardy, près de Saint-Jean-de-Luz. Le corps d'un jaune clair, entouré d'une couche épaisse de mucus mélangée de sable et de vase, à peine aminci en arrière, mesure 40 à 60 millimètres de long sur 9 de large, et compte 31 à 40 segments. De très nombreu- ses soies simples cloisonnées forment la cage céphaliquc qui entoure la tète avec ses 2 gros palpes jaunes et ses 364 OE ^AIIVT-«iO!iEPH. branchies nombreuses comme celles de la Flabelligera diplo- chai t. os Otto (1). La rame supérieure a 23-25 soies simples cloisonnées sem- blables à celles de la cage céphalique, mais plus minces ; à ces soies, les anneaux les plus hauts (0°'"',06) sont à l'extré- mité antérieure et deviennent de plus en plus bas. A la rame inférieure, il y a 1 ou 2 soies composées avec un article en forme de crochet très recourbé ; la hampe, après cet article, a 77 à 80 anneaux moins serrés que chez la FI. di- plochàitos\ ici les anneaux les plus bas sont les plus rappro- chés de l'extrémité antérieure de la hampe; peu à peu ils deviennent plus hauts (0°'°',0168) et sont suivis de 5 anneaux beaucoup plus espacés (0™'^,063) après lesquels en viennent 50 aussi serrés que les 80 T'", mais là ce sont les anneaux les phis hauts qui sont les 1''' et les plus bas sont les derniers. Celte soie longue de 4°"™, 80, soit un quart de plus que chez la FI. diplochaïtos , est entourée à sa base, comme chez celle-ci, d'une botte de 6 soies longues de r^'^,40, dont la pointe filiforme excessivement fine sort seule du pied. Les papilles qui accompagnent les soies sont lagéniforraes (flg, 176); les autres ont 3 formes différentes : r en massue (fig. 177) ; 2° sphérique (fig. 178) ; 3° sphéri- que surmontée d'une pointe cylindrique (tîg. 179). Ainsi cette espèce a les soies dorsales beaucoup plus nom- breuses que la FI. diplochditos et avec moins d'anneaux, les soies ventrales moins nom^Dreuses, plus longues et avec plus d'anneaux, et enfin deux formes de papilles qui n'existent pas chez la FI. diplochditos . Claparède dans ses Annélides de Naples (p. 373) signale sans la décrire complètement et sans la dénommer, une Flabelligera voisine de la F. diplochcûtos de Naples, dont la mucosité est souillée de substances étrangères et dont les papilles sphériqucs ont un prolongement cylindrique. 11 (1) Voir AmiéL polych. dea côtes de Diiiard, 3""^ partie (.4/??!. des Se. Nat. 7'»« série, t. XVll, 1804, p. 100). ANNÉLIDES POLYCHÈTES DES COTES DE ERAiNCE. 365 est possible qu'il s'agisse là de noire espèce de Saiat-Jean- de-Luz. Méditerranée? Genre STYLARTOIDES D. Ch. [Pherma Oken, Blv., TropJionia Aud. et Edw., Lophiocephala Costa). Je comprends provisoirement dans le genre Stylarïoides, comme Ta fait Von Marenzeller (1), les espèces appartenant à ce genre et au genre Trophoma, mais ce dernier, créé pos- térieurement à l'autre, par Audouin et Milne Edwards pour la Trophonia barbata, qui est le Stylarioides monilife- nis D. Ch., doit disparaître. C'est à tort que Malmgren, Claparède et Grube l'ont fait revivre pour des espèces qui ne rentrent pas exactement dans le genre Stylarioides, et pour lesquelles il sera nécessaire d'établir un genre avec un nom nouveau, en y ajoutant peut-être d'autres genres ou sous-genres. Le genre Stylarioides comprend les espèces à corps en général long, beaucoup moins large à la partie postérieure qu'à la partie antérieure, avec soies des i"" segments très longues, droites, fortes, peu nombreuses, irisées, dirigées en avant et formant cage céphalique, soies dorsales des segments suivants très fines et en petit nombre, soies ven- trales en crochet recourbé, partie antérieure du corps formant siphon exsertile et rétractile d'où sort et dans lequel rentre une bouche, en général trilobée, derrière laquelle s'élèvent 2 très gros tentacules placés à la base d'un pédoncule membraneux, épais, demi-circulaire, servant de support à de nombreuses branchies disposées comme chez les Serpuliens, mais sur plusieurs rangées parallèles, papilles le plus souvent rares et petites : St. moniliferus D. Ch. , St. hirsutus Lo Bianco, Lophiocephalus grandis Qfg., Styla- rioides pa7'matus Gr. Semper. (1) Beitràge zur fauna Spitzbergens. Resultate eiiier im Jahre 1886 unternommenem Pieise von D"^ Willy Rùkenihal. Spitzbergische Aimeliden voii D"" Von Marenzeller [Archiv. fur iiaturg., 1889, p. 131). 3G6 »E «AiîVT-JosEPai. Les espèces voisines du genre Stylarioides^ mais qui n'y rentrent pas exactement, ont pour caractères communs : uu corps plus court et relativement moins aminci à l'extré- mité postérieure que chez les Stylarioides^ les soies de la cage céphalique moins fortes, plus nombreuses et en géné- ral moins brillantes, des soies dorsales plus forles et plus nombreuses, des soies ventrales n'étant pas toujours en forme de crochet recourbé, la portion antérieure du corps ne formant pas siphon (1), mais invaginant ou dévaginant une bouche derrière laquelle s'élèvent 2 tentacules plus gros que les branchies placées en arrière d'eux, moins nombreuses que chez les Stylarioides^ bien séparées les unes des autres, rarement plantées dans une plaque membraneuse verti- cale, des papilles en général plus nombreuses et plus dé- veloppées. Ces espèces formeraient un genre où il faudrait distin- guer, comme le pense Yon Marenzeller, plusieurs groupes d'après la forme des soies des segments qui suivent ceux portant les soies céphaliques et d'après les branchies. Mais si les soies sont assez bien connues, il n'en est pas de même des branchies qui, la plupart du temps, sont incomplète- ment décrites ou même passées sous silence. On comprend donc queles groupements suivants ne soient qu'une ébauche : r' groupe. — Soies dorsales et ventrales efFdées : a. 8 branchies, dont 4 plus grosses et 4 plus minces s'élevant en arrière de la bouche derrière les tentacules. Trophonia glaiica Mgr. — Trophonia hirsuta Hans., chez la- quelle les séparations des anneaux des soies sont saillantes. — Stylarioides longisetosus Von Marenz. b. Branchies? Trophonia Kerguelarum Gr. Gazelle, chez laquelle, d'après Me Intosh ChalL, les séparations des an- neaux sont saillantes aux soies dorsales seulement. — Tro- phonia Wyviilei Me Int. Chall. (1) CAiez la Trophonia jlabeUaia Sais, la partie antérieure du corps est plus saillante en avant que chez d'autres espèces, mais je ne crois ]>as qu'il s'agisse d'un véritable siphon. AN^T.LIDES POLAXHÈTES DES COTES DE FRANCE. 367 2""° groupe. — Soies dorsales effilées et soies ventrales recourbées en forme de crochet : a. 8 ou 10 branchies de grosseur égale disposées comme dans la division a du groupe précédent : Stylarioides plumosa 0. F. Miill. {Trophonia arctica Hans. ?, horeaUs Hans.?, riigosa Hans.?, d'après Levinson). — Trophonia af finis Verr. — Stylarioides tenera., Gr. ?. — Trophonia fïabelkUa Sars. — Stylarioides cinctus Hasw.? b. Branchies nombreuses, de grosseur égale, supportées par une plaque membraneuse dressée verticalement der- rière les tentacules et la bouche : Siphonostomum cari- boum Gr. OErst. (1). — Siphonostomum cingulatum Gr. Kr.?(2). — Stylarioides rudis^ Gr. Fr. MûlL? — Trophonia capensis Me Int. Chall. c. Branchies? Stylarioides scutiger Ehl. Flor. ? — ■ Styla- rioides Horstii, Hasw.? 3°"" groupe. — Soies dorsales effilées et soies ventrales recourbées avec une fine épine sous-rostrale : a. Branchies disposées en fer à cheval : Trophonia eriica Clpd. b. Branchies nombreuses : Trophonia arenosa Webst. 4""^ groupe. — Soies dorsales effilées. Soies ventrales arti- culées à quelques segments. Branchies? Stylarioides collari- fer Ehl. Flor. 5"^ groupe. — Soies dorsales effilées; soies ventrales, les unes effilées plus ou moins épaisses, les autres recourbées en crochet plus ou moins épaisses. Branchies? Trophonia xanthotricha Schmarda. Stylarioides plumosa 0. F. Mûller (3). PL XXI, fig. 180. (1) Voir Ehlers, Florida Anneliden [Mem. of the Muséum of compar. zool. at Harvard collège, t. XV, 1887, in-4, pi. XLII, fig. 7). (2) Je place ici le S. cingulatum, Grube, dans sa description incomplète [Annul. CErst. Vidensk. Meddels, 1858) semblant assimiler le système bran- chial de cette espèce à celui du S. cariboum élucidé depuis par Ehlers. (3) Voir Annél. polych. des côtes de Dinard, 3™^ partie [Ann. des se. nat., 368 OE liAlI^T-JOSKl'Biï. Trois exemplaires adultes recueillis dans un dragage au Nord de Saint-Vaast par 30 mètres de fond environ, me permettent d'ajouter quelques détails à la description que j'ai déjà donnée d'un individu jeune. Ces exemplaires ont de 55 à 60 millimètres de long sur 4 à 5 millimètres de large en avant et 2 à 3 millimètres en arrière, et 60 à 66 segments en tout. Le corps est d'un gris sale avec des particules de vase et des grains de sable agglutinés aux papilles surtout du côté dorsal, où elles sont beaucoup plus nombreuses et plus fortes (0°'°',16 de haut sur 0°''^,04 de large) (fig. 180) que du côté ventral. La partie antérieure du corps, qui est rétractile jusque dans le 4°"' segment sétigère et qui n'a pas de siphon exser- tile, a derrière la bouche ventrale 2 gros palpes d'un rose orangé parcourus en dessous par un sillon cilié, longs de 2°"™, 25 sur 0°'°',5 de large, et en arrière des tentacules 8 branchies vertes ciliées de grosseur égale, moitié moins larges que les tentacules, longues de 4°'°', 75, et placées sur 2 rangées parallèles de 4 chacune l'une derrière l'autre. Les 3 r'' segments sétigères ont aux 2 rames des soies simples, droites, non brillantes, plus fortes que celles des segments suivants et formant cage céphalique pour protéger les tentacules et les branchies qui sont très caduques, lors- qu'elles sont sorties de l'intérieur du corps. Ces soies ont 0°'°',063 de large dans la partie la plus large et leurs an- neaux d'égale hauteur 0™'^,029 de haut. Celles du T' seg- ment, longues de 1 centimètre sont au nombre de 16 envi- ron à la rame dorsale et 8 à la rame ventrale de chaque côté. Celles du 2°"" segment sont moitié moins longues et moins nombreuses, et il est de même des soies du 3'""' seg- ment par rapport à celles du 2°"'. Aux segments suivants, il y a à la rame dorsale des soies simples au nombre de 10 à 7, ayant 1"°^,5 de long sur 0"°^,033 de large dans la partie la plus large, et des anneaux égaux de 0"'°',025 de 7'"'' soiie, L XVII, p. 101 cl ])l. V, fig. 125). — On a vu plus haut que ce n'est pas un véritable Stylarioides. ANNÉLIDES POLYCHÈTES DES COTES DE FRANCE. 369 haut. A la rame ventrale, les soies, jaunes et massives, au nombre de 4 ou 3, sont en forme de crochet recourbé (1), larges de 0°"",084 dans la partie la plus large, avec des anneaux hauts de 0™",021 près de la base et de 0°'",010 à la partie antérieure avant la courbure du crochet. Les soies effilées qui accompagnent chacune des soies ven- trales ne sont pas annelées et ne font pas saillie hors du corps. Elles ont une base assez large (0°'°',042), et Clapa- rède, chez la Trophonia eruca Clpd., les regarde comme des acicules. L'anus terminal s'ouvre dans un très petit segment anal achète. FAMILLE DEli OFUÉLIEiVi» Gr. {incl. POLYOPHTHALHIEW^ Q%-)- GENRE OPHELL\. Sav., OErst. rev. [Ammotrypane Rathke jo. p.), Ophelia neglecta Aimé Schneider (2). PI. XXI, fig. 181-195, et pi. XXII, fig. 196-199. Au banc des Chiens près le Pouhguen. Animal à mouvements lents vivant dans le sable. Le corps composé de 33 segments dont 32 sétigères, cou- leur de chair avec reflets nacrés irisés, long de 52 à 60 mil- limètres pour les grands exemplaires et large de 4 à 5 mil- hmèlres dans la partie antérieure, comprend deux régions bien distinctes de longueur inégale : la première cylindrique et renflée finissant en avant en cône pointu, de 9 segments sétigères; la deuxième plus étroite, plus longue des deux tiers que la précédente, de 24 segments (y compris l'anal) dont les 18 1""' branchifères, encore convexe du côté dorsal, comme la T^ région, mais aplatie du côté ventral et (1) Loc. cif., pi. V, lig. 125. (2) Aimé Schneider, Sur l'Ophélie duPouligiien {Tablettes zoologiques, t. Il, 1887, p. 1-9, et pi. XIV). ANN. se. NAT. ZOOL. V, 24 370 de: fi^iiWT-aojiÉPif. divisée en deux par un profond sillon longitudinal de chaque côté duquel règne un gros repli creux et transparent où l'on voit circuler le liquide cavitaire. Sur le dos, les segments sont partout très indistincts et chacun d'eux, sauf le*!^'', est divisé en 5 petits anneaux sans compter celui sur lequel sont placées les soies. Ces anneaux sont formés chacun par un repli circulaire de la cuticule dentelé à un de ses bords dans l'intérieur du corps (fîg. 181). Sous le ventre les segments, qui à la T' région étaient aussi peu marqués que du côté dorsal, deviennent plus distincts dans la 2°"" région, surtout à l'extrémité du corps, mais les petits anneaux sont moins nets. La cuticule, épaisse de 0°'°', 022, se dissout dans tapo- tasse et n'est donc pas chitineuse. Couverte de stries très fines longitudinales et transversales se coupant à angle droit et produisant l'irisation, elle est percée de pores de 0°'",004 de diamètre irrégulièrement répartis sur tout le corps. A chacun des segments branchifères, il y a environ 25 rangées transversales régulières, plus ou moins droites ou obhques, deSOàlOO pores d'un diamètrede0°^°^,006à0"", 010 (fig. 182 et 183). Ce sont les orifices de petits entonnoirs renfermant une substance granuleuse (peut-être des organes du tact, d'après Yon Marenzeller) (1). Ces rangées s'étendent depuis le niveau des branchies, sur une longueur de 1 milli- mètre, uniquement du côté du dos dont le reste est occupé par des pores ordinaires plus petits distribués çàet là. La tête, très petite, longue de 0°'"',90, est en forme de cône pointu riche en tissu musculaire (fig. 184). Elle est creuse et le liquide cavitaire qui y pénètre, y apportant quel- quefois des œufs, peut la rendre très rigide, ce qui est utile à l'animal pour fouir le sable. A la base du cône, le cerveau bilobé porte à sa surface 4 yeux disposés en carré. Les 2 yeux antérieurs et l'œil postérieur de gauche, d'un diamètre de 0""",02, ont un cristallin enchâssé dans une masse pigmen- (1) Die Polychsuten der Bremer Expédition nach Ostspitzhergen {Zool.Jahrb., t. VI, 1892, p. 425). ANiNÉLIDES POLYGHÈTES DES COTES IDE FRANCE. 37 1 taire noire; quant à l'œil postérieur de droite, il est pure- ment rudimenlaire consistant en quelques granules pigmen- taires. De chaque côté du cerveau, la cuticule est percée d'une fente de 0™"',3 de diamètre d'oiîi sort un organe rétrac- tile vibratile, arrondi (fig 185 et 186) (organe de la nuque), qui esL un organe des sens et qu'on a signalé souvent chez d'autres Annélides polychètes sans qu'on soit d'accord sur ses fonctions. M. Racovitza l'a étudié spécialement dans plusieurs familles (1). Le 1" segment, qui fait suite à la tête, va en s'élargissant peu à peu jusqu'à la bouche placée à sa limite inférieure et se compose de 20 à 22 petits anneaux sur le 15°"^ et le 16°"' desquels, en comptant à partir de la tête, on observe de chaque côté du dos une fossette produite, comme le dit Claparède, pour VOphelïa radiata D. Ch., par la traction des muscles labiaux. Exactement sur la même ligne que la fente buccale, il y a de chaque côté 2 faisceaux de soies, l'un plus rapproché du dos, l'autre plus rapproché du ventre, sortant entre 2 lèvres béantes arrondies, et séparés l'un de l'autre par un pore ovale de O"""", 060 sur 0°'°',045 qui traverse la cuticule sous la forme d'un gobelet vide au fond duquel se dressent de petites fibrilles droites (fig. 187, e). Ce pore existe à tous les segments sauf l'anteanal. Quant aux soies, elles sont partout d'une seule sorte, fines et capillaires, les dorsales plus longues que les ventrales ; à chaque faisceau il y en a quelques-unes plus courtes que les autres. Comme, chez les Ophélies, les soies sont placées à la limite inférieure des segments, le segment buccal est donc sétigère. Il est suivi de 8 autres beaucoup moins hauts et divisés, comme nous l'avons dit, en 5 petits anneaux. Le 9°"^ segment, qui est le dernier de la T' région, est terminé du côté du dos par 2 ma- melons arrondis qui dominent les 2 faisceaux de soies placés au-dessous d'eux. Au lO'^' segment sétigère commence la 2°"' région et appa- (1) Le lobe céphalique et Vencéphale des Annélides polychètes {Arch. de zool. expérim.,'S'^'' série, t. IV, 1896). 372 DE SSAIlWT-JOiiEPU. raît juste en arrière du faisceau de soies supérieur, qui en recouvre la base, une branchie ligulée, rouge, à cils vibra- liles courts et fins, parcourue dans toute sa longueur par une anse vasculaire dont les deux branches sont reliées par un grand nombre de petites anses transversales (fig. 187, b). Au 12°"' segment, un gros pore de 0°'°',1 de diamètre qui sert de débouché à un organe segmentaire s'ouvre en avant du faisceau sétigère ventral vers le milieu du segment et on le retrouve aux 5 segments suivants (fig. 188, cl). Les pre- mières et les dernières branchies sont moins longues que celles du milieu qui atteignent jusqu'à 7 millimètres de long. Il y a constamment à tous les exemplaires 18 segments branchifères qui sont suivis de 5 segments abranches bien marqués; les faisceaux de soies y sont semblables à ceux de la r' région, mais au dernier des 5, il n'y a pas de pore entre les 2 faisceaux. Le sillon ventral, qui s'était élargi aux 3 l"""' de ces 5 segments, se rétrécit brusquement aux 2 derniers, qui sont plus étroits et où les soies plus longues que celles des autres segments, dépassent le segment anal et lui font une sorte de cage. Le segment anal consiste en une membrane d'un gris sale qui paraît être un segment dégénéré à 7 ou 8 anneaux. Cette membrane semi-circulaire flotte autour de l'anus ter- minal et l'entoure, sauf du côté ventral où elle est béante ; elle est frangée au bord de 18 papilles digitiformes ayant 0"",66 de long sur 0"",36 de large à la base. Ces 18 papilles s'étalent entre 2 prolongements papilliformes, deux fois plus longs et plus larges qu'elles, qui terminent les 2 replis ventraux delà 2°"' région et où circule le liquide cavitaire; ce ne sont pas à proprement parler des papilles, quoi- que les auteurs les aient fait entrer en ligne de compte comme papilles. La bouche, qui s'ouvre sous le ventre loin en arrière delà tête, consiste en une fente transversale large de r"''\20 pré- cédée d'une lèvre supérieure saiflante, non fendue sur les côtés, se prolongeant en un long cône presque jusqu'à la ANNÉLIDES POLYCHÈTES DES COTES DE FRANCE. 373 tcte (fîg. 189, ç); la lèvre inférieure, beaucoup plus courte et arrondie en arrière, est sillonnée de plis longitudinaux (fig. 189, d). La bouche est suivie d'une trompe exsertile, rouge et mullilobée, puis d'un œsophage court, tapissé de nombreux replis, où pénètre le sang contenu dans le sinus périœsophagien. L'œsophage passe au-dessous de l'organe problématique particulier aux Ophélies, pris par Délie Chiaje (1) pour une double vésicule respiratoire, par OEr- sted (2) pour une glande salivaire, par G. Costa (3) pour un cœur charnu, parN. Wagner (4) pour un capuchon destiné à recouvrir la partie antérieure du canal digestif et à fouir le sable, par Quatrefages (5) pour un large entonnoir plissé exsertile, enfin par Claparède (6) et par Pruvot (7) pour un organe injecteur. C'est un sac conique très musculeux, bien indépendant du canal digestif, placé au-dessus de l'œso- phage au milieu du dos et qui n'est que la dépression d'une membrane musculaire fixée aux parois du corps comme un diaphragme en regard du 3"^' faisceau sétigère et se laissant traverser néanmoins par l'œsophage et le liquide cavitaire (fig. 190). Un second sac pluspetit, disposé de même, placé au-dessus, vient s'emboîter dans le 1°' sans le remplir. Ces deux sacs sont creux et contiennent du liquide cavitaire. Il me parait probable, comme à Claparède qui en indique le fonctionnement, que cet organe, occupant les 4°"" et 5°"^ seg- ments, sert à injecler le liquide cavitaire dans le petit lobe céphalique. C'est la trompe qui est évaginée et non pas lui. 11 est à rapprocher, comme je l'ai déjà fait (8), du diaphragme œsophagien des Térébelliens. (1 ) Descrizione e Notomia, t. IH, p. 89. (2) Grônlands Ann. dorst5.,p. 204, et pi. VIII, fig. 105. (3) Annali di Accad. d. aspir. natur., II, p. 83, fide Clpd. (4) Wagner, Die Wirbellosen des Weissen Meeres, in-foi., 1885, p. 55. (5) Sur quelques invertébrés marins d'Arcachon (Assoc. franc, pour l'avance- ment des sciences, t. I, 1873, session de Bordeaux, p. 653). (6) Annél. du golfe de Naples, p. 291 , et pL XXVI, fig. 1 B b, b', c, c. (7) Pruvot, Système nerveux des Annél. polych. [Arch. de zool. expérim., 2°'^ série, t. III, 1885, p. 309, et pi. XV, fig. 1). (8) Les Annél. polych. des côtes de Dinar d^ 3°^^ partie [Ami. des se. nat.y 7°^^ série, t. XVII, 1894, p. 192, et pl. VIII, fig. 215). 374 oe: SAiivT-JOjSEPH. A peu près au milieu du 6"' segment, l'estomac succède à l'œsophage. D'un diamètre beaucoup plus grand, il est entouré d'un sinus qui apporte le sang dans des replis sinueux et dendritiques les plus développés que je connaisse pour le canal digestif d'un Annélide polychète. Ils forment 3 grou- pes : 2 latéraux assez bas et i ventral beaucoup plus impor- tant, piriforme, s'élevant presque jusqu'à la paroi dorsale de l'estomac, qu'il remplit en grande partie, et communiquant par un pédoncule avec le sinus péristomacal. 11 est possible, comme le pense Schaeppi, que ces replis si importants où cir- cule le sang servent à une respiration intestinale dans une région oi\ manquent les branchies. Au commencement de la région abdominale, après le dis- sépiment entre le 9°"" et le 10°"' segment, l'intestin fait suite à l'estomac. Il est de même diamètre, mais les replis moins importants, sont seulement sinueux et non dendritiques. Il y a aussi un repli ventral, moins volumineux que celui de l'es- tomac et oii pénètre le sang du sinus péri-intestinal. A cha- que segment, l'intestin est étranglé par les dissépiments, qui sont beaucoup plus marqués que dans la région thoracique. Tout le canal digestif est rectiligne et ne décrit pas de sinuosités. Au 3°"" avant-dernier segmeut, le repli ventral de l'intestin est suivi de 2 valvules superposées, la supérieure avec 9 papilles digitiformes et l'inférieure avec 6 (fig. 191). Tout cet appareil, en général rétracté dans l'intérieur du corps, pend quelquefois hors de l'anus. La description de la circulation du sang donnée par Clapa- rède est inexacte sur bien des points. Wiren (1) avait décou- vert une circulation lacunaire autour du canal digestif depuis l'anus jusqu'à la base de la trompe chez VOpheUna acuminata OErst. [Ammotrypaneaulogaster^dX\\\ie). J'en con- state une semblable chez l'O. neglecta comme Schaeppi (2) (1) Beitr. zur Anat. und HhtoL der limivorcn Aiincl. [K. Svenska VeteiisJ;. Ahad. Handlingar, t. XXII, i8S7, p. 42). (2) Dai^ chloragogcn von Ophclia radinta {Jenahche Zeils. fur Medicin und Natunv., t. XXVIlî, 1893, p. 2:)0 à 273, cL pi. XIX). ANNÉLIDES POLYGHÈTES DES COTES DE FRANCE. 375 chez YOphelia radiata. Tous les détails qu'il donne sur la circulalion du sang et sur le corps cardiaque dans son inté- ressant Mémoire sur cotte espèce sont applicables à VO. ne- glecta et je ne puis qu'y renvoyer. Le sang contient de nonn- breux globules sanguins. Le cerveau dont il a été question plus haut est relié à la chaîne nerveuse ventrale par 2 longs connectifs œsophagiens qui se réunissent en arrière de la bouche après avoir suivi dans leur trajet les deux côtés du long triangle formé par la lèvre supérieure (fig. 189, c). Le cordon nerveux ventral décrit exactement par Claparède (1), plat et large de 0°'''',36, se dessine comme une bandelette blanche placée au-dessus des muscles obliques sur la ligne médiane ventrale et qu'on enlève facilement (2). Je n'y vois pas de fibre tubulaire colossale. L'O. neglecta n'a pas de couche de muscles circulaires. De nombreux faisceaux de muscles longitudinaux dorsaux parallèles et juxtaposés occupent tout le dos jusqu'au point d'insertion des muscles obliques qui se détachent de chaque côté de la ligne médiane ventrale et au-dessous desquels sont placés de chaque côté du corps les faisceaux musculaires longitudinaux ventraux, beaucoup moins nombreux que les dorsaux. Les muscles obliques sont plus importants dans la région abdominale et c'est dans la chambre qui les sépare des muscles longitudinaux ventraux que sont logés la base des faisceaux de soies avec leurs muscles rétracteurs, et les organes segmentaires dans les segments oiiils existent. Il y a 6 paires d'organes segmentaires colorés en brun aux segments 12-17. Chacun d'eux renferme un canal peu sinueux, non recourbé, débouchant à l'extérieur par le gros pore dont il a été question plus haut et à l'intérieur par nn pavillon vibralile dentelé au bord et dominé par 2 languettes (1) Lnc. aï., pi. XXVI, %. 1 e. (2) Voir, sur le système nerveux des Ophélies, Kûkenthal, Ueber das Nerven- sijstem der Ophellaceen{Jenaische Zeits. fur Medicin und Naturw., t. XX, 1887, p. 511-580, et pi. XXXII-XXXIV). 376 »E s AI1¥T- JOSEPH. ciliées (fîg. 192). Le pavillon de l'organe qui aboutit au gros pore du 12°"' segment se trouve dans le 11"'% et ainsi de suite. Les femelles et les mâles sont mûrs au mois d'avril. Les femelles ont des ovaires avec des œufs à tous les états de développement comme le figure Claparède pour VOwenia fusiformis D. Ch. (1); lorsqu'ils sont entièrement formés, les œuf s_, légèrement bruns, ellipsoïdaux, mesurant 0°"°", 20 dans le sens de la longueur (fig. 193), tombent dans la cavité du corps. Les mâles, que leur couleur blanchâtre distingue des femelles, sont remplis d'un nombre énorme de sperma- tozoïdes très petits, soit isolés (fig. 194), soit en régimes (fig. 195). Dans le liquide cavitaire, j'observe des corpuscules lym- phatiques incolores à prolongements pseudopodiques figurés et décrits par Claparède pour VO. radiata (2); mais j'y trouve surtout en grande quantité les corps bizarres vus pour la première fois par G. Costa chez la ISeomeris uro- /;%//« Costa [0. radiata) (3) puis par Kowalewsky (4) chez une Ophélie qu'il ne nomme pas, par Claparède (5) chez YO. ra- diata^ par N. Wagner (6) chez VO. aulogaster (0. limacinal)^ parKûnstler(7) chez VO. ^icorm^Sav. et enfin par Schaeppi(8) chez VO. radiata. Pour Costa ce sont des caillots sanguins, pour Kowalewsky des amas de corpuscules lymphatiques, pour Claparède peut-être des subsiances excrétionnelles, ce qu'admet aussi Eisig (9), pour Schaeppi des cellules lym- (1) Annél. du golfe de Naples, pi. XXVI, fig. 5 d. (2) Annél. du golfe de Naples, p. 287. et pi. XXIX, fig. 1. (3) Ann. d. Accad. d. aspir. Natur., II, p. 84, fide Clpd. (4) Entwickelungsgeschichte dcr JMppenquallen {Mém. de VAcad. des se. de St-Pétersbourg, 1"^" série, t. X, 1806, p. 404. Introduction, p. vi). (5) Annél. du golfe de Naples, p. 288, et pi. XXIX, fig. 1 a, \ w, 1 c. (6) Die Wirbellosen des Weissen Meeres, in-fol., 1885, p. o5. (7) Kùnstler, Sur un lihizopode {Comptes rendus du 18 août 1884). — Dii- montia Opheliarum [Bull, de la Soc. de zool , t. X, 188o, p. 309-330, et pi. IV, fig. 1-41). — Sur la structure réticidéc des Protozoaires {Comptes rendus du 4 avril 1887). (8) Das Chloragogen von Ophelia radiata {Jenaisclœ Zeits. filr Mcdiein iind Naturw., t. XXVIII, 1893, p. 247 à 250, et pi. XVI-XVIII). (9) Monographie der Gapitelliden des Golfes von Ncapel, in-fol,, 1887, p. 089. ANNÉLIDES POLYCHÈTES DES COTES DE FRANCE. 377 pbatiques renfermant des amas de corpuscules de chlora- gogène en forme de bâtonnet, opinion à laquelle je me range. Quand à M. luinsUer, il pense que ce sont des protozoaires de la classe des Sarcodines, intermédiaires entre les Rhizo- podes et les Radiolaires; il leur donne le nom de Dumontia Ophelianim. Les concrétions brunes, produits excrélionnels qu'on observe cbez l'O. neglecta, comme chez tant d'autres Anné- lides polychètes^ sont surtout abondantes dans le tissu péri- tonéal externe et dans le tissu épithélial interne du canal digestif et des organes segmentaires de l'animal. Tombant dans le liquide cavitaire, ils y sont englobés par les cellules lymphatiques dont nous avons parlé plus haut ; Schaeppi décrit en détail la manière dont, entourés chacun d'une vacuole, ils se juxtaposent dans la cellule lympha- tique en prenant la forme d'un bâtonnet brun plus ou moins coudé dans sa région médiane, la cellule augmen- tant peu à peu de volume en même temps que le bâ- tonnet. On les retrouve partout oii pénètre le liquide cavitaire : dans les 2 prolongements des sillons ventraux qui font partie du segment anal, autour du canal digestif, dans l'organe injecteur et jusqu'autour du cerveau. Dans sa forme la plus simple (fig. 196), la cellule à bâtonnet a un bâtonnet axial presque central long de 0°'°',03 à 0°'°',05, d'un brun clair avec un noyau placé en regard de la concavité de la partie courbe (ce qu'on observe à tous les états de développement) dans le protoplasma granuleux qui a de chaque côté et perpendiculairement à l'axe 3 pseudo- podes très nets fins et pointus. Dans la forme la plus avancée de la cellule (fig. 197) qui se développe surtout en largeur, le bâtonnet atteignant 0°'°',32 de long, devenu plus foncé, renflé à ses deux extrémi- tés en massue ou le plus souvent en palette, s'est accru en lon- gueur et en largeur au moyen de couches successives indiquées par deslignes de croissance très fines qu'onpeutsuivre jusque dans les palettes (1). Le protoplasma qui entoure immédia- tement le bâtonnet et ses extrémités est finement granuleux comme dans la forme moins avancée, mais le resle se modifie. De chaque côté du bâtonnet, et deux fois plus large du côté concave de la courbure, il s'est formé une couche relativement épaisse de vacuoles, ayant l'aspect d'un tissu aréolaire, à laquelle succède une couche de protoplasma étalée comme une membrane très mince, presque diaphane, finement pointillée, se plissant facilement. Cette couche se découpe en nombreux pseudopodes plats, légèrement renflés à leur extrémité, remplis de protoplasma granuleux entre- mêlé de quelques vacuoles, dans lequel on ne peut aperce- voir le moindre courant. Lorsqu'il se trouve des vacuoles à leur extrémité, ils semblent avoir des suçoirs. Je ne leur vois jamais exécuter aucun mouvement et c'est inutilement que j'essaie de leur faire saisir de petites Paramécies que je dirige à leur portée. C'est donc en apparence seulement qu'il y a quelque ressemblance avec un Rhizopode. Lors- que ces cellules à bâtonnet sont roulées dans le liquide ca- vitairepar les contractions du corps de l'Ophélie et qu'elles se présentent non pas de face mais du côté de la tranche, on constate que la partie vacuolaire du protoplasma forme un disque aplati autour du bâtonnet et que les pseudopodes et la couche protoplasmique très mince dont ils dépendent s'emmêlent les uns dans les autres tout en flottant. Ces cellules singuhères sont les seules de cette forme qu'on ait observées jusqu'à présent et on comprend qu'on ait pu au premier aspect les prendre pour des protozoaires, comme il est arrivé pour les urnes du Sipunculus iiudus. Outre les cellules lymphatiques avec ou sans bâtonnet, je rencontre dans le liquide cavilaire des corps incolores, non chitineux, d'une forme particulière dont j'ignore la nature et la fonction (fig. 198 et 199). Je n'y retrouve pas le Litho- (i) Dans ma figure, il y a Irois amas jonds de concrétions brunes on dehors du bâtonnet et le plus j^ros masque le noyau. ANNÉLIDES POLYCHI>/rES DES COTES DE FRANCE. 370 cy.9t}s OpJieliiT Giard (1 ) signal(' par M.Ciiard dans iino 0|)lirlio du Pouliii;'uen qui est probablement 1Y>. ncf/lerla. UO.iieglecta di donc 9 segments antérieurs, 18 segments branchifères, 5 postérieurs, 20 papilles anales y compris les 2 prolongemenis papilliformes de lapartievenlraledu corps, un pore entre les faisceaux de soies aux 2 régions, des lignes transversales régulières de pores aux segments branchifères, 2 valvules anales superposées avec des papilles en nombre plus élevé que chez V 0. radïata et \0. bicornis. L'O. radiata^ comme j'ai pu m'en assurer par des exem- plaires de Naples et de Marseille, ces derniers dus à l'obli- geance de M. Mesnil, a 10 segments antérieurs, 14 branchi- fères et 7 postérieurs, 16 papilles anales y compris les 2 prolongemenis papilliformes, pas de pores entre les fais- ceaux de soies, pas de lignes de pores aux segments bran- chifères, une valvule anale supérieure avec 2 papilles et une inférieure avec 4, figurées par Délie Chiaje(2). L'O. Ihnadna [Ammotrypane lïmacina) Ralhke a d'après Rathke et Grube 10 segments antérieurs, 23 branchifères, 4 postérieurs, 12 papilles anales y compris les 2 prolongements papilli- formes, un pore entre les faisceaux de soies et des lignes de pores aux segments branchifères. L'O. bicornis'! OErst. [0. borealis Qfg.) a, d'après OErsted, 11 segments antérieurs, 21 branchifères, 4 postérieurs et 14 papilles à l'anus y compris les prolongements papilli- formes. L'O. bicornis^diW.^ décrite ci-après, diffère aussi, comme on le verra, del'O. neglectahmn distincte des autres espèces. M. Fauvel m'a donné une Ophélie de l'embouchure de la rivière de Lannion (l'Yaudet) qui est exactement la même que YO. neglecta du Pouliguen. Manche. Atlantique. (1) Giard, Les habitants (Tune plage sablonneuse {Bull, scient, du départ, du Nord, 2°'« série, 9°^^ année, 1886, p. 190). (2) Descriz. e notomia, etc., 1841, t. Vil, pi. G, fig. 0. 380 I>E ISAIMT-JOSiEPH. Ophelia bicornis Sav. (1) nec D. Ch., tiec OErst., nec Cosmov. Ophema bicornis Audouin et Milne Edwards, Recherches pour servir à l'hist. nat. du littoral de la France, t. II, p. 2G7, et pi. VB, fig. 7-9. — — Quatre f âges, Hist. nat. des Annel., t. II, p. 273. — Sur quelques invertébrés marins d'Arcac/ion {Assoc. franc, pour l'avancem. des se, t. I, 1873. Session de Bordeaux, p. 653). ? — — Pruvot, Système nerveux des Annél. polych. [Archives de zool. expér., 2iïie série, t. III, 1887, p. 308, et pi. XV, lig. 1-2). Trouvée au Banc du Port Ciguet au Croisic, par M. le Professeur Henneguy qui a bien voulu m'en remetlre 3 exem- plaires conservés dans l'alcool. L'O. bicornis est de même taille que l'O. neglecta, mais de couleur plus rosée. Le corps de forme semblable a 31 seg- ments en tout dont 9 sétigères pour la T' région, 21 séti- gères et l'anal achète pour la T'\ Les 15 1"'' segments de la 2""' région sont branchifères, avec des branchies plus courtes que chez l'O. negleoAa, les médianes qui sont les plus lon- gues n'atteignant que 5 millimètres au lieu de 7. Les 6 seg- ments suivants sont semblables à ceux de la T' région et le segment anal achète entoure l'anus terminal de 15 papilles y compris les 2 prolongements de la partie ventrale du corps. C'est seulement aux segments branchifères qu'il y a un pore entre les faisceaux de soies. Les rangées transversales de pores, qui existent à ces segments chez l'O. neglecta^ manquent ici. Les faisceaux de soies du 1" segment (segment buccal), sont placés en arrière de la bouche. La valvule anale, qui me semble unique, a 6 papilles. Cet appareil val- vuiaire, qui existe probablement chez toutes les Ophélics, a été décrit par Savigny et figuré par Audouin et Milne Edwards, chez l'O. bicornis, mais ces auteurs ayant pris la queue pour la têle en faisaient la crête membraneuse den- telée de la trompe. Sur tous les autres points, les détails que j'ai donnés (1) Savigny, Sysitrmc des A7m(Hidcs,\^. 38. ANNÉLIDES POLYCHÈTËS DES COTES DE FRANCE. 381 sur VO. necjlecta sont applicables à l'O. hicornis chez la- quelle on retrouve aussi dans le liquide cavitaire les cellules lymphatiques à bâtonnet. L'exemplaire type de Savigny, recueilli par d'Orbigny à La Rochelle et faisant partie de la collection du Muséum, est maintenant en Irop mauvais état pour être consulté uti- lement. Je m'en suis donc référé à la description qui en a été donnée par Qualrefages à une époque oii il était encore possible de l'examiner. Elle me permet d'établir que l'espèce du Croisic est bien celle de Savigny. Qualrefages a trouvé plus tard à Arcachon une 0. bïcornis qui ditlere sur quel- ques points de l'O. bkornis de Savigny telle qu'il l'avait dé- crite. Est-ce la même espèce? Atlantique. Genre TRAVISIA Johnsl. (Ammotrypane Rathke p, p.). Travisia Forbesii Johnst. (1). ?AiMMOTRYPANfc; OESTROÏDES Rath. Rathke, Beitr. zur Fauna Norwegens {Nova acta nat. cur. etc., 1840, p. 192 et 195, et pi. X, fîg. 9-18). — — Pravot, Recherches sur le système nerveux des Annél. {Archives de zool. expérim., 1885, 2°^^ série, t. III, p. 303; pi. XI, fîg. 8, et pi. XV, fig. 3-11). ?Ophelia mamillata OErst. OErsted, GrÔnl. Annul. dorsib.^ 1843, p. 53, et pi. VIII, fig. 103, 112, 114, 119, 120. — Zur Classif. der Annul. {Archiv fur Naturg., 1844, t. le»", p. 110, et pi. III, fîg. 21-23) Travisia Forbesii Levinsen, Overs. over de Nord. Annul. {Vidensk. Meddelser, 1884, m-8, p. 119). — — Kiikenthal, Ueber das Nervensgstem der Opheliaceen {Jenaische Zeiis. fiir Medicin und Naturw., t. XX, 1887, p. 516-527, et pi. XXXII, fig. 1-14). PI. XXII, fig. 200. Au banc des Chiens, près le Pouliguen, dans le sable fin, avec les Ophelia neglecta] animal à mouvements lents, ayant une odeur forte et désagréable rappelant celle de certains Ariciens. (1) Ann. ofnat. hist., t. IV, 1840, p. 3*3, et pi. XI, fig. 11-18. — Cat. of Brit. non parasit. Worms, p. 220, et pi. XIX, fig. 11-18, où Johnston donne une bonne figure de l'animal entier. 382 OE SiAIlVT-tlOliEPII. Le corps, d'une jolie couleur rouge tendre comme celle des Ariciens, a 28 segments et mesure au plus 25 millimètres de long sur 5 millimètres de large dans la partie médiane. 11 se divise en deux régions : la V plus large, cylindrique, en forme de fuseau, comprenant les deux 1'"' tiers; la 2"^% beau- coup plus étroite, formant comme une queue rectangulaire et garnie de chaque côté de grosses papilles dont il sera question plus loin. Les segments, assez indistincts dans la i""^ région, sont plus distincts que chez VOphelianeglecta dans la partie pos- térieure où ils sont comme imbriqués, ainsi que l'indique Johnston [loc. cit.^ pi. XIX, ï\^. 12). Le V segment n'a pas d'anneau; le V^ en a un seule- ment du côté dorsal ; le 3™' et les suivants en ont cha- cun 3 qui font le tour du corps et du dernier desquels sortent les soies. A la 2"°" région du corps ces anneaux ne sont pas circulaires ; ils ne sont marqués que sur le dos et sous le ventre et non sur les côtés. Aux 5 derniers segments, il ne semble plus y en avoir que 2. La surface du corps qui agglutine le sable est couverte de grosses cellules polyédriques (fig. 200) saillantes, rempHes de granulations incolores, séparées les unes des autres par un petit sillon où, d'après M. Pruvot, apparaît la cuticule qui partout ailleurs est cachée par les cellules. Cette cuticule est couverte, comme chez VO. neglecta^ de stries se coupant à angle droit; elle est irisée et parsemée de pores très fins. En bas de la tête en pointe mousse, dont le cerveau man- que d'yeux, il y a de chaque côté à la limite anlérieure du r** segment, qui est achète, un organe vibratile exsertile de même forme que celui de l'O. neglecta [voir PI. XXI, tig. 186) et d'un diamètre de 0'°°^,16. La bouche s'ouvre sur la hmite du 2°"° et du 3"' seg- menl, entre 2 lèvres dont la supérieure avec 3 plis lon- gitudinaux s'étendant sous tout le 2""" segment et l'in- férieure avec 3 plis semblables s'élendant sur une partie du 3'"'. Au 2""" segment, comme aux suivants, il y a de ANNÉLIDES POLYCIIÈTES DES COTES DE FHAiNCE. 383 chaque côté du corps un faisceau de soies dorsales capil- laires non limbées, plus longues, et un faisceau de soies ventrales semblables mais plus courtes, séparés l'un de l'aulrc par un pore que M. Pruvot croit être un organe des sens. Au 3'"' segment apparaît une petite branchie longue de 0°"",6 au-dessous du faisceau dorsal. Les branchies, creuses comme celles des Glycériens et tapissées intérieu- rement de cils vibratiles, se plissent souvent dans le sens transversal; elles communiquent avec le corps par un large orifice qui permet au liquide cavitaire d'y venir respirer. Les plus longues atteignent l'^°',80. Au 4^' segment, un gros pore qui sert d'ouverture externe à un organe segmentaire vient se placer sous le ventre, un peu en arrière du faisceau des soies ventrales sur l'anneau qui précède celui d'où elles sortent (1). Ce pore se retrouve aux 11 segments suivants, toujours accompagné d'un organe segmentaire très légère- menl coloré en brun, s'ouvrant dans le corps par un large pavillon vibratile et se terminant, comme le figure Rathke, par un petit canal recourbé qui débouche au dehors par le pore. C'est ensuite que commence la 2"^" région. Elle se compose des 12 derniers segments qui précèdent le segment anal. De chaque côté du corps il y a alors à chaque seg- ment, deux grosses papilles charnues qui rendent les seg- ments très distincts et sous lesquelles sont placés les fais- ceaux de soies et les branchies dorsales, qui persistent pendant 7 segments de cette région et disparaissent ensuite. Le seg- ment anteanal n'a plus qu'une ou deux soies à chaque faisceau et le pore intermédiaire n'existe plus. Le segment anal achète, beaucoup plus étroit que les pré- cédents et qui entoure l'anus terminal, est bordé à sa partie inférieure de 8 à 10 festons placés chacun entre 2 raies lon- gitudinales superficielles qui remontent jusqu'en haut du (1) M. Pruvot donne une figure exacte d'un des segments branchifères de la première région avec ce pore, et d'un des segments branchifères de la deuxième région sans ce pore {loc. cit., pi. XV, fîg. 4 et a). Ces 2 figures données pour VAmmotrypane œstroïdes sont applicables à la T. Forbesii, en supposant que ces 2 espèces ne doivent pas se confondre. 384 »E §(Aii^T-.so,^i:i»ii. segment. Il n'y a donc pas là de véritables papilles déta- chées les unes des autres comme chez les Ophéhes. Ainsi, en résumé, il y a en tout 28 segments dont les 2 1^'sans branchies, 20 avec branchies, 5 de nouveau sans branchies, et le segment anal. Il existe partout un pore entre les 2 faisceaux de soies, sauf au 27°"' segment, et il y a de plus un pore segmentaire aux 4"''-15°'' segments. Il sort de la bouche quelquefois une trompe courte et rouge, multilobée, semblable à celle del'O. neglecta.h'm- testin, contenant du sable, est en spirale et plus long que le corps; il est entouré d'un sinus sanguin. Les globules du sang sont très rouges. Chez les femelles, qui sont mûres au mois d'avril, les œufs gris et ronds, d'un diamètre de 0°'°',24, se voient par trans- parence et le corps paraît piqueté de blanc. Il existe au banc des Chiens une autre variété de Travïsïa Forbesii de couleur blanche. La peau, qui est constituée de même, agglutine davantage le sable; mais pour tout le reste je ne constate aucune différence avec la variété rouge dé- crite ci-dessus. M. Fauvelabien voulu m'offrir une Travisia Forbesii pro- venant de l'île Tatihou et qui est entièrement semblable à l'espèce du Pouliguen. h'OpheliamamillcUa e^?>{'Q\\e,\diViième que la T. Forbesû'l OErsted n'en donne qu'une description incomplète. Il en trouve des exemplaires de 25 à 28 segments, ayant des bran- chies, soit à tous les segments (Oresund), soit aux segments médians seulement (Groenland) ; quelques segments posté- rieurs dont il ne donne pas le nombre ont des mamelons latéraux. Une 0. niamillata du Kaltegat, donnée par Steens- trup à la collection du Muséum, a 25 segments en tout dont les 2 1""' sans branchies, les 17 suivants avec bran- chies, 5 de nouveau sans branchies et J segment anaL La 2°"' région n'a que 9 segments avec mamelons laté- raux dont 4 branchifères faisant suite aux 13 branchifères de la i'" région. Les pores des organes segmenlaires n'exis- ANNÉLIDES POLYCIIÈTES DES COTES DE FRANCE. 385 lent qu'aux segments 8 h 15 inclusivement, le dernier se se trouvant comme chez le 7\ Forbeùi au dernier segment de la V région. Cette description s'applique beaucoup mieux kVAmmo- trypane œstr aides Rathke, qui a aussi 25 segments et 17 paires de branchies, et il me paraît douteux que l'O. ma- millata et l'A. œstroïdes doivent être assimilées à la Travisia Forbesïï. Mers du Nord, Manche, Atlantique. Genre POLYOPHTHALMUS Qfg. POLYOPHTHALMUS PTCTUS Duj . (1). PoLYOPHTHALMUS piCTUS Quatrefages, Mémoire sw la famille des Polyophthalmiens [Ann. des se. nat., S^^ série, t. XIII, 1850, p. 11). —Hist. nat. des AiineL, t. II, p. 205. -— — Grube, Ein Ausflug nacfi Triest und dem Quarnero, in-8. Berlin, 1861, p. 49. — Annulata Semperiana {Mém. de VAcad. des se. de Saint-Pétersbourg .,i. XXV, 1878, p. 197). — — Ciaparède, Glanures zootomiques parmi Les Annélides de Port-Vendres [Mém. de la Soc. de Phys. et d'Hist. nat. de Genève, t. XVII, 1864. Tirage à part, p. 5-22, et pi. I, fig. 1 et 2). — — Laageriiaus, Die Wurmfauna von Madeira, IIP^^ Beitrag {Zeits. fur Wiss. Zool., t. XXXIV, 1880, p. 100). — . — Meyer, Zur Anat. und Histol. von Polyoplithalmus pictus [Archiv fur Mikros. Anat., t. XXI, 1882, p. 769-823, et pi. XXXII et XXXIII). — — Lessona, Sull' anat. dei Polioflahni [Mem. deW Accad. di Torinn, 2^6 série, t. XXXV, 1884, in-4, p. 309-325, et l pi.). — — Kiikenthal, Ueber das Nervensystem der OpheUaceen [Je- naische Zeits. fur Medicin und Naturw., t. XX, 1887, p. 547-558, et pi. XXXIV, fig. 39-42). — — Guénot, Études sur te sang et les glandes lymphatiques dans la série animale : Invertébrés {Archives de zool. expé- rim., 2me série, t. IX, 1891, p. 442, et pi. XVU, fig. 8). — — Lo Bianco, Gli Annel. tubic. trovati net golfo di Napoli [Atti delta R. Accad. dette scienze di Napoli, 2°^" série, t. V, 1892, p. 8). — — Monticelli, Osservazioni sui Polyoplithalmus {Botl. Soc. Natur. di Napoli, t. X, 1896, p. 35-50, et pi. I). Trois exemplaires trouvés par M. Adrien Dollfus à Gué- thary et conservés dans le formol. (1) Nais picta. Dujardin, Observations sur quelques Annélides marines [Ann. des se. nat., 2"^- série, t. XI, 1839, p. 293, et pi. VII, fig. 9-12). ANN. se. NAT. ZOOL. V, 25 386 »E SAIIVT-JOSIEPÏÎ. Ils ont 17 millimètres de long sur l^^'.^O de large dans la partie la plus large, 28 segments sétigères et 1 segment anal achète. Le corps, atténué à ses deux extrémités, arrondi du côté dorsal^ est aplati du côté ventral qui est divisé en deux par un sillon longitudinal. Il y a sur le dos nne large raie transversale brune à chaque segment : il n'y en a j)as sur les côtés. Chaque segment se compose de plusieurs anneaux, mais dans l'état de conservation oià sont les animaux je ne puis les discerner assez nettement pour en fixer exacte- ment le nombre. En bas de la tête qui est arrondie en avant et sur la limite antérieure du segment buccal, s'ouvrent 2 larges fos- settes d'où sortent 2 gros organes vibratiles. Le cerveau placé en avant des fossettes renferme 3 yeux dont 1 anté- rieur et 2 postérieurs. La bouche triangulaire qui livre pas- sage à une trompe globuleuse, s'ouvre sous le ventre en arrière des 2 organes vibratiles et un peu en avant des 2 pre- miers faisceaux de soies. Comme les soies sont placées à la limite inférieure de chaque segment, le segment buccal est donc sétigère. Les segments sont indiqués seulement par 2 faisceaux de soies capillaires très fines et peu nombreuses sor- tant de chaque côté du corps, celles du faisceau supé- rieur plus longues que celles du faisceau inférieur ; elles sont séparées par un petit mamelon que Meyer re- garde comme un organe latéral, et elles ne sont pas plus longues aux derniers segments qu'aux autres. Du 7™' seg- ment inclusivement au 17'"' inchisivement apparaît de chaque côté du corps, en avant des faisceaux de soies et sur la même ligne qu'eux, une tache rouge en forme de demi-lune de 0"°^,10 de large sur C,05 de haut. Ce soûl les yeux latéraux où je ne puis découvrir de cristallin. Benham (1) est disposé à y voir des organes photogènes. Le segment anal est une membrane phirianncléo, assez • (i) The Cambridge nalural hislory, l. [\, 1890. j.oiidon, Macinillaii : Polij- chœtous Worms by Benham, p. 290. ANNÉLIDES POLYCHÈTES DES COTES DE FRANCE. 387 mince, fendue du côlé dorsal et bordée de 12 papilles lan- céolées de grandeur inégale. Il est probable, comme l'a encore indiqué dernièrement Monticelli, que le P.pictus, le P, Ehrenbergi Qfg., le P. dubïus Qfg. et le P. pallïdus Clpd. ne sont qu'une seule et même espèce. Méditerranée, Atlantique. FAllIIiliE OES» €APITEI:.L.1E:V!I» Gr. (HAIiEJLlIIIWXnEA V. Carus). Genre DASYBRANCHUS Gr. (DASYMALLUS Gr.). Dasybranchus caducus Gr. (1). Dasybranciius caducus Quatrefages, Eist, nat. des Annel., t. II, p. 258. — — Eisig, Monographie der Capitelliden des Golfes von Neapel, Berliu, in-fol., 1887, p. 168 à 202, 821 à 828, et pi. XVI à XXIII. — — Andrev^s, Report upon the Annel. polych. of Beau fort, North Carolina {Proceed. U. S. National Muséum, t. XIV, 1891, p. 293). — — Cuénot, Études sur le sang des Invertébre's {Archives de zool. expér., 2™^ série^ t. IX, 1891, p. 415 et 425, et pi. XVI, fig. 13-14). — — Lo Bianco, Gli Annelidi tuhicoli trovati nel golfo di Napoli [Atti deW Accad. délie scienze di Napoli, 2^^ série, t. V, m-4, 1893, p. 15). NoTAMASTUS ROSEUS LangerhaDs, Die Wurmfauna von Madeira, IlB^r Beitrag [Zeits. fur Wiss. Zool, t. XXXIV, 1880, p. 99, et pl. IV, fig. 11). ? Dasybranchus cirratus Gr. Grube, Reise der Œsterr. Fregatte Novara, etc., Zool. TheiL, t. II, Illte Abth., Anneliden. Wien, 1867, in-4. p. 28, et pl. III, fig. 4. — UMBRiNUS Gr. Grube, AnnuL Sempanana [Mém. Acad. de Saint- Pétersbourg, t. XXV, 1878, p. 189). — LDMBRicoiDES Gr. Giubc, Ibid., p. 190, et pl. X, fig. 4. Trouvé en assez grande quantité près de Saint-Jean-de-Luz à Remardy et près d'Hendaye à la pointe de Sainte-Anne, dans les fentes de rochers brisés à coups de pioche. Eisig a donné tant de détails sur cette espèce dans sa belle (1) Dasymallus caducus. Grube, Beschr. neuer oder ivenig bekannt. Annel. {Arch. fur Naturg., 1846, t. I, p. 166, etpl. V, lîg. 3 et 4). 388 i>K iSAii\'r-JO!iEPSi. monographie des Capitellides qu'il ne m'en reste que peu de choses à dire. Les exemplaires de Saint-Jean-de-Luz ont presque tous 27 à 30 centimètres de long sur 10 à 12 millimètres de large (1) et 275 segments environ. Mais quelques-uns ont jusqu'à 50 centimètres de long sur 13 à 14 millimètres de large et 380 segments au moins. La tête en forme de cône obtus est rétractile dans le segment buccal. Le corps d'un brun gris sale devenant plus clair dans les derniers segments seule- ment, a une forme subrectangulaire, et comme les 2 régions sont très peu tranchées, il a une apparence lombricienne (2). Il sécrète une quantité considérable de mucus comme la Madovia gigantea par exemple. Tous les segments sont bian- nelés, ceux du thorax ayant 2 millimètres de haut et ceux de l'abdomen moitié moins. Le thorax se compose de 14 seg- ments dont le 1" (buccal) achète aussi haut que les sui- vants, et les 13 autres ayant de chaque côté un faisceau dorsal et un ventral de soies simples limbées rétractiles, comme celles du Notomastus laterkeus Sars, mais deux fois plus grandes et au nombre de plus de 100. La peau du thorax qui est quadrillée et parsemée de petites verrues creusées au centre d'où sortent des poils tactiles [becherfor- mige Organe d'Kisig), l'est beaucoup moins aux 3 ou 4 der- niers segments, ce qui rend plus insensible la transition du thorax à l'abdomen où la peau est unie. L'abdomen comprend tous les autres segments du corps, où les soies limbées dis- paraissent et qui ont 2 tores dorsaux largement séparés l'un de l'autre du côté dorsal et 2 tores ventraux plus longs et assez rapprochés l'un de l'aulre sous le ventre. Tous sont peu saillants. A mesure qu'on se rapproche de l'extrémité inférieure du corps, les tores, diminuant de longueur, sont de plus en plus séparés du côté dorsal et du côté ventral. (1) Eisiget, Lo Bianco reciioillonl ù Naplos des exemplaires ayant jtliis de \ rnèlre sui- \\\ milliinèlres de lai'ne. [t) Eisi^' trouve à Naples des individus de celle forme et d'aulres dont les deux régions sont beaucoup ])lus distinctes. ANNÉLIDES POLYCHÈTES DES COTES DE FRANCE. 389 Au U""" segment abdominal, chaque tore dorsal a 112 cro- chets et chaque tore ventral 210. Ces crochets encapuchon- nés, deux fois plus considérables que ceux du Notomastus la- tericeus, ont 3 petites dents en arrière de la dent principale, un renflement dans la partie de la tige qui suit les dents, et un autre renflement peu marqué à une partie de la tige plus éloignée. Les 3 petites dents du vertex vues de face se montrent chacune composées d'une rangée transversale de denticules (Eisig, loc. cit., pi. XXXII, fig. 3-4). A l'extré- mité du tore ventral du côté le plus rapproché du dos, la rangée de crochets décrit une spire où les 10 à 12 derniers crochets en voie de formation n'ont encore que leur partie antérieure [Ibid., pi. XXII, fig. 7j. L'anus terminal est ré- tractile dans le segment anteanal. Il sort de la bouche au-dessous du segment buccal une trompe globuleuse courte etinerme couverte de petites pa- pilles, dont chacune se termine par une verrue à poils tac- tiles. L'intestin accessoire [Nebendarm) droit et un peu ovale accolé du côté ventral à l'intestin principal, a en général une largeur de 0°'°',36 sur une hauteur de 0°''^,24; son canal intérieur est bordé de plusieurs replis comme celui de l'in- testin et contient par places une sorte de bouillie blanche. L'intestin principal, énorme en comparaison de l'autre, et moniliforme, est remph de vase, de sable, de débris de Bryozoaires et de petits Zoanthaires. La peau et les couches musculaires sont tellement épaisses qu'on ne voit pas rougir la partie antérieure comme chez d'autres Capitelliens par suite de l'afflux du sang dont les globules d'un diamètre de 0'^^,021 à O"^"", 02 4, remplis de con- crétions rouges, circulent librement dans la cavité du corps anangien. Aux 20-24 r^"" segments abdominaux en général, le sang vient respirer à l'extrémité des tores ventraux du côté dorsal, mais il n'y a pas de languette respiratoire accusée comme chez le N. latericeus. A partir du 20-24°"' segment en général, à l'extrémité dorsale de chaque tore ventral, y compris ceux du segment anteanal, il s'ouvre une bouton- 390 »E iiAIlVT-JOSËPSV. nière d'où sort une branchie exsertile que Tanimal fait sortir ou rentrer constamment comme les Glycériens à branchies rétractiles. Ces branchies non ciliées, plus élégantes que celles des Glycériens, véritables sacs creux dont le tissu très mince est la continuation de la peau, bien figurées par Eisig [loc. cit., pi. XVII, fig. 6), ont plusieurs branches, le plus souvent bifurquées,qui, moins nombreuses aux 1'"' segments branchi- fères, atteignent plus loin le nombre de 12 à 16. Ou elles sont rentrées et alors la boutonnière est à peine visible, ou la boutonnière est entr'ouverte et ne laisse sortir que l'extré- mité des branches presque incolore, ou tout d'un coup elles sont toutes projetées brusquement, et le sang y afflue. A la moindre alerte elles disparaissent dans l'intérieur du corps oii elles sont ramenées par un muscle rétracteur qu'on voit très nettement en ouvrant l'animal. M. Perrier (1) leur donne avec raison le nom de branchies cœliaques. La fibre nerveuse colossale de la chaîne ventrale a un diamètre de 0""^,048. Les sacs génitaux n'existent qu'aux segments antérieurs de l'abdomen; ils s'ouvrent à l'extérieur sur la ligne latérale par un pore génital en haut du segment. Au-dessous de ce pore et sur la même ligne vient le pore beaucoup plus petit qui sert de débouché à l'organe segmentaire. Ces organes existent à tous les segments abdominaux seulement (Eisig, loc. cit., pi. XVI, fig. 10 Nm, et pi. XXXIV, fig. 18), colo- rés en brun foncé par les concrétions qu'ils renferment. Ils ne sont pas fixés aux parois du corps, sauf par leur canal de sortie presque transparent oii je vois des œufs engagés. Au-dessous du pore segmentaire oii ils débouchent, et tou- jours sur la même ligne, s'élève entre le tore dorsal et le tore ventral, un petit mamelon qui est l'organe latéral. Cet organe existe à tous les segments du corps, mais aux seg- ments thoraciques, il est rétractile. Tous ces pores et ma- melons sont beaucoup moins nets que chez le N. latevkeini. (1) Iraiié de zoologie, 1896, p. 1od4, ANiNÉLlDES POLYCHÈTES DES COTES DE FRANCE. 391 Les exemplaires que j'examine à la fin de mars sont à Télat de malurité. Les œufs d'un ^ris jaune ont un diamètre de 0"",16. Je trouve aussi à Concarneau à la pointe de la Jnment plusieurs exemplaires de D. caducus dont un de 220 milli- mèlres de long a les branchies couvertes de Rhabdosttjla Areïiicolas Fabre Domergue. Près d'Hendaye à la pointe de Sainte-Anne, je recueille aussi, en brisant les grosses pierres, des exemplaires plus longs, plus minces (4 à 6'''°'), plus fragiles, et de couleur beaucoup plus claire que les exemplaires décrits ci-dessus. Je ne puis en obtenir que des parties postérieures incom- plètes dont la plus longue a 80 centimètres et 592 segments. Est-ce une variété ? Le D. caducus décrit par Claparède dans ses Annélides de Porl-Yendres paraît être le Dasybranc/iiis Gajolœ Eisig. Méditerranée, Atlantique (Beau fort, Madère, Saint- Jean - de-Luz, Concarneau, Kérity), Océan Indien? Mer de Chine? FAlIlIiliE DES» AKÉ.^lCOIilEXSi Aud. et Edw. (tél.éthusie:is Sav.). Genre AREMCOLA Lmck. Arenicola branchialis Aud. et Edw. (1). Ap.enicola branchialis Von Marenzeller, Polych. der Angra Peqiiena Bucht {Zool. Jahrb., t. III, 1888. Abth. fur System.., etc., p. 13). — BoECKH ^aX\\kQ.Y{Q.ihkQ, Beitr.zurFaunalSiorwegens {Nova adciy etc., t. XX. 1840, p. 181, et pi. VIII, fig. 19-22). — ECALDATA Johust. JohostoD, Londoii's Mag. ofNat. hist., t. VIII. 1835, p. 5G6, et fig. 54. — Catalogue ofDrit. non paras. Worms, 1865, p. 232, et fig. XLII. — — Malmgren, Ann. polych., p. 189. — — Quatrefages, HIst. nat. des Annel., t. II, p. 265. — — Levinseu. Oversigt over de Nord. Anfiul. {Vidensk. Meddels. for 1883. Copenhague, 1884, p. 134). — — sp. Gr. Grnbe, Zur Anat. und Phys. der Kiemenwùrmer . Kouigsberg, m-4. 1838, p. 3. (I) Recherches pour servir à V histoire naturelle des côtes de la France, t. II, 4834, p. 287, et pi. VIII, lig. 13. 392 1>C fSAIIVT- JOSEPH. LuMBRicus MARiNus ANOTHER species Daly. Dalyell, Powers of the Creator, etc., t. II, 1853, iu-4, p. 137, et pi. XIX, fig. 4-7. Arenicola Grubii Glpd. Glaparède, Annél. chétop. du golfe de Naples, p. 296, et pi. XIX, fig. 2. — — Horst, 0?i Arenicola spécimens front the gulf of Naptes {Notes from the Leyden Muséum, t. Xï, 1889, p. 43, et pi. m, fig. 12-15). — — Jourdan, Épithélium sejisitif des Vêts anneles (Ann. d^s se. nat., 7n>c série, t. XIII, 1892, p. 245, et pi. VI, fig. 10-12). — — Ehlers, Die GehÔrorgane der Arenicola [Zeits. fur Wiss. ZooL, t. LUI. Supplément, 1892, p. 249 ; pi. XIII, fig. 33-37, et pi. XIV, fig. 38-48). — — Lo Bianco, Gli Annelidi tubicoli trovati net golfo di Napoli {Alti delV Accad. délie scienze di Napoli, 2°i® série, t. V, 1893, iD-4, p. 10, et pi. II, fig. 2). — CYANEA Czier. Cz'ieTUdiYski, Mateynalia ad zoographiam,Ponticam com- paratam. Fascicule III. Vermes {Bulletin de la Soc. des Natur. de Moscou, 1881, n» 2, p. 352). — dioscurica Gziern., Ibid., p. 355. — BoBRETZKii Gziern., Ibid., p. 355. PL XXII, fig. 201-202. Trouvée dans la baie de Sairit-Jean-de-Luz près de Sainte- Barbe, se creusant une galerie en (J dans le sable comme V Arenicola marina. Le corps rond, vert très foncé, presque noir, à peine renflé en avant, se compose de 2 régions: l'une de 12 ou 13 segments, dont le buccal achète et 11 ou 12 sétigères, l'autre sétigère et branchifère formée d'un nombre variable de segments. Ainsi sur 5 exemplaires, l'un de 140 millimè- tres de long sur 7 millimètres de large dans la partie la plus large et 3 millimètres à la fin du corps, a 26 segments bran- chifères; l'autre de 70 millimètres sur 3™°", 5 de large, dans la partie la plus large, en a 18; le 3""' de 60 millimètres en a 24 ; le 4"^ et le 5"^ de 45 millimètres en ont l'un 19, l'autre 20. La partie caudale si importante chez l'A. marina manque. Le segment buccal allongé, sur lequel on ne distingue pas de tête comme chez V Arenicola marina^ va en s'amincissant vers l'extrémité antérieure. Il se compose de 8 ou 9 an- neaux peu distincts dans le T" desquels s'ouvre la bouche terminale qui livre passage à une trompe globuleuse couverle de petites papilles coniques. Au centre de la trompe est l'en- trée du canal digestif qui n'est pas la bouche proprement dite, comme je l'avais avancé à propos de l'A. marina.^ siii- ANNÉLIDES POLYGHÈTES DES COTES DE FRANCE. 393 vaut l'opinion de Grube. Le 1" segment séligère a 3 anneaux, dont le 1" porte les 1'" faisceaux de soies ; le 2°"' sétigère en a 4 et les suivants 5, sauf les 8 avant-derniers qui n'en ont que 4. Quant au dernier qui est interrompu brusquement, il n'en a que 2,3 ou 4 mesurant en tout 1°'°',5 à 2 millimètres de haut, et c'est dans le dernier que s'ouvre l'anus terminal; on peut donc dire qu'il n'y a pas de région caudale. Partout l'anneau qui porte les soies est plus saillant que les autres. Tous les segments sétigères ont 2 faisceaux de soies dor- sales (fig. 201) au nombre de 14 à 16 en moyenne, sembla- bles à celles de l'A. marina, mais trois fois plus minces, bordées aussi de très fines épines de chaque côté ; elles sor- tent entre 2 valves qui terminent le pied. Les soies et les pieds sont très petits aux 3 T"' segments, surtout au T' où ils échappent facilement à l'observation. A tous les pieds dor- saux font suite sur la même ligne transversale 2 longs tores ventraux qui se rejoignent presque sous le ventre, n'étant séparés que par un intervalle de 0°'°',24. Chacun d'eux est garni de nombreux crochets (122 au 7°"" segment sétigère) dont le croc terminal est précédé d'un denticule nettement marqué (fig. 202). Au 12""' ou 1 3°"" segment sétigère, derrière les pieds, apparaît une paire de branchies très petites, deve- nant de plus grande taille aux segments suivants pour dimi- nuer progressivement aux derniers. Elles sont formées de 3 branches distinctes arborescentes à nombreux rameaux (1) et parcourues par une anse vasculaire longitudinale dont les 2 branches sont reliées l'une à l'autre par des anses transversales. Chez un exemplaire, il n'y a de branchies que d'un côté au dernier segment branchifère, ce que Von Marenzeller avait déjà signalé. Ehlers [loc. cit.) décrit longuement les otocystes et les nombreux otolithes de taille différente qu'ils renferment. VArenicoia GruMi de Naples est semblable à l'espèce de Saint-Jean-de-Luz. Sur 4 exemplaires que j'examine et qui (1) Voir Horst, loc. cit., pi. JII, fig. 12. 394 BË iSAiiVT-«roi»EPii. ont 11 segments sétigères précédant les segments branchi- fères, 2 ont 60 millimètres de long, un segment anal à 4 an- neaux terminaux atteignant 4 millimètres de long, et l'un a 14 segments brancliifères, l'autre 9 ; le 3°"" exemplaire de 70 millimètres a 29 segments branchifères, le 4°"' long de 80 millimètres en a 19 ; tous les deux ont au dernier segment 2 anneaux terminaux mesurant en tout 2 millimètres de haut. D'après ce qui précède, on voit que le nombre des seg- ments, surtout celui des segments branchifères, est variable et ne peut servir à établir des espèces différentes. Aussi faut-il joindre à notre espèce les Arenicola cyanea, d'wscurica et Bobretzkii Cziern. qui ont 11 segments sétigères abran- ches antérieurs et ne diffèrent les unes des autres que par un nombre variable de branchies. Il faut y joindre aussi l'A. hranchialîs qui a 12 ou 13 segments sétigères antérieurs abranches et 19 à 20 branchifères, l'A. Boeckïï qui en a 16 sétigères antérieurs abranches et 40 branchifères, l'A. ecaudata qui a 14 a 15 segments sétigères abranches et 17 à 27 branchifères. Toutes ces espèces doivent être réunies sous le nom à' Are- nicola branchialis qui est le plus ancien. Elles ont pour carac- tères communs une région antérieure moins renflée que chez l'A. marina^ un nombre de segments sétigères et branchi- fères plus considérable, très variable pour les segments bran- chifères surtout, tandis que chez l'A. marina il est fixe, enfin principalement l'absence de la région caudale si développée chez l'A. marbia et qui manque complètement chez l'A. hranchialîs. A ces différences avec l'A. marina^ on peut ajouter qu'ici la peau n'a pas de verrues, qu'il n'y a pas de tète distincte, que les crochets ventraux ont avant le croc terminal un denticule dorsal très net, qu'ils sont plus nom- breux et que les tores sont plus développés. Mers du Nord, Manche (1), Atlantique, Méditerranée, Mer Noire. (i) Gi'iil)o cl Von Mar('iiz(>ll('r Irouvonl VA. branclikilis à Saiul-Malo, ot M. Mesiiil à lanse ch; 8aiiil-!\lai'lin, j)its du cap do la Jiayuc. ANNÉLIDES POLYCIIÈTES DES COTES DE FRANCE. 395 IMiili^Li^ »i:^ iiAi^i».t.\ii:\!^ Sav. Genre JOHNSTONIA Qfg. JOIINSTONIA CLYMENOIDES Qfg. (1). JoHNSTONiA CLYMiiNOiDES Gfube, MUUi. ûber St Malo und Rosco/f, etc. [Ahliand. der Schlesc/i. Gesel/s., ]8G9-187r2, p. 111). — Bemerk. ilher AnneL. des Pariser Muséums [Arcliiv fur Naiurg.^ 1870, p. 320). Je Irouve la J. chjmenoïdes à Saint-Jean-de-Luz près do Sainle-Barbe, entre les feuillets des roches calcaires, en- tourée d'une très mince couche de sable. Le corps assez muqueux, long de 90 millimètres sur 2 millimèlres dans sa partie antérieure la plus large, est de couleur verdâtre avec raies longitudinales blanches sous le ventre et sur les côtés, et se compose de 24 segments dont 22 sétigères. Il y a une bande circulaire rouge aux 3°"% 4""% t^mo ^j. gmogggi^gj^i^g sétigères et une large bande brune au 8"". Les 4 premiers segments sétigères ont 1 millimètre de haut chacun, le 5"' f ,5, le 6"^^ 2 milhmètres, le 1"^' 1 milli- mètre, le 8°^° et le 9"*^ 4 milhmètres, les 10-12"'^ 5 milhmètres, les 13-19"^ 6 millimètres, les 20"^ et 21"^ 3 miUimètres, le 22°"° 2 millimètres, et le segment anal 2 millimètres (2). C'est au 7"° segment sétigère que les pieds commencent à être placés à la partie inférieure du segment. La tête sans yeux, fusionnée avec le segmentbuccal achète, est recouverte d'une plaque légèrement inclinée du côté du dos, bordée tout autour d'un limbe incisé seulement en avant pour livrer passage à une papille obtuse. Une carène longitudinale accompagnée d'un sihon de chaque côté parcourt les 2/3 de la longueur de la plaque cépha- (1) Quatrefages, flis^. nat. des AnnéL, t. Il, p. 245, et pi. XI, fîg. 10- 15. (2) Ces mesures de la longueur des segments sont prises sur l'animal conservé dans l'alcool qui n'a plus que 85 millimètres au lieu de 90. 396 DE §iAi^T-«io«r.Pif. lique et vient se terminer au-dessous de la papille. Cette carène et les sillons sont la crele et les sillons de l'organe nucal comme l'a établi M. Racovitza. Cette disposition du lobe cépbalique est assez semblable à celle du lobe cépha- lique de la Clymene himbricoides (1), sauf que chez celle-ci la carène et les sillons sont moins longs et que la partie dorsale du limbe de la plaque est dentelée. Le segment buccal qui est comme enchâssé dans le r' segment sétigère est triannelé seulement du côté ventral où la bouche s'ouvre à la partie antérieure du V^ anneau. Les 3 r" segments sétigères ont une rame dorsale com- posée d'un mamelon d'oii sortent des soies faiblement lim- bées, et la rame ventrale n'est représentée que par un gros croc tout à fait semblable à celui de la Leiochone dymata (2). Aux segments suivants, il se joint aux soies limbées de la l'ame dorsale des soies pennées Iransparenles et fragiles comme celles de \^ Leiochone dypeata (3), et la rame ventrale se compose d'un tore coloré en blanc garni d'une rangée simple transversale de crochets absolument semblables à ceux de la Clymene lonibrkoides avec 4 à 5 crêtes au vertex et barbules sous-rostrales (4). Presque partout les soies sont accompagnées de petites algues filamenteuses incolores. Sur les 6 segments anteanaux (IT""' à 22"^' sétigères) appa- raissent des caecums respiratoires non ciliés, petites papilles rougies par un vaisseau en anse qui y pénètre^ marbrées de brun et longues de 0°''",36 sur 0°^°^,096 de large. En pelit nombre aux 17°"' et 22'"' segments sétigères, elles sonl dispo- sées de chaque côté du corps en 2 rangées longitudinales parallèles du 18"'" au 21°''. Le segment anal achète se ter- mine par un entonnoir garni de 22 petites dénis de longueur égale et au centre duquel s'ouvre l'anus entouré de 20 papilles. (1) Racovilza, Lobe céyhalique et encéplialc des Pohjchcles {Areh. de zool. exp&iim., J""" série, t. IV, 189G, p. 2:H-2:n, et pi. V, lîg. 40-47). (2) Voir Aiinél. polych. des côtes de Dinard, 3™^ partie {Ann. des se. mU., 1^^ série, t. XVII, 1894, pi. VI, 11-. 172). (3) Voir loc. cit., pi. VI, lig. 171. (4) Voir loc. cit., pi. VI, lig. 1G3 et 1G4. ANNÉLIDES POLYCIIÈTES DES COTES DE FRANCE. 397 A Concarneau, où la J. dymenoides est plus commune, j'en trouve à la pointe de la Jument 8 exemplaires de 9 à 20 centimètres de long. Chez celui de 20 centimètres qui est une femelle mûre contenant des œufs gris de 0™™,16 de dia- mètre, les segments du milieu du corps atteignent une très grande hauteur (le 15°"" a 3 centimètres). En général, il y a 22 à 32 dents à l'entonnoir anal, et 42 à 50 crochets aux tores uncinigères. Manche (RoscofT). Atlantique. FAlIIIiLiE DEli A1I1I0CIIARIE;\« Mgr. Genre OWENIA D. Ch. [Ammochares Gr.) (1). OWENIA FUSIFORMIS D. Ch. (2). OvvEMA FiLiFORMis D. Ch. (3). Claparède. Annél. du golfe de ^iaples, p. 44G, et pi. XXVI, fig. 5. — — Drasche, Beitr. zur feinereyi Anat. der Polych. Anatomie von 0. fiLiformis D. Ch. Wieu, 188.5, in-S, 2-2 pages et 2 planches. — — Cunningham and Ramage, Polych. sedejitaria of tlie Firth of Forth {Trans. Edinb. Soc, m4, 1888, t. XXXIII, p. 656). — — Michaelsen, Die Polychaetenfaunn der Deutschen Meere^ etc. [Wiss. Meevesunters. herausg. vonder Komm. zur Unters. der Deutschen Meere in Kiel und der biol. Ans tait auf Helgolatid. Neue Folge, II Band, Heft I, 1897, p. 40, et pi. I, fig. 18). — FUSiFOUMis D. Ch. Claparède, Recherches sur la structure des Annél. sédentaires {Mém. de la Soc. de physique et dliist. nat. de Genève, t. XXII, 1873, p. 85, 107, 129, et pi. VTII, fig. 8-12). — — Eisig, Monographie der Capitelliden des Golfes von Neapel, Berlin, 1887, in-fol., p. 336. — — Lo Bianco, Gli Annel. tubic. del golfo di Napoli [Atti delV Accad. délie scienze di Napoli, 2^^ série, t. V, 1893, n° 11, p. 22). — — Gilson, Les glandes filières de VO. fusiformîs [La Cellule., t. X, 1894, p. 299 à 330, et 1 planche). — The nephridial duct of Owenia {Anatom. Anzeig., t. X, 1894, p. 191, et 5 figures). — On the septal organs of 0. fusiformis [Briti^h Associât. Ipswich, 1895). — Organes septaux de VOwenia {Comptes rendus du 3™^ congres intern. de Zool. Leyde, 189G, in-8, (1) Délie Cliiaje a créé le genre Owenia en 1842. Depuis lors Prosch a attribué ce nom, en 1847, à un genre de Céphalopodes et RoUiker, en 1853, à un genre de Cténophores. Le genre Ammochares de Grube ne date que de 1846 et doit disparaître. (2) Descriz. e notomia, etc., pi. 175, fig. 1-6, fide Clpd. (3) C'est à tort, comme il Ta reconnu depuis lui-même, que Claparède a donné le nom de filiformis à l'espèce de Délie Chiaje. 398 OE sAiiVT-aosEPiï. p. 504 et 605). — Les valves septales de l'Owenîa {La Cellule, t. XII, 1897, p. 377-416, el pi. Mil). AmiMOChabes Ottonis Gr. Grube, Beschr. neiier oder wenig bekannt. Annel. {Archiv fur Nalurg., 184G, p. 104, et pi. V, fig. 2). — — Kôlliker, Kûrzer Bericht iiber einige im Herbst 18G4 an dev Westkuste von Scliotlland ansgeslelUe vergl. Annt. Unters. [Wiirzb. Nalurw. Zeits., t. V, 1864, p. 241) (1). — — Me Intosh, 0)1 the structure of thc Brit. Nemevt, and some new Brit. Annel. {Trans. Edinb. Soc., iii-4, 1869, t. XXV, p. 422, et pi. XV, fig. 14). OvvENiA BRACHYCERA Marioii. Marion, Sur les Annél. de Marseille [Revue des se. nat. Montpellier, t. IV, 1875). PI. XXÏI, fig. 203-208. Trouvée par des marées moyennes au Croisic près de l'Es- lacade, et à Concarneau à l'entrée de l'anse de Kersos au bord d'un ruisseau qui vient s'y jeter. Habitant à peu de pro- fondeur, dans le sable demi-vaseux, un petit tube qui y est placé horizontalement ou verticalement, ouvert et pincé aux deux bouts, formé d'un tissu transparent assez épais, résis- tant, recouvert de grains de sable agglutinés et quelquefois de débris de coquilles fixés dans le tissu à angle droit par la tranche. Les tubes les plus considérables ont 3 milli- mètres de diamètre extérieur et 10 centimètres de long; en général, ils n'ont que 2 millimètres de diamètre et 4 à 5 centimètres de long. Il est assez difficile d'en extraire bien intacts les animaux qui y sont très à l'étroit et qui ont de 30 à 50 milhmètres de long sur 1 millimètre à 1°'°',5 de large et 22 à 27 segments sétigères. Le corps cylindrique, rigide, atténué seulement aux der- niers segments, teignant l'alcool en vert, est coloré en vert à la partie thoracique, puis en vert et acajou. Le segment buccal très peu élevé supporte une couronne de branchies plates, laciniées, ciliées du côté qui est tourné vers la bouche, et au nombre de 6 (3 de chaque côté du corps). Chacune d'elles, haute de 0""",60 environ, a une base large et très basse d'où s'élèvent 3 ou i branches subdivisées elles-mêmes en 7 à 8 rameaux terminés chacun par 2 petils lobes arrondis. (1) D'après Draschc, ii s'agit peut-être là de VOwcnia assimilis Sars. ANNÉLIDES POLYCHÈTES DES COTES DE FRANCE. 390 Tout ce système, où pénètre le liquide cavitaire, est plus ou moins complètement coloré en rouge brun, sauf les 2 lobes terminaux, parcouru par de nombreux vaisseaux capillaires, et s'enroule, à l'exception de la base, du côté intérieur de la couronne. Aussi les coupes transversales des brandies et des rameaux onl-elles la forme de fer à cheval, comme je l'ai constaté après Drasche. La couronne des branchies est interrompue du côté dorsal et du côté ventral. Du côté dorsal, les branchies sont séparées par un lobe en demi- lune de 0°^°^,54 de large sur 0"°^,30 de haut qui semble être la tête contenant le cerveau d'après Drasche. La partie terminale antérieure du corps entourée par la couronne des branchies, forme un plan légèrement incliné vers le côté ven- tral. Sur ce plan, s'ouvre, au-dessous de la tête et rappro- chée du dos, la bouche, simple fente transversale de 0™°',48 de large et se dressent, entre la bouche et la partie ventrale, 2 lèvres massives bilobées signalées pour la première fois par Drasche. Elles se font face l'une à l'autre, et celle qui est la plus rapprochée de la bouche est plus forte que l'autre. Ne communiquant pas avec le canal digestif et bien séparées de la bouche, elles semblent être un appareil préhenseur rappelant les aviculaires des Bryozoaires (I). La région thoracique qui est en général moitié ou même quelquefois deux fois moins longue que le l""" segment de la région abdominale, est bordée en avant, du côté dorsal, par un repli peu saillant coloré en rouge brun. Deux lignes minces de même couleur se dessinent sur le corps à peu de distance de ce repli et se rejoignent sous le ventre en formant un angle aigu. La région thoracique se compose, outre le segment buccal achète, de 3 segments fusionnés ensemble et qui ne sont indiqués que par 3 faisceaux de soies simples de couleur jaune ocre, sortant de chaque côté du corps et cou- vertes de fines épines opposées dépassant à peine le bord de (1) Drasche [loc. cit., pi. I, fig. 1 et 2) donne deux très bonnes figures de la partie antérieure de \0. fusiformis et des trois premiers segments abdo- minaux; je ne pourrais que les reproduire. 400 OE ilAIIVV-JO^EPII. la soie (fig. 203). Les faisceaux des 2 1'"' segments com- posés chacun de plus de 100 soies longues de 0™°',92, sont tout à fait laléraux ; ceux du 3°"' segment, formés de 35 à 40 soies longues seulement de 0"™,21, très voisins de la région abdominale, sont plus rapprochés de la ligne médiane dorsale que ceux des 2 T'' segments. Ce 3°"' segment qui a échappé à Claparède et à Lo Bianco chez l'espèce de Naples y a été constaté par Drasche et aussi par moi ; il avait déjà été reconnu par Kôlliker et Me Intosh chez VAmmochares Ottonis qui est le même que VO. filiformis^ et chez lequel Grube ne l'avait pas distingué. Le 1"" faisceau est à 0™°',60 de distance du segment buccal, le 2"^ àO"",30 du V\ le 3"*^ à 0"",60 du 2"^^ et à 0"°^,30 du 1" segment abdominal. La région abdominale, assez transparente, comprend 21 à 24 segments séligères sans compter l'anal. Les 4 l^'"' seg- ments abdominaux sont plus hauts que les suivants. Chez les exemplaires de grande taille, le 1" a 4 millimètres, le 2"°' 5"", 50, le 3"*^ 4 millimètres, le 4"' 3 milhmètres, et les sui- vants vont toujours en décroissant jusqu'aux derniers qui n'ont plus que 0"°',24, puis 0°''^,12. Chaque segment, sauf ce qui sera dit plus loin, a, à sa partie antérieure, deux fais- ceaux de soies dorsales au nombre de 50 à 60 environ, sem- blables à celles des faisceaux thoraciques, rapprochées de la ligne médiane dorsale et colorées en jaune ocre seulement aux 3 r'' segments. A mesure qu'on approche de la fin du corps, les 2 faisceaux s'écartent progressivement de la ligne médiane dorsale, les soies y devenant moins nombreuses, mais conservant leur taille. Chaque faisceau est suivi presque immédiatement d'un tore haut de 0""^,15 et long de r"^,80 dans les segments antérieurs, n'ayant plus que 0°'"',042 de haut et 0""%30 de long dans les derniers. Les 2 tores se re- joignent presque sous le ventre où ils ne sont séparés l'un de l'autre que de 0™"\33. De chacun d'eux sort un nombre extrêmement considérable de petits crochets disposés par rangées verticales de 24 au 2'"'' segment abdominal, de 35 au 3"'% puis le nombre va en décroissant et il n y en a plus AiNNÉLIDES POLYCHÈTES DES COTES DE FRANCE. 401 que 9 aux rangées des segments qui précèdent les anteanaux. Les 2 extrémités du tore étant arrondies et moins larges, les ou dernières rangées sont moins hautes avec 2 ou 3 fois moins de crochets. Le nombre de ces rangées verti- cales est variable; il y en a jusqu'à 225 au 3"'° segment abdominal (ce qui donne environ 7 600 crochets par tore) et 50 seulement aux derniers qui précèdent les anteanaux. Les crochets vus de profil semblent n'avoir qu'un croc (fig. 204); mais on en distingue un 2°"' (fig. 205) lorsqu'on les examine de trois quarts ou de face, et, dans ce dernier cas, les bases des 2 crocs apparaissent comme 2 points brillants (fig. 206). La partie antérieure du crochet est précédée d'un renflement qui s'oppose à sa sortie de l'hypoderme où sa tige est plongée. Cette tige plate et droite, longue de 0°'°',052, est suivie d'un prolongement filiforme assez semblable aux soies de soutien des ïérébelliens, long de 0°'°',12, fortement re- courbé en arrière, qui pénètre dans la membrane basale assez transparente, parsemée de quelques noyaux et placée au- dessous de l'hypoderme. Les crochets sont tous disposés la tête renversée en arrière vers le dos et les 2 crocs dirigés en l'air; l'animal, en gonflant son corps, peut les faire piquer dans l'enveloppe membraneuse du tube, ce qui explique qu'il est difficile de l'en arracher puisqu'il s'y cramponne par plus de 450000 crocs. Les tores des 3 1"' segments sont colorés en rouge par le sang. Les segments abdominaux normaux, qui ont des soies dor- sales et des crochets ventraux, sont suivis de 2 petits segments anteanaux qui n'ont pas de soies dorsales, mais seulement 32 crochets en tout au 1" de ces segments et 25 au 2°"% Ainsi les segments thoraciques n'ont pas de crochets ven- traux et les derniers segments abdominaux manquent de soies dorsales. Le segment anal achète se termine par 2 pe- tits lobes avec anus central (fig. 207). Au-dessous de la cuticule, de l'hypoderme et de la couche des muscles circulaires qui n'existe que dans le thorax, l'en- veloppe du corps est tapissée d'une couche continue de ANN, se. NAT. ZOOL. V^ 26 402 DE liAirVT-JO^EPII. muscles longitudinaux puissants qui n'est interrompue que par le mésentère dorsal et le mésentère ventral du canal digestif. C'est à celte couche que le corps doit sa résistance, qui est moins grande aux derniers segments où la couche est moins épaisse. Une paire de glandes filières pend dans la cavité du corps, de chaque côté de l'intestin, aux T' et 2""' segments thora- ciques (1) et aux 4 1"' segments abdominaux, ce qui fait 6 paires en tout. Ce sont des tubes cylindriques, transpa- rents, d'un diamètre de 0"'°',12, se recourbant quelquefois en deux, et communiquant avec l'extérieur par un petit pore de Qmm Q22 (jg diamètre qui s'ouvre à la base du faisceau des soies dorsales du segment auquel ils appartiennent ftig. 208). Ceux du 1"" segment thoracique sont 2 fois plus longs que ceux du 2""'. Le plus long est celui du 1'^ segment abdominal, qui atteint 4 millimètres de long sur 0°''^,16 de large. Ces glandes, longuement étudiées parGilson, contiennent un éche- veau de filamenls visqueux, incolores, excessivement fins, insolubles dans l'eau, exsudés par les cellules épithébales de l'enveloppe de la glande et qui forment la membrane du tube dans laquelle on les retrouve juxtaposés et simulant des stries. Beaucoup de ces filaments sont entremêlés aux grains de sable du tube et les maintiennent en place. Très rigides, les glandes font saillie en dehors lorsque l'enveloppe du corps est endommagée. C'est probablement un accident de cette sorte qui a fait croire à Grube qu'il y avait des appen- dices en forme de massue aux 2 r" segments thoraciques. Je trouve une fois un petit distome fixé sur une glande. 11 y a un dissépiment entre le segment buccal et le 1" seg- ment thoracique, puisentrele dernier segment thoracique etle T' abdominal au-dessus des 2 faisceaux de soies dorsales et des tores, et entre chacun des segments abdominaux suivants, sauf entre le 1" et le 2"'^ Le tissu de ces dissépiments est entremêlé de muscles fins qu'on distingue bien surlescoupes. (1) C.ilson signale en plus une paire de glandes 1res rudinienlaires, et qui n'existe pas toujours, dans le troisième segment thoraciciue. AiNNÉLIDES POLYCHÈTES DES COTES DE FRANCE. 403 La bouche est suivie dans toute la région tboracique par l'œsopliage, d'un diamètre deO"''",?^, recliligne et maintenu en place, comme le reste du canal digestif, par un mésenlère dorsal et un ventral. L'intestin droit, mais formant de nom- breux renflements et étranglements, va du 1" segment abdo- minal jusqu'à l'anus; dans les 3""" et 4°'^ segments abdomi- naux, il est d'une belle couleur verle, due à de petites glandes qui l'y tapissent. Partout il est entouré par le vais- seau dorsal qui forme sinus péri-intestinal et qui se bifurque à l'entrée de la région tboracique, s'écartant de l'œsophage. Cbacune de ces branches se ramifie en vaisseaux capillaires qui, après avoir parcouru les branchies, redescendent pour former le vaisseau ventral. De chaque côté de ce vaisseau se détacbent de nombreux caecums courts, formant des am- poules rondes dont j'ai pu compter jusqu'à 40 dans le 3me gggjnent abdominal. Le sang est rouge. Drasche décrit en détail le cerveau, les connectifs œsopha- giens et les ganglions sous-œsophagiens. Le cordon nerveux ventral, très peu apparent, consiste en une bandelette noyée dans riiypoderme, large de 0"",168 sur 0"",021 de haut, de tissu ponctué sans ganglions et sans fibres nerveuses colos- sales. Au dos de la région tboracique et des 4 1"' segments abdominaux, Drasche a observé deux bandes de couleur claire qui, quoique bien nettes, n'avaient pas été signalées avant lui, et qui sont des épaississements de l'hypoderme. Chacune d'elles décrit un arc de chaque côté du corps, reliant le segment buccal au faisceau dorsal de soies du 1" segment abdominal, puis cet arc se répète à chacun des segments abdominaux antérieurs reliant les uns aux autres les faisceaux de soies des 5 1'"' segments. C'est dans l'épaisseur de chacune des 2 bandes qui s'étendent sur le 2°"' segment abdominal que se dessine un canal très étroit coloré en rouge brun formant de nombreux lacets, et figuré mais non décrit par Drasche. Je pense, comme Gilson, que c'est un organe segmentaire. Un pavillon vibratile en forme d'entonnoir 404 »E SAI^T-JOSEPBÏ. qu'on voit par transparence dans Tintérieur du corps, dé- bouche dans le canal (1) à l'extrémité postérieure du 2""' seg- ment abdominal contre le dissépiment qui le sépare du 3""'. Le canal, oùje ne distingue point de cils vibratiles, se termine un peu avant l'extrémité antérieure du 2°"' segment par une gouttière à ciel ouvert sans pore distinct. Je trouve un mâle long de 5 centimètres, rempli de sper- matozoïdes, et plusieurs femelles dont la plus petite a 3 cen- timètres, contenant des œufs gris de 0"",084 à C,10 de diamètre. L'espèce de Naples, comme j'ai pu le constater sur des exemplaires conservés à l'alcool, quoique de taille plus con- sidérable (8 à 9 centimètres sur 3 millimètres de large) est bien la même que celle du Croisic et de Concarneau qui se rapproche comme taille de celle observée par Kôlliker et Me Tntosh dans la mer du Nord et par Drasche dans l'Adriatique. L'O. fusiformis tient à la fois des Maldaniens et des Serpu- liens. Comme la plupart des Maldaniens, elle a le corps cylindrique, plusieurs segments beaucoup plus hauts que les autres, des soies dorsales épineuses qui ne sont pas accom- pagnées de crochets aux segments antérieurs, des crochets de forme assez semblable à ceux des Maldaniens, sauf à leur partie postérieure qui donne l'impression de soies de sou- tien de Térébelhens. Comme les Sabellides, elle a un tube membraneux, des branchies, mais de forme ditlerente (2), un sinus péri-intestinal, de nombreux caecums. Le nombre de ses crochets la rapproche des Serpulides. Ce qui lui est surtout propre, ce sont ses glandes filières, qu'on ne re- trouve, ni chez les Maldaniens, ni chez les Serpuliens. (1) Gilson, La Cellule, t. Xll, pi. Il, fig. 13. (2) Cunningham et Ramage constatent que chez les jeunes les branchies ramifiées n'existent pas et qu'il n'y a qu'une membrane en forme d'en- loniioir qui se découpe plus lard en lanières. De ])lus. la circulation y est |)iii(!inent capillaire. 11 EPH. plus longues ont 0°'°',72 et les plus courtes moitié moins. Le segment buccal, fusionné avec la tête, est dominé du côté dorsal par le petit rebord du limbe céphalique et porte de chaque côté un cirre tentaculaire long de 4°'°', 20 sur 0"™,084 de large à la base, renfermant un vaisseau aveugle en spirale ; ce cirre est suivi d'un petit mamelon rond d'un blanc mat, du côté ventral oîa s'ouvre la bouche ronde entourée d'environ 32 tentacules parcourus par un vaisseau aveugle (fîg. 210) (i). Ils sont ciliés en dessous et de ce côté leurs bords peuvent se rapprocher l'un de l'autre et former gouttière. Très extensibles, ils mesurent de 1 à 12 milh mètres de long ; lorsqu'ils sont très étendus, la gout- tière disparaît. Ils sont protégés par le voile céphalique qui peut se rabattre pour les couvrir. Aussi ne sont-ils pas rétractiles dans l'intérieur du canal digestif comme chez les Ampha- rétiens, qui manquent de voile céphalique. Quand l'animal sort la tête de son tube, les tentacules distendus se présen- tent en avant, le voile céphahque s'étendant en dessus d'eux et les deux faisceaux de palées se déploient gracieusement en éventail. Le 2°"^ segment, le seul qui soit bien marqué du côté dor- sal, est indiqué par 2 bourrelets minces d'un blanc mat qui ne se rejoignent pas au milieu du dos (fig. 209). Chacun de ces bourrelets est suivi de chaque côté du corps d'un lobe en forme de gousset très échancré du côté ventral au-des- sous de la bouche. Le 3°"' et le 4"°" segments portent chacun sur les côtés une paire de branchies falciformes sur les- quelles j'observe quelquefois des Yorticelles. Ces branchies se composent d'une tige dans laquelle s'implantent des dis- ques membraneux plats, au nombre de 25 à 38, rangés comme les feuillets d'un livre. Jusque-là tous les segments sont achètes. C'est au 5™' segment seulement qu'apparaissent les (4) M. Faiivel en donne une bonne coupe dans ses importantes Recherche:^ sur les Amphari! tiens {Bull, scient, de la France et de la Belgique, t. XXX, 1897, pi. XXV, iig. 171). ANNÉLIDES POLYCHÈTES DES COTES DE FRANCE. 409 soies dorsales sur un mamelon conique. Les segments 3 à 6 ont chacun un bourrelet ventral interrompu sur la ligne médiane ventrale par un petit écusson (fig. 210) ; le bourre- let du 4™' segment (2™*" branchifère) se termine de chaque côlé au-dessous des branchies par un prolongement triangulaire charnu dont la pointe est dirigée vers la tête. Au 7°'° seg- ment (3"'" sétigère), le bourrelet ventral est interrompu au milieu du ventre et l'écusson disparaît. Ces 7 1'" segments peu élevés et serrés forment une région à part que nous avons plus haut désignée sous le nom de thoracique. Aux 4 ou 5 segments sétigères suivants, les bourrelets ventraux ne sont plus représentés que par un petit écusson latéral long de 0'^'^,Q0 sur 0'^°^,25 de large placé du côté ventral, à la suite de chaque pied. C'est au 8"^" segment (4™' sétigère) que se montre la pinnule ventrale avec une rangée transversale de plaques onciales; elle est en forme de croissant dont la con- cavité est tournée vers le corps de l'animal. Se rattachant au mamelon porteur des soies dorsales, au-dessous desquelles elle flotte, elle persiste avec celles-ci aux 11 segments suivants. Il y a donc en tout 15 segments sétigères dont 12 uncinigères. Les soies dorsales des 3 T'' segments qui sont au nombre de 8 à 10, et celles des 3 derniers sont plus petites qu'aux autres segments où il y en a 12 à 13 par faisceau. Toutes ces soies sont légèrement limbées, avec le hmbe couvert de stries obliques et la hampe ponctuée d'un pointiflé très fin ; mais les unes se terminent en pointe droite (Mgr., ioc. cit., fig. 74 D,a) et les autres sont cou- dées à l'extrémité. La partie coudée, longue de 0°'"',2, est dentelée au bord et le pointillé n'y existe plus (Mgr., /oc. cit.^ fig. 74 D, b) ; lorsqu'on l'incline légèrement, le bord semble entaillé plutôt que dentelé (Clpd., Ioc. cit., i\g. 1, D'à). Quant aux plaques onciales (fig. 211 et 212), hautes de 0"",030 à O"""", 035 selon les exemplaires, disposées en une rangée uni- que rétrogressive, elles sont au nombre de 200 environ au r' segment uncinigère et de 160 au dernier. Vues de côté, 410 »E !iitI!VT>.IO§;EPII. elles ont une base massive dont la partie antérieure est en forme de gouge et leur vertex est garni de 7 à 8 grosses dents recourbées vei-s le bas, suivies de 4 denticules non recourbés, très fins et peu distincts. Vues de face, elles ont, à partir du haut, 7 à 8 rangées superposées de 3 dents cha- cune, puis 4 rangées superposées de 4 denticules et eufm un large demi-cercle terminal qui est la gouge de la partie antérieure de la base (1). Le 15°"' segment sétigère est suivi de 2 segments apodes {ûg. 223) dont le T' n'a ni soie ni plaques onciales; le 2™' moins large a, du côté dorsal, au-dessous d'une échancrure entourée de 2 lobes, une sorte de mamelon rectangulaire qui a de chaque côté un prolongement cylindrique dirigé vers le bas du corps. De ce mamelon, de chaque côté de la ligne dorsale médiane, sort un faisceau de grosses soies comparables aux palées céphaliques mais moins dorées, beaucoup plus courtes (0'^''',25) et se terminant par une pointe recourbée plus massive (xMgr., loc. cit.^ fîg. 74 E), dirigée vers le dos (2). Ces soies sont en nombre très varia- ble : 4 de chaque côté, 4 d'un côté et 5 de l'autre, 5 ou 6 de chaque côté, 6 d'un côté et 7 de l'autre. Les plus extérieu- res sont plus fortes que les intérieures, à la suite desquelles il y en a souvent de petites en voie de formation. Elles domi- nent le r' segment de la scaphe creuse qui fait suite à ce dernier segment de l'abdomen proprement dit. La scaphe (fig. 223) est séparée de l'abdomen par une constriction. Longue de 2 millimètres sur 1""",85 de large, (1) Chez une ximphictene auricoma O.-F. Mûller, de Naples, les plaques onciales, hautes de 0'"™,()42, vues de côté, ont 6 grosses dents suivies de 9 denticules; la partie antérieure de la base est en forme de gouge. Vues de face, elles ont une première rangée (la plus haute) de 4 dents parallèles, une deuxième de 3 dents, les li'ois suivantes de 2 dents et enfin la denl la phis grosse et la plus basse est unique; 18 denticules très distincts sont disposés en deux rangées parallèles de 9 chacune en forme de V; puis la gouge placée au-dessous a lapparence d'un demi-cercle. (2) Levinsen les figure aus,&\ {JJrjmphna-Togtets Zool.hotan.Udbyttc : Kara- HcwcU Ledorme, Copenhague, 1880, pi. XXV, fig. 10). Il les attribua d'abord à la Pectinaria Belgica, mais rectifia ensuite son erreur en 1890 [loc. cit. suprà). ANNÉLIDES POLYCIIÈTES DES COTES DE FRANCE. 411 elle est d'une ("'paissenr bien moindre qne le reste du corps. Composée de 5 segments apodes et achèles, elle est concave du côlé dorsal el convexe du côté ventral, et ses bords sont rabattus sur la concavité dorsale (Mgr., loc. cit., fig. 74 B). Les trois T'' segments ont cbacun de chaque côté un petit cirre dorsal en massue long de 0"'"', 072, d'où sort un bouquet lerminal de poils tactiles très courts, précédé de t bouquets latéraux semblables. Les cirres du l'"" et du 2""' segment scaphal sortent de 2 protubérances; ceux du 3™' sortent de la paroi même du corps. Tous les segments de la scaphe sont séparés les uns des autres par des dissépiments ; on y observe, entre l'intestin et les parois du corps, de chaque côté, des glandes grises en forme de massue contenant des corps sphériques grisâtres très petits et des cellules réfrin- gentes plus grosses à noyau. Un voile membraneux mince et diaphane (fig. 223) est fixé au dos de la scaphe un peu avant son extrémité inférieure, recouvrant l'anus qui s'ouvre en dessous. Ce voile, haut de 0'''°', 84, est bordé de 25 à 28 petits festons ; avant son extrémité inférieure, sur la ligne médiane dorsale, il s'y élève un petit cirre long de 0"'''',084, de même forme et avec les mêmes poils tactiles que les cirres laté- raux des trois 1"' segments de la scaphe. Au-dessous du voile, celle-ci se termine rectiligne et comme tronquée, ce qu'indique bien Claparède dans sa figure 1. La cuticule très mince, irisée, est couverte de stries fines se coupant à angle droit. Le canal digestif cilié intérieurement comprend : 1° l'œso- phage incolore allant de la bouche à l'estomac ; d'abord étroit,il s'élargit peu à peu; 2° l'estomac d'un jaune vif commen- çant au 4""' segment sétigère, descendant jusqu'au 5™' avant- dernier segment sétigère pour se recourber et remonter en arrière ; la portion descendante est moins large et moins jaune que l'ascendante; 3° l'intestin, étroit, incolore et en général rempli de sable, qui fait suite à la branche ascen- dante de l'estomac et remonte encore lui-même jusqu'en haut de l'œsophage pour redescendre tout droit jusqu'à 412 »E SAI^T-JIOSEPfif, l'anus en traversant la scaphe. Des ligaments mésentériques très tins insérés sur la ligne médiane dorsale des parois du corps, maintiennent l'estomac en place. Le système circulatoire demande quelques développe- ments. Il y a 2 vaisseaux latéraux dorsaux, mais pas de vais- seau dorsal médian, comme Rathke (1) pensait qu'il en exis- tait un chez Y Ampliitrite [Amphictene] auricoma O.-F. Miill. Je suis là-dessus du même avis que Claparède (2) pour notre espèce et que Wiren (3) pour la Pectinana belgica Pallas Johnst. Ce qui a pu donner lieu à l'erreur de Rathke, c'est que chez les Amphictene auricoma, comme chez les Lagis Korenï conservés dans l'alcool, il se dessine sur le dos une ligne droite longitudinale médiane sombre simulant un gros vaisseau. Les 2 faisceaux musculaires longitudinaux dor- saux étant séparés l'un de l'autre sur la ligue médiane dor- sale, il en résulte que la paroi du corps y est très mince et que cet espace est sombre, ses 2 bords étant colorés en blanc par les muscles longitudinaux. Déplus, à chaque segment, il se détache des 2 vaisseaux latéraux dorsaux 2 branches, l'une adroite et l'autre à gauche, qui, après avoir chacune sur leur parcours distribué de nombreux ramuscules dans les parois dorsales du corps se rejoignent au milieu du dos en formant des anastomoses très fines. Ces anastomoses se diri- gent vers l'extrémité inférieure du corps, communiquent entre elles et prennent l'apparence d'uu petit vaisseau dor- sal. Les 2 vaisseaux latéraux dorsaux me paraissent com- mencer aux segments 3 et 4, oii, bifurques à leur extrémité antérieure, ils envoient une brandie à chacun des 2 vais- seaux latéraux qui, comme on le verra, relient le vaisseau ventral aux 2 branchies. De là ils descendent jusqu'au seg- {{) Beitràf/e zur verglcichcnden Anatomie und Physiologie. Reisehemerkun- gen aus Skandinavien nebst einem Anhange iibcr die riickschreitende Melamor- phose der Thiere. Danzig, in-4, 1842, p. 76. (2) Loc. cit.,]). 31S. (3) Om CÀrkidation$-och Digcstions-organcn hos Aiinclidcr af familjcrna Ampharetidde, Terebellidœ orh A7nphictc7iidx (K. Svcnska Velcnsk. Akad. HandL, in-4, t. XXI, n^ 7, 1885, p. 23). ANNÉLIDES POLYCHÈTES DES COTES DE FRANCE. 413 ment antéscaphal qui porte les grosses soies dorsales. Outre les 2 vaisseaux qu'ils envoient à angle droit vers le dos de chaque segment, et dont il a été question plus haut, ils en détachent 2 autres ventraux qui se rendent aux pieds. Le vaisseau ventral, qui occupe la ligne médiane ventrale, sort du plexus circumoral formé par la réunion des petits vaisseaux qui parcourent la tête, les tentacules, les cirres tentaculaires et les glandes ventrales ; il se termine au r' des 2 segments achètes qui précèdent la scaphe. Là il se divise en -2 branches latérales qui rejoignent les 2 vaisseaux latéraux dorsaux dans le segment antéscaphal. Sur son parcours, il communique de chaque côté, d'abord dans les ^me g|. ^me g^gmeuts, par un vaisseau latéral avec les bran- chies, puis à tous les segments suivants, il envoie une branche latérale ventrale qui, après avoir, par de petits rameaux, fourni du sang aux parois ventrales du corps, se termine dans chaque pied où elle communique avec le vaisseau pédieux venant du vaisseau latéral dorsal. De cette branche pédieuse du vaisseau ventral se détache un vaisseau aveugle qui pénètre dans la pinnule, sous la rangée des plaques onciales. Sur les branches du 5"^" et du 6°"" segment qui, en se rendant aux pieds, alimentent le pavillon vibratile des !2 dernières paires d'organes segmentaires, il s'élève 4 à 10 petits caecums hauts de 0"°^,13 sur 0"",048 de large, remplis de sang, comme Rathke en avait vu chez VAm- phïctene auricoma. Outre ces branches latérales, il se dé- tache du vaisseau ventral, au 7""' segment (3"^" séligère), un vaisseau communiquant avec le sinus péri-intestinal. Mais la principale communication existe au 9°"" segment (5""" sétigère) où vient se jeter dans le vaisseau ventral un gros vaisseau de même calibre, libre et flottant dans le corps, qui part du sinus péri-intestinal à peu près à l'endroit où la partie descendante de l'estomac se recourbe avant de remonter vers le haut. Pour rendre compte du système circulatoire intestinal, je prendrai le canal intestinal dans le sens contraire à celui 414 &>£ !iAII¥T-«IO^ËI>!I. qui a été décrit plus haut. A partir de l'anus jusqu'au point où, après être remonté vers la partie antérieure du corps, il aboutit à l'estomac, l'intestin contient dans ses parois deux lacunes où circule le sang, simulant 2 vaisseaux minces juxtaposés parallèles qui fusionnent à l'entrée de l'estomac pour former une lacune unique, sous-intesli- nale, plus ou moins grosse et plus ou moins apparente, simulant plus ou moins un gros vaisseau et accompagnée par places d'un réseau très fin d'anastomoses lacunaires. C'est de ce gros sinus sanguin que se détache, à peu de distance de l'anse décrite par l'estomac pour remonter vers la tête, la branche longue de 5 à 6 millimètres qui l'unit au vaisseau ventral au 9°"' segment. A partir de là, le sinus en forme de vaisseau est bordé d'un gros cordon composé de cellules brunes (chloragogènes?) décrit et figuré par Clapa- rède [loc, aï., fig. 1 K). Il remonte vers la tête et, de sous- intestinal qu'il était jusque-là, devient latéral et passe sur le côté gauche du dos au 11°"' segment (7°"' sétigère), où il a 0"'",5 de diamètre. Dans le 10"' segment (ô"'^ sétigère), il en sort un cœur libre, très rouge, long de 3 millimètres sur l 1 millimètre de large, contenant un corps cardiaque d'un brun foncé. Passant à gauche de l'œsophage, et inclinant ensuite sur la droite, il parvient sur la ligne médiane dorsale dans le l'"" segment sétigère, puis dans le 2™' branchifère où il se termine. Dans le 1" segment sétigère, il envoie 2 branches à la 2'''' paire de branchies, et dans le 2"" bran- chifère 2 branches à la T" paire. Wiren donne une figure exacte de cette disposition chez la Pectinaria Belgica [loc. ciL, pi. VI, fig. 9). Au-dessus du point où le cœur s'est détaché de l'estomac, celui-ci est entouré d'un anneau rose, formé par le sinus, auquel fait suite un vaisseau annulaire bien distinct, entou- l'ant Ja base de l'oesophage à l'endroit où il communique avec l'estomac dans le 4"'" segment sétigère. De ce vaisseau annulaire sort un vaisseau mince ventral et un autre dorsal plus gros, s'élevant le long de l'œsophage et fiottant sur la ANNÉLIDES POLYCIIÈTh^S DKS COIKS DE FRANCK. 415 gauche de cet organe, au-dessus du cœur. Ils poursuivent leur course dans la direction de la tête, se divisant en petites branches qui, après avoir alimenlé le segment buccal, la bouche, les tentacules, les cirres tentaculaires et le pavillon vibratile de la 1"' paire d'organes segmentaires, redescendent dans le plexus circumoral d'où sort le vaisseau ventral. Ce qui est particuHèremenl intéressant dans le système circulatoire de la L. Koreiii, c'est le mode de circulation du sang. La transparence des parois du corps, à partir du 3""" segment sétigère, la couleur très rouge du sang et la contractililé de la plupart des vaisseaux, permettent de l'observer sans compression. Les contractions du cœur varient de 11 à 28 par minute, selon les individus ; mais en général elles sont de 15 très bien rythmées. Le vaisseau ventral a presque toujours 11 contractions, et les vaisseaux latéraux 6 à 8 par minute. Il n'y a donc pas synchronisme. Il est de règle que le sang va d'arrière en avant dans le sinus péri-intestinal, le cœur et les vaisseaux œsophagiens, mais contrairement à ce qui se passe dans les autres familles d'Annélides polychètes (1), d'avant en arrière dans les deux vaisseaux latéraux dorsaux et d'arrière en avant dans le vaisseau ventral, comme l'a vu Claparède. Au 9°"" segment sétigère, le sang, poussé d'arrière en avant dans le vaisseau venlral, passe en partie dans la branche détachée du sinus péri-intestinal et y descend d'avant en arrière. Au-dessus de ce segment, le vaisseau ventral ne se contracte pas, et son calibre diminue légèrement puisqu'il contient maintenant moins de sang; il diminue encore un peu après l'anastomose du 7""" segment (2). (1) M. Gravier {Recherches sur les Phyllodociens, Bull. se. de la France et de la Belgique, t. XXIX, 1897. Tirage à part, p. 65) observe cependant que, chez les Phyllodociens, le sang se meut d'arrière en avant dans le vaisseau ventral et en sens inverse dans le vaisseau dorsal. (2) M. Fauvel, dont je ne lis la note à l'Académie des sciences qu'au mo- ment où je donne mon travail à l'impression, pense que la circulation se fait d'avant en arrière et non d'arrière en avant dans la partie antérieure du vaisseau ventral jusqu'à la branche du 9°"^ segment qui le relie au sinus péri-intestinal. 416 OE SAlI^T-aOS^EPIf. Très souvent, chez des animaux observés sans aucune compression, je vois le sang arriver d'arrière en avant au cœur qui le repousse par des contractions énergiques d'avant en arrière. Quelquefois alors, la direction s'établit dans ce sens pendant un certain temps ; mais j'observe qu'à ce moment aucun renversement ne se produit ni dans les vaisseaux latéraux dorsaux, ni dans le vaisseau ventral. Ce phénomène de changement de direction dans les battements du cœur rappelle ce qui se passe chez les Ascidies. Ralhke et Claparède avaient déjà remarqué des alternances très fugitives, que ce dernier attribuait à la compression. Wiren garde le silence sur cette question. En résumé, le sang est poussé d'arrière en avant : 1° par le sinus péri-intestinal et le cœur dans les branchies; 2^ par les 2 vaisseaux œsophagiens dans le réseau des 2 r" segments et de la tête. Tl redescend par les 2 vaisseaux latéraux dorsaux avec lesquels il est mis en communi- cation parles branches latérales branchiales du vaisseau ven- tral ; il remonte ensuite dans le vaisseau ventral qui, au 9°"" segment et au 7""% le renvoie en partie dans le sinus péri-intestinal où il se dirige vers le cœur. Mais comment sera alimenté le sinus péri-intestinal de la partie inférieure du canal digestif ? Il est probable que les contractions vio- lentes du cœur en sens inverse que nous avons signalées ont pour fonctions d'injecter le sang jusque-là. Ce qui semble l'indiquer, c'est que le renversement ne se fait sentir que dans la circulation intestinale. Lors-que l'animal dépérit, la circulation se ralentit et le sang se coagule plus ou moins dans les vaisseaux dont la contractilité diminue. Le sang s'y fractionne alors quelquefois en petites colonnettes, comme celles delà colonne de mercure d'un thermomètre qui a reçu un choc. La chaîne nerveuse ventrale se voit bien par transparence à partir du 0'"" segment. Non adhérente à la paroi vcnirale du corps, elle est formée de 2 cordons longitudinaux paral- lèles qui s'écartent un peu l'un de l'autre en traversant ANiNÉLIDES POLYCHÈÏES DES COTES DE FRANCE. 417 les ganglions. Dans chaque segment (sauf dans la partie antérieure du corps où il n'y en a qu'un), on observe 2 gan- glions en avant et 1 en arrière. De chacun des ganghons et du conneclif interganglionnaire qui les réunit, il se détache de chaque côté une branche nerveuse (1). Les ganglions ont 0'''°',18 de large etleconnectif 0"'°',12. Le ganglion antérieur, d'où partent les 2 connectifs œsophagiens, est plus gros que les autres. Ces connectifs, longs de 0"", 60 sur 0"", 096 de large, se rendent au cerveau bilobé très petit, semblable à celui que figure Ratlike ^onvV Amphictene auricoma {loc. cit.^ PL V, fig. 14). Toute cette partie du système nerveux traver- sant les muscles longitudinaux et circulaires est difficile à suivre. Il y a 3 paires d'organes segmentaires. La première, très grosse, s'ouvre par un large pavillon vibratile, parcouru par des vaisseaux, au-dessus du diaphragme œsophagien qui sépare le 1'' et le 2""' segment. Ce pavillon est suivi d'un canal cilié incolore, long de 0°'''',60, traversant le dia- phragme et pénétrant dans la plus grosse branche de l'or- gane segmentaire proprement dit. Cette branche, pendant jusque dans le 3°"" segment, longue de l'^°',20, se recourbe en U et débouche à Textérieur par un canal étroit au-dessous de la L' paire de branchies. La 2""" paire d'organes segmen- taires, beaucoup plus petite que la r% a son pavillon vibra- tile fixé à une membrane mince qui est un dissépiment rudimentaire. Il s'ouvre dans le 5"^" segment (l"sétigère) et le canal de sortie aboutit au dehors sous le faisceau de soies du 6"^^ segment (2™^ sétigère) (fig. 213). La 3"' paire, semblable à la 2°"', a son pavillon dans le 6""' segment et son canal de sortie dans le T^\ C'est par les pores auxquels aboutissent les canaux de ces 2 paires que je vois sortir les produits sexuels. Dans les 3 paires, le pavillon vibratile est inco- lore; dans les 2 dernières, il est bordé de franges ciliées, (1) Glaparède [loc. cit., fig. l m) donne une figure exacte de la chaîne nerveuse ventrale d'un segment; mais il ne représente pas les branches nerveuses du connectif interganghonnaire. ANN. se. NAT. ZOOL. V, 27 418 OE !iAlI¥T-tlOi>ErH. longues au plus de 0°'°',2 et parcourues par un vaisseau en anse. Le reste des organes est coloré en brun foncé par des cellules de différentes tailles renfermant une ou plusieurs concrétions brunes. Les plus petites (fig. 214) ont 0°'°',0i3 de diamètre et la concrétion brune polyédrique centrale a 0"",0096 de diamètre. D'autres (fig. 215 et 216) renferment 2 ou 3 concrétions. Enfin, il y a des cellules beaucoup plus grosses {û^. 217) qui contiennent 7 à 8 cellules à une seule concrétion. Je vois souvent Fenveloppe de cette grosse cellule crever et laisser sortir les petites. Entre le diaphragme œsophagien et la scaphe, il n'y a pas de dissépimentet le liquide cavitaire circule librement dans e corps. Ce liquide contient des corpuscules lymphatiques de 0°''^,0i35 poussant de fins prolongements pseudopodi- ques (fig. 218). Chez les femelles, il s'y ajoute des ovules incolores de C,018 de diamètre et des œufs de 0"",036 à 0°'°',063 ; chez les mâles, des spermatogonies isolées formant bientôt des amas framboises (fig. 219), puis des plaques de spermalocytes grises de 0°'°',067 [ii^. 220), des régimes de spermatozoïdes de 0'^'°,050 à C,072 (fig. 221 ) et des spermatozoïdes isolés (fig. 222) dont la tête a 0"",0035. Dans les trois 1'^''" segments, lorsqu'on ouvre l'animal par le dos on observe au-dessous de la chaîne nerveuse ventrale une plaque carrée de 1°'°',5 composée de nombreuses glandes ventrales blanches en forme de massue ou se terminant par 2 ou 3 digitations (fig. 224). Les plus grosses, ont 0"'",44 de haut sur 0™°',18 de large. Tout l'amas est parcouru par de petits vaisseaux. Ces glandes contiennent un nombre consi- dérable de cellules réfringentes ayant 0"",020 à 0'"",070 de diamètre avec un amas protoplasmique central (fig. 225). Deux grosses glandes blanches (fig. 226) se terminant en cul-de-sac, longues de 3 à 4 millimètres sur 1""",5 à r"",20 de large, flottent dans le corps, au-dessous de la T" paire d'organes segmentaires, du côté ventral, débouchant au dehors par un pore placé dans le T"" segment branchifère ANNÉLIDES POLYCIIÈTES DES COTES DE FRANCE. 419 en arrière de celui de l'organe segmenlaire. Leurs parois, parcourues par de fins vaisseaux, sont formées de fibres conjonctives incolores entre-croisées qui sont légèrement brunes seulement dans la partie plus étroite de la glande (fig. 226, a) qui communique avec le pore externe et par laquelle la glande est fixée à la paroi du corps. Elles renfer- ment des acini (fig. 227) dont les plus longs mesurent O^^'jlS de long sur 0"'°',056 de large et des cellules muqueuses, incolores, transparentes, sans noyau, de tailles différentes (fig. 228, 229, 230), sorties des acini. Ces deux grosses glan- des me paraissent donc destinées à sécréter le mucus inco- lore et filant dans lequel est baigné en général le corps de l'animal. Enfin, dans l'intérieur du corps^ de chaque côté du 2°"^ segment branchifère (4°"" segment), auprès de la base de la branchie et juste au-dessous du petit prolongement trian- gulaire ventral dont il a été question plus haut, on distingue une grappe de 6 à 8 glandes incolores ovales ayant cha- cune 0°'°',33 de haut, sur 0°''^,16 de large, renfermant des éléments sexuels à divers degrés de développement. Ce sont les glandes génitales. De la fin de septembre au commencement de mars, épo- que 011 j'ai examiné la Lagis Koreni, presque tous les ani- maux sont mûrs et les mâles sont plus nombreux que les femelles. Je trouve dans la partie antérieure chez deux exemplaires, dans l'intérieur du 2°"' segment, un Dislome enkysté dont la membrane d'enveloppe est épaisse. L'un de ces kystes a un diamètre de 0™°',23 et contient un embryon recourbé sur lui-même ayant des corpuscules calcaires dans ses tégu- ments et une couronne de 25 petites dents pointues, d'une largeur de 0"",0056 à la base et d'une longueur de 0"",21 (fig. 231 et 232). L'autre kyste, plus gros, a un diamètre de 0°'°',68 et l'embryon a 28 dents. Ces 2 embryons non ciliés, comme ceux du Distoma tereticolle Rud. ou à\x Nematobo- thrium filar'ma Yan Ben. me paraissaient appartenir au genre 420 DE ^AII^T-tlOISKPH. Echinostomum Rud. et rappellent soit le D. teretïcolle (1), soit le D. bicoronatum Stoss. (2). Je n'observe jamais de Grégarines libres ni dans l'intestin ni dans la cavilé du corps des Logis Koreni ; mais chez 5 exemplaires je rencontre, dans les 3°"' et 5°"' segments, fixé par un petit pédoncule à la paroi extérieure de l'inleslin, un kyste de Grégarine cœlomique, rond, blanc, d'un diamètre de 0°'°',56 àO°'°',78 d'où je fais sortir par compression des corpuscules ronds d'un diamètre de 0°'°',021 à 0"",042 ren- fermant de très petits granules réfringents de 0°'°',0021. Le kyste a une paroi double : l'interne, qui est son enveloppe propre et l'externe qui est la tunique de l'intestin. Un de ces kystes, d'un noir luisant, est atteint de la décomposition charbonneuse signalée par Léger (3) pour les kystes de Grégarines de Sipunculus nudus\ les corpuscules ronds n'y ont plus que 0™°',0082 de diamètre et contiennent moins de granules. Deux autres fois je trouve fixés, comme les kystes précédents, 2 kystes à double paroi qui me paraissent se rapprocher de ceux de YUrospora SipimcuU Léger et de V Urospora Synaptse Léger (fîg. 233 et 234), atteignant 1 mil- limèlre de diamètre (4) ; ils renferment d'innombrables spores ovales immobiles qui ont en avant un prolongement diaphane rectangulaire terminé par 2 cornes divergentes et en arrière un appendice caudal également diaphane, devenant très lin et difficile à apercevoir, environ trois fois plus long que la spore proprement dite qui mesure 0^^,0096 sur 0'"'^,0066 (fig. 235). Celle-ci a un entocyle composé de granules gris extrêmement fins et nombreux et une double paroi : épispore et endospore. L'épispore, mince et transparente, (1) Wagener, Beilr. zur Entwlck. der Eimjeiveidewûrmer {Natuiirk. Verli. van de Hollandsche Maatschappij der Wettemchappen te Harlem, l. XUI, 1857, p. 25, et pi. XX, fig. 1-5). (2) Stossisch, Drani di Elmintologki Tergestina [Bollet. délia Soc. Adria- tica di scienze natur. in Trieste, t. VIll, 1883, p. 113, et pi. II, lig. 1-3). (3) Recherches sur les Grégarines {Tabltttes zoologiques publiées par A. Schneider, t. III. Poitiers, 1892, p. 48). (4) D'après M. Léger, les kystes de VUrospora SipuncuU ont 2 inilliinèlrcs de diamètre {loc. cit., p. 40). ANNÉLIDES POLYCHÈTES DES COTES DE FRANCE. 421 participe seule aux prolongements antérieur et postérieur. Un de ces kystes a une iache d'un gris foncé de 0""^,12 de diamèlre assez semblable à celle que figure Biitschli (1) pour le kyste du Monocystis du Lombric. C'est peut-êlre un commencement de décomposition charbonneuse. Je propose d'appeler cette forme de kyste cœlomique pur de Grégarine, Urospora Lagidis (t). Tous ces kystes, encore adhérents à l'intestin^ ne sont pas complètement mûrs. Les 5 premiers, dans un état moins avancé que les 2 aulres, ne renfer- ment pas encore de spores et les 2 autres en contiennent chez lesquelles les sporozoïtes ne sont pas encore déve- loppés. Cetle Urospora est la 1'° qui ait été signalée chez un Annélide polychète. Levinsenvoudraitdistinguer de l'espèce de Malmgren celle deVonMarenzeller et lui donner le nom de Pectinarla robusta. Mais les différences qu'il indique, portant sur le nombre et le plus ou moins d'épaisseur des palées et des soies anales, me paraissent insuffisantes pour créer une espèce nouvelle. Mers du Nord. Manche. Atlantique. Méditerranée. FAlCir^Iil^ OnS VÉRÉBELILTItlVS Gr. Mgr. rev. Sous-famille des Amphîtrîtea Mgr. (Térébelliens branchies et Hétérotérébelliens Q% )• Genre AMPHITRITE 0. F. Miill. Mgr. r^y., Von Marenz. char. auct. Amphitrite Johnstoni Mgr. (3). ÏEREBîîLLA NEBULosA Johost. {nec Mout.) JohustOD. Catalogue of Brit. non paras. Worms, 1865, p. 237. (1) Bronn, Protozoa, t. 1, 1880-1882, p. 541, et pi. XXXlll, fig. 48. (2) Le genre Urospora a été établi par Aimé Schneider en 1875 pour la Gregarina Nemerti?, Kôll. ; peut-être faudrait-il en changer le nom, déjà employé par J.-E. Areschoug en 1866 pour un genre d'Algue marine de la famille des Ulotrichiacées (J.-E. Areschoug. Observationes phycologicse. 1. De Confervaceis nonnullis. Nova Acla Soc. Scient. Upsala, t. VI). (3) Nord, hafs Ann., p. 377, et pi. XXI, fig. 51. 422 DE JliAIIVTofOiiEPH. Trouvée au Croisic, en bas de l'estacade, se creusant des galeries dans le sable demi-vaseux. Le corps, dont Malmgren donne une très bonne figure, long de 21 centimètres au plus sur 12 millimètres de large en avant, est de couleur grisâtre et légèrement teinté de jaune chamois. Derrière la tête du côté dorsal sortent du sillon tentaculi- fère de nombreux tentacules blancs assez courts. La région thoracique qui y fait suite comprend le segment buccal achète, puis 2 segments achètes et 24 sétigères (un exem- plaire en a 25). Au 5^°' segment (2°"' sétigère) commencent les tores ventraux uncinigères qui ne sont pas rougis par le sang chez Fanimal vivant. Aux segments 3-20, soit à 18 segments, on distingue de chaque côté du corps une papille disposée comme chez VAmpInirite Edicarsi Qfg. (1). 11 y a 13 écussons ventraux rectangulaires et 3 paires de branchies très rouges semblables à celles de l'A. Edwarsi. Les soies dorsales des 24 segments sétigères thoraciques sont les mêmes que celles que j'ai figurées pour VA . Edwani avec le limbe strié un peu moins large auquel succède une pointe mince finement denticulée. Les plaques onciales sont en rangée unique rétrogressive aux 6 1""' segments uncini- gères et en rangée double engrenante aux suivants jusqu'à l'abdomen. Elles ont chacune un ligament fixateur et la forme en est la même que chez l'A. Edwarsi. La région abdominale se compose de 87 segments et du segment anal achète avec anus terminal. Les soies dorsales disparaissent et il n'y a plus, comme chez l'A. Edfrarsi, que des pinnules ventrales avec une seule rangée rétrogressive de plaques onciales plus pelites qu'au thorax ayant un liga- ment fixateur et des soies de soutien. Les organes segmentaires sont en mêm^ nombre que les papilles. (1) Voir sur 1*^4 . Edwarsi : Anncl. polych. des côtes de Dinard, 3'"*^ partie {Ann. des se. mit., 7"<^ série, t. XVU, p. 180 à 198; pi. Vil, lig. 207-208, et pi. Vlll, fig. 209-22:]), ANiNÉLIDES POLYCHÈTES DES COTES DE FRANCE. 423 Sauf les points indiqués ci-dessus, tout ce que j'ai dit de VA. Edwarsi s'applique à VA. Johnsioni. Je rencontre une fois une Ni/chia arrosa dans la galerie d'une A. Johnsioni. Mers du Xord. Manche. Méditerranée (W. Genre PISTA Mgr., Yon Marenz. char. auct. Pista cretacea Gr. (2). Pista cretacea Von Mareuzeller, Zur Kenntniss Adriatischev Anneliden Illie^- Beitrng : Terebellen {Sitz. der k. Akci'i. der Wi.ss. zu Wien, t. LXXXIX, 1884, p. 188, et pi. II, fig. 1). — — Meyer, Sludkn iiher den Kôrperbau der Anneliden (Mitth. ans der ZooL stat. zu NeapeL t. VII, 1887, p. 633, 634, 687, 638). — — Lo Bianco. GH Annelidi tuhicoli trovcdi nel golfo di Napoli [Atti delV Accad. délie scienze di Napoli, in-4, 1893, 2™^ série, t. V, p. 5.3). Terebella Emmamna Qfg.-Quatrefages, Hisl. nat. desAnnel.. t. II, p. 351, et pi. XIV, fig. 1-9. — — Grube, Bemerk. ûber Annel. des P aviser Musewns {Archiv fur Natiirg., 1870, p. 323 . PI. XXIIl, fig. 236-2:^9. J'en trouve plusieurs exemplaires complets à Saint- Jean- de-Luz près de Sainte-Barbe et à la pointe de Sainte-Anne, habitant, entre les pierres, des tubes de sable à peine con- sistant entremêlé de petites coquilles. Le corps des animaux adultes a 180 segments en tout, 25 centimètres de long sur 5 millimètres de large dans la partie antérieure du thorax, puis 4, 3, 2 et l°'°',oO à la fin de Tabdomen oii s'ouvre un anus terminal dans le dernier seg- ment. Un exemplaire atteint 35 centimètres avec 183 seg- ments. La région thoracique est d'un superbe rouge vio- lacé sur lequel tranchent du côté ventral 17 gros écussons rectangulaires d'un blanc crayeux, plus larges que hauts. (i; Oiiandi, Di alcuni Annelidi del Mediterraneo {Atti délia Soc. Ligusticadi scienze natur. e geogr., t. VII, 1896, p. 145-162). (2) Terebella cretacea. Grube, Beschr. neuer oder icenig bekannt. Annel. [Arch. fur JSaturg., 1860, p. 93, et pi. IV, fig. 5). — Ein ausflug nach Triest und dem Quarnero. Berlin, 1861, p. 85. HK E i>Ai]\T-«foi§»EPn. Les plaques onciales thoraciques sont disposées en rangée simple rétrogressive aux sept 1"' segments uncinigères, ce qui est une particularité très exceptionnelle et doit faire changer la diagnose de l'espèce. Les segments uncinigères 9-16 ont tous une rangée alternante très faiblement en- grenante. Mais le segment uncinigère 8 offre une grande irrégularité. Ainsi chez un exemplaire il y a 1 rangée simple au tore gauche et 1 rangée alternante au tore droit, ce qui est un cas de croissance asymétrique, et chez un autre il y a 1 rangée simple au tore gauche, tandis qu'au tore droit, en voie de formation, une partie seulement de la rangée des plaques est restée simple, et le reste dé la rangée est alternante. Les plaques onciales abdominales sont en rangée simple rétrogressive. Le tissu clypéal s'arrête au 13°"' segment sétigère. Le dia- phragme œsophagien est appliqué contre les parois du corps entre le 5"^ et le 6"^ segment (2"'^ et 3"° sétigères). L'œsophage s'étend du 1" au 10°"" segment sétigère, l'es- tomac glandulaire du 10""° au 17""' et l'estomac chitineux du 17°"' (dernier thoracique) au 4°"" abdominal, où commence l'intestin. Je ne vois pas d'anneau vasculaire au point de jonction entre l'œsophage et l'estomac glandulaire; la base du cœur est appliquée directement sur la partie inférieure de l'œsophage. Les organes segmentaires sont au nombre de 13 paires dont 3 petites, surtout la T'\ en avant du diaphragme œsophagien, aux 3""% 4""' et 5""° segments, et les 10 autres aux segments 6-15. Ces dernières, de grande taille, en forme de poche (fig. 236), se terminent à l'extrémité antérieure par un canal entouré probablement d'un pavillon vibratile que je ne découvre pas et s'enfoncent par leur extrémité posté- rieure dans les parois du corps pour déboucher au dehors à la base du pied dans les papilles dont il a été question plus haut. La grosseur de ces papilles répond bien à l'impor- produire ses dessins, en ajoiilanl loulefois un lii^amenl lixaleur à la figure 1 c représenlant une plaque du 7'"^ segment sétigère. ANNÉLIDES FOLYCHÈTES DES COTES DE FRANCE. 427 iance de chacun des organes segmentaires. Les œufs sont rouges. Dans le liquide cavitaire, circulent des amas d'ainibocytes incolores (1) qui se détachent les uns des autres, ayant alors environ 0™"\0075 de diamètre et contenant des granules in- colores (fig. 237). Ils émettent des pseudopodes (fig. 238) et me paraissent jouer un rôle phagocytaire, englobant de gros granules bruns réfringents qui sont probablement des pro- duits d'excrétion; à cet état, ils ont un diamètre de 0™°',03 (fig. 239). La Terebella Emmalina Qfg., trouvée par Quatrefages à Guéthary répond, sauf quelques détails de coloration, à la description que j'ai donnée ci-dessus de la Pista cretacea. J'ai constaté, sur l'exemplaire du Muséum, le long pro- longement de la partie postérieure des plaques onciales an- térieures propre au genre Pista. Méditerranée. Oenre THELEPUS Leuck. Mgr., sensu ampl. Gr. (LUMARA Stimps., YENUSTA Johnst., NEOTTIS Mgr., PHENACIA Qfg., HETEROPHENACIA QFg., THELEPODOPSIS Sars). ïflELEPus ciNCiNNATUs Fabr. (2). PI. XXlll, fig. 240. Dans des paquets d'Avicules dragués au large de Cor- douan par 70 à 80 mètres de fond. Le tube sinueux est formé d'une membrane jaunâtre, co- riace, recouverte de sable et de vase. Le corps lisse, très fragile, d'un rose orangé plus clair sous le ventre, sans au- cun dessin sur la peau, comme l'avait constaté Langerhans (1) Voir pi. XXII, fig. 219. (2) Voir pour la bibliographie et la synonymie : V^on Marenzeller, lur Kenntniss der Adriatischen Anneliden, IIP'"' Beitrag : Terebellen [Sitzb. der K. Akad. der Wiss. zu Wien, 1884-, t. 89, p. 205). — Y ajouter : Lo Bianco, Gli Annelidi tuhicoU trovati nel golfo di Napoli [Atti delV Accad. délie scienze di Napoli, 2™<= série, t. V, 1893, in-4, p. 57). 428 »E SAIHT-aOSEPH. chez la Phenacia terebelloides Qfg. (r. cincinnatus) , se rompt facilement et je ne puis avoir qu'un exemplaire complet de 20 millimètres de long sur 2 millimètres de large ; c'est un jeune. Pour les autres, qui ont 5 millimètres de large en avant, je n'en obtiens que la partie antérieure longue de 8 centimètres environ avec 30 segments sétigères, les seg- ments suivants manquant. Ils renferment de gros œufs rouges d'un diamètre de 0"",38. Les tentacules, épais et longs (4 à 5 cent.), au nombre de 30 environ, sont parsemés de points rouges ainsi que l'indi- quent Dalyell pour la TerebeUa conchilega [Thelepiis dncin- natus) et Johnston pour la Venus la pimctata Johuèi. {T. cin- cinnatus). Les yeux, très nombreux sont disposés sur 2 ran- gées. Le 1" et le 2°"' segments sont achètes ; le 2™' porte la r^ paire de branchies cirriformes plus rapprochée du ventre que la 2""' paire, qui est placée sur le 3°"' segment (r'sétigère). Les branchies, moins épaisses que les tentacules, sont de longues lanières colorées en rouge vif par le sang. A la 2°"' paire, il y en a environ 20 de chaque côté séparées par un petit intervalle au milieu du dos. Chez l'exemplaire jeune, elles sont très petites et en nombre peu élevé (2 ou 3 de chaque côté à chaque paire). Les soies dorsales, toutes limbées, persistent pendant 32 segments chez le petit exem- plaire et sont suivies de 42 segments non sétigères. Le 4""° segment n'a plus de branchies et n'a encore que des soies dorsales. Les tores uncinigères apparaissent au 5""' seg- ment (3°"" sétigère) pour persister jusqu'à la fin du corps. Les plaques onciales sont disposées à tous les segments un- cinigères en rangée unique rétrogressive. Vues de côté, elles ont la forme propre au genre : base très massive en forme de sabot terminée en avant par un bouton arrondi, 2 crêtes au vertex. Von Marenzcller en donne une bonne figure [loc. cit., pi. I, fig. 6). Vues de face (fig. 240), elles ont 2 dents supplémentaires dominant la dent principale et surmontées elles-mêmes d'une denl médiane assez forte accompagnée de 2 petits denticules latéraux au-dessus AiNiNÉLIDES POLYCHÈÏES DES COTES DE FRANCE. 429 desquels il y a une 3'"" rangée de ï ou 5 denlicules trop petits pour former une 3""' crête au vertex lorsqu'on examine la plaque décote. Dans les segments qui font suite aux segments sétigères, les tores uncinigères sont portés sur des pinnules saillantes et les plaques onciales ont des soies de soutien. Les écussons ventraux sont très indistincts. Il y a une petite papille percée d'un pore de sortie pour les organes segmentaires au segment 4 en dessous du faisceau sétigère et aux segments 5, 6 et 7 entre le faisceau sétigère et le tore uncinigère. Océan Glacial Arctique, Mers du Nord, Manche, Atlanti- que, détroit de Davis, Méditerranée. Dragué par le Knight errant à 987 mètres de profondeur, et par le Caudan à 400 mètres dans le golfe de Gascogne. FAUIIiLiE DES S»ERPUL.IE.XS Burm. (Gr. Annul. Semper. char, emend.). TlilBU DEi» §iABEL.L.lDE, 69, 73, 83, 94, 96, 97, 100, 101, 103. 117, 130-13i, et pi. VI et VII, en entier. — — Me Intosh, 071 the arrangement and relations of the great {{) Voir Aimél. ■polych. des côtes de Dinar d, 3™^ partie {Ann. des se. nat., 1^^ série, t. XVII, p. 266). (2) Terebella infundibulum Renier, Tav. alf. d. Conch. adriat., pi. XllI, no 579,181)4 [fide Meneghini) — (fide Clpd.). — Je regrette de ne pas attribuer cette espèce à Montagu, qui le premier l'a bien décrite, et de donner la priorité à Renier sur des indications bien insuffisantes. — Voir pour la bibliographie : Claparède, Suppl. aux Ajinél. du golfe de Naples, 1870, p. 141, et pi. XIV, fîg. 2, et y ajouter les ouvrages ci-joints. ANN. se. NAT. ZOOL. V, 28 434 or. iiiAiKT-tio^EPii. nerve cords in the marine Annel. [Proceed. of'theR. Soc. of Edinburgh, 187G-77, p. 380). MYXicoLAi.NKUisDiBULUMCosmovici, Glandes génitales et organes segmentaires des Annél. pobjch. [Arch. de zool. expétnm., t. VIII, 1879-80, p. 325, et pi. XXVII, fig. 1). — Pruvot, Recherches anal, et morph. sur le syst. nerveux des Annél. polych. {Arch. de zool. expérim., 2™^ série, t. III, 1885, p. 318, et pi. XVI, fig. 5-8). — — Cuiiniogham, On some points in the anal, of Polych. {Quart. micros, journ., nov. 1887, p. 272). — — Meyer, Studien ûber den Kôrperbau der Annel. {Mirth. aus der Zool. stat. zu Neapel, t. VII, 1887, p. 719, pi. XXII, fig. 13-14, pi. XXUI, fig. 10, pi. XXIV, fig. e, pi. XXVI, fig. 18-21. — Ibid., t. VIII, 1888, p. 479, 485, 491, 499, 510, 514, 517, 520, 530, 535, 538, 539, 545, 547, 551-553, 559, 561, 570, 571, 574, 578, 581, 585, 587, et pi. XXV, fig. 2, 21-24). — — Beaunis, L'évolution du système nerveux {Revue scient., S'ïie série, t. XVI, 1888, p. 3G7j. — — Ghigi, Orguîii escretori e glandole tubipare délie Serpulacee, Foligno, 1890, in-8, p. 43-49, 75-76, et pi. VI en entier, pi. XII, fig. 1-7, pi. XIV, fig. 1-3. — — Soulier, Études sur quelques points de Vanat. des Annél. tubicoles de la région de Cette., 1891, in-8, p. 48, 71, 140. — — Cuénot, Études nir le sang et les glandes lymphatiques dans la série animale : Invertébrés [Arch. de zool. expérim., 2me série, t. IX, 1891, p. 417). — — Lo Biauco, Gli Annel. tubicoli trovati nel golfo di Napoll {Atti deW Accad. délie scienze di Napoli, 2^0 série, t. V, 1893, p. 79). PI. XXIll, fig. 241-247. Grube signala le premier la présence de la 31. infundibu- lum à PenpouU où M. de Lacaze-Duthiers lui en donna un exemplaire. Presque en même temps, M. de Lacaze-Duthiers donna d'intéressanls détails sur le gîte et les habitudes de ce bel Annélide que j'ai retrouvé sur la même plage, dans du gros sable coquillier un peu vaseux, près de l'île Blan- che, à 40 ou 50 centimètres de profondeur, pendant quelques heures passées à PenpouU en J895. Les exemplaires les plus grands, bien élendus, ont 22 cen« timètres de long, dont 2 à 2 centimètres et demi pour les branchies; la largeur, qui est de 8 à 10 millimèlres en avani, diminue progressivement dans le dernier tiers du corps pour n'avoir plus que 2 à 3 millimètres à Textrémité. Mais les brusques et fréquentes coniractions de la M. infundibulum lui font quelquefois perdre la moitié de sa longueur et alors la largeur peut atteindre 12 à 14 millimètres^ ce qui est ANNÉLIDES POLYCHÈTES DES COTES DE FRANCE. 435 souvent le cas lorsqu'on la conserve dans le formol ou dans ralcool. Elle habite un tube glaireux, transparent, rappe- lant, comme le remarque justement M. de Lacaze-Dulliiers, les pontes de certains Mollusques. La masse glaireuse atteignant quelquefois 28 centimètres de long a un dia- mètre environ trois fois plus grand que celui de l'animal qui en occupe le centre formant le tube proprement dit. Ce tube, dont l'entrée est colorée en jaune et noir, est de la même largeur que la Myxicole, ce qui n'empêche pas celle- ci de s'y retourner complètement de bout en bout. Lors- qu'on touche la masse glaireuse, l'animal a une contractioja soudaine indiquant une grande sensibilité nerveuse. Le corps de la M. infandlbidum, en forme de cylindre aplati, devenant rond dans l'alcool, est d'une belle couleur orangée foncée ; quand il s'étend, il s'y dessine des anneaux plus clairs et d'autres de couleur plus accusée. Le dos et le ventre ont à peu près le même aspect. Le segment buccal achète forme une collerette quadri- lobée basse, se dressant droite, ne se rabattant pas en arrière et entourant complètement de très près la base des bran- chies. Les 2 lobes dorsaux, très rapprochés l'un de Tautre sur la ligne médiane dorsale (fig. 242, a), sont interprétés par Meyer comme étant des soutiens de branchies; mais leur forme, leur couleur plus claire que celle du reste du corps et semblable à celle des lobes ventraux me semblent bien indiquer qu'il s'agit d'une collerette qui étant très ser- rée contre les branchies peut, il est vrai, leur servir en même temps de soutien. Ces 2 lobes dorsaux sont séparés des lobes ventraux de la collerette de chaque côté du corps (fig. 241, b), par une échancrure qui se trouve juste au- dessus des faisceaux sétigères du segment suivant (1''" séti- gère). Les 2 lobes ventraux sont soudés l'un à l'autre, ce qui n'est indiqué que par un sillon peu marqué au dos de la pointe triangulaire par laquelle ils se terminent sur la ligne médiane ventrale, et qui s'insère entre les 2 moitiés de l'entonnoir branchial (fig. 242, a). 436 DE JiAIlVT-JOISEPn. Les branchies, longues de 20 à 25 millimètres, reposant sur une base très peu élevée (2 millimètres au plus), sont dis- posées en 2 demi-cercles de 30 à 38 branchies chacun (1), séparés l'un de l'autre sur la ligne médiane dorsale, et sur la ligne médiane ventrale, et forment un entonnoir régu- lier. Les branchies de chaque demi-cercle sont réunies les unes aux autres par une membrane palmaire qui s'étend sur toute leur hauteur; la partie terminale, lancéolée, ciliée, longue de 4 millimètres à 4"'°', 5, recourbée souvent vers l'entrée de l'entonnoir, est seule libre. Elle est nue, tandis que le reste de la branchie, sauf à la partie qui est insérée dans la base, a de chaque côté du sillon longitudinal cihé, large de 0°'°',024 qui la parcourt en dessous, des barbules ciliées au nombre de 182 environ, soit 364 en tout. Aug- mentant progressivement de longueur à partir de la base de la branchie, ces barbules atteignent 3 millimètres de long vers l'extrémité antérieure et décroissent brusquement pour n'avoir plus dans les 20 dernières paires que l°'™,oO et enfin 0°'°',18. La membrane palmaire, incolore et ciliée du côté extérieur, est violette du côté intérieur de l'entonnoir (fig. 243, a). Il en est de même des branchies, dont la pointe terminale, nue, est d'un violet beaucoup plus foncé que tout le reste ; les barbules sont violettes. Lorsque l'entonnoir se dilate, le sang, quoique vert, y affluant, le fait paraître légèrement rosé par un phénomène de dichroïsme; mais quand l'entonnoir se referme, les granules pigmentaires violets de la surface des tissus se rapprochent, et tout l'ap- pareil est coloré en violet assez foncé ; les barbules conver- gent vers le cenlre, et comme elles sont longues, elles s'en- chevêlrent les unes dans les autres et forment un lacis inextricable que l'animal démêle en écartant les 2 côtés de l'entonnoir. Chaque branchie est parcourue par un axe longitudinal (1) Le plus souvent, le lobe branchial gauche, qui décrit un commence- ment de spire du coté ventral, a deux ou trois branchies de plus que le lobe droit. ANNÉLIDES POLYCHÈTES DES COTES DE FRANCE. 437 de 2 cellules cartilagineuses (fig. 243, b) juxtaposées, sur la face interne desquelles s'applique au niveau de la naissance de chaque barbule une grosse cellule cartilagineuse ronde (0"",080de diamètre) (fig. 243,^) un tiers plus petite que celles de l'axe branchial. De cette grosse cellule part l'axe longitudinal des cellules cartilagineuses de la barbule (fig. 243, d), qui sont longues et minces et comme emboîtées les unes dans les autres (fig. 244) et dont il n'y a qu'une rangée. Il n'y en a non plus qu'une à l'extrémité des branchies. Les 2 lobes branchiaux formant l'entonnoir entourent : 1° la bouche (fig. 245, b)^ située beaucoup plus près du ventre que du dos presque au pied delà face interne de la languette triangulaire des lobes ventraux de la collerette, cette languette pouvant être considérée comme représentant les ampoules labiales des Sabelles et tenant lieu de lèvre ventrale [^g. 245, a) ; 2° la lèvre dorsale bilobée, charnue, reposant sur la base des branchies médianes de chaque demi-cercle. Les 2 lobes de la lèvre séparés l'un de l'autre sur la ligne médiane dorso-ventrale {^\^. 245, c), laissant Hbre le passage entre le dos et la bouche qui est placée derrière eux, sont blancs sur la face qui est tournée vers le cerveau, et d'un violet foncé sur la face supérieure. C'est sur cette face et du centre de chaque lobe que s'élève un palpe triangulaire violet de 2 millimètres de haut sur l™°',2o de large à la base {?\^. 245, d) ; 3° une petite papille conique (fig. 245, e) placée sur la ligne médiane dorsale, entre l'ouver- ture qui sépare les 2 lobes dorsaux de la collerette (fig. 245, /') et celle qui sépare les 2 lobes branchiaux de l'entonnoir ; elle est percée d'un pore par où débouche le canal commun des 2 organes excréteurs thoraciques. Après le segment buccal viennent environ 125 segments sétigères biannelés assez peu tranchés, dont 8 thoraciques (un seul exemplaire en a 9), ayant de chaque côté du dos un mamelon bas d'où sort un faisceau de plus de 200 petites soies, courtes, incolores, lan- céolées, finement striées [^\^. 246), se dressant en buisson, 438 »E i>AI!¥T-«fO,«EPn. suivies du côté ventral de 4 ou 5 crochets à longmanubrium, difficiles à distinguer, et que j'ai déjà figurés (1). A Tabdo- men, les soies sont semblables à celles du thorax, mais pro- gressivement moins rapprochées du dos : au-dessous d'elles, sur le 2°"^ anneau du segment, une ceinture presque com- plète, non saillante, de plaques onciales bidentées (fig. 247), entoure le ventre et presque complètement le dos. Derrière chaque buisson de soies, il y a quelques taches pigmentaires très petites avec cristallin. Le corps se termine par un seg- ment anal achète oii l'anus terminal ne me paraît pas en- touré de taches oculaires . Il n'y a pas d'écussons ventraux. Le sillon copragogue placé sur la ligue médiane ventrale de la partie abdominale, passe obliquement au V segment abdominal sur la partie dorsale du thorax où il est aussi marqué qu'à la partie ven- trale de l'abdomen. Claparède et Meyer ont décrit en détail tout ce qui a rap- port aux tissus de l'enveloppe du corps, aux systèmes mus- culaire, digestif, circulatoire et nerveux. Aussi ne traiterai-je que sommairement de quelques points. Ainsi que je l'ai déjà dit à propos de la Sabella pavo- nina (2), la confection du tube est dévolue non aux organes thoraciques, comme le croyait Claparède, mais au tissu glan- dulaire qui, chez la i¥. ïnfandïbulum, entoure tout le corps extérieurement à l'hypoderme et supplée plus que largement à l'absence des écussons ventraux. C'est ce tissu qui fournil la quantité si considérable de mucus nécessaire à l'animal pour construire son tube et qui lui permet de le quitter comme il lui arrive si souvent, pour s'en refaire ensuite un autre avec une grande rapidité. J'ai trouvé à Penpoull bien des tubes abandonnés, surtout ceux qui affleuraient à la sur- face du sol. La bouche, qui ne s'ouvre pas dans l'axe du corps, mais (1) he^ Annél. polych. des côtes de Dinard, 3"^' partie {Ann. des se. nat., 7""= série, L XVII, pi". XU, lig. 349). (2) Loc. cit., p. 279. ANNÉLIDES POLYCHÈTES DES COTES DE FRANCE. 439 plus près du ventre, est suivie dans les 1"'' segments Ihora- ciques d'un œsophage qui est accolé à l'hypoderme du côté ventral; l'estomac ovale et plus large qui lui succède re- monte du côté dorsal et bientôt occupe l'axe du corps où il se maintient et oii se maintient ensuite l'intestin rond qui parcourt en droite ligne la région abdominale. Les organes excréteurs thoraciques sont, comme leur canal de sortie commun, colorés en brun très foncé proba- blement par les produits d'excrétion; ils présentent de nombreux replis, se terminent dans le 5°"" segment thora- cique et occupent une place considérable, surtout dans les 3"^ et 4"'= segments. Les muscles longitudinaux forment, dans la région tho- racique, 4 faisceaux dont 2 dorsaux séparés par le mésentère dorsal de l'estomac et 2 ventraux séparés par la chaîne ner- veuse ventrale. Dans l'abdomen, les 2 faisceaux dorsaux réunis n'en font plus qu'un et tout ce système musculaire prend une grande importance. Rangés comme les feuillets d'un livre, les éléments musculaires des faisceaux présen- tent, dans les coupes transversales, l'apparence pennée la plus accusée qu'on puisse observer dans la famille des Ser- puliens (1). La chaîne nerveuse ventrale est double dans la partie antérieure du corps. En est-il de même ensuite? Meyer donne l'historique de cette question sur laquelle les auteurs ne sont pas d'accord. Je crois reconnaître sur les coupes, comme Meyer, qu'il y a partout 2 cordons ainsi que l'avait vu le premier Quatrefages (2) à propos du Leïohranchus modestus [Myxicola modesta). Entre le double cordon et le vaisseau ventral, il y a une fibre tubulaire colossale de taille plus considérable que chez aucun autre Annélide Polychète (0'°'",33 de diamètre) qui gêne beaucoup pour l'observation de la chaîne nerveuse. Pour moi, les contractions subites si (1) Voir Claparède, Annél. sédent., pi. VII, fîg. 10 et 11. (2) Quatrefages, Mémoire sur le système nerveux des Annél. [Ann. des se. nat., 3«^« série, t. XIV, 1850, p. 371). 440 DE «AIlVT-«iOSEI»n. énergiques de la M, infimdibulum me paraissent dues, comme pour la Bispira voiutacornis Mont. , à la fibre tuLulaire colossale et comme chez la 1'' cette fibre est près de trois fois plus grosse que chez la 2°"% les contractions sont aussi proportionnellement presque trois fois plus fortes. L'espèce des côles du Devonshire décrite pour la 1'' fois par Montagu est bien la même que celle de Penpoull. Elle est semblable aussi à celle de Naples, mais atteint une taille plus considérable, 17 à 22 centimètres au lieu de 10 à 12 (Grube en cite même un individu de 27 centimètres), et a un nombre de branchies presque double. Méditerranée. Manche. TRIBU n'Es ilERI^UI^IDEfi. Genre SERPULA L. Sous-genre HYDROIDES Giinn. (EUPOMATUS Phil., EUCARPHUS Môrch, POLYPHRAGMA Qfg.). Hydroides Norvegica Gunn. (1). Hydroides Norvegica Môrch, Revisio critica Serpulidarum {S'aturh. Tidsk. Co- penhague, 18G3, :3°ie série, t. lU, p. 374) (2). — — Hensen, Oversigt over de Norske SerpiUa-arler [Archiv for Mrithem. oq Naturv., t. 111, 1878. Christiania, p. 41, et pi. II, fig. i-7). — — Von Marenzeller, Bcr. der comm. fur erforsch. des ôst. Mittebn. VJ. Zool. Ergebn. IL Polychaelen des Grundes {Denks. derk. Akad. der Wiss. zu Wien,t. LX, 1893, p. 10 et pi. IV, fig. 18). ?Serpula vermicltlaris 0. K. Mull., Zoologia Danica, t. III, pi. LXXXVI et fig. 7-9. ?EuP0MATi!S PECTiNATUs Phil. PhiUppi, Einige bemerk. ûber die gatlung Serfula {Archiv fur Notîirg., 1844, p. 195 et fig. R). — — Grube, Mitth. Uber die Serpulen, etc. {Ja/iresb. der Se/des. gesells. fur 18G1. Breslau, 181)2, p. G3). ? Serpula reversa Mont. Johiistou, Catal. of Bril. noîi parasit . Worms, p. 270, et pi. XX, lig. 6. ?EupoMATUs TRYP\NON Clptl. Claparcdc. SuppL aux Annél. du golfe de Xaples, p. 103, et pi. XIV, fig. 4. PI. XXIll, ng. 2't8. (1) Gunnems, Om noglc Norske Corall€r{K. Norskc Vidctisk. Selsk. Skriftcr, t. IV, 1768, p. o2, et pi. Il, lig. 11-13). (2) Môrch donne la bibliographie jusqu'en 1803. AiNNÉLIDES POLYCHÈTES DES COTES DE FRANCE. 441 Trouvée dans les dragages à la baie de la Forest sur les vieilles coquilles, habitant un tube calcaire lisse, soit sem- blable à celui de la Serpula vermkularis L., soit enroulé comme une coquille de Planorbe, ce que Morch avait déjà remarqué. Dans les deux cas, l'entrée du tube est ronde. Le corps, plus ou moins rouge, mesure 20 millimètres de long, dont 5 millimètres pour les branchies, sur 2 milli- mètres de large et compte 82 à 92 segments y compris les 7 thoraciques. Comme le thorax représente un tiers de la longueur du corps, il en résulte que les segments abdomi- naux sont beaucoup moins hauts que les thoraciques. Les branchies au nombre de 15 à 17 de chaque côté sont rouges à la base, puis ensuite d'un vert pâle ou à zones alter- natives blanches et rouges; elles manquent de taches ocu- laires. Les barbules dont il y a 35 paires à chaque branchie ont 0'^°',30 de long. Avant la T' branchie, du côté dorsal, soit à droite, soit à gauche, s'élève l'opercule dépassant les branchies de 1 millimètre et porté sur un pédoncule rouge à la base; en regard se trouve un pseudopercule court en forme de massue comme celui de la Serpula vermicularis. L'opercule se compose d'un entonnoir bordé de 22 à 36 fes- tons arrondis, du centre duquel partent 16 à 17 épines diver- gentes, plates, cornées, de couleur légèrement jaune, hautes de 0™°',72, formant une couronne superposée à Tentonnoir. Le plus souvent recouvertes de vase et de petites algues, elles sont garnies de chaque côté de 4 denticules presque opposés, de longueur très inégale; quelquefois il y en a 3 d'un côté et 4 de l'autre. Enfin, sur le côté plat de l'épine qui est tourné vers l'intérieur de la couronne sont disposés en ligne au-dessus les uns des autres 3 petits crochets recourbés vers le bas dont le V^ placé à la base même de l'épine et le dernier à la hauteur de la 2°"' paire de denticules (fig. 248). A la base de l'opercule, le vaisseau vert qui parcourt le pédoncule forme un glomérule d'où se détachent des vais- seaux qui parviennent jusqu'à l'extrémité des épines. 442 DE !SAirvT-ao«Epn. La bouche lerminale s'ouvre entre deux plis transversaux parallèles ciliés rouges qui sont les deux lèvres. La lèvre inférieure s'appuie comme chez la S. vermicidarh sur une pièce rectangulaire ventrale qui sépare les bases des 2 lobes branchiaux ; mais ici cette pièce est rouge et non blanche. Au-dessous de chacun des lobes branchiaux, du côté dorsal, il y a une tache oculaire sur le segment buccal achète fusionné avec le 1" segment séligère et entouré d'une colle- rette entière très largement ouverte du côté dorsal. Cette collerette est soudée à la membrane thoracique. Les soies dorsales du f segment sétigère ont la forme propre au genre Serpula ; il y en a 8 minces, légèrement arquées, à peine limbées, finement dentelées au bord et 8 grosses jaunes se terminant par 2 moignons sans mame- lons latéraux comme ceux de la S. vermicularis et une longue pointe fine arquée légèrement dentelée au bord. Les soies des 6 autres segments thoraciques sont de deux sortes : 6 à 8 semblables aux minces du l"" segment et 6 à 8 plus large- ment limbées avec très fins denlicules. Les plaques onciales au nombre de 85 environ se montrent au 2°"' segment séti- gère thoracique; de même forme que celles de la S. vermi- cularis, hautes de 0'°",018, elles ont 7 dents. Le thorax est séparé de l'abdomen par un intervalle achète de 0°'°',5 de long. Les 4 premiers segments abdominaux sont deux ou trois fois plus hauts que les suivants qui deviennent de plus en plus bas et serrés à mesure qu'on approche de l'extré- mité inférieure du corps. A l'abdomen les soies passent du côté ventral et les plaques onciales du côté dorsal. Les soies très courtes au nombre de 6 à 7 à chaque rame ont la forme de calice comprimé dentelé au bord comme dans le genre Serpula] elles sont accompagnées de 1 ou 2 longues soies fines purement capillaires aux 15-17 derniers segments. Les plaques onciales, dont il y a 70 aux 1'" segments abdomi- naux, de même forme, mais plus petites qu'au thorax, n'ont plus que 0"'"V12 de haut et 5 dents. Le segment anal est ter- miné par 2 petites palettes aplaties. ANNÉLIDES POLYCHÈTES DES COTES DE FRANCE. 443 Les œufs sont rouges et les spermatozoïdes très petits ont une tête réfringente. Chez un petit exemplaire habitant un tube droit et qui n'a que 7 millimètres de long en tout, 8 paires de branchies et 55 segments, j'observe 2 opercules, dont l'un a 12 épines et l'autre 6. Celte duplicité de l'opercule se rencontre plus sou- vent chez les Hydroides que chez les autres Serpulides [Hydroides dipoma Schmarda, H. pectinata Pliil. et H. try- panon Clpd., si ces 2 dernières espèces ne sont pas les mêmes que la nôtre, H. lunulifer C\^à., H. affinis M.^Y\on ^ H. mïnax Gr. Semper., H. multïspïnosa Von Marenz.^ H. exaltata Von Marenz.). Quoiqu'il soit délicat de se prononcer en présence de des- criptions incomplètes, il me semble que cette Hydroides de Concarneau est bien 1'^. Norvegica. Elle est très voisine de VH. trypanon Clpd. qui a aussi le tube enroulé, mais des épines moins nombreuses et moins denticulées à l'opercule. L'^. pectinata Phil. qui s'en rapproche également a des épines moins nombreuses, une collerette lacinée et des ocelles au dos des branchies. Celles que j'examine, venant de Naples habitant des tubes droits agglomérés, conservées dans l'alcool et avec les branchies décolorées, ont un oper- cule à 14 épines avec 2 denlicules de chaque côlé sans cro- chets sur la face plane; Te bord de l'entonnoir a 30 festons. Mers du Nord. Atlantique (1). Méditerranée. Genre DITRUPA Berk, DlTRUPA ARIETINA 0. F. Mull. (2). DiTRUPA ARiETiNA Môrch, Revisio cvi tlca Serpulidarum [Naturfi. Tidssk.Gopenha.- gue, 1863, S'nc série, t. 111, p. 425;. (1) J'en trouve deux petits exemplaires dans un dragage fait au large de Cordouan. Lun de ces exemplaires a six segments thoraciques d'un côté et sept de l'autre. (2) Dentalium arietinum. 0. F. MùUer, Prodromus Zool. Dan., 1776,. p. 236. 444 DE iiAr^T-tPO^cpsi. DiTRUPA ARiENTiNA Johuston, CcUalogue of Bvit. noH pco^osit . Wor77is, ISdô p "'-i et .347. — — Hansen, Oversigf. over de Norske Serpula-arter [Archiv for Mafhem. og Naturvid., t. III, 1878. Christiania, p. 43, et pi. III, fig. 7-11). — — Langerhans, Die W\irmfauna von Madeira IIBe" Beitrag {Zeits. fïir v.'iss. Zoo/., t. XXXIV, 1880, p. 121, et pi. V, fig. 39). — — Levinsen, Syst. geogr. Oversigt over de Nord, anniil. {Vidensk. Meddels. for 1883. Copenhague, 1884, p. 198). — — Mac Intosh, Report on tlie Ajinel. Polych. colleded hy H. M. S. Challenger {Reports, etc., Zoology, t. XII, 1885, p. 531, et pi. LIV, fjg. 6). — — Kœhler, Résultats scientifiques de la campagne du « Caudan » dans le golfe de Gascogne : Aiinélides, par Roule, 1896, p. 4G3, et pi. XXII et XxV, fig. 12, 13, 14, 15, 32, 33. Dentalilm suBULATUMDesh. Deshayes, Anat. et monogr. du genre Dentcde [Mém. de la Soc. d'/dst. nat. de Paris, 1825, in-4, p. 273, et pi. XVI, fig. 29). DiTRUPA suBULATA Desh. Berkeley, Observations upon the Dentaliuni subulatum of Deshayes [Zool. journ. edited by Vigors. London, t. V, 1835, p. 424, et pi. XIX, fig. 2). — — Lo Bianco, Gli Annel. tubic. del golfo di Napoli [lac. cit., p. 87). Serplla LIBERA Sars. Sars, Beskr. og Jagttag. over nogle mœrkelige eller nye i havet ved den Bergenske kyst levende dyr, Bergen, 1835, pet. in-4. p. 52, et pi. XII, fig. 33 a, 6, c. DiTRYi'A GRACiLLiMA Gr. Grube, Anmdata Semperiana {Mém. de l'Acad. des se. de Saint-Pétersbourg, t. XXV, 1878, p. 279). PL XXIII, fig. 249-254. M. le professeur Henneguy a bien voulu me donner plu- sieurs exemplaires de D. arietina provenant d'un dragage qu'il avait fait avec le bateau de M. Chevreux à 60 milles au S.-O. de Belle-Isle, par 46° 40' de latitude dans des fonds de pointes d'alêne de 158 mètres. Ces pointes d'alêne sont les tubes calcaires de la D. arie- tina. Ouverts aux 2 bouts, formés d'une couche extérieure transparente et d'une couche interne d'un blanc opaque, courbés presque en arc de cercle, libres, ce qui permet à l'animal de se traiuer en se halaut avec son opercule, ils ont de 32 à 37 millimètres de long avec une entrée de 1 milli- mètre de diamètre etun orifice postérieur de 0'"°',22 (fig. 249). La partie antérieure, qui paraît être de formation récente, est plus blanche et un peu plus étroite sur une longueur de \ millimètre seulement. Sur plusieurs des tubes sont fixées des Anomalina variolata d'Orb. Le corps entièrement décoloré par l'alcool a 13 à 16 mil- ANINÉLIDES POLYCHÈTES DES COTES DE FRANCE. 445 limèlres de long dont 2'"'", 5 à 3 millimètres pour les bran- chies, sur i'^'^,W de large à la région thoracique et O'^'^JO à Textrémité inférieure qui est scaplioïde du côté ventral aux 12-14 derniers segments et comme tronquée (fig. 250). La collerette, entière, largement ouverte du côté dorsal, très délicate et diaphane, dentelée au bord, entoure et suit la base des branchies qu'elle ne dépasse pas en hauteur (fig. 251, a, à). Celles-ci sont disposées en 2 demi-cercles, l'un de 12 à droite, l'autre de 11 à gauche, oii elles sont précédées du côté dorsal par le pédoncule operculaire rond placé sur la même ligne qu'elles et qui tient lieu de V branchie. L'opercule qu'il supporte est de tissu mou et a la forme d'un gobelet recouvert d'une plaque plate, épaisse, chitineuse, d'un jaune brun, ayant un diamètre de 1°'°',20, incrustée de calcaire avec des mailles polygonales non sail- lantes, vaguement disposées en rangées concentriques (fig. 252). Les branchies floconneuses, sans cellules cartila- gineuses comme il en est chez les autres Serpulides, réunies à leur base seulement par une membrane palmaire, sont gar- nies d'une double rangée de barbules ciliées, au nombre de 33 à 35 paires, longues de 0°'°',15, ne persistant pas jusqu'à l'extrémité qui reste nue sur une longueur de 0°'°',12. La membrane thoracique diaphane débordant à peine le corps (fig. 251, e), se reliant à la collerette, très largement ouverte du côté dorsal, se termine du côté ventral par 2 peti- tes basques à peine séparées l'une de l'autre et à peine arron- dies. Le thorax long de 3°'°', 85 à 4 millimètres se compose de 7 segments dont 1 achète et 6 sétigères. Les 2 V^' sont beaucoup plus hauts que les autres. Dans le 1"' segment achète on voit par transparence, de chaque côté du corps, les 2 organes excréteurs thoraciques (fig. 251, d), bosselés, d'un jaune brun, longs de 0"",72 sur 0°^",30 de large, se termi- nant chacun en avant par un petit canal d'un diamètre de 0°'°',030; les 2 canaux viennent se réunir sur la ligne médiane dorsale en un canal commun qui débouche entre les 2 lobes branchiaux (fig. 251, c). 446 de: s»AiivT-«fO%EPii. Le 2"'^ segment (1^'sétigère), haut de 1°^",20, ce qui équi- vaut à la hauteur des 4 suivants, a déjà, comme les 5 autres segments sétigères thoraciques, des soies dorsales et des pla- ques onciales ventrales. Les soies dorsales toutes semblables entre elles à tous les segments, les unes plus largement limbées (fig. 253), les autres presque capillaires, sont au nombre de 30 à 35. Quant aux plaques onciales ventrales, disposées sur un tore long de 0"",80, hautes de 0"",06, elles sont au nombre de plus de 220. Chacune est garnie de 20 à 22 denticules superposés suivis, du côté le plus rapproché de la tète de l'animal, d'un prolongement convexe en dessus et creusé en dessous comme une gouge (fig. 254). Cette forme de plaque appartient donc au 3""'' type de plaques onciales de Serpulides et non au 2"^' type ainsi que je l'avais dit avec doute (1) ; par le nombre des denticules, elle se rapproche surtout des plaques plus massives de Spirobran- chus gïganteus Pall. comme j'ai pu m'en assurer sur un des exemplaires rapportés de la mer Rouge par le D' Jous- seaume et que M. Malard a eu l'obligeance de me commu- niquer. La région abdominale de 8'''°', 5 de long se compose de 50 à 55 segments dont les 2 f' sont achètes. Les autres ont des tores dorsaux avec plaques onciales , moitié moins hautes que celles du thorax, au nombre de 9 à 12 dans les r" segments, de 20 à 40 dans les suivants, puis de 30, J5 et 10 dans les derniers. Les soies ventrales manquent, sauf aux 20-25 derniers segments dont chacun a 1 ou 2 soies capillaires de chaque côté. La D, arietïna, la D. sabidata, la D. libéra et la D. gracil- lïma me paraissent ne différer les unes des autres que par la taille et ne former qu'une seule espèce, comme le pensent aussi Langerhans et Me Intosh. Mers du Nord. Atlantique. Méditerranée. Mer des Phi- lippines. Draguée par Berkeley près des côtes d'Irlande, (1) Le^ Annél. polych. des côtes de Dinard, 3'°*' partie {Ann. des se. uaL^ 7'»'' série, t. XVll, p. 254). AN.NÉLIDES POLYCHÈÏES DES COTES DE PHANCE, 447 dans des fonds de sable fin de i 15 à 314 mètres, et par l'ex- pédition du Caudan dans le golfe de Gascogne à 180-500 mè- tres. L'expédition du Challenger a trouvé à 823 mètres de profondeur près des Açores des tubes vides habités par des Géphyriens. DISTRIBUTION GÉOGRAPHIQUE. La distribution géographique a déjà été indiquée (1) pour les espèces de Dinard portées sur les listes données au commencement du présent mémoire. Quaat à celles que je décris ici pour la première fois, voici quelle en est la ré- partition dans les mers. Sont jusqu'à présent propres à la localité oîi je les ai dé- couvertes, 8 espèces nouvelles : Nea7ithes Perrieri (Villerville). Phyllodoce bimaculata (Saint-Jean- Perinereis longipes (Saint-Jean-de- de-Luz). Luz). Eulalia quadriiineata (Concarneau). Phyllodoce papulosa (Dinard). Glycera Mesnili (Le Groisicj. Phyllodoce bruneo-viridis (Arca- Flabelligera Claparedii (Saint-Jean- chon). de-Luz). Pour les autres espèces qui étaient déjà connues, il y en a : 1 dans l'Océan glacial arctique, les mers du Nord et la Manche : Phyllodoce groenlandica OErst. 2 dans les mers du Nord et la Manche : ♦■ Harmothoe impar var. Pagenstecheri Eunereis longissima Johiist. Mich. 2 dans les mers du Nord, la Manche et la Méditer- ranée : Nerine cirratulas D. Ch. Harmothoe longisetis Gr. {{) Annél. polych. des côies de Dinard, 4'°e partie (Ann. des se. nat.^ 1^^ série, t. XX, 1895, p. 229-241). 448 DE SAIIVT-JOSEPn. J dans la mer du Nord et l'Atlantique : Harmothoe castanea Me Int. 3 dans l'Atlantique seulement : Perinereis Oliveirae Horst. Ophelia bicornis Sav. Eunice torquata Qfg. 9 dans l'Atlantique et la Méditerranée : Diopatra Nenpolitana D. Ch. Polyophthalmus pictus Duj. Eunice Kinbergi Ehl. Dasybranchus caducus Gr. Hesione Pantherina Risso. Pista cretacea Gr. Podarke paUida Clpd. Spirographis Spalîanzanii Viv. Aricia Isevig ata Gr. 2 dans la Manche et l'Atlantique : Ophelia neglecta Aimé Schn. Johnstonia clymenoides Qfg. 2 dans la Manche et la Méditerranée : Spiophanes bombyx Clpd. Myœicola infundibulum Ren. 3 dans la Manche, l'Atlantique et la Méditerranée : Lumbriconereis LatreilUAud. et Edw. Lumbriconereis impatiens Clpd. Lumbriconerels coccinea Ren. 2 dans les mers du Nord, l'Atlantique et la Méditer- ranée : Glycera alba Rathke. Hydroides Norvcgica Gunn. 3 dans les mers du Nord, la Manche et l'Atlantique Nereis fucata Sav. Travisia Fovbcsii Johnst. Dodecaceria concharum Œlrsl. 2 dans les mers du Nord, la Manche, l'Atlantique et la Méditerranée : Ùagis Koreni Mgr. Amphitrite Johnstoni Mgr. I ANNÉLIDES POLYCHÈTES DES COTES DE FRANCE. 449 1 dans les mers du Nord, l'Atlantique, la Méditerranée, et la mer des Philippines : Ditrupa arietina G. F. Mlill. 1 dans la Manche, l'Atlantique, la Méditerranée et la mer des ïndes : Lepidonotus clava Mont. 2 dans l'Allanlique, la Méditerranée et la mer Noire : Pionosijllis piilligera Kr. Bobr. Larve de Saccocirrus papillocercus. 1 dans l'Atlantique, la Méditerranée et l'Océan Paci- fique : Eunice vittata D. Ch. 2 dans les mers du Nord, la Manche, l'Atlantique, la Méditerranée et la mer du Japon : Hyalinœcia tubicola 0. F. Miill. Nereis diversicolur 0. F. Mûll. 1 dans les mers du Nord, la Manche, l'Atlantique, la Méditerranée et la mer Noire : Arenicola branchialis Aud. et Edw. 1 dans l'Océan glacial arctique, les mers du Nord, la Manche, l'Atlantique et la Méditerranée : Thelepiis cincinnatus Fabr. 1 dans l'Océan glacial arctique, les mers du Nord, la Manche et l'Atlantique : Aricia Millleri Rathke. 1 dans les mers du Nord, l'Atlantique, la Méditerranée, l'Adriatique, le détroit de Davis et la mer du Japon : Owenia fusiformis D. Ch. ANN. se. NAT. ZOOL. V, W 4o0 B>£ i»AlL\T-<>IO^CPII. Quelques-unes ont été draguées à de grandes profon- deurs : Hyalinœcia tuhkola 0. F. MûlL, par 3264 mètres; le Challenger, à 1033 mètres près Thelepiis cincinnatus Fabr., par le du Japon; Knight Errant, à 987 mètres; Lumhriconereis LatreUli kud.eiEdw., Ditrwpa arietina 0. F. MliU., par le par le Caudan, dans le golfe de Challenger, à 823 mètres, aux Gascogne, à 400 mètres. Açores, et par le Caudan dans le Owenia fusiformis D. Ch., par le Va- golfe de Gascogne, à 500 mètres. lorous, dans le détroit de Davis à Le tableau précédent établit que pour les espèces de l'Atlantique, sauf 3 qui lui sont propres, il y en a 9 qui relient l'Atlantique, la mer du Nord et la Méditerranée, 9 qui relient FAtlantique et les mers du Nord et 1 1 qui relient l'Atlantique et la Méditerranée. Nos côtes de l'Océan sont donc un trait d'union entre les mers du Nord et la Médi- terranée. EXPLICATION DES PLANCHES Planche X[ll. Fig. 1. Pionosyllis puUigera Kr. Fi g. 1. Embryon. X 136. Fig. 2-8. Lepidonotus clava Mont. Fig. 2. Douzième pied vu par devant : a, papille ventrale. X 9- Fig. 3. Extrémité d'une soie dorsale. X 166. Fig. 4. Protubérance de moyenne taille du i'''' élytre. X 120. Fig. 5. Une partie de cette protubérance grossie davantage. X 830. Fig. 6. Papille du 1" élytre. X 600. Fig. 7. Papille surmontée d'un couvercle. X 600. Fig. 8. Grosse verrue d'un élytre du milieu du corps. X 126. Fig. 9-13. Lepidonotus squamatus L. Fig. 9. Élytre du milieu du corps. X 6. Fig. 10. Tubercule chitineux faisant suite à la frange de papilles du bord externe. X 120. Fig. 1 1. Grosse verrue de l'élytre. X 140. Fig. 12. Quelques-unes des écailles recouvrant cette verrue. X -jSO. Fig. 13. Tubercule porifère de la partie interne de l'élytre. X ~2. Fig. 14-20. — Earmothoe impar var. Pagenstecheri Mich. Fig. 14. Mamelon et tubercule transparent du bord externe et du centre de l'élytre. X 107. Fig. 15. Idem du bord antérieur. X 275. Fig. 16. Sphère épineuse du bord postérieur. X 32. Fig. 17. Massue épineuse idem. X 32. Fig. 18. Deux épines de la sphère ou de la massue ayant une base com- mune. X 300. Fig. 19. Quatre épines, idem. X 300. Fig. 20. Grande massue lisse du bord postérieur. X 40. Fig. 21. Harmothoe longisetis Gr. Fig. 21. Tète. X 20. Fig. 22-29. Sigalion squamatum D. Ch. Fig. 22. Fragment d'une soie de la rame dorsale. X ^65. Fig. 23, Terminaison de cette soie. X 465. Fig. 24. Soie simple du faisceau supérieur de la rame ventrale. X 500. 452 oe: iîAixT-JOfiEPD. Fig. 25. Soie composée du faisceau supérieur de la rame ventrale, à hampe garnie, avant l'article, de 4 à 12 rangées de denticules (l'extrémité de l'article n'est pas représentée). X 415. Fig. 26. Idem à hampe renflée en avant. X 305. Fig. 27. Idem à hampe lisse. X 244. Fig. 28. Soie composée du faisceau inférieur de la rame ventrale. X 200. Fig. 29. Extrémité de l'article d'une des soies les plus ventrales du faisceau^ inférieur de la rame ventrale. X 500. Fig. 30. Hyalinœcia tubicola 0. F. Mûll. Fig. 30. Mâchoire inférieure. X 20. Fig. 31-33. Diopatra i\eapolitana D. Ch. Fig. 31, Coupe transversale de la partie moyenne d'une des longues an- tennes : a, stigmate. X 55. Fig. 32. Troisième pied vu par devant. X 20. Fig. 33. Derniers segments du corps vus du côté dorsal. L'anus remonte sur le dos de l'avant-dernier segment). X 7. Pla>che XIV. Fig. 34-39. Diopatra Neapolitana D. Ch. Fig. 34. Acicule de la base du prolongement du pied. X 100. Fig. 35. Soie pseudo-articulée à lame dissectrice. X 120. Fig. 36. Soie en fourchette du ô"^*^ segment. X 190. Fig. 37. Soie aciculaire. X 140. Fig. 38. Mâchoire inférieure. X 7. Fig. 39. Organe segmentaire. X 45. Fig. 40-44. Eunice Kinbergi Ehl. Fig. 40. Soie composée du faisceau ventral. X 144. ^ Fig. 41. Soie aciculaire. X 150. Fig. 42. Mâchoire inférieure vue sur la face la plus rapprochée du ventre. X 2 3/4. Fig. 43. Idem vue sur la face la plus rapprochée du dos. X 2 3/4. Fig. 44. Mâchoire supérieure vue sur la face la plus rapprochée du dos : a, pièce impaire. X 2 3/4. Mg. 45-54. Eunice torquata Qfg. Fig. 45. Tète et premiers segments. (Le bord antérieur est rabattu à partir de a, pour laisser voir la partie postérieure de la tète.) X 4. Fig. 46. Soie simple en cimeterre du faisceau supérieur. X 270. Fig. 47. Soie en ciseau lacinié. X 800. Fig. 48. Soie composée du faisceau inférieur. X 280. Fig. 49. Soie aciculaire. X 150. Fig. 50. Cirre ventral des 5 premiers segments. X 8. Fig. 51. Cirre ventral des 30 à 40 segments suivants. X 8. ANNÉLIDES POLYCHÈTES DES COTES DE FRANCE. 453 Fig. 52. Cirre ventral du dernier tiers du corps. X H. Fig. 53. Mâchoire inférieure. X i3. Fig. 54. Mâchoire supérieure. X 13. Fig. 55-59. Eiinice vittata D. Ch. Fig. 55. Soie composée du faisceau inférieur. X 310. Fig. 56. Soie aciculaire. X 156. Fig. 57. Acicule. X 245. Fig. 58. Mâchoire inférieure. X 20. Fig. 59. Mâchoire supérieure. X 20. Planche XV. Fig. 60 et 61. Lumbriconereis Latreilli Aud. et Edw. Fig. 60. Soie composée. X 250. Fig. 61. Soie simple en croc. X 330. Fig. 62-68. Lumbriconereis impatiens Clpd. Fig. 62. Pore de la cuticule. X 600. Fig. 63. Tète et les 2 segments achètes. X 7. Fig. 64. Soie simple à longue lame dissectrice des segments antérieurs. X 240. Fig. 65. Soie simple des segments suivants. X 240. Fig. 66. Labre vu en dessus. X 35. Fig. 67. Moitié droite du système maxillaire supérieur. X 30. Fig. 68. Segment anal. X 24. Fig. 69-77. Neanthes Perrieri N. S. Fig. 69. Partie antérieure. X "• Fig. 70. 10°^^ pied vu en dessus (du côté qui est le plus rapproché de la tète). X 22. Fig. 71. Soie en serpe hétérogomphe. X 290. Fig. 72. 46™*^ pied vu en dessus (les vaisseaux sont vus par transparence). X 28. Fig. 73. 1 i2°ie pied Yu en dessus {Même remarque). X 30. Fig. 74. Segment anal d un exemplaire anormal. X 6. Fig. 75. Trompe extroversée vue du côté dorsal. X 7. Fig. 76. Trompe extroversée vue du côté ventral. X 7. Fig. 77. Paragnathe. X 60. Fig. 78-81. Nereis diversicolor 0. F. MùlL Fig. 78. 9"^" pied vu en dessous (du côté le plus rapproché de l'extrémité inférieure du corps). X 28. Fig. 79. Rame ventrale seule du 9"^^ ^[q^^ grossie davantage et vue en dessus. Fig. 80. Soie particulière vue de côté. X 250. Fig. 81. Idem vue en dessous. X 350. 454 DE §;.4i!«T-«iOiiEPfi. Planche XVI. Fig. 82. Nereis irrorataMgr. Fig. 82. 12"!^ pied vu en dessous. Fig. 83-87. Nereis fucata Sav. Fig. 83. Pied du 2™*^ segment sétigère d'un exemplaire sans éléments sexuels vu en dessus. X 25. Fig. 84. Pied du 26°ie segment sétigère d'un exemplaire femelle vu en des- sus. X 15. Fig. 85. Pied du 71™*^ segment sétigère idem. X ^o- Fig. 86. Trompe extroversée d'un exemplaire femelle vue du coté dorsal. X 6. Fig. 87. Idem vue du côté ventral. X 6. Fig. 88-100. Eunereis longisslma Johnst. Fig. 88. Tète et segment buccal. X 8. Fig. 89. SO^i'' pied vu en dessous. X ÎO. Fig. 90. Soie homogomphe à article terminal en forme de dent vu de côté. X 360. Fig. 91. Article terminal vu de face. X 340. Fig. 92. Une des deux mâchoires. X 16. Fig. 93. Paragnathes du groupe VI de la partie basilaire dorsale de la trompe extroversée (exemplaire de taille moyenne). X 60. Fig. 94. Schéma de plusieurs parties basilaires dorsales {a, b, c, d, e, /', g, h) pour indiquer les diverses combinaisons de position des paragnathes du groupe VI chez des exemplaires de 16 à 20 centimètres. Fig. 95. Idem (i,j, k, l, m, n) pour des exemplaires de 10 à 15 centimètres, (la combinaison ./ se retrouve chez 3 exemplaires). Fig. 96. Idem pour un exemplaire incomplet de 47 centimètres. Fig. 07. Coupe transversale de la partie ventrale du 20^"" segment (exem- plaire de moyenne taille) : a, faisceau musculaire longitudinal ventral placé au-dessus de la chaîne nerveuse b où l'on voit trois fibres tubu- laires colossales; c, muscles obliques; d, muscles circulaires ; e, bande de tissu conjonctif (?) ; f, deux faisceaux musculaires ventraux supé- rieurs; g, faisceau musculaire ventral inférieur. X 15. Fig. 98. Forme Hétéronéréidicnne mâle. Segment anal (les caecums qui entourent l'anus sont vus en dessus, comprimés et en raccourci). X 9. Fig. 99. Idem. Spermatozoïde. X 952. Fig. 100. Idem. Coupe de la partie ventrale du 92^"*^^ segment (oS'"^^ de la 2'^^e région) : a, faisceau médian musculaire longitudinal ventral ; b, chaîne nerveuse avec 2 fibres tubulaires colossales; c, faisceau très important des muscles obliques; d, muscles circulaires; c, 2 faisceaux musculaires longitudinaux ventraux supérieurs; f, faisceau musculaire ventral infé- rieur. X 17. ANNELIDES POLYCHETES DES COTES DE FRANCE. 400 Plancha XVII. Fig. 101. Eiinereis longissima SohnsL V'ig. 101. Forme Hétéronéréidienne mâle. 96°^^ pied vu en dessus (les soies ne sont pas toutes représentées). X 18- Fig. 102-106. Perinereis Oliveirœ Horst. Fig. 102. Partie antérieure. X 0. Fig. 103. oO°^e pied vu en dessus. X 32. Fig. 104. Trompe extroversée vue du côté dorsal. X o. Fig. 105. Idem vue du côté ventral. X o. Fig. 106. Forme Hétéronéréidienne mâle. 54'"'= pied (les soies natatoires n'ont pas encore apparu). X 36. Fig. 107-112. Perinereis longipcs N. S. Fig. 107. Pied du 16™^ segment sétigère vu en dessous. X 30. Fig. lOS. Pied du 54™'-' segment sétigère vu en dessous. X 37. Fig. 109. Pied du S3°^^ segment sétigère vu en dessous. X 45. Fig. 110. Trompe extroversée vue du côté dorsal. X H. Fig. 111. Un des paragnathes transversaux du groupe VI de la partie basi- laire dorsale grossi davantage, x 80. Fig. 112. Trompe extroversée vue du côté ventral. X H. Fig. 113 et 114. Perinereis cultrifera Gr. Fig. 113. Forme Hétéronéréidienne femelle. Fin du corps vue en dessus X 20. Fig. 114. Forme Hétéronéréidienne mâle. Idem. X 20. Planche XVHI. Fig. 115 et 116. Perinereis cultrifera Gr. Fig. llo. Forme Hétéronéréidienne femelle. 30"^® pied. X 28. Fig. 116. Forme Hétéronéréidienne mâle. 3'^'^pied sétigère de la P"^ région. X 20. Fig. 117-121. Phyllodoce pcipulosa N. S Fig. 117. Dos d'un segment pour indiquer la coloration. Fig. 118. Partie antérieure avec la trompe extroversée. X 5. Fig. 119. Girre dorsal de la partie médiane du corps vu du côté ventral. X 11. Fig. 120. Girre dorsal de l'extrémité inférieure du corps. X 14. Fig. 121. Pied et cirre ventral de la partie médiane du corps (le cirre dor sal n'est pas représenté). X 20. Fig. 122 et 123. Phyllodoce bruneoviridis N. S. Fig. 122, Partie antérieure avec la trompe extroversée. 456 »E SAIXT-JOSEPII. Fig. 123. Cirre dorsal. X 1~. Fig. 123A et 123B. Phyllodoce bimaculata "^ . S. Fig. 123 A. Tête, x lo. Fig. d23P>. Cirre dorsal. X 15. Fig. 124-126. Phyllodoce Groenlandica CErst. Fig. 124. Dos d'un segment pour indiquer la coloration. Fig. 125. Cirre dorsal subrectangulaire de la partie médiane du corps vu du côté ventral. X 10. Fig. 126. Pied de la partie postérieure du corps. X 20. Fig. 127-130. Eulalia quadrilineata N. S. Fig. 127. Partie antérieure. X 60. Fig. 128. Œil. X 160. Fig. 129. Soie. X 465. Fig. 130. Segment anal. X 64. Planche XIX. Fig. 131-144. Hesione pantherina Risso. Fig. 131. Partie antérieure (les articles des appendices ne sont pas visibles à ce grossissement). X 4. Fig. 132. Une des antennes. X 65. Fig. 133. Tête grossie pour moatrer l'organe de la nuque : aa, organe de la nuque ; 6, marque triangulaire d'un brun rouge. Fig. 134. Disposition des cirres tentaculaires du côté droit, l'animal étant couché sur le côté gauche (les bases seules sont représentées) : a, base du cirre tentaculaire le plus long. Fig. 135. Pied (le cirre dorsal et le cirre ventral ne sont pas figurés en entier) : a, papille bilobée. X 16. Fig. 136. Soie. X 150. Fig. 137. Acicule. X 33. Fig. 138. Segment anteanal et segment anal. X 4. Fig. 139. Pharynx, trompe et commencement de l'œsophage, le corps étant ouvert du côté ventral : a, pharynx excisé du côté ventral ; b, papille dor- sale du pharynx ; «, ligaments mésentériques du pharynx; d, trompe avec sa gaine extérieure de muscles; e, muscles rétracteurs de la trompe; /", œsophage; q', bande musculaire ventrale de l'œsophage; hh, longs mésentères fixant les culs-de-sac terminaux des deux vessies natatoires qui se trouvent plus bas. Fig. 140. Coupe transversale de la partie médiane plane ventrale : a, cuti- cule ; b, les cinq groupes de gros pores de la cuticule ; c, les cinq groupes de boyaux à corpuscules bacillaires ; d, chaîne nerveuse ventrale; i\ mus- cles longitudinaux ventraux; /*, muscles obliques allant aux [)ieds. X 40. ANNÉLIDES FOLYCEIÈTES DES COTES DE FRANCE. 4^ Fig. 141, (^oupe transversale de la cuticule: a, cuticule; 6, pores;', boyaux; d, corpuscules bacillaires. X '00. Fig. 142. Extrémité d une glande génitale avec ovules à divers états de dé- veloppement entourés de cellules spermatogènes; a, vaisseau. X 80. Fig. 143. Cellules spermatogènes. X 444. Fig. 144. Œuf mûr piriforme violet. X 80. Fig. 145. Podarlie palUda Clpd. Fig. 145. Segment anal. X *5. Fig. 146-148. Glycera Mesnili N. S. Fig. 146. Soie composée vue de côté. X 350. Fig. 147. Fragment de l'article de la soie composée vu de face. X 900. Fig. 148. Extrémité de la hampe de la soie composée avec la lamelle chiti- neuse striée taillée en biseau. X 300. Planche XX. Fig. 149-157. Glycera Mesnili X. S. Fig. 149. 12°''= pied sans branchie vu par derrière. X 50. Fig. 150. 40^^^ pied vu par devant avec la branchie commençant à s'éva- giner. X 50. Fig. 151. 45™"= pied vu par devant avec la branchie évaginée. X 50. Fig. 152. Pied de la région postérieure du corps vu par derrière. X 60. Fig. 153. Trompe au repos vue extérieurement : a, partie antérieure de la trompe ; 6, partie postérieure de la trompe avec deux grosses glandes adhérentes aux parois (il y en a deux autres de l'autre côté) ; c, estomac ; d, intestin. X 3. Fig. 154. Trompe, estomac et commencement de Fintestin incisés pour en montrer Fintérieur : a, partie antérieure de la trompe avec les papilles internes; 6, partie postérieure de la trompe avec trois grosses glandes (ce sont celles dont deux ont été représentées à la figure 153, b, et qui tra- versent les parois) aboutissant aux mâchoires (la quatrième glande est coupée en deux et les deux moitiés sont rabattues sur les côtés) ; c, es- tomac avec ses replis transversaux; d, commencement de l'intestin avec ses replis longitudinaux. X 3. Fig. 155. Papille en cône très obtus de lïntérieur de la partie antérieure de la trompe. X 115. Fig. 156. Idem papille plus ronde et plus basse. X 115. Fig. 157. Mâchoire (l'arc-boutant n'est pas figuré). X 20. Fig. 158 et 159. Glycera Meckelii Aud. et Edw. ? de Xaples. Fig. 158. 25™« pied vu par devant. X 30. Fig. 159. 25™^ pied vu par derrière. X 30. Fig. 160 et 161. Dodecaceria concharum Œrst. Fig. 160. Crochet vu de côté. X 210. 458 OE ^AIi^T-JO«El>II Fig. 161. Crochet vu de trois quarts. X '-^0. F\g. 162 et 163. Larve de Saccocimis papillocercus Bobr. Fig. 162. Larve entière vue du côté dorsal : a, fossette vibratile. X 60. Fig. 163. Soie. X 8u0. Fig. 164. Nerine chratulus D. Ch. Fig. 164. Crochet. X 330. Fig. 16o. Spiophanes Bombijx Clpd. Fig. 165. Soie ventrale en crochet du premier segment sétigère. X 24o. Fig. 166. Larve de Magelona papillicornis Fr. Mûll. Fig. 166. Fragment de tentacule. X 330. Fig. 167. Arkia Mïdlerl Rathke. Fig. 167. Soie aciculaire de la rame inférieure de la première région. X 4o0. Planche XXL Fig. 168-175. Aricia lœvigata Gr. Fig. 108. Tète et segment buccal. X 7- Fig. 169. Moitié du premier segment sétigère vu par devant. X 20. Fig. 170. Moitié du 13°^"^ segment sétigère vu par devant. X 20. Fig. 171. Moitié d'un segment du milieu de la 2™° région vu par devant. X 20. Fig. 172. Soie enfourche de la rame supérieure. X 225. Fig. 173. Soie jaune foncée de la rame inférieure (1'"'= région) crénelée au bord, vue de côté (l'extrémité antérieure n'est pas représentée). X 425. Fig. 174. Un fragment de la même vu de face. X 425. Fig. 175. Soie aciculaire jaune de la rame inférieure (f^' région). X 292. Fig. 176-179. Flabelligera Claparedii N. S. Fig. 176. Papille lagéniforme. X 125. Fig. 177. Papille en massue. X 1 10- Fig. 178. Papille ronde. X MO. Fig. 179. Papille avec prolongement cylindrique. X 100. Fig, 180. Stylarioides plumosa 0. F. MùlL Fig. 180. Papille dorsale. X 100. Fig. 181-195. Ophclia neglccta Aimé Sclin. Fig. 18t. Fragment du bord d'un anneau d'un segment anlériour vu du côté de la surface tournée vers l'intérieur du corps. X -iOO. Fig. 182. Rangées de pores des segments branchifères. x 42. Fig. 183. Trois poies d'une de ces rangées. X 280. I ANNÉLIDES FOLYCHÈTES DES COTES DE FRANCE. 459 Tig. 18i. Partie antérieure vue du coté dorsal : a, fente par où sort l'or- gane de la nuque ; b, cerveau vu pav transparence. X 30. Fig. 185. Organe de la nuque s'évaginant. X -tO. Fig. 186. Organe de la nuque évaginé. X 40. Fig. 187. Pied de la région branchifère : a, cuticule ; 6, branchie (la partie antérieure n'est pas figurée) ; c, muscles rétracteurs des soies; d, soies; c, pore entre les deux faisceaux de soies. Fig. 188. Faisceaux desoies et branchie du IS^-^ segment, côté gauche (l'a- nimal étant couché sur le côté droit) : a, bourrelet dominant le sillon ventral; 6, faisceau inférieur des soies; c, pore entre les deux fais- ceaux ;d, pore de l'organe segmentairc du 13™** segment; e, sillon entre le dos et le bourrelet dominant le sillon ventral; /', dos ; g, faisceau supé- rieur des soies; h, branchie; i, pore de l'organe segmentaire du 12™® segment dont le pavillon est dans le 11™^ Fig. 189. Tèiea et l""" segment 6 vus en dessous; c, lèvre supérieure; d, lèvre inférieure. Fig. 190. Organe injecteur vu par transparence dans le corps. Fig. 191. Terminaison du repli ventral de l'intestin et valvule anale. X 20. Fig. 192. Pavillon intérieur d'un organe segmentaire. Fig. 193. (Euf. X 65. Fig. 194. Spermatozoïde. X oOO. Fig. 195. Régime de spermatozoïdes. X 250. Planche XXU. Fig. 196-199. Ophelia neglecta Aimé Schn. Fig. 196. Cellule lymphatique à bâtonnet de petite taille. X 280. Fig. 197. Cellule lymphatique à bâtonnet de la plus grande taille. X 135. Fig. 198. Corps problématique du liquide cavitaire vu de face. X 230. Fig. 199. Idem vu de côté. X 230. Fig. 200. Travisia Forbcsli Johnst. Fig. 200. Cellules extérieures à la cuticule. X 80. Fig. 201 et 202. Arenicola branchudis Aud. et Edw. Fig. 201. Fragment d'une soie dorsale. X 830. Fig. 202. Crochet ventral. X 330. Fig. 203-208. Owenia fusiformis D. Ch. Fig. 203. Fragment d'une soie dorsale. X 1328. Fig. 204. Crochet vu de prolil (le prolongement filiforme n'est pas repré- senté en entier). X 975. Fig. 205. Idem vu de trois quarts. X 975. Fig. 206. Idem partie antérieure vue de face. X 975. Fig. 207. Extrémité postérieure du corps vue du côté ventral. 460 ^^ !iAI!«T-«IO!iEPU. Fig. 208. Pore de sortie de la glande filière (vue par transparence dans l'intérieur du corps) du 2°^^= segment abdominal entre le tore ventral et les soies dorsales. Fig. 209-222. Lagis Koreni Mgr. Fig. 209. Partie antérieure vue du côté dorsal. X 3. Fig. 210. Idem vue du côté ventral. X 2. Fig. 211, Plaque onciale vue de côté. X ^"'0- Fig. 212. Idem vue de face. X 470. Fig. 213. Un des organes segmentaires de la 2°^^ paire. Fig. 214. Cellule de Forgane segmentaire renfermant une concrétion brune polyédrique centrale. X o25. Fig. 215. Cellule à deux concrétions. X 525. Fig. 216. Cellule à trois concrétions. Fig. 217. Grosse cellule renfermant sept cellules plus petites à une con- crétion. Fig. 218. Corpuscule lymphatique. X 480. Fig. 219. Amas framboise de spermatogonies. X HO. Fig. 220. Plaque de spermatocytes. X HO. Fig. 221. Piégime de spermatozoïdes. Fig. 222. Spermatozoïde. X HOO. Planche XXUl. Fig. 223-235. Lagis Koreni Mgr. F'ig. 223. Les deux segments antescaphaux et la scaphe vus du côté dorsal (la scaphe est aplatie). X 15 environ. Fig. 224. Glandes ventrales. X 24 environ. Fig. 225. Une des cellules renfermées dans cette glande. X 850. Fig. 226. Grosse glande muqueuse : a, partie plus étroite par laquelle elle communique avec le pore externe. X 14. Fig. 227. Un des acini de la glande. X 165. Fig. 228. Petite cellule muqueuse. Fig. 229. Grosse cellule muqueuse en renfermant plusieurs petites. Fig. 230. Cellule d'où les petites cellules muqueuses sont sorties et dont il ne reste plus que la membrane d'enveloppe. X 300. F'ig. 231. Kyste d'un Distome trouvé dans le corps d'une Lagis Koreni. X 120. Fig. 232. Une des dents de la couronne de dents de ce Distome. X 340. Fig. 233. Kyste de VUrospora Lagidis N. S. X 16. Fig. 234. Double paroi du kyste grossie davantage. Fig. 235. Si)orc du kyste de ÏUrospora Lagidis. X 1200. Fig. 2;{6-239. Pista cretacea Gr. Fig. 230. Organe segmentaire de la 11 •"''paire. X ~0. Fig. 237. Amibocyte. X 330. ( AiNiNÉLIDES POLYCHÈTES DES COTES DE FRANCE. 461 Fig. 238. Amibocyte émettant des pseudopodes. X 330. Fig. 239. Amibocyte renfermant des granules bruns réfringents. X loO. Fig. 240. Thelepus cincinnatus Fabr. Fig. 240. Plaque onciale d'un segment sétigère vue de face. X ^00. Fig. 241-247. Myxicola infundibulum Renier. Fig. 241. Partie antérieure vue du côté dorsal : a. lobes dorsaux de la collerette; b, commencement des lobes ventraux (les branchies ne sont pas représentées en entier), x 2. Fig. 242. Partie antérieure vue du côté ventral : a, lobes ventraux de la collerette dont la soudure n'est indiquée que par un sillon peu profond sur le dos de la pointe triangulaire (les branchies ne sont pas représen- tées en entier). X 2. Fig. 243. Coupe transversale d'une branchie à la naissance d'une paire de barbules : a, membrane palmaire colorée en violet du côté intérieur de l'entonnoir; 6, cellules cartilagineuses de l'axe de la branchie; c, cel- lules cartilagineuses d'où part l'axe cartilagineux de la barbule dont on voit la première cellule d; e, barbule. X oô. Fig. 244. Une partie de l'axe cartilagineux d'une barbule. X 360. Fig. 245. Entonnoir branchial vu d'en haut, les branchies incomplètement représentées étant rabattues sur les côtés : a, languette triangulaire des lobes ventraux de la collerette; b, bouche; c, lobes de la lèvre dor- • sale ; d, palpes; e, papille conique contenant le pore de sortie du canal commun des organes thoraciques; f, lobes dorsaux de la collerette. X 3. Fig. 246. Soie lancéolée thoracique. X 1000. Fig. 247. Plaque onciale abdominale. X 420. Fig. 248. Hydroides ISorvegica Gunn. Fig. 248. Une des épines cornées de l'opercule vue du côté qui est tourné vers l'intérieur de la couronne. X oo. Fig. 249-234. Ditriipa arietina 0. F. MûU. Fig. 249. ïube (grandeur naturelle). Fig. 250. Extréhiité inférieure du corps vue du côté ventral. X 18. Fig. 251. Partie antérieure du corps vue du côté dorsal ; a, base des bran- chies; 6, collerette dentelée ; c, canal commun des deux organes excré- teurs thoraciques vu par transparence ; d, organe excréteur thoracique idem; e, membrane thoracique. Fig. 252. Opercule. X 10. Fig. 233. Soie limbée du premier segment sétigère thoracique. X 360. Fig. 234. Plaque onciale thoracique vue de côté. X 600. TABLE DES MATIERES Pages Introduction 209 FAMILLE DES SYLLIDIENS Gr.. 223 Genre Pionosyllis Mgr. {Laog. char, emend.) 223 Pionosyllis pulligera Kr 223 FAMILLE DES APHRODITIENS Sav. s. str 225 TRIBU DES POLYNOJNA Gr 225 Genre Lepidonotus Leacli. .?. str. Kbg 225 Lepidonotus clava Moat 225 — squamatus L 230 Genre Harmothoe Kbg. Mgr. s. ext 231 Harmothoe impnr var. Pagenste- cheri Mich \ 231 Harmothoe picta St-Jos 233 — longisetis Gr 234 — castanea Me Int 236 Lagisca extenuata Gr 237 TRIBU DES SlGALIONIiNA Gr. . . . 238 Genre Pholoe Johnst 238 P/toloe à-ynophtJirdtnica Clpd. var. Dinardensis 238 Genre Sigalion Aud. et Edw. Kbg. s. sir., nec Ehl., TiecMgr.. 239 Sigalion sqiiamatum D. Ch 239 FAMILLE DES EUNICIENS sensu (ir 2il TRIBU DES LABIDOGNATHA Ehl. (.s. str. Gr.) 241 Genre Hyalinœcia Mgr 24 1 Jhjalinœcia tubicola (). F. Miill... 241 Genre Diopatra Aud. et Edw. s. str 243 Diopatra Neapolilana D. Ch 2 43 Pages Genre Eunice ('uv. [incl. Eri- phyle Kbg.) 254 Eunice Kinbergi Ehl 254 ^ torquafa Qig 266 — vittata D. Ch 272 TRIBU DES LUxMBRIGONEREIDEA Schmarda {sensu Gr.) 276 Genre Lumbriconereis Blv. Gr. 7'ev 276 Lumbriconereis Latreilli Aud. et Edw 276 Lumbriconereis coccinea 'Rqw 279 — impatiens Clpd 279 Genre Arabella Gr. char, emend 282 Sous-genre Maclovia Gr 282 Maclovia gigantea Gr 282 FAMILLE DES LYCORIDIENS Gr. 283 Genre Nereis Cuv 288 Sous-genre Neanthes Kbg. char, emend 288 Neanthes Perrieri N. S 288 Sous-GEiNRE Nereis s. str. Kbg.... 293 Xereis pelagica L 293 — diversicotor 0. F. MiiU 295 — [Praxiihea) irrorata Mgr. . . 299 — fucata Sav ^ 300 Sous-GENRE Eunbreis Mgr. char. emend 304 Eunereis longissima Johust 304 Genre Perinereis Kbg 310 Perinei'ois Oliveirse Horst 310 — longipes N. S 314 — cuit ri fera Gr 317 FAMILLE DES PHYLLODOCIENS Gr 320 Genre Phyllodoce Sav 320 AN.NELIDES POLYCHETES DES COTES DE FRANCE. 463 Pages Plil/lludoce papulosa N. S 330 — bruneoviridix N. S :}'2"2 — bimaculala N. S '-VV^ — qroenlandica OErst :}25 Genre Eulalia OErst 327 Eulalia quadrilineata N. S 327 — punctifera Gr 329 FAMILLE DES HÉSIONIENS Gr. . 329 Genre Hesione Sav. sensu Gr.. 329 Hesioiu pantlierina Risso 329 Genre Podarke Ehl 337 Podarki> pallula Clpd 337 Genre Ophiodromus Sars 339 Ophiodromus flexuosus D. Ch 339 FAMILLE DES GLYCÉRIENS Gr.. 339 Genre Glycera Sav. (Gr. char. emend.) 3-39 Glycera Mesnili N. S. 339 — alba Rathkc 344 FAMILLE DES SPHiERODORIDÉS Mgr 345 Genre EphesiaRathkeLev.rey. 345 Ephesia f/racilis Rathke 345 FAMILLE DES CIRRATULIENS V. Carus 346 Genre Dodecaceria OErst. Lang. rev 34G Dodecaceria concharum OErst 340 FAMILLE DES SACCOCIRRIENS Bobr 348 Genre Saccocirrus Bobr 348 Larve de Saccocirrus papillocercus Bobr 348 FAMILLE DES SPIONIDIENS Sars 349 Genre Nerine Johnst. MesD. rev. 349 Nerine cirraiulus D. Ch 349 Genre Spiophanes Gr 352 Spiophanes bombyx Clpd 352 Genre Magelona Fr. Mijll 354 Magelona papillicornis Ft. Miill.. 354 FAMILLE DES ARIGIENS Aud. et Edw. I Sars, Mgr. rev.) 356 Genre Aricia Sav. (Aud. et Edw. rev.) ;35G Aricia Mulleri Rathke 356 — Isevigata Gv 360 Pages FAMILLE DES FLABELLIGE- RIENS 363 Genre Flabelligera Sars .., . . 363 Flabelligera Claparedii N. S 363 Genre Stylarioides D. Ch 365 Stylarioides plumosa 0. F. .Miill.. . 367 FAMILLE DES OPHÉLIENS Gr. ( incl. POLYOPHTHALMIENS Qfg-) 369 Genre Ophelia Sav. (OErst. rev.). 369 Ophelia npghcta Aimé Schn 369 — bicornis Sav. necT>. Ch., nec OErst., 7}ec Cosm 380 Genre Travisia Johnst 381 Travisia Forbesii Johnst 381 Genre P oly ophthalmus Qfg. 385 PolyophtJialraus picfus Duj 385 FAMILLEDESGAPITELLIENSGr. 387 Genre Dasybranchus Gr 387 Dasybranchus caducus Gr 387 FAMILLE DES ARÉNICOLIENS Aud. et Edw 391 Genre Arenicola Lmck 391 Arenicola brancliialis Aud. et Edw. 391 FAMILLE DES MALDANIENS Sav. 395 Genre Johnstonia Qfg 395 Johnstonia clymenoides Qfg 395 FAMILLE DES AMMOCHARIENS 397 Genre Owenia D. Ch 397 Owenia fusiformis D. Ch 397 FAMILLE DES SABELLARIENS. 405 Genre Sabellaria Lmck 405 Sabellaria alveolata L 405 FAMILLE DES AMPHICTÉNIENS Mgr 405 Genre Lagis Mgr 405 Lagis Koreni Mgr 405 Urospora Lagidis N. S. Gregarini- darum. 420 FAMILLE DES TÉRÉBELLIENS Gr. Mgr. rev 421 Sous-famille des AmphitriteaMgr. 421 Genre Amphitrite 0. F. MuU. Mgr. ?'er., VonMarenz. c/mr. auct. 421 AmpJntrite Jo/instoni Mgr 421 464 DE ilAl^T-JOi»EPn. Pages Genre Pista Mgr. Von Marenz. char, auct kT-\ Pista cretacea Gr 423 Genre Thelepus Leuck. Mgr. sensu ampL Gr 427 Thelepus cincinnatus Gr 427 FAMILLE DES SERPULIENS Burm. Gr. Semper. char, emend. 429 TRIBU DES SABELLIDES 429 Genre Spirographis Viv. Qfg. rev. Clpd. char, auct 429 Spirographis Spallanzanii Viv... 429 Pages Genre MyxicolaH. Koch char, ernend 433 Myxicola infundibulum Reu 433 TRIBU DES SERPULIDES 440 Genre Serpula L 440 SoDS-GENRE IIydroides Gudu 440 Hydroides Norvegica Gunn 440 Genre Ditrupa Berk 443 Ditrupa arietina 0. F. Miill 443 Distribution géographique 447 Explication des planches 451 TABLE DES MATIÈrJeS CONTENUES DANS CE VOLUME L. Bordas. — L'appareil digestif des Orlhoplères. Études morpholo- giques, hislologiques et physiologiques de cet organe, et son impor- tance pour la classification des Orthoptères 1 FrJaron de Saint-Joseph. — Les Annélides polychètes des côtes de France (Manche et Océan) 209 TABLE DES PLANCHES CONTENUES DANS CE VOLUME Planches I à XII. — L'appareil digestif des Orthoptères. Planches XIII à XXIII. — Annélides polychètes des côtes de France. CoKBEiL. — IniiJi'imcrie Ed, Gkéie. Ann. des Se. nht. 8^ Série Zool.T.V.Pl.l. .Bordas del Masson et C^ Editeurs. Apparat digestif des Forficuliix et d^,s Phasmida Imp"" Lemercier, Psris. Nicolet litk Ann.des Sc.nat 8^ Série Pk ZooiT.V.Fl.2. h.. m }}} • m /m. \\ 11 Œ \\\ ;v .- 'y \V ■ M Àf ^ y^-;,^/v ;^:^h i-i %.3. .c/fl- %.^. ^M/ mm //7t2 1 L|3/p';^î5t>:S4 ^^V| ^ ^» ^a — i^ %.R %.Ô. %.7. L Bord as té. . Masson et C'^ Editeurs. Appareil digestif des Fopâciilidse, des Fkasmidœ et des Mantidse . Ltlp'''.^^ Lemercier, Pans. Nicolet hÛL Ànn. des Se. nat S'^ Série 2ool.T.V.Pl.3. L.Eordas del. ''l^ssoae. i": Editeurs- Appareil digestif des Mantidse et des Blattidce McQiet lith. Afin, des Sc.nal. S'^Serit ZooLTV.PLA. L.Bordas del Fiff.3. Msssan et Ci' Editeurs. Appareil digestif' d^s Bla-tfiÂae Iinjr'^ LemeraeT, Paris. ^777^ . des Se. nat. 8^Séri& ZooITVPLS. L Bordas delad.nat Mâsson et C'^ Editeurs Àj)j.)arcil digestif des Blathdâ2 et des Aci-iàudae^ Jmp"^^ Lemercier, Pans Ann. des Scnat. S^Série^ ZooI.TVPlS. FV Ms.s,-on et Ci^ Bditcars Nïcoletlith. Appareil diqi'sti/ ' des . ic/'idiidck: (SiiUe J Imp"°^ Lemercier Pans hi/i. des Se liai. 8"^ Sci-l-c^ ZoolT.V.Pl.7. Z.Bordas delad nat. Mâsson etC^'Edïtew.? Âppa/cil d^estif des Ja 'idiui/)c et des Zociistidâe Ficrletlfth- Afin des Se . juxt.S^Seric- Zool.TY.PLS. /?iJ-%^ L.Bordas deladnat. . Mâsson et Cl^ éditeurs. Jpp€Lf^eil liiijestir des LncnsticL'L' irv^i'^lemorc^er Paris. Mcoletlith. Arm des Scnat 8^ Série ZoolT]:n 9 big.6 i.B'JTcbs de! a.dnat. tiq.lî Appareil digestif des Locustidœ NicoleUjfh. Imp ^'^^^lemQTcmr Fans Ann dos Se. nai.S'^SerLC 'lool.T.VPllO Fig.8. Ij Bordas delàdnat. Ficrso. Mas son efC'° Bditeuns Fig.l3. mcois:.tk Appareil cliaesiif des Locushdi^ et des urylhcJae bw^^^^Iemercier: Pans nn. des Sc.7ia,t.cS^*Sé/'x^ . ZooiTX:Pl.l1 Massons C^^Fditexzrs ÂpparQil cliqe.siif des GrylliJas hnv ^[^^lemeraer, Pans . Nicohtlith Jnn. des Se. runt S'^Soric . Zooir.V Pi.î2. Tiff.lt L. Bordas del ad naî. Fuj.9. Fjff.2. Mdssonic CÎ'Mteun- ^^ chi- filk Ap-pariel dicjestif des GrifllicîdC împ ^'^^ Le mercier, Paris l////.c/es ^. 21 26 I .■ 27 "^/k / SI" Joseph del Masson et C'f, Editeurs. yS'/////c//e//,) . ^ljj//roc////r//,) . Âi////(/c/to Imp'^-^ Zemercter.Paru-. Nicoletlith. . Î77/1 .(/es xSc.fiii/ . '^^\Scric jfoo/.v:]: p/, /4.. Masson et C'9,£diïeurs. E'u/iuic/io . McoJetJith . Imp''-^ Ze/nercier, Pa.ru:. l/i/i . des Se. /ici/ . à' !\ Vc'/'/ <.' ^o.)/. /;/;/y. ÂJ. /^l 6V /" 63 ^ tf/ \ S^'Jcseph del Masson et C'9,Ediieiirs. A'ufi ù ic/i . ) . Z.tyc() /'ic lien . > Imp'^-^ Lemercier.J'aris. ?rïcoJetlith . \nn.cles Se. /icU . c'^yScWe. ^oo/.'/:]: p/. w. S^Jbsevh del. Masson et C'?,Editevrs. Lyaoridieno . Imp • - - £e mercier. Paris . A^ïcoletlith. ///// . c/es . Se. net/ . <^ ^ < ">V'/v e jToo/.yn: P/./7. f i06 ^IX 1. - \ JO^ /Où •'^^ AAA /C?7 /r;^ "^'V' yy6> lia /// f^ vu n £>^': i/lo / If 412 S'^Josevh del- Masson çt Cf/'^diie/urs. L ijco rldiefi .> . /m D '-'"' Lemercier. Jhrcs . Mcol&thth. \nn . des y >f. nul . à .' , Se fie Zoo/.7:\:j'/.^/8. S^ Joseph Q^el. Masson et C'f,E(]zieurs. Irnp "^^ Lem etcUr, Pans . ^1/i/i.c/es .l)r-. /la/ . (*>.' «V'/vf. ^oo/.y: j: /^/, /// ) < S^Jbsez>h del. Masson et C'9,Editevrs. Jfeoioyicezio . OZycerie/io Mcoletlith . ht/f.c/es .Vr. nci/ . (*>'! Sc'/'ù' Zoo/.7:\: P/.20. iU9 ^50 S^ Joseph oel Massonet C'?,£(Jil.eurs. 7\^2Colet lith . Olucèricm>. Clfrctin/icno . tSarcocirrie/io. Spiv/iicltc/io . ^Lruxe/io. Imp ' ■- Le m ercier . Farts . in/i . ?/>'--' LerrcercLer , Farts . ' 1/7/ 1 . c/es '-Se. /ici/ . rS\'' , SV/v < J^oo/. 7: \:p/. 22. 1,96 i9S 1^- /f 199 • ': 203 209 217 ^ #t 200 \ 204- 20,5 /i/ ) .^- /â7 208 ■% Il / 207 '-:% é^' 2/2 211 219 220 m m 222 210 221 9 Joseph. d(sl. Masson et C'^,Editeiirs . OpJiélien^ . A/-é/u'col/en^'> . A//iT/ioc7iarien^y . Imp'^-' Lemercuer .Parts . AncoJ&cJitfi. Anij7hictê/tieno . > ///// . des . V,--. /i(U . (S'!' . SV'/v \ ^00/ . 7:]:p/.2.'). 'J23 23/ 232 h b 2.31 o 92S :26 2IH 23S 239 \\nmMM V 1 •«I fï^ A. 229 230 225 22lf S^JosepA c/eJ. No.sson et C'9, Editeurs. McoJetJith. ^4T7ip7iicfénLeru^ . Teré/jc/fie/to . ScT'pii/ieriK) . Imp'^-^ j^ e me rcùer, Parts. 64« ANNÉE. — VHP SÉRIE. T. V. N° 1 ANNALES DES SCIENCES NATURELLES ZOOLOGIE ET PALEONTOLOGIE C M P R E iN A K r L'ANATOMIE, LA PHYSIOLOGIE, LA CLASSIFICATION ET L'HISTOIRE NATURELLE DES ANIMAUX PUBLIEES SOUS LA DIUECTION DE M. A. MILNE-EDWARDS TOME V. — N° i. Ce cahier commence rabonnemeiit aux tomes V et VI. PARIS MASSON ET C^ ÉDITEURS LIBRAIRES DE l'aCADÉMIE DE MÉDECINE 120, BOULEVARD SAINT-GERMAIN 189 7 Paris, 30 fr. — Départements et Étranger, 32 fr. Ce cahier a été publié en octobre 1897 Les Annales des sciences naturelles paraissent par cahiers mensuels. Conditions de la publication des Annales des sciences naturelles HUITIÈME SÉRIE BOTANIQUE Publiée sous la direction de M. Pn. Yan Tieghem. L'abonnement est fait pour 2 volumes, chacun d'environ 400 pages, avec les planches correspondant aux mémoires. Ces volumes paraissent en plusieurs fascicules dans l'intervalle d'une année. ZOOLOGIE Publiée sous la direction de M. A. Milne-Edwards. L'abonnement est fait pour 2 volumes, chacun d'environ 400 pages, avec les planches correspondant aux mémoires. Ces volumes paraissent en plusieurs fascicules dans l'intervalle d'une année. Prix de l' abonnement à 2 volumes : Paris : 30 francs. — Départements et Union postale : 32 francs. ANNALES DES SCIENCES GEOLOGIQUES Dirigées, pour la partie géologique, par M. Hébert, et pour la partie paléontologique, par M. A. Milne-Edwards. L'abonnement est fait pour un volume d'environ 300 pages publié en plusieurs fascicules dans le courant d'une année. Prix du volume : Paris : 15 fr. — Départements : 16 fr. — Union postale : 17 fr. Le tome XXII est publié. Prix des collections. Première série (Zoologie et Botanique réunies), 30 vol. (Rare) Deuxième série (1834-1843). Chaque partie, 20 vol. 250 fr. Troisième SÉRIE (1844-1853). Chaque partie, 20 vol. 250 fr. Quatrième SÉRIE (1854-1863). Ciiaque partie, 20 vol. 250 fr. Cinquième SÉRIE (1864-1873). Chaque partie, 20 vol. 250 fr. Sixième série (1874 à 1885). Chaque partie, 20 vol. 250 fr. Septième SÉRIE (1885àl894). Chaque partie, 20 vol. 250 fr. GÉOLOGIE, 22 volumes 330 fr. 64« ANNÉE. — VIIl« SERIE. T. V. N°^ 2 et 3. ANNALES SCIENCES NATURELLES ZOOLOGIE PALÉONTOLOGIE C O M I' R E iN A ^ T L'ANATOMIE, LA PHYSIOLOGIE, LA CLASSIFICATION ET L'HISTOIRE NATURELLE DES ANIMAUX PUBLIEES SOUS I.A DIKECTION DE M. A. MILNE-EDWARDS TOME V. — N"^ 2 et 3. PARIS , MASSON ET C^ ÉDITEURS LIBRAIRES DE l'aCADÉMIE DE MÉDECINE 120, BOULEVARD SAINT-GERMAIN 1897 Paris, 30 fr. — Départements et Étranger, 32 fr. Ce cahier a été publié en janvier 1898 Les Annales des sciences naturelles paraissent par cahiers mensuels. Conditions de la jniblication des Annales des sciences naturelles nurriÈME série BOTANIQUE Publiée sous la direction de M. Pn. Van ïiegiiem. L'abonnement est fait pour 2 volumes, chacun d'environ 400 pages, avec les planches correspondant aux mémoires. Ces volumes paraissent en plusieurs fascicules dans l'intervalle d'une année. ZOOLOGIE Publiée sous la direction de M. A. Milne-Edwards. L'abonnement est fait pour 2 volumes, chacun d'environ 400 pages, avec les planches correspondant aux mémoires. Ces volumes paraissent en plusieurs fascicules dans l'intervalle d'une année. Prix de l'abonnement à 2 volumes : Paris : 30 francs. — Départements et Union postale : 32 francs. ANNALES DES SCIENCES GÉOLOGIQUES Dirigées, pour la partie géologique, par M. Hébert, et pour la partie paléontologique, par M. A. Milne-Rdwards. L'abonnement est fait pour un volume d'environ 300 pages publié en plusieurs fascicules dans le courant d'une année. Prix du volume : Paris : 15 IV. — Départements : 10 fr. — Union postale : 17 fr. Le tome XXII est publié. Prix des collections. Première série (Zoologie et Botanique réunies), 30 vol. (Rare) Deuxième série (1834-1843). Chaque partie, 20 vol. 250 fr. Troisième série (1814-1853). Chaque partie, 20 vol. 250 fr. Quatrième sÉHiE (1854-1863). Chaque partie, 20 vol. 250 fr. Cinquième série (1864-1873). Chaque partie, 20 vol. 250 fr. Sixième série (1874 à 1885). Chaque partie, 20 vol. 250 fr. Septième SÉRIE (1885;il89i). (>haquc partie, 20 vol. 250 fr. GÉOLOGIE, 22 volumes 330 ïv. ANNÉE. — VIll'^ Si:iiIK. T. V. N- 4, 5, G. ANNALES ^^■■-'/"^ DES SCIENCES NATURELLES ZOOLOGIE ET PALÉONTOLOGIE CO.M l'l« EN A^ï ; L'ANATOMIE, LA PHYSIOLOGIE, LA CLASS[FIC ATION ET L'HISTOIRE NATURELLE DES ANIMAUX j PUBLIÉES SOUS LA DIKECTION 1)E M. A. MILNE-EDWARDS TOME V. — N"« 4, o, G. 1 PARIS MASSON ET C^ ÉDITEURS LIBRAIRES DE l'aGADÉMIE DE MÉDECINE 120, BOULEVAHD SAINT-GERMAIN 189 7 Paris, 30 fr. — Départements et Étranger, 32 fr. Ce cahier a été publié en février 1898 Les Annales des sciences naturelles paraissent par cahiers mensuels. Conditions de la publication des Annales des sciences naturelles HUITIÈME SÉRIE BOTANIQUE Publiée sous la direction de M. Pu. Yan Tïeguem. L'abonnement est fait pour 2 volumes, chacun d'environ 400 pages, avec les planches correspondant aux mémoires. Ces volumes paraissent en plusieurs fascicules dans Tintervalle d'une année. ZOOLOGIE Publiée sous la direction de M. A. Milne-Edwards. L'abonnement est fait pour 2 volumes, chacun d'environ 400 pages, avec les planches correspondant aux mémoires. Ces volumes paraissent en plusieurs fascicules dans l'intervalle d'une année. Prix de l'abonnement à 2 volumes : Paris : 30 francs. — Départements et Union postale : 32 francs. ANNALES DES SCIENCES GÉOLOGIQUES Dirigées, pour la partie géologique, par M. Hébert, et pour la partie paléontologique, par M. A. Milne-Edwards. L'abonnement est fait pour un volume d'environ 300 pages publié en plusieurs fascicules dans le courant d'une année. Prix du volume : Paris : 15 fr. — Départements : 16 fr. — Union postale : 17 fi-. Le tome XXII est publié. Prix des collections. Première sériïï (Zoologie et Botanique réunies), 30 vol. (Rare) Deuxième SÉRIE (1834-1843). Chaque partie, 20 vol. 250 U\ Troisième SÉRIE (1844-1853). Chaque partie, 20 vol. 250 fr. Quatrième SÉRIE (1854-18G3). Chaque partie, 20 vol. 250 fr. Cinquième SÉRIE (1804-1873). Chaque partie, 20 vol. 250 fr. Sixième série (1874 à 1885). Chaque partie, 20 vol. 250 fr. Septième SÉRIE (1885àl894). Ciiaque partie, 20 vol. 250 fr. GÉOLOGIE, 22 volumes 330 fr. p S3^ WMm m SMITHSONIAN INSmUTION LIBRARIES 3 9088 01354 0992 !',;.;{; ■ ;:5?>fëîiiS^ilS